Royal Pop : AP sous dopamine

Royal pop: comme si la Royal Oak avait fait une fugue entre Gstaad, Tokyo et une soirée pop art à 4h du matin (c) Audemars Piguet

Pendant des décennies, la Royal Oak a battu au rythme des poignets d’hommes ultra friqués capables de ressentir plus de frissons devant une vis octogonale que devant la plupart de leurs relations humaines. Une montre devenue religion pour collectionneurs sous tension, où chaque finition brossée verticale déclenchait plus d’émotions qu’une thérapie de couple et trois sueurs froides en salle des ventes. Puis Swatch est arrivé avec l’énergie d’un gamin qui aurait tagué un coffre-fort Hermès au stabilo fluo. Résultat ? La Royal Pop. Une collaboration qui ressemble à Gérald Genta invité dans une rave pop art à 4h17 du mat.

Close-up sur ce séisme horloger qui prouve qu’une icône peut encore perdre la tête… sans perdre sa cote.

Dans cette parenthèse acidulée où AP desserre enfin la cravate, son icône Royal Oak cesse de se comporter comme une relique sacrée. Elle devient joueuse, nomade, presque insolente. La montre quitte le poignet, s’accroche à un sac, se balance autour du cou, traîne dans une poche comme un gri-gri pop sous caféine chromatique.

De la Royal Oak de Gérald Genta suspendue comme un talisman de milliardaire discret… à sa descendante pop sous dopamine chromatique. Même octogone culte, même ADN horloger — mais manifestement pas la même soirée (C) DR

Et franchement, voir la montre préférée des banquiers privés se transformer soudainement en objet pop sous overdose de couleurs a quelque chose de délicieusement irrévérencieux.

Le plus fort ? Derrière cette crise d’adolescence visuelle, les codes historiques restent intacts : lunette octogonale, motif Petite Tapisserie, huit vis hexagonales, références obsessionnelles au chiffre huit.  Sauf qu’ici, tout semble avoir été plongé dans un bain de dopamine pop et de bubble-gum cosmique.

La montre la plus statutaire de Suisse vient officiellement de lécher un stabilo fluo (c) Swatch

Certaines versions ressemblent à des jouets de luxe dessinés par Warhol après une nuit blanche à Tokyo. D’autres évoquent des gadgets futuristes qu’aurait porté un DJ sous espresso martini dans une rave milanaise de 1998.

Mention spéciale au modèle HUIT BLANC et ses vis multicolores : probablement la première Royal Oak qui donne envie de manger des Dragibus en écoutant du Daft Punk. 

HUIT BLANC : probablement ce qui se passe quand la Royal Oak découvre le pop art, les Dragibus et les néons roses… le tout sans perdre une seule de ses huit vis sacrées (c) AP

Mais sous le carnaval chromatique, Swatch n’a pas oublié la mécanique. Mouvement SISTEM51 manuel, 90 heures de réserve de marche, spiral Nivachron™, fond transparent…  Comme quoi, même transformée en bijou pop pour adultes hyperactifs, la Royal Oak continue de battre avec un vrai cœur horloger.

Et quelque part, c’est peut-être ça le plus punk dans cette histoire : voir une icône du luxe accepter de rire un peu d’elle-même.

Parce qu’au fond, Royal Pop ne cherche pas à être sage. Elle cherche à remettre un peu de disco dans un univers qui sentait parfois un peu trop le cigare froid et la naphtaline suisse.

BLAUE ACHT : une Royal Oak qui semble avoir été trempée dans un sorbet citron sous lumière de rave. Fraîche, fluo, presque innocemment psychédélique (c) Swatch

Disponible dès le 16 mai exclusivement dans une sélection de boutiques Swatch et sur le site officiel de la collection Royal Pop. 

Swatch Royal Pop

Audemars Piguet x Swatch