Un instant, on regarde !

Égarons-nous dans la ville, les terrains vagues, à mi-chemin entre périphérie urbaine et sous-bois à travers les yeux de Claudio Moser. Ses instantanés seront mis à l’honneur dans la prochaine exposition Chien Errant du Centre de la photographie Genève du 23 juin au 22 août 2021. Sous forme de bibliothèque, Claudio Moser crée une rétro-prospective sur la base de ses archives photographiques et clichés à venir. Durant cet été, on pourra ainsi vagabonder hors de Genève avec le projet de l’artiste suisse. Plus besoin d’aller loin pour s’échapper du quotidien !

 

La photographie : un moyen de capturer l’instant. Claudio Moser ne s’éloigne pas de la définition dans son travail, bien au contraire. Ses photographies racontent l’histoire d’un promeneur, un vagabond se déplaçant au milieu de paysages de tout genre, capturant ce qui se révèle à lui en passant : en un instant tout simplement. Ces clichés réalisés paraissent devenir, pour lui, un événement visuel. Ce va-et-vient entre ses pas et ses photographies est l’essence de son travail artistique. Il marche, il s’arrête, il photographie, il repart et il revient, son corps fait ainsi office de trépied. Et c’est un continuum d’images sélectionnées qui crée ses livres de photos. Son objectif est de collecter des tirages jugés publiables jusqu’au chiffre 50 et de les faire relier pour en faire un seul livre. A ce rythme, il obtient un livre par an édifiant une sorte de bibliothèque. L’artiste propose ainsi une rétrospective de son œuvre mais qui est également prospective avec un deuxième corpus de clichés pas encore réalisés. Claudio Moser est un artiste qui examine le monde en se promenant et qui produit une forme visuelle au résultat de cette exploration. A l’aide de son appareil photo, son regard se pose sur des lieux où un événement pourrait survenir ou qui a déjà eu lieu et dont il reste une trace. Entre nature et civilisation, il capte des éléments équivoques, loin du spectaculaire et du dramatique. Ses déambulations le mènent à la périphérie des villes, dans des zones peu séduisantes et où pourtant un récit peut se créer. La neutralité et sobriété qui dégage de ses œuvres provoque un certain mystère et engage ainsi le début d’une histoire. Cette objectivité est cependant loin d’être dépourvue de vie. En produisant ses œuvres avec les outils de la photographie et l’œil du caméraman, il voit un scénario dans chacune de ses captations. N’en révélons pas plus, c’est en allant découvrir ses livres au Centre de la photographie que nous pourrons nous-mêmes nous imaginer errer dans ces lieux.

Centre de la photographie Genève (CPG)
Rue des Bains 28, 1205 Genève
Du 23 juin au 22 août 2021
www.centrephotogeneve.ch