Le Beau-Rivage remet le couvert
Le Sunday Roast dans toute sa splendeur : un plat pensé pour être partagé, comme une invitation à ralentir et à prolonger la conversation entre deux bouchées (c) Beau-Rivage
À Genève, les brunchs poussent comme les grues dans le ciel : partout, tout le temps. Les buffets débordent, les assiettes prennent des airs de Monopoly gastronomique et tout le monde finit par acheter plus de propriétés que son estomac ne peut en gérer. Au Beau-Rivage, on a préféré remettre le plat au centre de la table. Un concept presque révolutionnaire à l’ère où tout le monde photographie son brunch avant de lui adresser la parole. Dans ce palace où Sissi passa ses dernières heures avant que l’Histoire ne lui tende une embuscade sur les quais genevois, le dimanche retrouve aujourd’hui des allures de fête de famille avec vue sur le Léman.
Le plat principal reprend le pouvoir
Pendant des années, le brunch s’est transformé en sport de compétition. Celui qui accumule le plus de saumon, d’avocat et de mini-viennoiseries semble repartir vainqueur. Au Beau-Rivage, en pleine métamorphose, on préfère jouer une autre partition. Pendant que les murs se réinventent, le Rivage Café remet au goût du jour une idée révolutionnaire par sa simplicité : partager un plat plutôt qu’empiler les assiettes.
Au Rivage Café, le brunch prend des airs de service à l’anglaise : élégance discrète, lumière lémanique et promesse d’un dimanche qui s’étire délicieusement (c) Beau-Rivage
Pour cette petite révolution dominicale, le Rivage Café convoque l’esprit du Sunday Roast. Une tradition britannique vieille de plusieurs siècles qui repose sur une idée désarmante de simplicité : placer un plat au centre de la table et laisser le reste faire son œuvre. Les conversations comprises. Ainsi, ici, la star n’est pas le buffet mais le plat à partager. Celui qui oblige à lever les yeux de son téléphone, à tendre le bras vers son voisin et, idéalement, à engager une conversation. Une idée presque vieille comme le monde. Et c’est précisément pour cela qu’elle fonctionne.
En mai dernier, le rôle principal est confié à une courgette farcie à l’italienne. Viande hachée, parmesan gratiné, sauce tomate relevée au paprika : un plat qui arrive sans artifices mais avec suffisamment de caractère pour faire taire la table quelques secondes. Le silence le plus flatteur qu’un cuisinier puisse espérer.
Confort food en costume trois pièces
Le reste du menu joue habilement entre élégance et gourmandise. Viennoiseries, fromages, charcuteries et fruits de saison ouvrent les festivités avant une entrée qui sent bon le printemps, tandis que les œufs se déclinent façon grand-mère ou version hollandaise et saumon fumé. Puis arrive le dessert. Une tarte aux fraises parfumée à la fleur d’oranger qui rappelle qu’en cuisine comme dans la vie, la sortie compte souvent autant que l’entrée.
Viennoiseries dorées, fromages, fruits frais et douce lumière matinale : de quoi rappeler que les plus beaux dimanches commencent souvent autour d’une table bien dressée (c) Beau-Rivage
Une histoire de transmission
Au fond, ce brunch raconte peut-être quelque chose de plus vaste qu’un simple repas. Il parle de ces traditions que l’on croyait rangées au grenier avec les services en porcelaine de nos grands-parents. De ces moments où l’on partage davantage qu’une assiette.
Dans cette maison qui a vu passer des souverains, des artistes et quelques chapitres de la grande Histoire, le temps ne s’est jamais contenté de séjourner : il a laissé ses bagages. Le Beau-Rivage possède des étoiles. Mais surtout, il possède une mémoire. Chapeau bas.
À ne pas manquer : chaque mois, le concept évolue autour d’une nouvelle pièce maîtresse à partager, clin d’œil au traditionnel Sunday Roast britannique
Tous les dimanches au Rivage Café
CHF 125 par personne, incluant jus, eau et boissons chaudes. Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans. CHF 60 pour les 6 à 15 ans. Tarif adulte dès 16 ans.
Beau-Rivage Genève
13 Quai du Mont-Blanc, 1201 Genève
+41 22 716 69 40
restauration@beau-rivage.com