Le Rhône: ni dompté, ni figé
Le Rhône n’est pas qu’un fleuve : c’est une mémoire en mouvement, une énergie indomptable, un souffle qui traverse Genève depuis la nuit des temps. À Quartier Libre SIG, il devient récit, image, engagement. Avec Libre comme le Rhône, l’œuvre de Robert Hainard dialogue avec l’histoire énergétique du territoire, entre paysages sauvages, barrages, combats écologiques et conscience en éveil. Une exposition comme un courant libre, qui nous emporte là où l’art, la nature et la responsabilité se rencontrent. Immersion.
Le fleuve comme colonne vertébrale
Avant les barrages, avant les lignes à haute tension, le Rhône genevois était sauvage, presque indocile. Jusqu’en 1937, il suivait encore les courbes dessinées par la dernière glaciation. C’est ce Rhône originel que Robert Hainard a observé, nuit après nuit, traquant les loutres, gravant la faune, dessinant une nature intacte — déjà menacée.
Ses œuvres, exposées aujourd’hui à Quartier Libre SIG, sont des fragments de silence, des témoignages visuels d’un monde au bord de la bascule.
Énergie, tensions et conscience écologique
L’exposition tisse un récit subtil entre besoins humains et limites naturelles. Le barrage de Verbois, inauguré en 1944, marque un tournant. Puis viennent les débats, les fractures, l’ombre d’un projet nucléaire finalement abandonné dans les années 1980.
Ici, l’art devient archive sensible : photographies, films, documents et gravures racontent comment Genève a appris — parfois dans la douleur — à concilier énergie et respect du vivant. Un récit porté par SIG, en partenariat avec la Fondation Hainard, sous le commissariat précis et engagé de Nicolas Crispini.
Hainard, précurseur et veilleur
Philosophe autant qu’artiste, Hainard était écologiste avant l’heure. Il observait, il attendait, il respectait. Ses Nuits d’hiver au bord du Rhône, réunies ici pour la première fois depuis 1952, sont des veilles silencieuses, des hommages à un monde animal qu’il savait fragile.
À travers lui, le Rhône cesse d’être décor : il devient sujet, conscience, presque personnage.
Un lieu qui fait sens
Que cette exposition prenne place au Pont de la Machine n’a rien d’anodin. Ici, le fleuve, l’énergie et la culture se croisent physiquement. Le bâtiment devient manifeste : un point d’équilibre entre production, transmission et contemplation.
Libre comme le Rhône – Robert Hainard
Quartier Libre SIG, Pont de la Machine 1, 1204 Genève
du 15 décembre 2025 au 29 mars 2026
Entrée : libre
Vernissage : 20 janvier 2026 à 18h


