Sarah Hartmann fait des vagues chez VIU

Dans son univers rose poudré, Sarah Hartmann cultive un design qui préfère le sourire à la démonstration et le jeu aux règles établies (c) Viu

Avec VIU et Sarah Hartmann, la lunette arrête de filer droit et commence à faire des écarts. Sur des modèles iconiques comme The Nova et The Charlie, la Berlinoise injecte ce qu’il faut de twist : des lignes qui ondulent, des rainures qui accrochent la lumière et des couleurs qui réveillent plus vite qu’un café serré. Rien de trop, mais tout bouge : ça tangue, ça dévie, ça fait des remous là où c’était trop lisse. Le détail prend la vague, et le classique boit la tasse — avec style. Vague à l’œil.

The Charlie joue la nostalgie sans prendre la poussière. En Racing Red ou Burgundy, il a ce petit parfum rétro qui sent bon les années 70 — quelque part entre un film granuleux et une virée en décapotable, cheveux au vent et regard affûté. Sous la main de Sarah Hartmann, la silhouette reste familière, mais elle tangue légèrement. Juste assez pour passer du déjà-vu au déjà-envie.

Des lunettes suspendues comme des bonbons dans une confiserie futuriste. Chez Sarah Hartmann, même l’optique semble avoir retrouvé son âme d’enfant (c) Viu

The Nova, lui, n’a clairement pas décidé d’être discret. En Yellow Swirl Red ou Strawberry Pink, ça tourbillonne, ça pétille, ça accroche l’œil comme une sucrerie qu’on n’assume qu’à moitié — mais qu’on choisit quand même. Plus joueur, presque insolent, il injecte ce twist pop qui fait toute la différence.

Et c’est là que la collaboration prend tout son sens. Pas dans le spectaculaire, mais dans le décalage. VIU Eyewear ne change pas de cap, la marque affine sa trajectoire. Sarah Hartmann, elle, vient créer du mouvement dans quelque chose de déjà bien installé. Une tension subtile entre maîtrise suisse et liberté berlinoise.

Des teintes qui semblent sorties d’un paquet de friandises et des formes qui refusent obstinément la ligne droite : tout l’univers Hartmann tient dans une monture (c) Viu

Son geste est presque instinctif : elle ne surcharge pas, elle déplace. Une rainure devient signature, une courbe devient attitude. Le genre de détail qu’on ne remarque pas immédiatement — mais qui finit par tout changer. Comme ces vagues silencieuses qui redessinent le rivage sans prévenir.

Derrière cette apparente légèreté, il y a aussi une manière de penser autrement. Les plaques d’acétate ne sont pas produites pour l’occasion, elles sont réutilisées, retravaillées, revalorisées. L’upcycling ici n’est pas un argument plaqué, c’est une logique. Moins de matière, plus de regard.

Une chaise rouge, quelques livres, une paire de lunettes. La preuve qu’il suffit parfois de trois objets bien choisis pour raconter une histoire (c) Viu

Au fond, ces lunettes ne cherchent pas à en mettre plein la vue. Elles préfèrent troubler légèrement la perception. Introduire ce petit décalage qui attire, sans jamais forcer.

Et dans un paysage où tout cherche à se faire remarquer à coups de surenchère, cette manière de faire des vagues… sans bruit, c’est presque insolent.

VIU Eyewear shopviu.com

Univers de Sarah Hartmann : Haus of Hart

hausofhart.com