Le MO Palace Lucerne : joyau hôtelier

La vue imprenable de la suite-terrasse sur le Mont Pilatus

Cette année, Lucerne s’est érigée en troisième place des destinations touristiques en Suisse. Normal pour cette splendeur de la Suisse centrale dont l’art et la nature en font un paradis. Cet automne, cette ville aux tours coiffées de toitures pittoresques tapissant la colline qui surplombe superbement le lac des Quatre Cantons, dévoile son premier hôtel Mandarin Oriental. On a eu la chance d’arpenter ce palais Belle Epoque métamorphosé avec minutie. Récit.

Lucerne, ville merveille
Les Romands ont tendance à snober certaines pépites en Suisse alémanique. À tort. Certaines villes à l’image de Lucerne sont de véritables gemmes à saisir. À l’annonce de l’ouverture de Mandarin Oriental Palace (MO), on n’a pas hésité à embarquer dans le premier train direct depuis Genève. Dès notre arrivée, on s’est rendu à quelques encablures de la gare pour visiter l’église des Jésuites, la première de style baroque en Suisse avant d’emprunter en aval de la Reuss, le pont en bois couvert le plus vieux du monde érigé en 1333, le Kapellbrücke. Ici, pas besoin de voiture, tout est accessible à pied. Ainsi, on s’est laissé transporter par les remparts de la Musegg et les fresques peintes dans les ruelles pavées de la vieille ville avant de rejoindre l’objet de toutes nos curiosités: le MO Lucerne. Arrivé devant la bâtisse bec à bec avec les cygnes du lac des Quatre-Cantons, on est rapidement subjugué par son allure Belle Epoque. Les architectes locaux Iwan Bühler Architekten et les décorateurs d’intérieur londoniens Jestico + Whiles ont transformé cette jolie fleur fanée tout en préservant le patrimoine historique de la bâtisse et en respectant la vision du fondateur de l’hôtel, l’excentrique suisse Franz Josef Bucher. Le résultat? Une somptueuse retraite d’inspiration méditerranéenne fascinante.

Un Palace pénétré d’histoire
Cette pépite hôtelière a ouvert ses portes en 1906, pendant l’âge d’argent de l’alpinisme, une époque ayant attiré aventuriers et alpinistes vers les sommets, les pentes et les lacs cristallins de la Suisse. Il est resté sous la propriété des fondateurs de la famille Bucher pendant près de 100 ans, résistant à deux guerres mondiales et quatre krachs de Wall Street avant que les pressions financières de la crise économique mondiale de 2008 ne forcent sa vente quelques années plus tard. En 2022, après une rénovation méticuleuse de cinq ans, il réapparaît en tant que Mandarin Oriental, allié au nom de Palace en hommage au passé historique de l’hôtel.

Une entrée en beauté
L’expérience d’arrivée a été entièrement repensée. Un couloir axial voûté forme une arcade au magnétisme indéniable. Ce dernier relie l’entrée de l’hôtel directement à la promenade bordée d’arbres jouxtant le lac. À l’intérieur du hall spacieux où loge la réception, un sculptural canapé incurvé, des menuiseries en noyer et des sols en terrazzo. De subtiles références aux origines asiatiques du Mandarin Oriental ornent tous les espaces publics de l’hôtel, en harmonie avec le thème méditerranéen de la propriété. Au rez-de-chaussée, le sol en damier de marbre noir et blanc d’origine contraste parfaitement avec les colonnes romaines en scagliola de corail. Mention spéciale au tapis de l’enseigne suisse Kramis ayant réalisé des créations en photographiant en close-up des détails de peintures à l’huile de l’époque romantique de l’hôtel en les reproduisant avec un zoom pixelisé.

La réception de l’hôtel

 

Dormir dans les bras de MO-rphée
Les designers ont puisé leur inspiration dans le paysage environnant pour habiller habilement les 136 chambres toutes uniques. Ainsi conçues pour parfaire le paysage extérieur extraordinaire, elles sont composées d’une palette intérieure entrelacée de chêne naturel, de tonalité corail et de nuances de vert et bleu. Le dialogue entre l’ancien et le nouveau se dévoile fluide mariant subtilement un lustre orbital en laiton aux côtés de murs lambrissés blanc ivoire, des parquets en chêne suisse à du mobilier italien sur mesure Molteni et des moulures de plafond traditionnellement façonnées. Les détails patrimoniaux à l’image des cadres de fenêtre restaurés avec dextérité contrastent à merveille avec un mobilier siglé Molteni. Un parquet en chêne de caractère est associé à des tapis Tisca tissés en Suisse, apportant chaleur et texture à nos pieds. La majorité des chambres disposent d’un balcon privé avec une vue épique sur le lac des Quatre-Cantons et les majestueux fragments du mont Pilatus.

Suites uniques
L’hôtel abrite 48 des plus grandes suites de Lucerne, mais le joyau de la couronne est sans nul doute la suite présidentielle lovée à l’intérieur du dernier étage de la tourelle sous le dôme en cuivre du palais, habillé habilement d’indigos et d’or, on adore! L’eau, les oiseaux et la nature abondante ont inspiré les détails qui ornent cette suite spéciale. La forme ovale unique du salon a été créée comme pièce maîtresse de cette espace, avec tous les éléments décoratifs découlant de cette géométrie : murs en bois cannelés, sol en mosaïque de bois contemporain et une rosace de plafond en plâtre moderne qui fait écho au clapotis de l’eau. Un lustre déconstruit, réalisé dans un délicat tourbillon de verre soufflé à la bouche, s’inspire des feuilles flottantes et des volées d’oiseaux. Le thème se poursuit dans le tapis tufté à la main qui imite le motif de plumes denses sur l’aile d’un cygne. Deuxième option? La suite panoramique sur le toit pour sa terrasse éblouissante et ses panoramas à 360 degrés, vertigineux!

La suite présidentielle du MO Lucerne

4 restaurants pour une cuisine de haute-voltige
Avec quatre concepts culinaires, le MO satisfera les estomacs les plus délicats. C’est le chef exécutif israélien Gilad Peled – ancien élève du Cordon Bleu London, avec des passages au Gavroche de Michele Roux et au Presser d’Argent de Gordon Ramsay – qui a le défi de remporter trois étoiles Michelin en 2023! Un véritable challenge pour deux des restaurants qui n’ouvriront qu’en début d’année prochaine: le Minamo, salle à manger japonaise kaiseki de six places et la Colonnade qui se concentrera sur la haute cuisine française préparée avec des ingrédients suisses frais et associés à une impressionnante collection de vins provenant du monde entier. Jusque-là, il y a le restaurant méditerranéen Quai 10, qui déborde sur la terrasse et invoque l’élégance des restaurants de la Riviera des années 1920 et proposant des plats italiens, des plats de viande et de poisson grillés. On a surtout testé la brasserie MOzern – le cœur vif de l’hôtel – ouverte toute la journée et pour le dîner. La fusion asiatique est au menu – bao de poitrine de porc cuit à la vapeur (petits pains), salade arc-en-ciel avec vinaigrette au sésame et côtes de bœuf à la mongole. Tout y est délicieux. On a également succombé pour le mémorable petit-déjeuner composé de bols de granola aux noisettes préparés par une équipe de huit femmes à Zurich, des yaourts Höhn produits à l’énergie solaire, des coings et des confitures transmis par cinq générations d’une famille de Hünenberg. Du local, en veux-tu, en voilà!

La la brasserie MOzern, le cœur vif de l’hôtel

Éco-effort
Une vraie démarche environnementale a été mise en place par le groupe Mandarin Oriental qui a éliminé tous les plastiques à usage unique depuis décembre 2021. Ici, les articles de toilette Diptique sont présentés dans des tubes métalliques chics et l’eau provient du lac tout comme celle des robinets. La climatisation et l’électricité sont également alimentées par le lac et la nourriture est principalement d’origine locale! Du luxe conscient comme on aime. Chapeau bas. 

Le Mandarin Oriental Palace Lucerne
Haldenstrasse 10, 6002 Lucerne
www.mandarinoriental.com