Fauchon : 140 ans et toujours la bouche en cœur
Fauchon prend ses quartiers face à la Madeleine : 140 ans d’histoire et toujours Paris à ses pieds ©Fauchon
140 ans, et toujours pas rassasié. Depuis 1886, Fauchon croque les époques comme d’autres les madeleines : avec gourmandise, panache et ce qu’il faut d’insolence. Pour célébrer son anniversaire, la Maison ne ressort pas l’argenterie, elle réveille ses icônes : le Five O’Clock Tea reprend du service, l’Arbre à Bisou bourgeonne de douceurs et Pierre Chomet met son grain de sel dans 140 ans d’histoire. Le passé passe à table, le présent reprend du dessert. Et le temps ? On n’en fait qu’une bouchée.
140 ans au compteur, toujours du goût sous le capot
Tout commence en 1886, place de la Madeleine. Auguste Fauchon ouvre son épicerie et pose, sans encore le savoir, les premières miettes d’un empire gourmand. Douze ans plus tard, en 1898, la Maison ouvre son salon de thé et importe à Paris le très britannique Five O’Clock Tea. Sauf qu’ici, forcément, l’heure anglaise prend l’accent français, le petit doigt se lève et la pâtisserie prend du galon.
Cent quarante ans plus tard, Fauchon aurait pu se contenter de regarder dans le rétroviseur en soufflant consciencieusement ses bougies. Très peu pour elle. L’anniversaire se mange plutôt qu’il ne se commémore. Face à l’église de la Madeleine, Fauchon L’Hôtel Paris remet donc les petits plats dans les grands et fait dialoguer passé et présent autour de deux réjouissances : le retour du Five O’Clock Tea et un Menu des 140 ans imaginé par Pierre Chomet.
À l’heure du thé, l’Arbre à Bisou porte ses fruits : chez Fauchon, la gourmandise pousse décidément sur les branches ©Fauchon
Cinq heures, l’heure du crime… gourmand!
Dès septembre, le Five O’Clock Tea reprend ses quartiers au Grand Café Fauchon. Un come-back qui fleure bon la madeleine de Proust, avec nettement plus de panache et beaucoup moins de mélancolie. Au centre de cette cérémonie du sucre trône l’Arbre à Bisou. Rien que son nom donne envie d’annuler ses rendez-vous.
Sur ses branches poussent les créations salées imaginées par Baptiste Limouzin avec Sébastien Monceaux, tandis que le sucré est confié aux mains d’Arnaud Larher, Meilleur Ouvrier de France. Le pâtissier décline notamment son iconique Bisou Bisou et plusieurs signatures de la Maison. L’arbre évoluera au fil des saisons : ici, les feuilles tombent peut-être, mais les gourmandises repoussent. Thés signature, cafés et chocolat chaud viennent arroser cette drôle de botanique. De quoi suspendre le temps entre deux bouchées, face à la Madeleine, dans une époque qui court beaucoup trop vite et mâche beaucoup trop peu.
Chomet soit qui mal y pense
Pour passer de l’heure du thé aux choses très sérieuses, Fauchon a donné carte blanche à Pierre Chomet. Passé notamment par les cuisines d’Éric Frechon au Bristol, d’Arnaud Donckele à La Vague d’Or, puis par Londres et Bangkok avant de se faire connaître du grand public dans Top Chef, le Breton a le voyage au bout de la fourchette.
ierre Chomet met la main à la pâte et son grain de sel dans 140 ans d’histoire ©Fauchon
Pour les 140 ans de la Maison, il compose donc une cuisine qui connaît ses classiques mais refuse de marcher au pas. Dans l’assiette, le patrimoine français se frotte joyeusement à des horizons plus lointains : foie gras poêlé du Quercy, crudo de langoustine, lieu jaune et beurre blanc au timut, bœuf maturé ou création végétale de saison. Ça voyage, ça voltige, ça titille. La tradition donne le ton, Chomet change le tempo. Le menu sera interprété dans les cuisines du Grand Café Fauchon par Baptiste Limouzin et sa brigade. Une partition à plusieurs mains où le produit garde le premier rôle et l’esbroufe reste gentiment au vestiaire.
La cerise sur 140 ans
Puis vient l’heure où toute volonté raisonnable capitule. Arnaud Larher signe trois créations pâtissières inédites pour clore le festin : Bisou Bisou Forêt Noire, Madeleine Trompe-l’Œil et Éclair Signature 140 ans. Trois façons de revisiter les icônes maison sans les empailler sous cloche.
La Madeleine brouille les pistes, le Bisou embrasse la Forêt-Noire et les éclairs n’attendent pas l’orage pour frapper. Ici, le passé ne radote pas : il se rhabille, se réinvente et se croque. Et c’est peut-être là que Fauchon réussit le mieux son anniversaire : célébrer 140 ans sans prendre une ride ni une miette de poussière, regarder derrière sans jamais cesser d’aller devant. Après tout, les bougies sont faites pour être soufflées. Les appétits, eux, sont faits pour être rallumés.
Un arbre qui donne des Bisous plutôt que des pommes : le Five O’Clock Tea cultive le péché mignon avec panache ©Fauchon
Fauchon L’Hôtel Paris
4 boulevard Malesherbes
75008 Paris
www.hotel-fauchon-paris.fr