80 ans et tous ces talents !

80 ans, 800 lauréats et toujours la même passion du diapason ! Le Concours de Genève célèbre huit décennies de virtuosité et continue de faire vibrer la relève, sans jamais perdre la mesure (c) Concours de Genève

80 bougies, des baguettes qui s’agitent et des partitions qui s’enflamment ! Le Concours de Genève, jadis Concours international d’exécution musicale, fête huit décennies de virtuosité sans perdre le rythme. Au menu de ce jubilé qui promet de faire grand bruit ? Direction d’orchestre et composition en tête d’affiche, masterclasses et concerts des lauréats en guise de cerises sur le gâteau. Une partition haute en notes où les talents croisent le fer, les baguettes donnent le ton et la relève mène la danse !

Genève est incontestablement une capitale musicale. Premier Conservatoire de Suisse ouvert en 1835, Conservatoire populaire bientôt centenaire, la Cité du bout du lac devait bien avoir sa compétition. Ce fut fait en 1939, avec la création du Concours de Genève, qui a consacré les artistes et interprètes de la musique classique, des pianistes (la tutélaire Martha Argerich), des violoncellistes (François Guye), des flûtistes (Emmanuel Pahud), des hautboïstes (Heinz Holliger) et des artistes lyriques, comme José Van Dam et Marina Viotti. L’année dernière, la Suissesse Sarah Strohm et l’Américain Brian Isaacs se sont partagés le premier prix d’Alto. Au total, ce sont 800 lauréat-e-s qui s’affichent au palmarès depuis la création ! 

Un geste, mille nuances, et tout un orchestre à l’unisson. Au Concours de Genève, la baguette ne fait pas de magie, elle donne vie à la musique. À chacun sa partition, à chacun sa vision ! (c) Concours de Genève

Une fête à la baguette
2026 est une année faste, avec la composition et la direction d’orchestre à l’honneur. Focus sur ce second volet du concours, qu’on attendait depuis 32 ans. Parmi les lauréats passés, on peut citer Alan Gilbert, aux commandes du New York Philharmonic et de l’Opéra royal de Stockholm. Pour cette édition anniversaire, 6 demi-finalistes s’affrontent : Alejandro Cantalapiedra (32 ans, Espagne), Jacobus De Jager (29 ans, Afrique du Sud), Gabriel Pernet (27 ans, Suisse), Mats Thiersch (23 ans, Allemagne) et  Leonard Weiss (33 ans, Australie). Suite au retrait de la maestra Michal Oren (30 ans, Israël), Simon Schmied (31 ans, Suisse) rejoint le groupe. On regrettera donc l’absence de femmes parmi les candidates, mais heureusement la composition présente Sing-Yat Chen (Hong-Kong, 26 ans), aux côtés d’Hanurij Lee (Corée du Sud, 21 ans) et Rafael Marino Arcaco (Brésil/Italie, 37 ans).

S’il est une discipline où l’interprétation joue une place centrale, il s’agit de la direction d’orchestre, qui permet d’insuffler sa lecture d’une partition auprès des musiciennes et musicien, à plus forte raison qu’on ne produit aucun son… Un rôle exigeant, exposé, qui demande d’avoir un regard et une interprétation de la partition autant qu’un charisme et une capacité à communiquer mais aussi convaincre et emmener. Il est heureusement fini le temps des figures autoritaires –on pense évidemment à Arturo Toscanini– qui hurlait ses frustrations, incapable de communiquer ses attentes auprès de l’orchestre. A cet égard, on se permet un petit conseil : quand vous allez à un concert, pensez à prendre une place derrière l’orchestre, cela vous permet de mieux comprendre le rôle du chef.

80 ans au compteur et toujours le feu sacré ! Le Concours de Genève fait vibrer les générations, révèle les virtuoses de demain et prouve que le talent n’a pas d’âge, mais toujours de l’accord ! (c) Concours de Genève

Etapes finales
À Genève, les candidats ont déjà passé plusieurs épreuves en 2025 et ont bénéficié de workshop sur le métier, la carrière et leur parcours personnel à venir. Après des demi-finales où ils dirigeront l’Orchestre de Chambre de Genève (7 novembre) et l’ensemble Contrechamps (8 novembre), les candidats auront la chance d’emmener avec eux l’Orchestre de la Suisse Romande (9 novembre). Les gagnants de cette étape se retrouveront au Victoria Hall (11 et 13 novembre) pour les finales, toujours avec l’OSR. En plus d’œuvres connues du répertoire, notamment l’ouverture Egmont de Beethoven, les Totenfeier de Mahler, L’Oiseau de Feu de Stravinski, il s’agira pour les candidats de diriger une des trois pièces finalistes du concours de composition –un véritable défi pour ces jeunes artistes. Tard le soir du 13 novembre, le jury présidé par Bertrand de Billy dévoilera la liste des lauréats, mettant fin au suspens d’un concours étalé sur plus d’un an. Mais l’important c’est de participer, n’est-ce pas ?

80ème Concours de Genève
Direction d’orchestre & Composition
du 6 au 15 novembre

concert d’ouverture, demi-finales, finales, concerts des lauréats dans différents lieux à Genève

www.concoursgeneve.ch