Park Hyatt Marrakech : Escapade sur toile de fond
Ligne d’eau, ligne d’horizon. Entre les palmiers et les montagnes de l’Atlas, la piscine semble avoir trouvé le point de fuite parfait © Park Hyatt Marrakech
On pensait avoir fait le tour de Marrakech. Les riads confidentiels, les palaces iconiques, les rooftops, les jardins cachés, les souks où l’on finit toujours par acheter un tapis qu’on n’était pas venu chercher… Puis le Park Hyatt est arrivé et a rebattu les cartes. Ou plutôt les cimaises. Car ici, les chambres partagent l’affiche avec plus de 700 œuvres d’art. Le check-in se transforme en vernissage et le luxe prend des allures de galerie habitée. Une parenthèse où le Maroc expose son âme sans jamais la mettre sous vitrine.
Un palace à la fibre artistique
Marrakech n’a jamais eu besoin d’un musée pour exposer son talent. La ville entière est une toile. Les zelliges composent des mosaïques avant même le petit-déjeuner, les moucharabiehs dessinent la lumière, les artisans sculptent, tissent, martèlent et ciselent. L’art est partout. Souvent là où on ne l’attend pas. Le Park Hyatt Marrakech ne s’est donc pas demandé comment décorer un palace. Il s’est demandé comment raconter le Maroc sans tomber dans le folklore. La réponse tient en un chiffre : plus de 700 œuvres originales, réalisées spécialement pour le resort grâce à la résidence d’artistes Ifitry, fondée par Mostapha Romli près d’Essaouira. Pas de catalogue, pas de reproductions en série, pas d’œuvres choisies pour simplement habiller un mur. Chaque création possède sa propre histoire.
Une pluie de céramiques suspendues accueille les visiteurs dès le lobby. Une œuvre monumentale de Mounat Charrat qui donne immédiatement le ton : ici, l’art ne décore pas les lieux, il les habite © Park Hyatt Marrakech
À peine franchi le lobby, impossible de lever les yeux ailleurs que vers l’installation monumentale en céramique de Mounat Charrat. Une nuée suspendue qui semble flotter entre ciel et Atlas, comme si la terre marocaine avait décidé de prendre son envol. Puis le regard vagabonde. Sur la pierre de Taza. Sur les tapis tissés à la main. Sur le laiton qui attrape les derniers rayons du soleil. Sur les moucharabiehs qui jouent avec les ombres comme d’autres jouent avec les mots. Sous la direction de l’architecte Imaad Rahmouni, le patrimoine arabo-berbère cesse d’être une référence figée pour devenir un langage contemporain. Rien n’est démonstratif. Tout est juste. Le vrai luxe se niche peut-être là : dans un palace qui préfère collectionner les artistes plutôt que les effets de manche.
Entre marbre, moucharabiehs et lignes contemporaines, le lobby ouvre le bal. Plus qu’un hall d’entrée, c’est la première page d’un récit où le Maroc dévoile toute l’étendue de son savoir-faire © Park Hyatt Marrakech
Une chambre avec vue… sur l’Atlas
Ici, même les chambres semblent avoir pris des cours aux Beaux-Arts. Les 130 chambres et 69 suites prolongent le récit avec la même élégance discrète. Bois, pierre, lin, marbre, nuances ocre et œuvres originales composent un décor qui respire plus qu’il ne s’impose. Les immenses baies vitrées cadrent les montagnes de l’Atlas comme le plus beau tableau du resort, changeant de palette au fil des heures et de la lumière.
On s’y sent rapidement ailleurs. Loin du tumulte de la médina, mais jamais loin du Maroc. Chaque matière, chaque texture, chaque détail rappelle que le raffinement ne tient pas à l’accumulation, mais à la justesse. Une chambre qui ne cherche pas à voler la vedette au paysage… seulement à lui offrir son plus bel écrin.
Dormir dans une galerie ? Presque. Chaque chambre mêle artisanat, design et œuvres d’art © Park Hyatt Marrakech
Une cuisine haute en couleurs
Au Park Hyatt, la galerie ne s’arrête pas aux murs. Elle se poursuit dans les assiettes. Au TFAYA, la gastronomie marocaine revisite son patrimoine avec finesse, tandis que Le Pavillon fait dialoguer les saveurs méditerranéennes et quelques influences nikkei, face à l’Atlas. Même le tea time, servi au Living Room, ressemble davantage à une pause contemplative qu’à un simple goûter.
Comme pour l’art, la cuisine évite les effets faciles. Les produits prennent la parole, les épices savent se faire éloquentes sans hausser le ton, et chaque plat semble raconter le même Maroc : enraciné dans ses traditions, curieux du monde et profondément généreux.
À l’ombre des oliviers, la cuisine prend le soleil. Une table où le Maroc dialogue avec le monde, sans jamais perdre son accent © Park Hyatt Marrakech
Le corps, lui aussi, trouve son œuvre
Après avoir régalé les yeux et les papilles, le Park Hyatt s’occupe du reste. Mention spéciale au spa, véritable bulle de décompression où les rituels marocains invitent à lever le pied. Hammam, soins signatures, huiles parfumées… Ici, on ne court plus après le temps, on le laisse simplement fondre.
La piscine du SPA: le type de lieu où l’on ressort plus léger qu’en y entrant © Park Hyatt Marrakech
Puis il y a la piscine. Longiligne, élégante, elle semble tirer un trait d’union entre le resort et les montagnes de l’Atlas. Un miroir à ciel ouvert où l’eau reflète autant le paysage que la sérénité du lieu. Le genre de bassin qui donne soudainement envie d’oublier son téléphone… et même l’heure. Les plus actifs pourront ensuite retrouver les courts de padel, la salle de fitness ou le golf d’Al Maaden, juste à côté.
Au fond, le Park Hyatt Marrakech cultive un art devenu rare : celui de faire cohabiter l’effervescence de la création… avec le luxe de ne rien faire.
Dernier coup de pinceau
En quittant les lieux, une évidence s’impose. Le souvenir le plus précieux ne tient ni dans une photo de piscine, ni dans une suite avec vue sur l’Atlas. Il tient dans cette étrange sensation d’avoir séjourné au cœur d’une collection privée. Un endroit où l’on dort dans une galerie, où l’on dîne dans une œuvre, et où le plus beau chef-d’œuvre n’est peut-être ni une sculpture, ni un tableau…Mais l’expérience elle-même.
Park Hyatt Marrakech
Al Maaden Golf Resort
Sidi Youssef Ben Ali
40000 Marrakech, Maroc