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	<title>Classique &amp; opéra | Go Out!</title>
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	<description>Le magazine culturel genevois</description>
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		<title>Les étoiles sur le rivage</title>
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				<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 09:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3"><span class="s2"><strong>Des Américains au Paradis</strong><br />
</span>C’est un peu le titre qu’on aurait pu donner à la soirée du 30 août, tant les Etats-Unis étaient à l’honneur. Le charismatique maestro Yannick Nézet-Séguin, en habit de lumière, a tenu les rênes de la soirée. Vêtu d’un veston à sequins, ouvertement gay, épicurien –il s’est baigné dans le lac avant concert– il fait du bien et montre un exemple bienvenu dans le monde musical. A ses côtés, une véritable icône, lauréate du concours Operalia, la mezzo-soprano Joyce Di Donato, qui a notamment lancé son projet artistique <span class="s4">In War and Peace</span>, faisant de la musique un instrument d’harmonie, au lendemain des attentats de 2015 à Paris. Tous deux se produisent très régulièrement au Metropolitan Opera de New York, elle sur scène, lui en fosse, à la fête de l’Orchestre attitré. Tous trois étaient présent ce soir-là. Un casting exceptionnel, et rare, puisque la formation était venue la dernière fois… il y a 25 ans. Une évidence aussi, puisque Gustav Mahler avait été accueilli en star à New York, après une fin viennoise difficile.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-34214 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></p>
<p class="s3">Fidèle à la tradition germanique des poèmes repris en chant, le compositeur autrichien s’est inspiré de Friedrich Rückert pour les <span class="s4">Knaben</span> <span class="s4">Wunderhorn</span> et les Rückert Lieder. Un cycle vocal avec orchestre et pourtant intime, optimiste et joyeux, sans doute le reflet de la relation naissante entre Gustav et Alma. Dans cette série, Joyce Di Donato déploie un chant à l’excellente prononciation (si importante en poésie), au chant maîtrisé, par exemple dans son dialogue avec le cor en deuxième partie. Elle se révèle impériale dans le registre plus grave («Um Mitternacht »), accompagnée par l’élégante flûte traversière et le chaleureux hautbois. La dernière strophe «Ich bin der Welt abhanden gekommen» est un bijou de grâce suspendue, évoquant la solitude apaisée, où cor anglais et violon solo nous invitent à (re)penser le rapport au monde.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Heureuse symphonie<br />
</span></strong>Plus joyeuse, moins grave, peut-être moins philosophique que d’autres symphonies, la <span class="s4">4</span><span class="s5">ème</span> de Mahler reflète une vie pas encore frappée des sorts du destin (il devra quitter la direction du Hofoper après une campagne antisémite, sa fille meurt très jeune, on lui diagnostique une maladie grave). L’œuvre présentée ce soir là à Lucerne est une invitation au Paradis, dans une partition de chambre, sans cymbales ni Tuba (si si, c’est possible). Pour être très honnête, cette 4<span class="s6">ème</span> symphonie mérite d’être écoutée en salle, où Yannick Nézet-Séguin a fait des merveilles ! Dès le premier mouvement, où l’on passe « des Alpes au café viennois » selon les mots du conférencier du festival, premiers violons répondent aux seconds placés astucieusement de chaque côté, offrant un formidable crescendo de fin. Après une deuxième partie offrant belle place au trompettiste solo, place au mouvement le plus important, le troisième. Les grands mouvements des cordes emmenés par le maestro offre une phase méditative, harmonieuse, avec le cor anglais et le violoncelle solo notamment, réveillée par le timbalier. Et place à Joyce Di Donato qui se révèle dans la dernière partie, entre airs alpins et sonorités exotiques. Cela rappelle une vérité : comme pour un vin, le chant a besoin de temps pour s’ouvrir et déployer ses saveurs. Et la mezzo-soprano est si à l’aise dans ce « chant orchestral », entre naïveté enfantine, vision de Paradis, espièglerie et « Happy ending » selon les mots du critique Thomas May. La transcendance reprend sa place, avec une fin jouée aux contrebasses et à la harpe, c’est tout.</p>
<div id="attachment_34215" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34215" class="wp-image-34215 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34215" class="wp-caption-text">La charismatique diva Joyce Di Donato a conquis la salle du KLL ©_manuela_jans_lucernefestival</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Œuvres américaines<br />
</span></strong>« Une des compositrices les plus défricheuse et surprenante du XXI<span class="s6">e</span> siècle », c’est ainsi que le New York Times Missa Mazzoli, dont on jouait le même soir la <span class="s4">Sinfonia</span> <span class="s4">(</span><span class="s4">for </span><span class="s4">orbiting</span><span class="s4">spheres</span><span class="s4">). </span>Son œuvre à l’esprit minimal, jouant de répétition, aux airs de films qui rappellent Wagner… et Mahler, incarne bien cette musique américaine. Ce répertoire était aussi à l’honneur de lendemain, avec <span class="s4">Chairman </span><span class="s4">Dances</span><span class="s4">, </span>du tutélaire John Adams, une pièce entre Jazz, foxtrot et percussions, où le minimalisme côtoie les airs populaires, qui l’a aidé à préparer son opéra <span class="s4">Nixon in China</span> (1987). On pourrait regretter que le festival n’ait pas programmé une pièce nord américaine plus importante, par exemple <span class="s4">Appalachian</span><span class="s4"> Spring</span> d’Aaron Copland.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Martha est là<br />
</span></strong>Le 31 août donc, place au Müncher Philharmoniker, le maestro Lahav Shani et surtout Martha ! Martha Argerich de Buenos Aires, 85 ans, gagnante du Concours de Genève 1957, du concours Chopin en 1965, arrivée la première fois au festival de Lucerne en 1969, est la star supernova. Et elle sait se fait attendre ce soir-là, après les <span class="s4">Chairman </span><span class="s4">Dances</span>… pendant plusieurs longues minutes, faisant croire peut-être à une annulation de dernière minute, elle qui avait renoncé à un concert il y a quasiment un an jour pour jour, ici, à Lucerne. Frémissement. Murmures. Soulagement : elle arrive, applaudie par une salle du KKL toute acquise. Elle jouera ce soir-là le C<span class="s4">oncerto pour piano n°2</span> de Beethoven, aux accents encore mozartiens et classiques, avant qu’il ne bascule vers son langage romantique, une transition définitivement marquée avec la <span class="s4">Symphonie</span> n°3. Ici, une version de chambre, intime, où Martha Argerich déploie un jeu tout en précision, vivacité et une telle assurance. Dans le deuxième mouvement, elle joue avec le flûtiste (Herman van Kogelenberg) et tous se rassemblent avec délicatesse, offrant une fin éthérée, aérienne. Cabotine, fidèle à sa réputation d’accélérer le tempo, elle démarre le 3<span class="s6">ème</span> mouvement sans attendre, avec un jeu rapide, cristallin. L’œuvre terminée, le public se lève, conscient peut-être qu’il a vu sa chère Martha pour une dernière fois ?</p>
<p class="s3">Après l’entracte, on passe à une œuvre de maturité de J.Brahms, la <span class="s4">Symphonie n°4</span>. Très rythmique, harmonique, d’une lecture indéniablement verticale, l’œuvre contient peu de lignes mélodiques. On n’y fait pas les présentations, on entre dans le vif, à vif. On pourrait dire que le répit y est de courte durée, la douceur rare. Cela demande une attention soutenue des Müncher Philharmoniker et du maestro Lahav Shani, passé notamment chez Barenboim et lauréat du concours Mahler en direction d’orchestre (2013). Ça commence très bien, avec les cordes à l’unisson, vibrantes, charismatiques, qui énoncent le premier thème avant d’y revenir. Les cors attaquent l’ouverture du deuxième mouvement avec autorité, suivi de la flûte traversière et la clarinette, accompagnées par des pizzicatos sonores. La musique déroule une succession d’accords, puis les timbales infusent une tension chuchotée, appelé à croître, suivies des cordes et des bois. Après une troisième mouvement très rythmique, le 4<span class="s6">ème</span> se joue comme un clin d’œil à J.S. Bach et à la Passacaglia. Mais la battue du maestro interpelle. Devant la taille de l’orchestre (6 contrebasses, 12 seconds violons) et l’exigence de la partition, on est surpris de voir Lahav Shani diriger sans baguette, à la gestique parfois nonchalante, laissant beaucoup de pression au premier violon solo et au timbalier (Stefan Gagelmann). Un peu trop ?</p>
<p class="s3">
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		<title>De l’Eglise à la tente, de l’hiver à la lumière</title>
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				<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 07:07:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[<p>Voyage emphatique Une église emplie de fresques suivant un parcours, celui de Marie, quoi de mieux pour un autre voyage, celui d’hiver de Schubert. Dans le temple évangélique aux allures de chapellede Zwisimmen a été donné un élégiaque Winterreise, dans un format différent –Roloaded– qui fait du bien : un trio à la place du piano solo, un ténor à la ... <a href="https://gooutmag.ch/de-leglise-a-la-tente-de-lhiver-a-la-lumiere/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3"><strong><span class="s2">Voyage emphatique<br />
</span></strong>Une église emplie de fresques suivant un parcours, celui de Marie, quoi de mieux pour un autre voyage, celui d’hiver de Schubert. Dans le temple évangélique aux allures de chapellede Zwisimmen a été donné un élégiaque <span class="s4">Winterreise</span>, dans un format différent –Roloaded– qui fait du bien : un trio à la place du piano solo, un ténor à la place du baryton, même si l’on adore les versions avec Dietrich Fischer-Diskau ! Le chanteur Daniel Behle a arrangé la partition pour l’occasion, où l’arrivée des cordes (violon et violoncelle) rend le voyage intérieur encore plus intense et les paysages sonores plus tangibles, par touches délicates. Parmi la vingtaine d’airs joués ce soir-là, on pourrait relever le « Rückblick » (n°8) staccato à l’impeccable prononciation et au rythme enlevé, le « Wasserflut » (n°6) allant crescendo, à fleur de peau, mélancolique, sombre, presque grave. La soirée a débuté avec un « Gute Nacht » tout en douceur, presque chuchoté, avec beaucoup de maîtrise. C’est peut-être là que le bât blesse : si la présence scénique et vocale du ténor est incontestable, la maîtrise annihile parfois le charme, la nonchalance que pourrait permettre une partition romantique. Mais il est bien accompagné par Olivier Schnyder au piano, Benjamin Nyffenegger au violoncelle et Andreas Janke au violon.</p>
<div id="attachment_34115" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34115" class="wp-image-34115 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3220-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34115" class="wp-caption-text">© Raphael Faux</p>
</div>
<p class="s3"><strong>Symphonie énergique<br />
</strong>Le lendemain a marqué une étape importante pour le directeur artistique du Festival Daniel Hope, puisqu’il a joué le <span class="s4">Co</span><span class="s4">ncerto pour violon</span> d’Edward Elgar, un monument de 50 minutes très exigeant, accompagné par l’orchestre du Menuhin. Un défi autant physique que mental, d’ailleurs relevé par Yehudi à l’âge de 16 ans, dans une version gravée chez EMI, avec à la direction… Edward Elgar ! Par moments expressif, à d’autres plus doux, mais à chaque fois dans une maîtrise virtuose, le violoniste a livré une version sans faute. Après la pause, le maestro Alexander Shelley n’a pas laissé les applaudissements d’entrée se terminer pour démarrer la <span class="s4">5</span><span class="s5">ème</span><span class="s4">symphonie</span> de Beethoven. Sans attendre, il imprime une battue rapide qui donne une lecture énergique à cette partition si connue. Certains pupitres sonnent comme des percussions. On sent l’allant, le flux, la ligne, comme quatre mouvements emmenés d’une seule traite, en un cycle rapide. Altier, élégant, le maestro imprime sa marque et marque les esprits. Dans le premier mouvement, on entend et voit les cordes se succéder dans une vague de gauche (violoncelles) à droite (premiers violons). A peine le temps de souffler, l’orchestre passe au deuxième mouvement frappé de timbales sèches (très adaptées pour l’époque), laissant cordes et vents dialoguer. Au troisième, les attaques des cuivres sont presque violentes à force de rugir, renforçant le crescendo qui conduit à l’ouverture triomphal du dernier mouvement. Cordes et cuivres se répondent dans l’esprit d’une concorde aux airs de réconciliation. Orchestre et maestro ont fait de cette symphonie une chevauchée de l’ombre vers la lumière.</p>
<div id="attachment_34116" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34116" class="wp-image-34116 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_3219-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34116" class="wp-caption-text">© Raphael Faux</p>
</div>
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		<title>La force du destin</title>
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				<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 00:44:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[<p>Talent nonchalant Mikhaïl Pletnev a ouvert le concert avec le Concerto pour piano n°2 de Chopin, une œuvre que le Polonais a composé juste avant son départ pour la France et avant le n°1 (si si). Le pianiste russe y a donné ce soir-là une version arrangée de sa main, dont on peine franchement à saisir l’intérêt. Il maîtrise la ... <a href="https://gooutmag.ch/la-force-du-destin/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s4"><strong><span class="s2">Talent nonchal</span><span class="s2">a</span></strong><span class="s2"><strong>nt</strong><br />
</span>Mikhaïl Pletnev a ouvert le concert avec le <span class="s6">Concerto </span><span class="s6">pour piano </span><span class="s6">n°2</span> de Chopin, une œuvre que le Polonais a composé juste avant son départ pour la France et <span class="s6">avant</span> le n°1 (si si). Le pianiste russe y a donné ce soir-là une version arrangée de sa main, dont on peine franchement à saisir l’intérêt. Il maîtrise la partition avec allant, déploie un jeu brillant, parfois cantabile, sans difficulté. C’est peut-être l’écueil, puisqu’il insère des trilles, des traits maniérés, des effets de coquetterie, qui font perdre la ligne… et l’émotion. Ce concerto est pourtant la déclaration d’amour d’un jeune compositeur de 19 ans, au style romantique exacerbé (on peut penser aux versions de Yundi Li, Rafał Blechacz ou KrystianZimermann). A noter toutefois un esprit dansant au dernier mouvement en trois temps à l’allure d’une valse. On soulignera d’ailleurs l’attaque altière au cor de Ruben Hudnik. Malgré un Verbier Festival Orchestra à l’écoute, disponible, le pianiste semble assez nonchalant. Une impression confirmée, puisque son bis sera… une reprise du dernier mouvement. On regrette alors l’émouvante et puissante interprétation du même concerto en 2012, dans cette même salle, par Daniil Trifonov.</p>
<div id="attachment_33922" class="wp-caption alignnone"><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706.jpeg" data-wpel-link="internal"><img aria-describedby="caption-attachment-33922" class="wp-image-33922 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1706-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a>
<p id="caption-attachment-33922" class="wp-caption-text">(c) Nicolas Brodard</p>
</div>
<p class="s4"><strong><span class="s2">Virtuosité orchestrale<br />
</span></strong>« Less is more » ? Connaît pas. Gustav Mahler n’aurait sans doute pas suivi le célèbre motto de Mies van der Rohe. Et sa <span class="s6">Symphonie n°6</span> montre son amour des effectifs larges avec de nombreux musicien-ne-s et pupitres (12 premiers violons, 6 contrebasses et autant de cors). Un monument pour Gianandrea Noseda, célèbre chef italien qui a notamment été directeur musical de l’Opernhaus Zürich et du Teatro Regio de Turin et actuellement à la tête du National Symphony Orchestra au <span class="s7">Trump</span> Kennedy Center. Dans les Combins, le maestro dirige un Verbier Festival Orchestra à très grand format avec sa gestuelle très saccadée, de bas en haut, assez particulière, donnant de sa personne et rapidement en sueur. Les jeunes musiciens venus du monde entier (de la Nouvelle-Zélande aux Etats-Unis en passant par la Corée du Sud et le Vénézuéla) semblent apprécier leur capitaine et jouent avec une rare cohérence cette symphonie « Tragique ».</p>
<p class="s4">Les attaques énergiques des cordes, aux coups d’archet totalement synchrones, donnent tout de suite le ton du premier mouvement aux allures de marche. Suivent les phrasée plus fluides, puis les entrées des cuivres, notamment l’élégant solo de la trompette (João Pedro Moreira Fernandes). Les battues des premiers violons répondent aux seconds, puis le charmantcor solo (Simon Kandel) dialogue avec l’élégiaque Joohye Lee au violon, avant d’être repris par les vibrantes contrebasses. On passe sans attendre au 2<span class="s5">ème</span> mouvement, <span class="s6">Scherzo</span>, alors que d’autres versions placent l’<span class="s6">Andante moderato</span> en seconde position. Avec ses appels et échos de tous côtés, il rappelle par beaucoup le 2<span class="s5">ème</span> mouvement de la <span class="s6">9</span><span class="s8">ème</span><span class="s6"> Symphonie</span> du même compositeur, entre cadences rythmées et lignes mélodiques. Par moments, cuivres et bois se montrent narquois, aigre-doux, dans des sonorités typiquement mahlériennes. <span class="s6">Scherzo</span>ne veut-il pas dire « plaisanterie » en italien ?  Arrive la respiration bienvenue de l’<span class="s6">Andante</span>, avant l’énergique finale. Les débuts se font légers, les bois dialoguent en douceur, notamment la clarinette basse (Mathias Landeau), la flûte traversière (Julin Cheung) et le hautbois si raffiné (Pedro Pais Capelao). Leurs murmures sont une pure délicatesse. Les cordes et cuivres reviennent par grandes ondes émouvantes. On atterrit tout simplement, dans une fin qui évoque les derniers mots de Victor Hugo dans son poème <span class="s6">É</span><span class="s6">claircie</span> : « Tout est doux calme, heureux, apaisé ». Le maestro reprend son souffle.</p>
<div id="attachment_33921" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33921" class="wp-image-33921 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1707-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33921" class="wp-caption-text">(c) Nicolas Brodard</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s4"><strong><span class="s2">Le destin frappe à la porte<br />
</span></strong>Un mouvement aussi long qu’une symphonie des premiers romantiques, l’<span class="s6">Allegro Moderato</span> demande énormément d’énergie et de cohésion des musiciens du VFO, et ils y parviennent amplement sous l’énergique direction de Noseda. Mention spéciale aux trombones qui s’affirment crânement. Les percussions s’en donnent à cœur joie : grosse caisse, timbales, célesta, glockenspiel, cloches de vache (si si), cymbales, cloches tubulaires, triangle, mais surtout cet énorme maillet en bois, spécialement prévu pour <span class="s6">L</span><span class="s6">a Tragique</span> de Mahler. Cet instrument doit marquer le destin implacable qui frappe la vie, et par trois fois, reflet d’une existence qui s’annonce difficile et d’une philosophie pessimiste typiquement mahlérienne. Le compositeur sait jouer d’ailleurs avec les nerfs, car après le premier coup assené, on sent un espoir revenir, on croit que le pire est passé. Mais non, le destin comme le marteau reviennent, implacables. Reste donc la résignation, apaisée, source de plénitude, comme la fin de cette symphonie mammouth, marquée par une toute simple corde pincée, ensemble.</p>
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		<title>La montagne, ça vous gagne</title>
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				<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 08:35:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Festival verbier]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Boissière]]></category>
		<category><![CDATA[Verbier]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>  C’est votre troisième année au Verbier Festival. Vous avez très vite apporté de nouvelles idées avec une vraie présence en station, des conférences et une expérience spectateur renouvelée. Quels sont les retours ? Très positifs ! Cela était attendu depuis quelques années. On n’a pas fait la révolution, mais procédé par une mise à jour, assez rapidement et facilement. C’est ... <a href="https://gooutmag.ch/la-montagne-ca-vous-gagne/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s5"><span class="s6"> </span></p>
<p class="s5"><strong><span class="s7">C’est votre </span><span class="s7">troisième</span><span class="s7"> année au V</span><span class="s7">erbier Festival.</span> <span class="s7">Vous avez très vite apporté</span> <span class="s7">de</span><span class="s7"> nouvelles idées</span> <span class="s7">avec une vraie présence en station, </span><span class="s7">des conférences et </span><span class="s7">une expérience spectateur renouvelée. Quels sont les retours ?<br />
</span></strong><span class="s4">Très positi</span><span class="s4">fs ! Cela était attendu depuis quelques années. </span><span class="s4">On n’a pas fait la révolution, </span><span class="s4">mais</span><span class="s4"> procédé par une mise à jour, assez rapidement et facilement.</span> <span class="s4">C’est le</span><span class="s4"> cumul de petites touches </span><span class="s4">qui </span><span class="s4">donne une belle image d’ensemble.</span> <span class="s4">Il s’agissait </span><span class="s4">de </span><span class="s4">traduire </span><span class="s4">plus concrètement </span><span class="s4">l’ADN du festival,</span><span class="s4"> par exemple en rendant plus concrets les nombreux enregistrements de concerts sur plateforme. Ainsi, on an mis en place cette année le juke-box, où le public peut se rendre et vivre la musique physiquement incarnée. Plus largement, une journée à Verbier, c’est juste génial, avec une randonnée accompagnée d’artistes, une conférence avec des professionnels, des concerts en salle et des improvisations dans des lieux inédits. On an mis deux ans pour mettre tout ceci en musique, cela coûte un peu, mais le résultat est là, et on a atteint le niveau souhaité. </span><span class="s4">D’ailleurs, en 2025, les ventes ont augmenté de 25 %.</span></p>
<div id="attachment_33779" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33779" class="wp-image-33779 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-500x304.jpeg" alt="" width="500" height="304" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-500x304.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-768x467.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-1024x622.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-100x61.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Esplanade-Combins_SilviaLaurent_7-1464x889.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33779" class="wp-caption-text">Le Verbier festival © SilviaLaurent</p>
</div>
<p class="s5"><strong><span class="s7">Parlons des artistes : b</span><span class="s7">eaucoup de célébrités</span><span class="s7"> viennent depuis longtemps au Festival. Quels jeunes artistes sont votre coup de cœur cette année ?<br />
</span></strong><span class="s4">Au concert d’ouverture, la violoniste </span><span class="s4">Amira</span><span class="s4"> Abouzahra</span><span class="s4"> a fait sensation. C’est</span><span class="s4"> un </span><span class="s4">véritable </span><span class="s4">talent </span><span class="s4">qu’</span><span class="s4">on a envie de voir </span><span class="s4">continuer.</span> <span class="s4">D’ailleurs, je remarque que beaucoup de jeunes pianistes émergent, pas mais assez de violonistes. Je profite aussi pour saluer ici le rôle de l’</span><span class="s4">Academy, </span><span class="s4">qui a constitué avec les années une véritable famille de talents. Je citerais par exemple Kirill Gerstein, </span><span class="s4">Timothy Ridout, Adèle Charvet.</span></p>
<p class="s5"><strong><span class="s7">Un projet de </span><span class="s7">C</span><span class="s7">entre </span><span class="s7">C</span><span class="s7">ulturel a été dévoilé l’année dernière, </span><span class="s7">dessiné </span><span class="s7">par Kengo Kuma. </span><span class="s7">Il prévoit </span><span class="s7">pour 2031 </span><span class="s7">une salle de 800 places au cœur de la station</span><span class="s7">.</span> <span class="s7">O</span><span class="s7">ù</span><span class="s7"> en est le processus ?<br />
</span></strong><span class="s4">On va franchir une grosse étape, </span><span class="s4">avec la </span><span class="s4">mise à l’enquête publique début octobre</span><span class="s4">. La commune </span><span class="s4">Val de Bagnes</span><span class="s4"> a proposé un superbe terrain pour ce projet qui prévoit une salle de concert, de studios de pratique mais aussi de galerie d’art et de site pour les congrès. On parle d’ici d’un </span><span class="s4">site </span><span class="s4">majeur qui serait ouvert toute l’année. </span><span class="s4">Au terme du processus, la population sera </span><span class="s4">sûrement </span><span class="s4">appelée à se prononcer</span><span class="s4">. D’ici là, on rencontre les acteurs de la région</span><span class="s4"> et on essaie de comprendre les attentes</span><span class="s4">pour mieux y répondre</span><span class="s4">. </span><span class="s4">Parallèlement</span><span class="s4">, </span><span class="s4">d</span><span class="s4">es recours sont évidemment possibles. Mais vous savez, un tel projet</span> <span class="s4">servirait plusieurs générations</span><span class="s4">, donc si ça prend du temps</span><span class="s4">,</span><span class="s4"> c</span><span class="s4">e n</span><span class="s4">’est pas </span><span class="s4">si </span><span class="s4">grave. Quoiqu’il en soit, je sens un très grand enthousiasme de la population, qui vit ici à l’année et se réjouit du projet. </span><span class="s4">Si on voulait résumer, on pourrait dire que c’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf : aux personnes sceptiques, je dirais qu’un tel centre créerait une offre très attirante à même d’attirer une nouvelle demande pour </span><span class="s4">Verbier.</span></p>
<p class="s5"><strong><span class="s7">Le Verbier Festival est parti cette année à </span><span class="s7">Shenzen</span><span class="s7"> en Chine</span><span class="s7">. </span><span class="s7">En lien avec ce </span><span class="s7">projet</span><span class="s7">,</span><span class="s7"> vous avez déclaré d</span><span class="s7">ans </span><span class="s8">24 Heures</span> <span class="s7">(</span><span class="s7">28.11.2025)</span><span class="s7"> que</span> <span class="s7">« </span><span class="s7">la </span><span class="s7">Chine </span><span class="s7">le </span><span class="s7">Japon et </span><span class="s7">la </span><span class="s7">Corée </span><span class="s7">sont </span><span class="s7">les marchés sont plus ouverts ».</span><span class="s7"> Qu’entendez-vous par là ?<br />
</span></strong><span class="s4">Le Japon a développé la musique classique depuis plus de 50 ans, avec des formations comme l’orchestre de la </span><span class="s4">radio-télévision </span><span class="s4">publique nationale NHK. Plusieurs artistes européens sont venus </span><span class="s4">dès les débuts</span><span class="s4">, par exemple Maurice An</span><span class="s4">d</span><span class="s4">ré. On sent dans le public une culture déjà bien implantée. En Chine et au Corée du Sud, cela est plus récent, moins de 40 ans, et cela s’en ressent. Cette musique touche les jeunes générations, </span><span class="s4">touchées par </span><span class="s4">ce répertoire. </span><span class="s4">On pourrait parler d’un simple décalage temporel finalement. </span><span class="s4">L</span><span class="s4">a Chine a construit beaucoup d’infrastructures et de salles</span><span class="s4">, mais i</span><span class="s4">l reste à mettre sur pied des orchestres.</span><span class="s4"> Vous savez, ce pays est très en avance en termes de technologie, mais témoigne d’un grand respect pour l’art classique occidental. Notre démarche consiste </span><span class="s4">donc </span><span class="s4">à aller les voir, faire connaissance, et leur proposer quelque chose. Il s’agit d’un vrai dialogue, puisque des artistes et des publics viennent ensuite à Verbier pour la musique, peut-être aussi pour nos paysages de montagne [</span><span class="s4">sourire</span><span class="s4">].</span></p>
<p class="s5"><span class="s4"> </span></p>
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		<title>Ensemble, c’est tout</title>
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				<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 09:25:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Festival de Verbier]]></category>
		<category><![CDATA[musique classique]]></category>
		<category><![CDATA[Simon Rattle]]></category>
		<category><![CDATA[Verbier]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Des airs de grand soir aux Combins ce 20 juillet : un public en nombre dans une salle pleine, quelques élus en mode incognito, beaucoup de journalistes présents. Au programme, le Rach III, Atmosphères de Ligeti, Une vie de Héros de Richard Strauss et une ouverture de Wagner. Et l’intérêt n’était pas forcément où on l’attendait. Loin de la figure toute-puissante ... <a href="https://gooutmag.ch/ensemble-cest-tout/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3">Des airs de grand soir aux Combins ce 20 juillet : un public en nombre dans une salle pleine, quelques élus en mode <span class="s4">incognito</span>, beaucoup de journalistes présents. Au programme, le Rach III, <span class="s4">Atmosphères</span> de Ligeti, <span class="s4">U</span><span class="s4">ne vie de Héros</span> de Richard Strauss et une ouverture de Wagner. Et l’intérêt n’était pas forcément où on l’attendait.</p>
<div id="attachment_33717" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33717" class="wp-image-33717 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1194-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33717" class="wp-caption-text">Un Orchestre du Verbier Festival en pleine forme, sous la conduite bienveillante de Simon Rattle© Nicolas Brodard</p>
</div>
<p class="s3">Loin de la figure toute-puissante du maestro autocratique et autocentré, le chef Simon Rattle a un talent incomparable pour aller chercher chez les jeunes musiciens du VF Orchestra le meilleur, se mettre à leur service de manière communicative pour les mettre en confiance. Et ça marche. Dans le <span class="s4">C</span><span class="s4">oncerto</span><span class="s4">pour piano</span><span class="s4"> n°3</span> de Rachmaninov, Le corniste Claudio Minervini livre des solos élégiaques, tout comme le flûtiste Julin Cheung. Après l’entracte, c’est le hautbois solo qui dévoile tout son charme dans le dernier mouvement de <span class="s4">Heldenleben</span>. Mais la force de Rattle, c’est en plus de dessiner une ligne d’ensemble, de susciter une cohérence, loin d’une succession manière de morceaux de bravoure.</p>
<p class="s3"><span class="s2"><strong>Petite astuce</strong><br />
</span>Prenons les choses dans l’ordre : la soirée débute avec <span class="s4">Atmosphères</span>, une pièce sombre de Ligeti alternant silences tendus et crescendos inquiétants, pour grand orchestre et piano préparé. Les contrebasses sont rugissantes, les altos se font plaisir, les percussions aussi. Le morceau termine par un murmure… un silence… une battue à vide du chef, qui passe sans transition aux premières notes éthérées de l’ouverture de <span class="s4">Lohengrin</span>. Bien joué de Simon Rattle, qui avait fait le même coup il y a quelques années au Victoria Hall, avec le Berliner Philharmoniker. Aux Combins ce soir-là, l’orchestre a tenu un impressionnant crescendo, des premières notes chuchotées au finale brillant et puissant.</p>
<div id="attachment_33716" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33716" class="wp-image-33716 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1195-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33716" class="wp-caption-text">© NicolasBrodard</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Un piano </span><span class="s2">troppo</span> <span class="s2">presto<br />
</span></strong>On l’attendait comme le moment de la soirée, et certains étaient déçus. Si le <span class="s4">Concerto n°3</span> de Rachmaninov a été magnifiquement tenu par orchestre uni, les cordes parlant d’une seule voix, les bois prenant leur place, le pianiste Kirill Gerstein a de son côté surpris, voire décontenancé. Son équilibre main gauche main droite est intéressant et différent, son expression parfois mystérieuse, mais il n’est pas toujours facile à suivre. Il impose surtout des tempos très compliqués, erratiques, comme s’il cherchait à montrer sa maitrise en accélérant la cadence. L’échange avec l’orchestre devient difficile, virant parfois au dialogue de sourds. Rapide et démonstratif, il sait pourtant prendre son temps, et le montre à la reprise du thème d’ouverture, plus délicat et expressif. Soyons clairs : la partition demande un jeu d’équilibriste, le long d’un fil ténu, qui lui donne toute cette saveur et ces couleurs. Mais il ne faut pas confondre allure claudicante et démarche boiteuse. À ce jeu-là, il perd son équilibre.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Strauss, vie héroïque<br />
</span></strong>Disons-le tout de suite, la partition de Richard Strauss dans <span class="s4">Heldenleben</span> est parfois difficile à suivre, alternant maladroitement ambition bravache et tendresse un peu niaise, dans des temps resserrés. Un côté lourdaud qui fait penser à certaines symphonies de Bruckner… Il n’empêche, le maestro et l’orchestre développent une présence brillante. Mention spéciale à Polina Senatulova, première violon solo, qui a superbement tenu le pupitre avec charisme, assurance et élégance dans le 3<span class="s5">e</span> mouvement « Das Helden Gefahrtin ». On se réconcilie avec l’œuvre au dernier mouvement « Das Helden Weltflucht und Vollendung », très harmonique, entre le finale de la <span class="s4">Walkyrie</span> et les « Variations Enigma ». Comme quoi, tout est possible.</p>
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		<title>Come up, listen, slow down</title>
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				<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 10:56:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gstaad]]></category>
		<category><![CDATA[Menuhin]]></category>
		<category><![CDATA[menuhin festival]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Véritable Ballenberg des fortunés, Gstaad est un jardin alpin à l’ambiance particulière. En 2026, son Menuhin Festival place l’affiche sous le slogan Family Matters. Sélection parmi la programmation. Voyage d’hiver en été Amateur-ice-s de Franz Schubert, cette soirée est pour vous. Le fameux Winterreise est donné en version trio, le piano d’Oliver Schnyder sera accompagné d’Andreas Janke au violon et ... <a href="https://gooutmag.ch/come-up-listen-slow-down/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3">Véritable Ballenberg des fortunés, Gstaad est un jardin alpin à l’ambiance particulière. En 2026, son Menuhin Festival place l’affiche sous le slogan <span class="s5">Family Matters</span>. Sélection parmi la programmation.</p>
<div id="attachment_33558" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33558" class="wp-image-33558 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-500x308.jpeg" alt="" width="500" height="308" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-500x308.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-768x473.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-1024x631.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-100x62.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8839-1464x902.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33558" class="wp-caption-text">Jaap van Zweden dirigera la 5ème de Beethoven © Raphael Faux</p>
</div>
<p class="s3"><span class="s4"><strong>Voyage d’hiver en été</strong><br />
</span>Amateur-ice-s de Franz Schubert, cette soirée est pour vous. Le fameux <span class="s5">Winterreise</span> est donné en version trio, le piano d’Oliver Schnyder sera accompagné d’Andreas Janke au violon et du violoncelle de Benjamin Nyffenegger. Ensemble, ils donneront ce voyage d’hiver si typique de la mélancolie romantique, chanté par le baryton Daniel Behle. À l’image du poète Wilhelm Müller dont il s’inspire pour ses Lieder, Schubert se pense comme un artiste au destin contrarié, solitaire et maintenu dans l’ombre. Du même Müller, il empruntera d’ailleurs les écrits pour sa « schöne Müllerin ». Une soirée intime, intérieure, à apprécier le 14 août à l’église de Zweisimmen.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s4">Boulevard des tubes<br />
</span></strong>Ainsi pourrait s’appeler la soirée du 15 août, baptisée en l’occurrence <span class="s5">Celebration</span>. Le directeur artistique du festival Daniel Hope –un violoniste, comme Yehudi bien sûr– jouera le concerto d’Edward Elgar, avec le Gstaad Festival Orchestra, dont le début enjoué contraste avec celui dramatique du concerto pour violoncelle du même compositeur. Au pupitre, Jaap van Zweden fera résonner les premières notes mythiques de la <span class="s5">Symphonie 5</span> de L.v. Beethoven. Un concert sous la tente du Festival, idéal pour les <span class="s5">first</span> <span class="s5">timers</span> !</p>
<div id="attachment_33556" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33556" class="wp-image-33556 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_8841-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33556" class="wp-caption-text">Daniel Behle chantera le Winterreise de Schubert © Simon Pauly</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s4">Sergei &amp; Gustav<br />
</span></strong>Un début mystérieux de vents sur un lit de cordes, un finale flamboyant de cuivres ; c’est la <span class="s5">Symphonie n°1</span> « Titan » de Mahler, qui s’invite au concert du 16 août. Une symphonie assez courte –est-ce seulement possible chez Gustav?– qui place déjà le vocabulaire du compositeur : cors aux airs alpins, instruments placés à distance, instants frémissants avant un bouillonnement orchestral, mélange de grâce et d’ironie mordante. Il faudra aussi laisser la place au « Rach III » ou <span class="s5">C</span><span class="s5">oncerto </span><span class="s5">pour piano </span><span class="s5">n°3</span> de Sergei Rachmaninov, avec Isata Kanneh-Mason au clavier, une artiste britannique qui a notamment joué avec… Elton John ! L’interprète donnera également « Vocalise » du compositeur russe, une pièce imaginée au départ pour un ou une artiste lyrique mais sans parole, adaptée cette fois pour orchestre, en l’occurrence celui du Menuhin. Il sera dirigé par l’inspirant et espiègle IvánFischer, passé maître dans l’art de vous faire écouter autrement des œuvres tant entendues. Ça vaut bien le coup d’une promenade à Gstaad, non ?</p>
<p class="s3">
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		<title>Un sommet pour le 150e !</title>
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				<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 13:26:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[<p>Après quelques mots du directeur Franziskus Theurillat rappelant que « la culture n’est pas un luxe » dans ce monde changeant, difficile et en guerre, place aux notes. Et ça démarre fort, avec cette salve de cors étincelants, cette trompette solo en sourdine aux airs narquois –une signaturechez Mahler–  et une belle place laissée aux contrebasses qui se donnent pour accompagner, rythmer, ... <a href="https://gooutmag.ch/un-sommet-pour-le-150e/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s4"><span class="s5">Après quelques mots du directeur Franziskus Theurillat rappelant que « la culture n’est pas un luxe » dans ce monde changeant, difficile et en guerre, place aux notes.</span><span class="s5"> Et ça démarre fort, avec cette salve de cors étincelants, cette trompette solo en sourdine aux airs narquois –un</span><span class="s5">e signature</span><span class="s5">chez Mahler</span><span class="s5">–  et</span><span class="s5"> une belle place laissée aux contrebasses qui s</span><span class="s5">e</span><span class="s5"> donnent </span><span class="s5">pour accompagner, rythmer, mais aussi </span><span class="s5">livrer</span><span class="s5"> une </span><span class="s5">ligne </span><span class="s5">mélodi</span><span class="s5">que</span><span class="s5">.</span><span class="s5"> Les cuivres rugissent, les percussions font trembler les murs du Casino, les pupitres répliquent et dupliquent. Pas toujours simple de s’y retrouver dans cette tempête</span><span class="s5">,</span><span class="s5"> comme un alpiniste surpris par l’orage. Mais le maestro guide, avec précision, charisme tout en laissant ses musiciens se révéler… et se faire plaisir</span><span class="s5">. </span><span class="s5">Contrebasson, sourdine sur les cuivres, tambourins, instruments à distance… Mahler est un formidable orchestrateur et le montre ici. </span><span class="s5">La complainte mélancolique du </span><span class="s5">trombone solo</span><span class="s5"> Henri</span><span class="s5">&#8211;</span><span class="s5">Michel Garzia est </span><span class="s5">absolument </span><span class="s5">remarquable, comme les solos de la violoniste Friederike Starkloff. Une recommandation cela dit, pour vos oreilles, prenez place en fond de salle</span><span class="s5">.</span></p>
<div id="attachment_33417" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33417" class="wp-image-33417 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6532-1-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33417" class="wp-caption-text">Les garçons du Knabenkantorei réponde aux cloches tubulaires (c) DR</p>
</div>
<p class="s4"><span class="s5">Après avoir été noyées par les cuivres et percussions, les cordes et la petite harmonie prennent leur revanche dans ce </span><span class="s5">deuxième </span><span class="s5">mouvement qui démarre délicatement et avec lyrisme. Flûte traversière, cors et clarinettes se déploient dans </span><span class="s5">ce menuet aux </span><span class="s5">sonorités très « Mittel</span><span class="s5">e</span><span class="s5">uropa ». </span><span class="s5">E</span><span class="s5">nsuite</span><span class="s5">, o</span><span class="s5">n retrouve les sommets, avec ce solo de </span><span class="s5">cuivre </span><span class="s5">dissimulé</span><span class="s5"> qui rappelle le cor des Alpes, dans une fresque de montagne </span><span class="s5">entre</span><span class="s5">printemps fleuri et chant d’oiseaux, une Ode à la nature où chacun dialogue comme on se répond entre vallées. Demeure toujours une tension, suspendue, comme nos pieds sur une ligne de crête</span><span class="s5">,</span><span class="s5"> où la chute n’est jamais très loin.</span></p>
<p class="s4"><strong><span class="s2">Cantatrice et petits chanteurs<br />
</span></strong><span class="s5">Arrive </span><span class="s5">l’instant « </span><span class="s5">misterioso</span><span class="s5"> » et spirituel avec l’alto </span><span class="s6">Jasmin Jorias, toute en retenue</span><span class="s6">, qui pourtant s’affirme </span><span class="s6">avec autorité</span><span class="s6">. Elle déploie </span><span class="s6">« Oh Mensch, </span><span class="s6">Gibt</span><span class="s6"> Acht</span><span class="s6"> !</span><span class="s6"> » (</span><span class="s7">Ô homme</span><span class="s7">, </span><span class="s7">Prends </span><span class="s7">garde!</span><span class="s5">) inspiré d’</span><span class="s7">Also </span><span class="s7">Sprach</span> <span class="s7">Zarathustra</span> <span class="s5">avec une précision d’orfèvre et répond au hautbois délicat</span> <span class="s5">de Marc Lachat et au cor solo de </span><span class="s5">Samuel Seidenberg</span><span class="s5">, </span><span class="s5">seul </span><span class="s5">face à la salle, dont la maitrise exige « des nerfs d’acier » selon les mots du critique Christian Merlin.</span><span class="s5"> Dans cette ambiance étrange qui évoque les profondeurs, les garçons du </span><span class="s5">Knaben</span><span class="s5">kantorei</span><span class="s5"> Basel jouent leur part espiègle, joyeuse et impertinente, accompagnés par les cloches tubulaires pour le carillon (« </span><span class="s5">Bimm</span><span class="s5">, Bamm »).</span></p>
<div id="attachment_33418" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-33418" class="wp-image-33418 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-500x312.jpeg" alt="" width="500" height="312" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-500x312.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-768x479.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-1024x639.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-100x62.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_6531-1-1464x914.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-33418" class="wp-caption-text">standing ovation pour ce marathon au sommet ! © Bettina Matthiessen</p>
</div>
<p class="s4"><strong><span class="s2">Le souffle coupé à l’ascension<br />
</span></strong><span class="s5">Dans cette partition très chargée, à l’instrumentation lourde, alternant instants aériens et frappes telluriques, la tentation est grande de céder à la froide technique. Elle est ici parfaitement maîtrisée par l’orchestre et son maestro : les cordes attaquent ensemble, les cuivres </span><span class="s5">s</span><span class="s5">ont rutilants, les multiples percussions à l’unisson. Mais Markus Poschner sait </span><span class="s5">retenir la tension</span><span class="s5">, l’harmonie, </span><span class="s5">la délicatesse pour la fin, offrant une méditation </span><span class="s5">allant</span><span class="s5"> crescendo, </span><span class="s5">un long effort avant la lumière, </span><span class="s5">comme lorsqu’on atteint le sommet</span><span class="s5">,</span><span class="s5"> le souffle coupé par la beauté du paysage plutôt que par l’effort.</span><span class="s5"> Presqu’assommé, le public n’applaudit pas tout de suite, comme pour savourer encore cette ascension. On redescend ?</span></p>
<p class="s4"><span class="s5"> </span></p>
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		<title>Pâques en partitions, Baden-Baden en vibration</title>
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				<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 19:38:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>Une scène, des mondes Ici, tout commence par un souffle — celui d’un Wagner revisité, d’un Bach habité, d’un Mahler transcendé. L’édition 2026 déploie un éventail ambitieux : opéra, oratorio, symphonique et musique de chambre s’entrelacent dans une dramaturgie musicale pensée comme un récit total. En ouverture, Lohengrin de Wagner. Une œuvre-monde, mystique et politique, revisitée sous la direction de ... <a href="https://gooutmag.ch/paques-en-partitions-baden-baden-en-vibration/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une scène, des mondes<br />
</strong>Ici, tout commence par un souffle — celui d’un Wagner revisité, d’un Bach habité, d’un Mahler transcendé. L’édition 2026 déploie un éventail ambitieux : opéra, oratorio, symphonique et musique de chambre s’entrelacent dans une dramaturgie musicale pensée comme un récit total.</p>
<div id="attachment_32624" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32624" class="wp-image-32624 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-500x232.jpeg" alt="" width="500" height="232" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-500x232.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-768x356.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-1024x475.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-100x46.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden-_Nov_20_heller_c_Andrea-Kremper-1464x679.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-32624" class="wp-caption-text">Un théâtre en majesté. Devant, l’élégance ; dedans, la déflagration. (c) Festspielhaus Baden-Baden</p>
</div>
<p>En ouverture, Lohengrin de Wagner. Une œuvre-monde, mystique et politique, revisitée sous la direction de Joana Mallwitz, avec le Mahler Chamber Orchestra — comme une plongée dans les mythes, mais sans poussière. <span class="Apple-converted-space"><br />
</span></p>
<div id="attachment_32626" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32626" class="wp-image-32626 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3-500x293.jpeg" alt="" width="500" height="293" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3-500x293.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3-768x450.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3-1024x599.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3-100x59.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-Baden_cThomasStraub-3.jpeg 1399w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-32626" class="wp-caption-text">Salle pleine, souffle suspendu. Ici, chaque silence est un luxe, chaque note une prise de pouvoir. Le concert ne se regarde pas — il s’impose. (c) Festspielhaus Baden-Baden / Michael Bode</p>
</div>
<p>Puis vient le contraste, presque une bascule : la Matthäus-Passion de Bach dirigée par Klaus Mäkelä. Moins spectacle, plus vertige intérieur. Une musique qui ne s’écoute pas, elle vous regarde. Et entre les deux ? Des respirations précieuses. La pianiste Hélène Grimaud dialogue avec Brahms et Schumann, convoquant Clara comme une présence fantôme mais centrale.</p>
<p><strong>Le grand écart : tradition vs nouvelle garde<br />
</strong>Ce qui frappe ici, ce n’est pas seulement la qualité — c’est la tension. Une tension féconde entre les monuments du répertoire et ceux qui les réinterprètent. Car 2026 marque un tournant : le Royal Concertgebouw Orchestra et le Mahler Chamber Orchestra prennent les rênes artistiques du festival, injectant une énergie nouvelle dans une institution déjà mythique. Résultat ? Un festival qui refuse de choisir entre mémoire et mouvement.</p>
<div id="attachment_32625" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32625" class="wp-image-32625 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/FestspielhausBaden-BadencChristianGrund-4-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-32625" class="wp-caption-text">Plafonds peints, mémoire sculptée : l’ancien dialogue avec le présent. Entre fresques et résonance, le lieu lui-même devient partition. (c) Festspielhaus Baden-Baden</p>
</div>
<p>Entre la solennité d’un Bach et l’urgence d’une nouvelle génération de chefs, virtuoses et voix. Même le jeune violoniste Daniel Lozakovich s’invite dans cette partition globale — preuve que la relève n’attend plus son tour : elle joue déjà.</p>
<p><strong>Baden-Baden, théâtre total<br />
</strong>Mais réduire les Osterfestspiele à une suite de concerts serait une erreur. C’est une expérience. Une ville entière qui se met au diapason : entre sources chaudes et velours rouge, entre architecture néoclassique et acoustique millimétrée.</p>
<div id="attachment_32623" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32623" class="wp-image-32623 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-500x334.jpeg" alt="" width="500" height="334" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-500x334.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Festspielhaus-Baden-Baden__c_Christian-Grund-3-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-32623" class="wp-caption-text">Sous ses airs de dolce vita thermale, la scène gronde déjà. (c) Festspielhaus Baden-Baden</p>
</div>
<p>Le Festspielhaus Baden-Baden — 2’500 places, plus grand opéra d’Allemagne — agit comme un cœur battant, aspirant publics, artistes et émotions dans une même pulsation. Et autour, des talks, des rencontres, une festival lounge comme si la musique refusait de s’arrêter au dernier accord.<span class="Apple-converted-space"></span></p>

<p><strong>L’émotion comme ligne de mire<br />
</strong>Ici, on ne consomme pas la musique. On la traverse! Entre la monumentalité d’un War Requiem de Britten, la densité d’un Mahler ou la pureté d’un Bach, chaque soirée agit comme une secousse douce — un rappel que la musique classique, quand elle est vivante, n’a rien de muséal. Et peut-être que c’est ça, au fond, le vrai luxe : ne plus écouter distraitement… mais être saisi.</p>
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		<title>Ginebra, como un destino del corazón</title>
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				<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 16:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Après la Médée de Charpentier et Les Indes galantes de Rameau en 2019, la tragédie lyrique Atys de Lully en 2022, vous voici de retour dans le répertoire français ? Je me réjouis de diriger cette tragédie lyrique de Rameau, Castor et Pollux. Je remercie le Grand Théâtre, car l’opéra français est très coûteux, exigeant beaucoup de musiciens, de choristes, ... <a href="https://gooutmag.ch/ginebra-como-un-destino-del-corazon/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s2"><strong><span class="s4">Après </span><span class="s4">la </span><span class="s5">Médée</span><span class="s4"> de Charpentier et </span><span class="s5">Les Indes galantes</span> <span class="s4">de Rameau </span><span class="s4">en </span><span class="s4">2019, </span><span class="s4">la tragédie lyrique </span><span class="s5">Atys</span> <span class="s4">de Lully </span><span class="s4">en </span><span class="s4">2022</span><span class="s4">, vous voici de retour dans le répertoire français ?<br />
</span></strong>Je me réjouis de diriger cette tragédie lyrique de Rameau, <span class="s3">Castor et Pollux</span>. Je remercie le <a href="http://www.gtg.ch" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Grand Théâtre</a>, car l’opéra français est très coûteux, exigeant beaucoup de musiciens, de choristes, de chanteurs mais aussi des danseurs. Je remarque d’ailleurs une continuité entre Aviel Cahn et son prédécesseur, Tobias Richter. C’est une chance !</p>
<div id="attachment_32489" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32489" class="wp-image-32489 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-342x500.jpeg" alt="" width="342" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-342x500.jpeg 342w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-768x1124.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-700x1024.jpeg 700w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-100x146.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9145-1464x2143.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 342px) 100vw, 342px" />
<p id="caption-attachment-32489" class="wp-caption-text">Leonardo García Alarcón (en répétition) tisse l’émotion comme une matière vivante, entre rigueur baroque et fièvre contemporaine (c) DR</p>
</div>
<p class="s6"><strong><span class="s4">Comment avez-vous travaillé la dramaturgie de cette œuvre, qui met aux prises deux jumeaux qui n’en sont pas ?<br />
</span></strong>Le genre baroque propose souvent un prologue sans rapport avec l’action qui va suivre. J’ai proposé au metteur en scène Edward Clug de le supprimer, et ainsi débuter directement avec funérailles, et il a dit oui, c’est génial ! Dans cette œuvre, on n’entend pas chanter Castor jusqu’à la fin du premier acte. Et Pollux se promet d’aller aux Enfers chercher son frère, si bien qu’on pourrait nommer l’opéra « l’Orfeo de Pollux ». Les deux frères sont très différents, puisque Castor est frère de <span class="s7">Clytemnestre</span> et mortel, à l’inverse de Pollux, frère d’Hélène de Troie. Celui-ci est un personnage confiant, arrogant, chanté par un baryton-basse (dans la production Andreas Wolf) tandis que l’autre est à fleur de peau, incarné souvent par un haute-contre, mais ici par le ténor belge Reinoud van Mechelen.</p>
<p class="s2"><strong><span class="s4">Mise en scène </span><span class="s4">et chorégraphie sont </span><span class="s4">signée</span><span class="s4">s</span> <span class="s4">Edward </span><span class="s4">Clug</span><span class="s4">. Certaines collaborations entre </span><span class="s4">plateau et fosse d’orchestre s</span><span class="s4">ont parfois difficiles</span><span class="s4">…<br />
</span></strong>Dès que le projet s’est confirmé il y a un an et demi, nous avons échangé. Mais j’ai découvert son univers esthétique en arrivant aux répétitions, avec ces objets du quotidien : chariots de supermarché, sacs en plastique, parapluies… On ne peut pas vraiment parler de valeur spirituelle, et pourtant ça marche! Grâce à la mise en scène, la direction d’acteurs, le travail des lumières, Edward parvient à donner sens et profondeur. C’est une personne au tempérament très calme, qui respecte des autres mais sait tenir une idée. J’aime ça.</p>
<p class="s2"><strong>La première version de 1737 a été mal accueillie, la seconde a été un triomphe. <span class="s4">Pourquoi </span><span class="s4">avoir retenu </span><span class="s4">la première</span><span class="s4"> ?<br />
</span></strong>Mal reçu peut-être, mais par les conservateurs. En fait, on dit qu’elle a été mal accueillie parce qu’il s’agissait d’une musique du futur ! Les harmonies ont provoqué une nouvelle voie émotionnelle, quelque chose qu’on n’avait jamais entendu avant. La version de 1754 a été édulcorée, pour plaire…</p>
<div id="attachment_32487" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-32487" class="wp-image-32487 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-500x334.jpeg" alt="" width="500" height="334" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-500x334.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_9147-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-32487" class="wp-caption-text">Quand Rameau passe au rayon réalité : des chariots comme métaphores du fardeau, des corps en errance, et l’amour qui se consomme… ou se consume. Sur scène, le mythe déraille avec élégance (c) DR</p>
</div>
<p class="s2"><strong><span class="s4">Soyons honnêtes : l’opéra des Nations, salle petite et </span><span class="s4">de </span><span class="s4">bois, était formidable pour le baroque. Le </span><span class="s4"><a href="http://www.gtg.ch" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Grand Théâtre</a> lui répond aux besoins du XIX-XX</span><span class="s8">e</span><span class="s4"> siècles</span><span class="s4">. Que pensez-vous du Bâtiment des forces motrices ?<br />
</span></strong>J’ai adoré travailler à l’Opéra des Nations pour le XVII<span class="s9">ème</span>siècle Italien, notamment <span class="s3">Il </span><span class="s3">Giasone</span>. Plus petite, la salle permettait de s’approcher du public, par exemple dans <span class="s3">King Arthur</span> [<span class="s3">ndlr</span> un promenoir avait été installé entre la fosse et le public], où les parties parlées comptent autant que la musique! Au Grand Théâtre, on doit évidemment travailler un son plus grandiose, prévu pour un effectif plus important, avec Mozartpar exemple. Au BFM, j’ai vécu une belle histoire en 1999, avec le premier opéra sudaméricain, <span class="s3">La </span><span class="s3">púrpura</span><span class="s3"> de la rosa</span>, créé en 1701 au Pérou ! En fait, on peut dire que c’est ma première salle, puisque j’y ai dirigé mon premier opéra, <span class="s3">La Calisto</span> de Cavalli, en 2009. Elle offre un son très clair pour les instruments anciens. Ce lieu est une évidence.</p>
<p class="s6"><strong><span class="s4">Genève et Buenos Aires entretiennent des liens musicaux depuis longtemps : Arturo Benedetti </span><span class="s4">Michelangeli</span><span class="s4">, Martha </span><span class="s4">Argerich</span><span class="s4">, Gabriel Garrido, Nelson </span><span class="s4">Goerner</span><span class="s4">, et </span><span class="s4">vous </span><span class="s4">bien sûr. Comment l’expliquer ?<br />
</span></strong>Borges évidemment ! [rires] En fait, c’est dû au hasard. Martha a gagné le concours en 1957. Borges est venu parce que son père s’y était installé. Et moi je cherchais la claveciniste idéale, Christiane Jaccottet, dont j’avais un disque de Bach. En rencontrant le professeur Gabriel Garrido au Conservatoire, je me suis senti à la maison. On m’a accueilli tout en me permettant de garder une part de mon identité. En ce sens, Genève et sa région sont une force qui attire beaucoup d’artistes. « La ville la plus propice au bonheur » selon Borges !</p>
<p class="s6"><strong><span class="s4">En 2024, vous avez ouvert la Cité Bleue.</span><span class="s4"> Quel bilan après une saison et demie ?<br />
</span></strong>Après 2 ans de vie, on a déjà l’impression d’avoir y passé 10 ans ! Avec autant de productions, la Cité Bleue devient connue comme une salle de création basée à Genève. Par sa taille, ses justes proportions, ses besoins techniques précis mais limités, elle facilite la créativité et les tournées. On est poussés à repenser les formes artistiques, par exemples des pièces petites en moyens mais exerçant un fort impact.</p>
<p class="s2">Dans une Europe marquée par la précarisation culturelle, Genève est un peu une arche de Noé. On vit une situation de crise, pas seulement en raison de la guerre mais aussi la grande peste qu’a été le Covid-19, des moments que les historiens étudieront dans 20 ans. On sent que la culture n’est plus une priorité, et la musique encore moins. Ça se voit partout, même dans le mécénat. Les artistes doivent se battre pour défendre leur légitimité et pour l’ouverture d’esprit. Cela posera aussi des questions aux institutions plus importantes, en termes d’échelle et de propositions qui convoquent l’intelligence.</p>
<p class="s6"><strong><span class="s4">Timothée Chalamet a déclaré</span><span class="s4"> «Je</span><span class="s4"> ne veux pas travailler dans le ballet ni dans l’opéra</span><span class="s4"> […]</span><span class="s4"> ça n’intéresse plus personne</span><span class="s4">.»</span> <span class="s4">S</span><span class="s4">i vous l’aviez en face de lui, qu’est-ce que vous lui répondr</span><span class="s4">i</span><span class="s4">ez ?<br />
</span></strong>D’abord, je lui dirais que je l’admire, l’ayant vu dans <span class="s3">The King</span> par exemple, avec mon fils. Il se sent Français pour les vacances, et mon fils se sent Argentin pendant ses vacances. Au fond, ce qu’il dit devrait conduire à une auto-critique, carballet et opéra peuvent être perçus comme des objets vétustes. A la Cité Bleue, on ne craint pas de tester de nouvelles propositions, par exemple j’ai présenté un spectacle sur les dinosaures ! Et les jeunes viennent. Vous savez, en Italie, l’opéra a toujours été public depuis sa création à Venise, par exemple à la Fenice et au San Cassiano où se produisaient Cavalli, Monteverdi et Ferrari. Il s’agissait alors un art populaire, par exemple pendant Carnaval. C’est en France qu’on a transformé l’opéra en art de Cour, sous l’impulsion de Louis XIV, avant d’être imité en Europe… et jusqu’à aujourd’hui.</p>
<p class="s2">
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		<title>L’Italienne à l’hôtel</title>
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				<pubDate>Mon, 02 Feb 2026 10:03:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Il a fait ses premières armes en Suisse, a dirigé le Nouvel Opéra de Fribourg (NOF) et a souvent accompagné les productions du multi-primé Laurent Pelly, spécialiste du genre comique élevé au rang d’art et mené au cordeau : Julien Chavaz dirige aujourd’hui le Theater Magdeburg (Theater des Jahres 2025!). ​ Descendre à l’Alger Au bord du Lac, après un ... <a href="https://gooutmag.ch/litalienne-a-lhotel/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s4">Il a fait ses premières armes en Suisse, a dirigé le Nouvel Opéra de Fribourg (NOF) et a souvent accompagné les productions du multi-primé Laurent Pelly, spécialiste du genre comique élevé au rang d’art et mené au cordeau : Julien Chavaz dirige aujourd’hui le Theater Magdeburg (Theater des Jahres 2025!). ​</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Descendre à l’Alger<br />
</span></strong>Au bord du Lac, après un <span class="s5">Dragon d’or </span>un peu perché à la Comédie, l’Helvète est revenu pour proposer un opéra bouffe inventif, rythmé, très incarné. Sa première qualité ? Faire de « Alger » un hôtel. L’air de rien, l’astuce résout de nombreux écueils, notamment les clichés contestables. Certains opéras à caractère colonial, caricatural, exotique contiennent des mots franchement gênants (Enlèvement au Sérail, Pêcheur de perles, etc.). Ici, l’idée est au fond maline et intelligente.</p>
<p class="s4">L’hôtel offre une formidable aire de jeu. Dans un style de l’Italie des années 30 qui évoque les grandes gares en travertin de la Péninsule (Venezia Santa Lucia, Roma Termini), les protagonistes concentrent l’action sur la séduction, la fidélité, la ruse et l’amour, pour mieux laisser le reste de côté. Et l’attention aux détails est virtuose : le restaurant du soir est dressé pour accueillir le petit-déjeuner, les réceptionnistes portent une livrée et les bagagistes portent les valises, la cuisine en inox retournée devient salle de bains. Un sans fautesigné Amber Vandenhoeck et Hannah Oellinger.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Un jeu d’acteurs digne de Laurent Pelly<br />
</span></strong>On peut en dire autant du jeu d’acteurs. Loin des productions qui cantonnent les choristes à des alignements de menhirs dignes de Stonehenge, la mise en scène les implique totalement, avec esprit, détail, humour et vraisemblance. Leur déguisement en bibendum pour incarner les <span class="s5">Pappataci</span> sont à mourir de rire. Mention spéciale au figurant et danseur Daniel Ojeda Yrureta, qui ouvre le deuxième acte par un warm-up très gracile pour certains choristes qui le sont un peu moins.</p>
<p class="s4">Un regret pourtant : dans une partition typiquement rossinienne où le crescendo piano joue son rôle, l’Orchestre de la Suisse romande peine à monter en puissance, notamment les cordes. Trop de retenue du chef Michele Spotti? Acoustique du BFM en cause ? En tous cas le contraste avec les voix est évident.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Un plateau qui régale<br />
</span></strong>Dans le rôle du dictateur devenu directeur d’hôtel benêt Mustafa, Nahuel Di Pierro déploie une très belle voix, un volume élevé et un jeu très drôle du mari/amant qu’on même par la queue. Si la maîtrise vocale est évidente, il peine avec les exigeantes vocalises typiquement rossiniennes, qui pardonnent peu. Elles font en revanche merveille chez Lindoro (il faut toujours un Lindoro comme il faut toujours que ce soit à Séville), incarné par un Maxime Mironov de miel, de grâce et d’aisance. D’aisance en triomphe, c’est Gaëlle Arquez qui met le feu sur scène en Isabella. Une véritable <span class="s5">prima donna</span> au jeu souverain, à la voix ample et une présence déconcertante. Rôle, voix ou jeu de scène, Elvira paraît pâlotte en comparaison.</p>
<p class="s4">Dans ce BFM ouvert sous la direction de Renée Auphan, le temps de travaux du Grand Théâtre [vous avez bien lu], qui a connu la création de l’opéra <span class="s5">JJR</span><span class="s5">,</span><span class="s5"> citoyen de Genève</span> en 2012 (Fénelon/Carsen), cette production de l’Italienne à l’hôtel fait merveille. L’occasion de se rappeler ce bon dicton populaire : « rire, c’est bon pour la santé ! ».</p>
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		<title>Premières à l’Oper !</title>
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				<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 08:15:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[<p>Vous signez une première saison ambitieuse, avec 14 nouveaux spectacles! Est-ce le reflet d’une grande différence financière avec Berlin, où vous dirigiez le Staatsoper? Avec 11 nouvelles productions d‘opéra, 3 nouveaux ballets, on peut le dire oui ! En Europe, c’est assez unique de disposer de tels moyens. À Zurich, on ressent une vraie volonté de soutenir l’opéra, sur le long ... <a href="https://gooutmag.ch/premieres-a-loper/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3"><strong><span class="s2">Vous signez une première saison ambitieuse</span><span class="s2">, avec 14 nouveaux </span><span class="s2">spectacles</span><span class="s2">!</span><span class="s2"> Est-ce le reflet d’une grande différence </span><span class="s2">financière </span><span class="s2">avec Berlin, où vous dirigiez le </span><span class="s2">Staatsoper</span></strong><span class="s2"><strong>?</strong><br />
</span>Avec 11 nouvelles productions d‘opéra, 3 nouveaux ballets, on peut le dire oui ! En Europe, c’est assez unique de disposer de tels moyens. À Zurich, on ressent une vraie volonté de soutenir l’opéra, sur le long terme et avec des fonds publics. Les privés aussi aident énormément, à hauteur de 11 millions, c’est une chance ! Vous savez, l’opéra fonctionne comme un moteur : une fois démarré, il catalyse une puissante dynamique avec les artistes et le public. Mais ce dernier désire toujours des nouveautés, alors il faut mettre les moyens.</p>
<div id="attachment_31578" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-31578" class="wp-image-31578 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-1024x682.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-1464x975.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2261-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-31578" class="wp-caption-text">L’Opernhaus Zürich ©Andrin Fretz</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">L’enjeu des femmes à l’opéra revient sur le devant de la scène. Vous invitez plusieurs talents à diriger en fosse ou en mise en scène, mais pas de compositrices</span><span class="s2"> au programme</span><span class="s2">…</span></strong><span class="s2"><strong> A quand une pièce de Barbara Strozzi par exemple ? </strong><br />
</span>Cette saison j’ai invité beaucoup de femmes talentueuses à la mise en scène, par exemple Tatjana Gürbaca, Lilli Fischer, Anna Bernreitner, Valenmtina Carasco. C’est aussi le cas des cheffes d’orchestre, à l’image de Giedrė Šlekytė qui dirige la première de <span class="s6">Hänsel</span> <span class="s6">und</span><span class="s6"> Gretel</span> ce soir ! Concernant les œuvres, il y a un projet en cours, mais je ne peux pas encoreen parler à ce stade. Les choses ne peuvent se faire d’un claquement de doigts, il faut chercher et trouver les œuvres pour en faire des succès. Cela demande un développement organique, qui prend un peu de temps. On y est presque.</p>
<div id="attachment_31575" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-31575" class="wp-image-31575 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-500x431.jpeg" alt="" width="500" height="431" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-500x431.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-768x662.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-1024x882.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-100x86.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2264-1464x1262.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-31575" class="wp-caption-text">Hänsel und Gretel, une fable sur la machine à créer, mise en scène en scène par Thom Luz, à l’invitation de Matthias Schulz ©Herwig Prammer</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">A Berlin, vous avez créé le </span><span class="s2">Kinderopernhaus</span><span class="s2">, </span><span class="s2">à Zurich vous créez le </span><span class="s2">Kinderorchester</span><span class="s2">. </span><span class="s5">Hänsel</span> <span class="s5">und</span><span class="s5"> Gretel</span><span class="s2"> est un conte pour enfants. L’opéra doit jouer un rôle particulier auprès des plus </span></strong><span class="s2"><strong>jeunes?</strong><br />
</span>Oui c’est très important. Vous savez je suis père de 5 enfants. Ce soir, mon ado vient à la première avec ses copains. Je trouve essentiel que tous les enfants puissent vivre cette expérience, et la partager. Avec le Kinderorchester, nous travaillons avec des enfants de 8 à 13 ans dans 36 écoles du Canton, qui jouent dans un orchestre souvent pour la première fois. Si à la fin de l’expérience, leurs copains disent «moi aussi je veux faire ça!», alors c’est gagné !</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">La pandémie de Covid-19 et ses mesures ont provoqué de lourdes conséquences sur le public des salles, notamment en France. Est-ce le cas à Zurich</span> </strong><span class="s2"><strong>?</strong><br />
</span>Il existe des différences oui, mais rien de grave. Au moment d’acheter des places, le public se décide plus tard. Plus de jeunes qui viennent à l’opéra, et ils veulent de la nouveauté, quelque chose de moderne, pas uniquement du répertoire. On doit donc continuer à créer. Un autre détail que j’ai remarqué : le public s’habille de manière plus informelle.</p>
<p class="s3"><span class="s2"><strong><span lang="FR">La nouvelle production de Hänsel et Gretel est déjà la quatrième création de votre première saison, après <i>Der Rosenkavalier, La forza del destino, </i>le ballet <i>Oiseaux Rebelles</i> (et la production expérimentale <i>Wie du warst, wie du bist</i>). </span>Pourquoi l’avoir confiée au metteur en scène suisse Thom Luz, habitué au </strong><b>théâtre?<br />
</b></span>J’avais rencontré Thom à Berlin au Staatsoper, où il avait monté la performance <span class="s6">Werckmeister</span><span class="s6"> Harmonien</span> en 2022. Il entretient une relation toute particulière avec l’OpernhausZürich, qui occupe un grand rôle dans son parcours artistique et théâtral. Enfant, il a joué sur la scène ! Dans <span class="s6">H</span><span class="s6">ä</span><span class="s6">nsel </span><span class="s6">und</span><span class="s6">Gretel</span>, il livre un conte sur la mise en scène, le monde magique des coulisses, le spectacle en train de se faire. Il s’agit vraiment d’un spectacle accessible à tous, de 7 à 99 ans !</p>
<div id="attachment_31577" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-31577" class="wp-image-31577 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-768x1151.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-683x1024.jpeg 683w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_2262-1464x2195.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-31577" class="wp-caption-text">Matthias Schulz, nouveau Directeur de l’Opéra de Zurich ©maurice_haas</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Ce spectacle marque aussi l’ouverture de votre projet </span><span class="s2">Opernkinotag</span></strong><span class="s2"><strong>…</strong><br />
</span>Absolument ! Il s’agit d’une première. Notre idée consiste à diffuser en direct l’opéra dans 15 cinémas à travers tout le Canton. Vous savez, il nous finance de manière très importante et nous voulons assurer une réelle présence dans le territoire. D’ailleurs, je trouve que l’opéra est un art qui se prête bien aux salles obscures.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">En quoi votre projet se distingue d</span><span class="s2">’</span><span class="s2">Andreas </span><span class="s2">Homoki</span><span class="s2">,</span><span class="s2"> votre prédécesseur.</span> <span class="s2">E</span><span class="s2">n quoi vous lui ressemblez</span></strong><span class="s2"><strong> ?</strong><br />
</span>Je crois qu’on partage l’idée d’avoir une stratégie pour toute la vie [rires]. À l’opéra c’est pareil, on doit gérer une sorte d’opération émotionnelle. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte, anticiper, des risques à maîtriser. Et au final, on ne peut rien prévoir. Imaginez un spectacle où tout paraît sous contrôle, mais en réalité rien ne marche ! Finalement, nos métiers demandent beaucoup d’empathie, puisqu’on propose des spectacles pour des personnes, créés par des personnes. Et c’est toute la beauté de l’opéra.</p>
<p class="s4">
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		<title>Symphonie lyrique à Zurich</title>
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				<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 07:50:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Lucia Richter]]></category>
		<category><![CDATA[Concert Zurich]]></category>
		<category><![CDATA[Critique musicale]]></category>
		<category><![CDATA[Gustav Mahler]]></category>
		<category><![CDATA[Maestro]]></category>
		<category><![CDATA[Mari Eriksmoen]]></category>
		<category><![CDATA[musique classique]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre symphonique]]></category>
		<category><![CDATA[Paavo Järvi]]></category>
		<category><![CDATA[Performance live]]></category>
		<category><![CDATA[Symphonie n°2 Résurrection]]></category>
		<category><![CDATA[Tonhalle Zurich]]></category>
		<category><![CDATA[Zürcher Sing-Akademie]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>« Un nouvel espoir » L’orchestre de la Tonhalle poursuite son marathon « PaavoJärvi mit Mahler », avec cette fois-ci la 2ème Symphonie. Le compositeur autrichien s’y pris à deux fois pour la composer, accaparé qu’il était par ses fonctions à l’opéra de Budapest. L’œuvre est célèbre pour son 5ème mouvement, choral, d’une profondeur spirituelle intense. Beaucoup ont en mémoire la version ... <a href="https://gooutmag.ch/symphonie-lyrique-a-zurich/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s6"><span class="s2"><strong>« Un nouvel espoir »</strong><br />
</span>L’orchestre de la Tonhalle poursuite son marathon « PaavoJärvi mit Mahler », avec cette fois-ci la <span class="s7">2</span><span class="s8">ème</span><span class="s7"> Symphonie</span>. Le compositeur autrichien s’y pris à deux fois pour la composer, accaparé qu’il était par ses fonctions à l’opéra de Budapest. L’œuvre est célèbre pour son 5<span class="s9">ème</span> mouvement, choral, d’une profondeur spirituelle intense. Beaucoup ont en mémoire la version solaire dirigée par Leonard Bernstein dans la cathédrale d’Ely (1973). Un moment fort repris dans <span class="s7">Maestro</span>, film Netflix où le chef américain est campé par un Bradley Cooper en apothéose.</p>
<div id="attachment_31525" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-31525" class="wp-image-31525 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1494-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-31525" class="wp-caption-text">Tonhalle galvanisée : la salle entière debout, saisie par l’onde de Mahler, tandis que l’orchestre reçoit une ovation qui résonne comme un souffle collectif (c) Gaetan Bally</p>
</div>
<p class="s6"><span class="s2"><strong>Orchestre rugissant</strong><br />
</span>À Zurich ce soir-là, l’Orchestre de la Tonhalle a été rugissant, puissant, alerte, sous la baguette de Paavo Järvi. Le premier mouvement « Allegro maestoso » donne le ton, où piano et fortissimo se succèdent. Sans attendre, le maestro passe directement au second mouvement (Andante moderato) alors que Mahler conseillait de laisser respirer le public. Au 4<span class="s9">ème </span>mouvement « Urlicht », la mezzo-soprano Anna Lucia Richter chante avec autorité des vers des <span class="s7">Knaben</span> <span class="s7">Wunderhorn</span> et dialogue à merveille avec le violoniste Klaidi Sahatçi, qui livre un solo d’une grande expressivité.</p>
<p class="s6"><strong><span class="s2">Du </span></strong><span class="s2"><strong>frémissement..</strong><br />
</span>Le dernier mouvement « Im Tempo des Scherzos » émerge dans une tension palpable, avec une musique mystérieuse, comme si le son venait d’ailleurs. Une idée de Mahler : un « Fernorchester », prévu dans la partition. Dans la Tonhalle, l’effet est renversant : des trompettes, cors et percussions sont cachés derrière les murs, créant une étrange sensation, presqu’insaisissable. Exposés, sans filet, trompettes et cors distillent leur morceau de bravoure qu’on savoure.</p>
<div id="attachment_31524" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-31524" class="wp-image-31524 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_1495-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-31524" class="wp-caption-text">Paavo Järvi, le geste affûté, menant des cordes en pleine incandescence — un ballet de coups d’archet où chaque note semble taillée dans l’urgence (c) Gaetan Bally</p>
</div>
<p class="s4">
Arrivent les voix, à commencer par le chœur de la ZürcherSing-Akademie, un véritable moment de recueillement, triple piano, murmure au souffle imperceptible. Suit Anna Lucia Richter qui chante dans une retenue racée, alors que la soprano Mari Eriksmoen, vue récemment à Genève en Mélisande, déploie un vibrato et un volume excessif, plus adaptée à une scène lyrique.</p>
<p class="s6"><strong><span class="s2">…à la tempête<br />
</span></strong>Une bataille se livre ensuite entre les cuivres et percussions d’un côté et cordes et bois de l’autres. Ce soir-là, les seconds luttent avec les premiers. Vient ensuite l’extase, le chœur, les solistes, l’orchestre, tous ensemble, offre un moment au lyrisme intense ! Les cuivres vibrent, les percussions claquent, les cordes luttent, les bois soufflent à plein. Le rythme monte, le volume aussi, tout s’accélère, en maintenant un crescendo qui paraît ne jamais se terminer, que seule l’apothéose pourrait régler. Le concert terminé, la salle se lève et applaudit à tout rompre.</p>
<p class="s6"><span class="s2"><strong>Plus lyrique que spirituel</strong><br />
</span>« Pourquoi as-tu vécu ? Pourquoi as-tu souffert ? Tout cela n’est-il qu’une grande et terrible plaisanterie ?  A ces questions je réponds dans le dernier mouvement » disait Mahler. Ici, on a eu le sentiment que le chef impose un rythme à marche forcée, sans laisser respirer, sans équilibrer ses pupitres, peut-être débordé par l’immense masse orchestrale.L’interprétation est lyrique plus que spirituelle, qui préfère l’effet de manche à la profondeur intérieure.</p>
<p class="s4">« Je ne lis jamais les journaux, cela m’agace trop » disait Mahler. Peut-être l’actuel maestro se dira la même chose en lisant ces lignes.</p>
<p class="s4">
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