Hilton, lifting sans filtre

Derrière les pistes, longtemps discret… aujourd’hui, difficile de ne pas lever les yeux (c) Hilton

Le Hilton Genève a décidé d’arrêter de faire de la figuration! Longtemps posé là, entre deux pistes et trois badges congrès siglés Palexpo, on le traversait sans jamais vraiment le regarder. Et puis, sans prévenir, le plus grand hôtel de Suisse a décidé de monter d’un cran. Les lignes se tendent, les volumes se réveillent, l’adresse sort enfin du pilotage automatique. Une aile déjà transformée, l’autre en plein chantier : ici, ça évolue en direct. Le resto OXBO est déjà à table, le bar et le reste arrivent en coulisses. Résultat ? Un hôtel qui ne sert plus juste à dormir entre deux vols — il donne presque envie de rater le sien.

Réveil en douceur (mais pas innocent)
On pensait le connaître. Le Hilton, posé là, efficace, presque institutionnel. Et puis voilà qu’il décide de se réveiller — sans faire de bruit, mais avec du style. Pas un relooking à coups de poudre aux yeux. Non! Une vraie mue. Intelligente. Subtile. Le genre qui ne vous saute pas dessus mais qui, en deux pas dans le lobby, vous fait dire : attendez… il s’est passé quelque chose ici!

Le lobby a changé de tempo — mais ses marches, elles, n’ont pas bougé. Comme un repère au milieu de la mue (c) Hilton

L’espace reprend le pouvoir
Il rouvre le bal via 295 chambres repensées, 34 suites qui prennent enfin le temps de respirer, et un lobby qui a compris une chose essentielle : aujourd’hui, on ne fait plus que passer, on s’installe. On travaille, on flâne, on observe. L’espace devient caméléon. Il s’adapte à vous, pas l’inverse.

Derrière cette transformation? Robert Angell. Un nom à retenir, ou plutôt une signature à ressentir. Bois feutrés, lignes qui arrondissent les angles du quotidien, volumes qui apaisent. Ici, le design ne crie pas « regardez-moi » — il murmure « restez un peu ». Et franchement, ça change tout.

Lumière ouverte, lignes apaisées — enfin une chambre où l’on reste… sans regarder l’heure du vol (c) Hilton

Même le fitness s’est mis au niveau : 1500 m² pour se réconcilier avec son corps après trois réunions et un croissant de trop. Technogym en renfort, motivation en option. 

OXBO, le cœur qui bat (et qui nourrit)
Et puis… il y a la table. OXBO Geneva. Rien que le nom a un petit côté oxymore chic. Une adresse qui ne joue pas à la grande gastronomie inaccessible, mais qui fait bien mieux : elle remet les pieds dans la terre. Le chef Emmanuel Garde mène la danse avec une cuisine qui a voyagé mais qui sait revenir à l’essentiel. Produits locaux, saisons respectées, circuits courts. Ici, le terroir n’est pas un argument marketing — c’est le point de départ. Malakoff qui croustille, vitello qui joue la douceur, bar mariné qui claque en fraîcheur… et derrière, ça envoie du sérieux : entrecôte de porc de Saint-Gall, saumon des Alpes, risotto à l’épeautre qui réchauffe sans plomber.

OXBO ancre le lieu : une table qui remet les pieds dans la terre, sans perdre le style (c) Hilton

Une carte qui fait simple — mais jamais simpliste. Qui va droit au produit, sans détour ni storytelling inutile. Et ça fait du bien. Mention spéciale à l’OXBO Signature mousse au chocolat Villars, à partager à deux (ou pas, soyons honnêtes). Dense, régressive, presque dangereuse.

Le fond qui change la forme
Le décor, lui, vous embarque doucement — comme une traversée du Léman sans quitter votre chaise. Bois arrondis, lumière douce, sensation de glisser plutôt que de s’asseoir. On dîne… et on dérive un peu.

Mais le vrai twist, celui qui mérite presque une standing ovation discrète : le fond. Parce que ce Hilton-là pense aussi à demain. Panneaux solaires, éclairage intelligent, isolation repensée, et bientôt une connexion au Léman pour réguler la température. Oui, même le lac est de la partie. Genève, version circuit court énergétique. 

Et pendant que vous profitez déjà de cette première mue, la Rive Gauche (l’autre aile de l’hôtel, encore en rénovation jusqu’au deuxième semestre 2026) passe en coulisses pour mieux revenir — plus affûtée, plus cohérente, clairement plus dans le ton.

Au fond, le Hilton passe de “hôtel de passage” à “endroit où rester”. Et ça, c’est un vrai upgrade.

Hilton Geneva Hotel & Conference Centre

Route François-Peyrot 34, 1218 Le Grand-Saconnex

www.hilton.com