Balexert, retour vers la culture
La DeLorean fait vrombir les années cultes sans prendre une ride ©DR
Nom de Zeus, les eighties ont encore du jus ! Du 13 au 24 octobre, papajosette passe Balexert à la vitesse McFly : DeLorean en escale, arcades en rafale et pinceaux qui crèvent l’écran. Les souvenirs quittent la VHS, les artistes appuient sur « play ». Pas besoin de cassette pour rembobiner : Ici, les souvenirs jouent les têtes d’affiche et le quotidien s’offre un happy end en Technicolor.
Un poisson nommé Josette
Avant la DeLorean, un poisson rouge. Avant les artistes, une fête foraine. Voilà une dizaine d’années, Lou, la fille de Grégory Veyrat, y gagne un petit pensionnaire aux yeux globuleux, baptisé Josette pour rire. Quand elle mange en imitant sa bouche, son père la taquine. La riposte fuse : « papajosette ». Le surnom reste. Le poisson ignorait qu’il venait de faire du naming.
Depuis, ce petit nom familial accueille un grand mélange : street art, skate, ski freestyle, rap, tatouage. Tout ce qui anime Grégory rejoint l’aventure, devenue collective. Aucun scénario de sauveur venu arracher l’art à ses cimaises. « L’art est très bien dans ses adresses habituelles. Moi, c’est juste une autre proposition. » Le moteur tourne à l’envie. Et les passions passent les vitesses.
Les souvenirs font du score
À Balexert, Papajosette enclenche la marche arrière pour mieux réveiller le présent. Destination : les années 1980 et 1990, quand les posters tapissaient les chambres et les bornes d’arcade engloutissaient la monnaie. Cette fois, les parties seront gratuites. La revanche sur les pièces de poche peut commencer.
Une DeLorean exposée et les chaussures de Marty McFly feront vibrer la fibre cinéphile. À quelques pas, une « magazine box » permettra de se photographier en couverture d’un magazine façon Star Club. L’idole punaisée au mur ? Pour une fois, ce sera vous. De quoi offrir à son adolescence une petite séance de rattrapage.
Du poster dans la chambre à la une du magazine : avec la poster box, les idoles peuvent aller se rhabiller. La star, c’est vous! ©DR
Films, séries, dessins animés et musique composent cette bande originale des souvenirs. Durant la première semaine, un artiste peindra chaque jour une référence des années 1980. Le 24 octobre, cosplayers et ateliers pour enfants prendront le relais. Les générations se passent la manette ; personne n’a besoin d’avoir connu le magnétoscope pour entrer dans la partie.
Arrêt sur geste
Le meilleur effet spécial reste pourtant humain. Un artiste travaille, un passant ralentit. On venait chercher du pain, on reste pour le peintre. Entre deux courses, le regard fait un détour. Voir une œuvre se construire permet d’en découvrir les coulisses : une technique, une intention, le sens inattendu de deux personnages réunis. Ce qui paraissait obscur trouve parfois sa lumière dans une simple conversation. Pour Grégory, ces échanges se nouent naturellement. La peinture attire l’œil ; la rencontre retient le visiteur.
Pas question, pour autant, de distribuer des émotions sur ordonnance. Lui demander quelle œuvre conseiller à quelqu’un qui pense ne pas aimer l’art le fait rire : « On est tous différents. » Un tableau, un geste ou une performance touchera chacun à sa manière. Le coup de cœur n’a pas de mode d’emploi. Même à l’époque des notices de magnétoscope.
Petites mains, grandes échappées : avec les ateliers du 24 octobre, la relève prend des couleurs et l’imagination sort du cadre. ©DR
Carte blanche, traits libres
Pour laisser cette rencontre se produire, encore faut-il accepter quelques débordements. Grégory insiste sur la confiance de Balexert, qu’il tient à remercier : le centre lui laisse carte blanche, y compris pour accueillir des cultures et des artistes dont les messages ne caressent pas toujours dans le sens du passage. Une direction artistique donne le cap, puis les créateurs gardent leur liberté. Le street art peut conserver ses angles, le skate ses écarts. Dans un lieu où tant de choses sont alignées, cette latitude ouvre une perspective différente. Balexert accepte que le trait dépasse ; Papajosette y trouve l’espace pour dessiner autre chose.
Et les artistes ne sont pas rémunérés en applaudissements : chacun reçoit un cachet pour sa prestation. Leurs œuvres peuvent ensuite être mises en avant à la galerie papajosette ou à La Citadelle. Sur place, les contacts circulent et des commandes peuvent naître. Derrière le spectacle, le travail continue.
La scène hors rayon
La Citadelle prolonge cette complicité. Ce projet, que l’équipe préparait depuis quelque temps, a pu prendre forme grâce au soutien de Balexert. Artistes et créateurs, notamment locaux, y trouvent une place aux côtés d’une mini-rampe de skate. Les week-ends s’animent au rythme du rap, du breakdance et des rencontres. L’ambition de Grégory : donner à découvrir d’autres univers, au-delà des marques et des franchises que l’on retrouve partout. Faire circuler les talents autant que les visiteurs. Et laisser une trace qui ne s’efface pas au démontage.
Car le souvenir qu’il espère provoquer tient moins du grand frisson que du petit déclic : avoir échangé, appris, ressenti quelque chose. Reconnaître, un an plus tard, cette énergie croisée par hasard. La DeLorean reste garée. Le regard, lui, a changé de vitesse.
Pop Culture avec papajosette
Du 13 au 24 octobre 2026, Grande Place de Balexert
Avenue Louis-Casaï 27, Genève
Entrée libre. DeLorean, bornes d’arcade et magazine box pendant l’événement. Live painting quotidien durant la première semaine. Cosplay et ateliers pour enfants le samedi 24 octobre.
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