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	<title>Art &amp; culture | Go Out!</title>
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	<description>Le magazine culturel genevois</description>
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		<title>80 ans et tous ces talents !</title>
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				<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 10:10:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Alan Gilbert]]></category>
		<category><![CDATA[Brian Isaacs]]></category>
		<category><![CDATA[Composition]]></category>
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		<category><![CDATA[Orchestre de Chambre de Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Strohm]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Genève est incontestablement une capitale musicale. Premier Conservatoire de Suisse ouvert en 1835, Conservatoire populaire bientôt centenaire, la Cité du bout du lac devait bien avoir sa compétition. Ce fut fait en 1939, avec la création du Concours de Genève, qui a consacré les artistes et interprètes de la musique classique, des pianistes (la tutélaire Martha Argerich), des violoncellistes (François ... <a href="https://gooutmag.ch/80-ans-et-tous-ces-talents/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p>Genève est incontestablement une capitale musicale. Premier Conservatoire de Suisse ouvert en 1835, Conservatoire populaire bientôt centenaire, la Cité du bout du lac devait bien avoir sa compétition. Ce fut fait en 1939, avec la création du<a href="http://www.concoursgeneve.ch" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"> Concours de Genève</a>, qui a consacré les artistes et interprètes de la musique classique, des pianistes (la tutélaire Martha Argerich), des violoncellistes (François Guye), des flûtistes (Emmanuel Pahud), des hautboïstes (Heinz Holliger) et des artistes lyriques, comme José Van Dam et Marina Viotti. L’année dernière, la Suissesse Sarah Strohm et l’Américain Brian Isaacs se sont partagés le premier prix d’Alto. Au total, ce sont 800 lauréat-e-s qui s’affichent au palmarès depuis la création !<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div id="attachment_34547" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34547" class="wp-image-34547 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-500x281.jpg" alt="" width="500" height="281" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-500x281.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-768x432.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-1024x576.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-100x56.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-063-1464x823.jpg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34547" class="wp-caption-text">Un geste, mille nuances, et tout un orchestre à l’unisson. Au Concours de Genève, la baguette ne fait pas de magie, elle donne vie à la musique. À chacun sa partition, à chacun sa vision ! (c) Concours de Genève</p>
</div>
<p><b>Une fête à la baguette<span class="Apple-converted-space"><br />
</span></b>2026 est une année faste, avec la composition et la direction d’orchestre à l’honneur. Focus sur ce second volet du concours, qu’on attendait depuis 32 ans. Parmi les lauréats passés, on peut citer Alan Gilbert, aux commandes du New York Philharmonic et de l’Opéra royal de Stockholm. Pour cette édition anniversaire, 6 demi-finalistes s’affrontent : Alejandro Cantalapiedra (32 ans, Espagne), Jacobus De Jager (29 ans, Afrique du Sud), Gabriel Pernet (27 ans, Suisse), Mats Thiersch (23 ans, Allemagne) et  Leonard Weiss (33 ans, Australie). Suite au retrait de la maestra Michal Oren (30 ans, Israël), Simon Schmied (31 ans, Suisse) rejoint le groupe. On regrettera donc l’absence de femmes parmi les candidates, mais heureusement la composition présente Sing-Yat Chen (Hong-Kong, 26 ans), aux côtés d’Hanurij Lee (Corée du Sud, 21 ans) et Rafael Marino Arcaco (Brésil/Italie, 37 ans).</p>
<p>S’il est une discipline où l’interprétation joue une place centrale, il s’agit de la direction d’orchestre, qui permet d’insuffler sa lecture d’une partition auprès des musiciennes et musicien, à plus forte raison qu’on ne produit aucun son… Un rôle exigeant, exposé, qui demande d’avoir un regard et une interprétation de la partition autant qu’un charisme et une capacité à communiquer mais aussi convaincre et emmener. Il est heureusement fini le temps des figures autoritaires –on pense évidemment à Arturo Toscanini– qui hurlait ses frustrations, incapable de communiquer ses attentes auprès de l’orchestre. A cet égard, on se permet un petit conseil : quand vous allez à un concert, pensez à prendre une place <i>derrière </i>l’orchestre, cela vous permet de mieux comprendre le rôle du chef.</p>
<div id="attachment_34548" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34548" class="wp-image-34548 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-400x500.jpg" alt="" width="400" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-400x500.jpg 400w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-768x960.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-819x1024.jpg 819w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-100x125.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/HA_EC1762-047-1464x1830.jpg 1464w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" />
<p id="caption-attachment-34548" class="wp-caption-text">80 ans au compteur et toujours le feu sacré ! Le Concours de Genève fait vibrer les générations, révèle les virtuoses de demain et prouve que le talent n’a pas d’âge, mais toujours de l’accord ! (c) Concours de Genève</p>
</div>
<p><b>Etapes finales<br />
</b>À Genève, les candidats ont déjà passé plusieurs épreuves en 2025 et ont bénéficié de workshop sur le métier, la carrière et leur parcours personnel à venir. Après des demi-finales où ils dirigeront l’Orchestre de Chambre de Genève (7 novembre) et l’ensemble Contrechamps (8 novembre), les candidats auront la chance d’emmener avec eux l’Orchestre de la Suisse Romande (9 novembre). Les gagnants de cette étape se retrouveront au Victoria Hall (11 et 13 novembre) pour les finales, toujours avec l’OSR. En plus d’œuvres connues du répertoire, notamment l’ouverture <i>Egmont</i> de Beethoven, les <i>Totenfeier</i> de Mahler, <i>L’Oiseau de Feu</i> de Stravinski, il s’agira pour les candidats de diriger une des trois pièces finalistes du concours de composition –un véritable défi pour ces jeunes artistes. Tard le soir du 13 novembre, le jury présidé par Bertrand de Billy dévoilera la liste des lauréats, mettant fin au suspens d’un concours étalé sur plus d’un an. Mais l’important c’est de participer, n’est-ce pas ?</p>
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		<title>Oxmo Puccino : du flow à fleur de peau</title>
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				<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 09:31:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Votre premier album s’appelait Opéra Puccino. Près de trente ans plus tard, que ressentez-vous en retrouvant vos chansons avec l&#8217;orchestre du Geneva Camerata ? C’est inespéré! Chanter ces chansons presque trente ans après leur création, je le souhaite à tous les artistes. On ne peut pas imaginer, au départ, une telle longévité. Aujourd’hui, je les partage avec un orchestre, hors ... <a href="https://gooutmag.ch/oxmo-puccino-du-flow-a-fleur-de-peau/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p><b>Votre premier album s’appelait </b><b><i>Opéra Puccino</i></b><b>. Près de trente ans plus tard, que ressentez-vous en retrouvant vos chansons avec l&rsquo;orchestre du<a href="http://www.genevacamerata.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"> Geneva Camerata</a> ?<br />
</b>C’est inespéré! Chanter ces chansons presque trente ans après leur création, je le souhaite à tous les artistes. On ne peut pas imaginer, au départ, une telle longévité. Aujourd’hui, je les partage avec un orchestre, hors de France, devant un public genevois que j’adore. Cela représente beaucoup de choses à la fois.</p>
<p><b>Qu’est-ce que le <a href="http://www.genevacamerata.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Geneva Camerata</a> révèle dans vos morceaux ?<br />
</b>La puissance! <i>Demain peut-être</i>, par exemple, est un titre que je joue très peu sur scène. À l’époque, j’avais une idée qui dépassait mes compétences, mais je l’ai faite quand même. Aujourd’hui, avec un orchestre symphonique, j’ai le sentiment qu’elle atteint son plein potentiel. Comme si ce morceau avait été fait pour être entendu maintenant. Un orchestre, je ne le vois pas seulement comme un ensemble. J’y vois toutes les années de travail de chaque musicien qui le compose. Cette accumulation de talent et d’efforts, on la ressent physiquement. La musique, c’est de l’air qui vibre. Les instruments résonnent dans le ventre, puis cela monte jusqu’au cœur. C’est une expérience qu’aucun écran ne peut restituer.</p>
<div id="attachment_34506" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34506" class="wp-image-34506 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-500x250.jpeg" alt="" width="500" height="250" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-500x250.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-768x384.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-1024x512.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-100x50.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-1464x732.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34506" class="wp-caption-text">Geneva Camerata : quand les cordes prennent le pouls et que l’orchestre fait battre les mots autrement © Geneva Camerata</p>
</div>
<p><b>Parmi les six titres choisis pour ce concert, lequel a le plus changé à vos oreilles ?<br />
</b>Je dirai <i>Peuvent pas</i>. L’orchestre le mêle à une pièce baroque. Cela le rend à la fois cohérent, riche et intemporel. C’est la grande surprise des arrangements pour moi, d’autant que ce n’est pas mon morceau le plus connu.</p>
<p><b>Votre flow a sa propre respiration. Quand un chef et tout un orchestre entrent en jeu, qui suit le souffle de qui ?<br />
</b>C’est à moi de m’adapter! Nous avons eu peu de temps pour répéter ensemble, alors il y a dans cette rencontre quelque chose de furtif, un défi à relever. Je dois aussi laisser davantage de place au silence, pour que la musique respire. Les arrangements d’un orchestre permettent d’oser cela.</p>
<p><b>Vous partagez également la scène avec la mezzo-soprano Caroline Meng. Que produit cette rencontre entre vos deux voix ?<br />
</b>De l’étonnement, et de la beauté! Pour moi, c’est dans le mélange que naît la richesse. J’ai été le premier surpris pendant les répétitions. Sa voix est incroyable ; je peux m’appuyer sur elle et, soudain, le morceau change.</p>
<div id="attachment_34502" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34502" class="wp-image-34502 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-500x500.jpeg" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-500x500.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-150x150.jpeg 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-100x100.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg.jpeg 600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34502" class="wp-caption-text">Caroline Meng : une voix qui prend de la hauteur pour mieux donner le frisson © DR</p>
</div>
<p><b>Cette soirée ouvre une saison intitulée « Amours ». Quel amour vous intéresse le plus aujourd’hui : celui qui brûle, celui qui dure ou celui qu’on apprend à se porter à soi-même ?<br />
</b>Je dirai d’abord celui qu’on apprend à se porter à soi-même! C’est de là que tout part. Si l’on ne s’aime pas, on ne peut pas aimer les autres. Atteindre cet amour-propre, c’est aussi apprendre à mieux partager.</p>
<p><b>Vous avez écrit sur la solitude, l’amour et la paix. Qu’est-ce qui vous met encore en colère au point de prendre la plume ?<br />
</b>La colère, je l’ai bien soignée. Aujourd’hui, je m’intéresse davantage à ce qui peut provoquer celle des autres. Et au fond, je ramène toujours les choses à l’amour. Cela peut sembler simple, mais je crois que la colère naît souvent d’un manque d’amour mal vécu : celui qu’on ne reçoit pas, comme celui qu’on ne parvient pas à donner. Parce que l’amour circule dans les deux sens. Regarder les choses sous cet angle me permet de dépasser le symptôme pour remonter à la racine.</p>
<p><b>À ce stade de votre parcours, écrivez-vous pour comprendre le monde ou pour vous comprendre vous-même ?<br />
</b>J’écris pour partager ma compréhension du monde. Chacun a sa vérité, mais j’essaie d’aller vers une vérité qui fait du bien. Je propose de prendre la vie avec davantage de poésie.</p>
<p><b>L’expression « poète du rap » vous ressemble-t-elle encore, ou vous enferme-t-elle dans une image trop sage ?<br />
</b>La poésie permet de tout dire, peut-être avec sagesse, mais surtout avec beauté. Dans un monde qui va vite, où règne une certaine confusion et où l’on cherche souvent à se mettre en avant sur le dos des autres, elle ne fait pas de mal. Tirer un sourire de cette confusion, ouvrir une conversation avec une phrase sans blesser personne : aujourd’hui, cela pourrait déjà être de la poésie.</p>
<div id="attachment_34505" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34505" class="wp-image-34505 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-500x300.jpg" alt="" width="500" height="300" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-500x300.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-768x461.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-100x60.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325.jpg 973w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34505" class="wp-caption-text">Oxmo Puccino : près de trente ans de rimes au compteur, et toujours le verbe en mouvement ©DR</p>
</div>
<p><b>Y a-t-il un texte écrit il y a vingt ans que vous pourriez encore signer aujourd’hui ?<br />
</b>Je pense à <i>Demain peut-être</i>. J’y exprimais une vision du monde qui arrivait, et dans lequel nous nous retrouvons aujourd’hui. D’un côté, on parle d’écologie, du climat, de l’avenir de la planète. De l’autre, on construit des centres de serveurs pour alimenter une intelligence artificielle sans toujours savoir pourquoi. C’est une course au prochain pouvoir, à laquelle personne ne veut manquer de participer. Je m’interroge sur sa raison d’être, sur le besoin réel auquel elle répond.</p>
<p><b>Sorti en octobre 2025, </b><b><i>La Hauteur de la Lune</i></b><b> est présenté comme votre ultime album. Que libère ce mot, « ultime » ?<br />
</b>Il y a un temps pour tout. On peut traverser plusieurs époques, puis arrive le moment de penser au temps qu’il nous reste et à ce qu’on veut en faire. J’aimerais explorer d’autres façons de m’exprimer : la littérature, le cinéma, le théâtre. Je peux aussi rester sur scène, collaborer avec des artistes que j’apprécie, revenir pour quelques morceaux. Des projets plus furtifs.</p>
<p><b>Avec </b><b><i>Lafiya Sessions</i></b><b>, vous avez travaillé avec une nouvelle génération de rappeurs. Qu’avez-vous appris à leurs côtés ?<br />
</b>Ils m’ont rassuré. Je voulais recréer un espace où l’on soit simplement heureux d’être ensemble, sans calcul : faire de la musique, écrire, discuter, rire, douter. Ils m’ont rappelé qu’au milieu de l’industrie, des artistes continuent de créer avec le cœur et par passion. Je les trouve dynamiques, puissants, travailleurs, renseignés. Je peux admirer quelqu’un qui débute : ce qu’il propose n’appartient qu’à lui, et cette singularité me touche. Elle me pousse aussi à me dépasser, à rester à l’heure.</p>
<p><b>Si votre vie actuelle était un orchestre, quel instrument donnerait le tempo ?<br />
</b>La batterie. Elle tient le rythme de l’ensemble. Sa pulsation ressemble à un battement de cœur : pour moi, c’est le ciment de la musique.</p>
<p><b>Et quel instrument faudrait-il tendre l’oreille pour entendre ?<br />
</b>Le trombone. Pour son côté suave : un son doux, jamais brusque, capable de puissance sans s’imposer aux autres.</p>
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		<title>Le potager des émotions</title>
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				<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 09:51:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Lisa Lorenzelli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Dans cet univers où les légumes parlent, doutent, essaient, échouent parfois et recommencent souvent, les grandes émotions de l’enfance se glissent derrière des histoires simples et colorées. Ici, pas besoin de longs discours pour parler de confiance en soi, de partage ou de courage : il suffit parfois d’un haricot qui cherche des amis, d’un citron qui hésite à quitter ... <a href="https://gooutmag.ch/le-potager-des-emotions/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p>Dans cet univers où les légumes parlent, doutent, essaient, échouent parfois et recommencent souvent, les grandes émotions de l’enfance se glissent derrière des histoires simples et colorées. Ici, pas besoin de longs discours pour parler de confiance en soi, de partage ou de courage : il suffit parfois d’un haricot qui cherche des amis, d’un citron qui hésite à quitter sa branche ou d’une tomate lancée dans une grande course. Un drôle de potager, donc, mais surtout un petit monde à hauteur d’enfant, dans lequel chacun peut reconnaître une émotion, une difficulté ou une petite victoire du quotidien.</p>
<p><b>Un petit monde qui pousse au fil des saisons<br />
</b>Le principe des <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Histoires du Potager</b></a> tient dans une idée à la fois simple et tendre : transformer les fruits et légumes en véritables petits personnages, chacun avec son caractère, ses préoccupations et son histoire. Chaque album suit ainsi un fruit ou un légume personnifié confronté à une situation inspirée du quotidien. Derrière cette apparente simplicité se construit pourtant un univers très cohérent, puisque les histoires suivent également le rythme de la nature : la croissance, la récolte, puis les périodes de consommation.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151.jpeg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34516" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-500x262.jpeg" alt="" width="500" height="262" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-500x262.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-768x403.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-1024x538.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-100x52.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151.jpeg 1181w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p>Les saisons deviennent presque des personnages à part entière. Le décor évolue, le potager change et même le ciel accompagne ce mouvement. Un code composé de quatre couleurs permet aux enfants de reconnaître la saison dans laquelle se déroule l’histoire. Une façon ludique de les aider à se repérer dans le temps tout en découvrant, au fil des pages, le rythme naturel des fruits et légumes.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cette dimension visuelle donne à la collection quelque chose de particulièrement rassurant. On retrouve le potager d’un livre à l’autre comme on retrouverait un lieu familier, avec ses habitudes, ses personnages et ses petites aventures. Au fil des saisons, il devient un espace où tout peut être abordé avec douceur. Car sous les feuilles, les branches et les légumes colorés se cachent évidemment des sujets beaucoup plus universels : apprendre à partager, persévérer, prendre confiance, respecter l’autre ou encore accepter que chacun avance différemment.</p>
<p><b>Grandir sans avoir l’impression de recevoir une leçon<br />
</b>C’est sans doute là que réside l’un des charmes de la collection. Les histoires parlent de sujets importants sans prendre la forme d’une leçon. La confiance en soi, le courage, la bienveillance, la solidarité ou le respect sont intégrés naturellement aux aventures des personnages. L’enfant suit d’abord une histoire, s’attache à son héros et découvre ensuite, presque sans s’en rendre compte, une situation qui peut faire écho à sa propre vie.</p>
<p>Les albums peuvent ainsi devenir un point de départ pour discuter avec un adulte. Un personnage permet parfois de mettre des mots sur quelque chose que l’enfant ne saurait pas forcément expliquer seul. Pourquoi ai-je peur ? Pourquoi est-ce que je veux ressembler aux autres ? Pourquoi est-ce si difficile de perdre ? Comment réussir à parler quand les mots ne viennent pas comme je voudrais ? Autant de petites questions qui semblent minuscules vues du monde des adultes, mais qui prennent une place immense lorsque l’on est enfant. Dans ce potager, aucune émotion n’est vraiment trop petite pour être racontée.</p>
<p><b>Ail, ou le plaisir de donner<br />
</b>Parmi les personnages de la collection, <b>Ail</b> incarne la générosité. Il aime donner aux autres, et son histoire permet d’aborder le partage et la transmission à travers des gestes très simples. Partager paraît évident lorsque l’on est adulte. Pour un enfant, c’est pourtant tout un apprentissage. Prêter, donner, laisser une place à l’autre ou comprendre que quelque chose peut avoir de la valeur même lorsqu’on ne le garde pas pour soi sont autant de notions qui s’acquièrent progressivement. Avec Ail, elles prennent la forme d’une aventure beaucoup plus concrète.</p>
<p>Le message n’est jamais présenté comme une règle abstraite : il passe par un personnage, une situation et une émotion. Et c’est précisément cette manière d’incarner les sujets qui permet aux albums de parler aux plus petits.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150.jpeg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34515" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-500x500.jpeg" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-500x500.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-150x150.jpeg 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-768x768.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-1024x1024.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-100x100.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-1464x1464.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p><b>Haricot apprend à trouver sa place<br />
</b><b>Haricot</b>, lui, aimerait simplement se faire des amis. Une préoccupation qui parlera probablement à beaucoup d’enfants. Trouver sa place dans un groupe, aller vers les autres, comprendre ce qui nous rend différent et ne pas considérer cette différence comme un problème : derrière son histoire se dessinent les thèmes de l’acceptation de soi et de la confiance. Haricot découvre surtout qu’il n’a pas besoin de ressembler aux autres pour être accepté.</p>
<p>Une idée toute simple, mais précieuse à un âge où l’on commence justement à observer les autres, à se comparer et à comprendre que tout le monde n’est pas identique. Dans le potager, la différence ne disparaît donc pas. Elle reste là, avec ses formes, ses couleurs et ses particularités. Simplement, elle n’empêche pas de créer des liens.</p>
<p><b>Citron et ce drôle de courage qui commence par la peur<br />
</b>Avec <b>Citron</b>, une autre émotion entre dans le potager : la peur. Perché sur sa branche, il hésite à rejoindre ses amis. Il voudrait peut-être y aller, mais quelque chose le retient encore. Son histoire raconte alors une forme de courage particulièrement juste : celle qui n’exige pas que la peur disparaisse avant d’agir. On peut avoir peur et quand même avancer.</p>
<p>Le courage devient ainsi moins spectaculaire et beaucoup plus accessible. Il ne s’agit pas de devenir soudainement intrépide, mais de faire un petit pas alors même que l’on hésite encore. Pour les plus jeunes, cette nuance peut être importante. Certaines peurs ne s’effacent pas immédiatement. Aller vers les autres, essayer quelque chose de nouveau ou quitter ce qui rassure peut demander du temps. Citron permet simplement de raconter que le premier pas compte déjà.</p>
<p><b>Quand les émotions se cachent dans le quotidien<br />
</b>Toutes les histoires ne partent pas d’une grande peur ou d’un manque de confiance. Certaines commencent par quelque chose d’encore plus banal. <b>Épinard</b>, par exemple, trouve tout agaçant. Le moindre détail semble devenir irritant, jusqu’à ce qu’il apprenne progressivement à regarder les choses autrement. Son histoire joue ainsi sur la souplesse, la curiosité et le changement de perspective.</p>
<p>Une émotion familière pour les enfants comme pour les adultes : ces journées où rien ne semble aller dans le bon sens, où tout agace un peu plus que prévu. À travers lui, la collection montre qu’une situation peut parfois changer simplement parce que notre manière de la regarder change elle aussi.</p>
<p><b>Tomate découvre que gagner n’est pas tout<br />
</b>Avec <b>Tomate</b>, place à la compétition. La petite héroïne participe à une grande course. Mais derrière l’envie de réussir, elle découvre progressivement une autre manière de mesurer sa victoire : avancer, faire des efforts et progresser. L’essentiel n’est donc pas toujours d’arriver premier. Un message particulièrement intéressant dans une collection destinée aux jeunes enfants, à un âge où la frustration de perdre peut parfois sembler énorme.</p>
<p>L’histoire de Tomate remet ainsi le chemin au centre. Ce qui compte n’est pas uniquement le résultat final, mais aussi tout ce qui a été tenté pour y arriver. Et soudain, terminer deuxième, troisième ou même dernier ne signifie plus nécessairement avoir échoué.</p>
<p><b>Fenouil, quand les mots ont besoin de temps<br />
</b>Le personnage de <b>Fenouil</b> aborde un sujet plus sensible : les difficultés à s’exprimer. Son histoire évoque les troubles du langage avec délicatesse, sans réduire le personnage à sa difficulté. Elle met plutôt en avant la patience, l’écoute et l’importance de reconnaître chaque petit progrès. Dans un univers où les personnages grandissent chacun à leur rythme, cette histoire trouve naturellement sa place.</p>
<p>Tous les enfants ne parlent pas de la même manière, n’apprennent pas au même moment et n’avancent pas selon le même tempo. Fenouil rappelle alors quelque chose d’essentiel : un petit progrès reste un progrès. Et parfois, grandir consiste simplement à laisser suffisamment d’espace et de temps pour qu’il puisse apparaître.</p>
<p><b>Un potager pour apprendre à grandir<br />
</b>Album après album, <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Les Histoires du Potager</b> </a>construisent ainsi un univers où les fruits et légumes deviennent les miroirs de sentiments très humains. Une branche trop haute peut parler de peur. Une course peut raconter la persévérance. Un haricot qui cherche des amis peut ouvrir une discussion sur la confiance en soi. Un personnage qui peine à trouver ses mots peut rappeler l’importance de l’écoute. Les saisons donnent le rythme, les illustrations installent le décor et les personnages permettent aux enfants de reconnaître leurs propres émotions sans qu’elles leur soient directement désignées.</p>
<p>C’est peut-être ce qui rend ce petit potager si attachant : il ne cherche pas à présenter des enfants parfaits sous la forme de légumes parfaits. Ses personnages hésitent, râlent, ont peur, veulent gagner, cherchent leur place ou avancent plus lentement que les autres. Bref, ils grandissent.</p>
<p>Et dans les <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Histoires du Potager</b></a>, grandir ne signifie pas forcément aller vite ni tout réussir du premier coup. On peut pousser doucement, un peu de travers, changer d’avis en chemin et avoir besoin des autres. Finalement, entre deux légumes et quelques saisons, c’est peut-être l’une des plus jolies idées que l’on puisse glisser dans une histoire destinée aux enfants : chacun a son propre rythme pour fleurir.</p>
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		<title>Balexert, retour vers la culture</title>
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				<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 16:59:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction Go Out!]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Genève]]></category>
		<category><![CDATA[années 80]]></category>
		<category><![CDATA[années 90]]></category>
		<category><![CDATA[Balexert]]></category>
		<category><![CDATA[La Citadelle]]></category>
		<category><![CDATA[live painting]]></category>
		<category><![CDATA[papajosette]]></category>
		<category><![CDATA[pop culture]]></category>
		<category><![CDATA[street art]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Un poisson nommé Josette Avant la DeLorean, un poisson rouge. Avant les artistes, une fête foraine. Voilà une dizaine d’années, Lou, la fille de Grégory Veyrat, y gagne un petit pensionnaire aux yeux globuleux, baptisé Josette pour rire. Quand elle mange en imitant sa bouche, son père la taquine. La riposte fuse : « papajosette ». Le surnom reste. Le ... <a href="https://gooutmag.ch/balexert-retour-vers-la-culture/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3"><strong><span class="s5">Un</span><span class="s5"> poisson nommé Josette<br />
</span></strong>Avant la DeLorean, un poisson rouge. Avant les artistes, une fête foraine. Voilà une dizaine d’années, Lou, la fille de Grégory Veyrat, y gagne un petit pensionnaire aux yeux globuleux, baptisé Josette pour rire. Quand elle mange en imitant sa bouche, son père la taquine. La riposte fuse : « papajosette ». Le surnom reste. Le poisson ignorait qu’il venait de faire du naming.</p>
<p class="s3"><span class="s6">Depuis, ce petit nom familial accueille un grand mélange : street art, skate, ski freestyle, rap, tatouage. Tout ce qui anime Grégory rejoint l’aventure, devenue collective. Aucun scénario de sauveur venu arracher l’art à ses cimaises. « L’art est très bien dans ses adresses habituelles. Moi, c’est juste une autre proposition. » Le moteur tourne à l’envie. Et les passions passent les vitesses.</span></p>
<p class="s3"><strong><span class="s5">Les</span><span class="s5"> souvenirs font du score<br />
</span></strong>À <a href="https://balexert.ch/evenements/evenements-balexert/pop-culture/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Balexert</a>, <a href="http://papajosette.art" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Papajosette</a> enclenche la marche arrière pour mieux réveiller le présent. Destination : les années 1980 et 1990, quand les posters tapissaient les chambres et les bornes d’arcade engloutissaient la monnaie. Cette fois, les parties seront gratuites. La revanche sur les pièces de poche peut commencer.</p>
<p class="s3"><span class="s6">Une DeLorean exposée et les chaussures de Marty McFly feront vibrer la fibre cinéphile. À quelques pas, une « magazine box » permettra de se photographier en couverture d’un magazine façon </span><span class="s7">Star Club</span><span class="s6">. L’idole punaisée au mur ? Pour une fois, ce sera vous. De quoi offrir à son adolescence une petite séance de rattrapage.</span></p>
<div id="attachment_34469" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34469" class="wp-image-34469 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1-361x500.jpeg" alt="" width="361" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1-361x500.jpeg 361w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1-768x1065.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1-739x1024.jpeg 739w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1-100x139.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/ias8gpg21ktd1.jpeg 1154w" sizes="(max-width: 361px) 100vw, 361px" />
<p id="caption-attachment-34469" class="wp-caption-text">Du poster dans la chambre à la une du magazine : avec la poster box, les idoles peuvent aller se rhabiller. La star, c’est vous! ©DR</p>
</div>
<p class="s3"><span class="s6">Films, séries, dessins animés et musique composent cette bande originale des souvenirs. Durant la première semaine, un artiste peindra chaque jour une référence des années 1980. Le 24 octobre, cosplayers et ateliers pour enfants prendront le relais. Les générations se passent la manette ; personne n’a besoin d’avoir connu le magnétoscope pour entrer dans la partie.</span></p>
<p class="s3"><strong><span class="s5">Arrêt</span><span class="s5"> sur geste<br />
</span></strong>Le meilleur effet spécial reste pourtant humain. Un artiste travaille, un passant ralentit. On venait chercher du pain, on reste pour le peintre. Entre deux courses, le regard fait un détour. Voir une œuvre se construire permet d’en découvrir les coulisses : une technique, une intention, le sens inattendu de deux personnages réunis. Ce qui paraissait obscur trouve parfois sa lumière dans une simple conversation. Pour Grégory, ces échanges se nouent naturellement. La peinture attire l’œil ; la rencontre retient le visiteur.</p>
<p class="s3"><span class="s6">Pas question, pour autant, de distribuer des émotions sur ordonnance. Lui demander quelle œuvre conseiller à quelqu’un qui pense ne pas aimer l’art le fait rire : « On est tous différents. » Un tableau, un geste ou une performance touchera chacun à sa manière. Le coup de cœur n’a pas de mode d’emploi. Même à l’époque des notices de magnétoscope.</span></p>
<div id="attachment_34466" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34466" class="wp-image-34466 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-500x282.jpeg" alt="" width="500" height="282" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-500x282.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-768x433.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-1024x577.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-100x56.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1-1464x825.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-10-01-at-07.32.30-1.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34466" class="wp-caption-text">Petites mains, grandes échappées : avec les ateliers du 24 octobre, la relève prend des couleurs et l’imagination sort du cadre. ©DR</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s5">Carte</span><span class="s5"> blanche, traits libres<br />
</span></strong>Pour laisser cette rencontre se produire, encore faut-il accepter quelques débordements. Grégory insiste sur la confiance de <a href="https://balexert.ch/evenements/evenements-balexert/pop-culture/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Balexert</a>, qu’il tient à remercier : le centre lui laisse carte blanche, y compris pour accueillir des cultures et des artistes dont les messages ne caressent pas toujours dans le sens du passage. Une direction artistique donne le cap, puis les créateurs gardent leur liberté. Le street art peut conserver ses angles, le skate ses écarts. Dans un lieu où tant de choses sont alignées, cette latitude ouvre une perspective différente. <a href="https://balexert.ch/evenements/evenements-balexert/pop-culture/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Balexert</a> accepte que le trait dépasse ; <a href="http://papajosette.art" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Papajosette</a> y trouve l’espace pour dessiner autre chose.</p>
<p class="s3"><span class="s6">Et les artistes ne sont pas rémunérés en applaudissements : chacun reçoit un cachet pour sa prestation. Leurs œuvres peuvent ensuite être mises en avant à la galerie papajosette ou à La Citadelle. Sur place, les contacts circulent et des commandes peuvent naître. Derrière le spectacle, le travail continue.</span></p>
<p class="s3"><strong><span class="s5">La</span><span class="s5"> scène hors rayon<br />
</span></strong>La Citadelle prolonge cette complicité. Ce projet, que l’équipe préparait depuis quelque temps, a pu prendre forme grâce au soutien de <a href="https://balexert.ch/evenements/evenements-balexert/pop-culture/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Balexert</a>. Artistes et créateurs, notamment locaux, y trouvent une place aux côtés d’une mini-rampe de skate. Les week-ends s’animent au rythme du rap, du breakdance et des rencontres. <span class="s6">L’ambition de Grégory : donner à découvrir d’autres univers, au-delà des marques et des franchises que l’on retrouve partout. Faire circuler les talents autant que les visiteurs. Et laisser une trace qui ne s’efface pas au démontage.</span></p>
<p class="s3"><span class="s6">Car le souvenir qu’il espère provoquer tient moins du grand frisson que du petit déclic : avoir échangé, appris, ressenti quelque chose. Reconnaître, un an plus tard, cette énergie croisée par hasard. La DeLorean reste garée. Le regard, lui, a changé de vitesse.</span></p>
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		<title>animatou, à dessein désobéissant</title>
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				<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 10:47:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Genève]]></category>
		<category><![CDATA[Animatou]]></category>
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		<category><![CDATA[cinéma suisse]]></category>
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		<category><![CDATA[culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Festival]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>Le trait se rebelle Sage comme une image ? Mauvaise adresse! Chez Animatou, les images prennent la tangente et nos certitudes prennent cher. Dessins, matières, expérimentations : tout s’anime, rien ne se tient tranquille. De l’Alhambra au Spoutnik, du Grütli au MEG jusqu’au Cinéma Bio à Carouge, le festival déroule une géographie de l’indiscipline. Genève déboutonne son col. L’imaginaire fait ... <a href="https://gooutmag.ch/animatou-a-dessein-desobeissant/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class=""><span class="s1"><b>Le trait se rebelle<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Sage comme une image ? Mauvaise adresse! Chez <a href="https://animatou.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Animatou</a>, les images prennent la tangente et nos certitudes prennent cher. Dessins, matières, expérimentations : tout s’anime, rien ne se tient tranquille. De l’Alhambra au Spoutnik, du Grütli au MEG jusqu’au Cinéma Bio à Carouge, le festival déroule une géographie de l’indiscipline. Genève déboutonne son col. L’imaginaire fait le reste.</span></p>
<div id="attachment_34449" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34449" class="wp-image-34449 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-500x335.jpg" alt="" width="500" height="335" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-500x335.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-768x514.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-1024x685.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-100x67.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/©TwoView_Le_Pavillon_Expo_Playground-41-scaled-1-1464x980.jpg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34449" class="wp-caption-text">Atelier Magic House en collaboration avec La Ville de Carouge, Le Musée de Carouge et Caran d’Ache, l’artiste Lauren Thiel a conçu sa Magic House dans le cadre de son Master en Media Design à la HEAD — Genève ©DR</p>
</div>
<p class=""><span class="s1">Au programme, treize sessions compétitives et une conviction qui dépasse des marges : quelques minutes peuvent suffire à déplacer des montagnes intérieures. La création suisse côtoie les découvertes internationales, le laboratoire des formes dialogue avec le documentaire. Même les petits prennent les grandes décisions : dans les programmes adaptés de 3 à 16 ans, les jeunes spectateurs votent pour leur film préféré. Le discernement n’attend pas le permis de conduire.</span></p>
<p class=""><span class="s1"><b>Des merveilles et des morsures<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">L’animation sait aussi appuyer là où le monde fait mal. Seize courts métrages composent la compétition documentaire, traversée par la guerre, les troubles mentaux et la liberté de la presse. Le trait délie ce que les mots nouent. Il donne une forme au vertige, un contour au silence, une voix à ce qui reste coincé dans la gorge. </span>Sous les pigments, les sentiments. Sous la douceur apparente, la secousse. Le dessin autorise ce paradoxe précieux : s’éloigner des apparences pour approcher une vérité. Le réel passe par l’imaginaire et revient, parfois, plus difficile à esquiver.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>Souris sous surveillance<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Avec </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Decorado</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;">, Alberto Vázquez met un rongeur dans l’engrenage. Sa souris sans emploi soupçonne le monde ultralibéral et ultraconnecté qui l’entoure de n’être qu’un vaste décor. Le doute grignote, la façade se fendille. </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>The Truman Show</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;"> prend du poil de la bête, et la crise existentielle des airs de piège à fromage. À découvrir en avant-première genevoise au Cinéma Bio.</span></p>
<div id="attachment_34458" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34458" class="wp-image-34458 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-500x333.jpg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-500x333.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-768x512.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-1024x683.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-100x67.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02-1200x800.jpg 1200w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/d252e0e_upload-1-gzvsvlvbzv2y-decorado-02.jpg 1440w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34458" class="wp-caption-text">Decorado d&rsquo;Alberto Vázquez ©DR</p>
</div>
<p>Dans la famille des empêcheurs de rêver en rond, <em>Autour de Minuit</em> fête ses 25 ans avec deux cartes blanches, pour enfants et adultes, présentées par son fondateur Nicolas Schmerkin. Daniel Šuljić, qui a dirigé Animafest Zagreb pendant seize éditions, apporte aussi ses <span class="s1"><i>Daniel’s Bangers</i></span><span class="s2"> : deux sélections où poésie et provocation se passent les allumettes. De quoi éclairer quelques zones d’ombre. Ou mettre le feu aux idées fixes!</span></p>
<p><span class="s1"><b>Noir de rire<br />
</b></span>Phil Mulloy, lui, taillait ses crayons comme on aiguise une objection. Disparu en 2025, le réalisateur britannique fait l’objet d’un hommage en onze courts métrages au Grütli. Mythes virils, conformisme, autorité, peur de l’autre : ses silhouettes rudimentaires déshabillent des mécanismes autrement sophistiqués.</p>
<div id="attachment_34450" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34450" class="wp-image-34450 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-500x280.png" alt="" width="500" height="280" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-500x280.png 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-768x430.png 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-1024x573.png 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-100x56.png 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1-1464x818.png 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/arco-photo-05-remembers-mountaina-1600x895-1.png 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34450" class="wp-caption-text">Arco de Ugo Bienvenu ©DR</p>
</div>
<p class="p2">Le trait paraît simple. L’attaque porte juste. Sous le grotesque, un miroir ; dans le rire, une écharde. Un cinéma qui gratte le vernis jusqu’à faire apparaître les petites lâchetés bien propres sur elles. Les bonnes manières peuvent patienter dehors.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>Totoro, tendre rempart<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Après les griffes, la fourrure. </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Mon voisin Totoro</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;">, introduit par le spécialiste de l’animation japonaise Ilan Nguyen, rejoint une réflexion autour du soin, en écho à l’exposition de la Bibliothèque de la Cité </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Bonjour, ça va ? Petites histoires pour créer du lien</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;">. Cette question qu’on lance souvent sans attendre la réponse retrouve soudain sa profondeur. Écouter, accueillir, consoler : la tendresse a du travail.</span></p>
<div id="attachment_34453" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34453" class="wp-image-34453 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited-500x281.jpg" alt="" width="500" height="281" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited-500x281.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited-768x432.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited-1024x576.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited-100x56.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Totoro-edited.jpg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34453" class="wp-caption-text">Mon voisin Totoro ©DR</p>
</div>
<p class="p2">Avec <span class="s1"><i>Arco</i></span><span class="s2">, Ugo Bienvenu ouvre une autre fenêtre. En 2075, Iris voit tomber du ciel un garçon venu du futur. Sous sa combinaison arc-en-ciel, une aventure où l’écologie rencontre la poésie, où demain garde une chance de ne pas déchanter. </span><span class="s1"><i>Mary Anning</i></span><span class="s2">, de Marcel Barelli, regarde pour sa part vers une pionnière de la paléontologie longtemps laissée dans l’ombre. Les fossiles remontent à la surface, les préjugés accusent leur âge.</span></p>
<p class=""><span class="s1"><b>L’imagination déménage<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Le festival ouvre aussi la boîte à malices. Pierre-Luc Granjon partage avec le jeune public ses procédés artisanaux, dont le rarissime écran d’épingles : piquer la curiosité devient presque littéral. Au Musée de Carouge, la </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Magic House</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;"> de Lauren Thiel transforme les dessins réalisés au sol en images animées. Les idées courent sur le papier avant de prendre leurs jambes à leur cou.</span></p>
<p class="p2">À l’Alhambra, quatre œuvres en réalité virtuelle invitent les spectateurs dès 12 ans à franchir le cadre. Et pour achever de décoiffer les rétines, WTF OFF promet une clôture mordante et délirante. Dix jours de traits libres et d’esprits frondeurs. À Genève, les dessins s’animent. Les idées arrêtées feraient bien d’en faire autant!<br />
<a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo.jpeg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34454" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-500x280.jpeg" alt="" width="500" height="280" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-500x280.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-768x430.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-1024x574.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-100x56.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WTF-OFF-2026-Logo-1464x818.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
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		<title>concorde, les lieux et les liens</title>
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				<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 05:48:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art & Expos]]></category>
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		<category><![CDATA[saison 2026–2027]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>L’art d’habiter Un billet de spectacle, une clé de chambre, un livre emprunté. Trois façons d’entrer, mille raisons de s’attarder. À Concorde, la culture se glisse dans les interstices du quotidien. Elle peut commencer par une répétition, se prolonger à table, laisser une phrase en suspens jusqu’au lendemain. Le lieu se prête à ces heureux débordements : ceux qui transforment ... <a href="https://gooutmag.ch/concorde-les-lieux-et-les-liens/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L’art d’habiter<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Un billet de spectacle, une clé de chambre, un livre emprunté. Trois façons d’entrer, mille raisons de s’attarder. À <a href="http://concorde.ch⁠" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Concorde</a>, la culture se glisse dans les interstices du quotidien. Elle peut commencer par une répétition, se prolonger à table, laisser une phrase en suspens jusqu’au lendemain. Le lieu se prête à ces heureux débordements : ceux qui transforment une sortie en rencontre, une adresse en habitude.</span></p>
<div id="attachment_34438" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34438" class="wp-image-34438 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_-500x275.jpeg" alt="" width="500" height="275" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_-500x275.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_-768x422.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_-1024x563.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_-100x55.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/APNUtjYp4DS9qHDYYvrHJb.webp_.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34438" class="wp-caption-text">Des fenêtres sur la ville, des portes sur l’imprévu : Concorde conjugue les arts au pluriel ©DR</p>
</div>
<p class="p1">Porté par la fondation pour le développement des arts et de la culture et la Ville de Vernier, codirigé par Eve-Anouk Jebejian et Frédéric Steinbrüchel, Concorde installe à Châtelaine une ambition à hauteur de quartier : faire cohabiter la création et la vie courante. Que l’une dérange délicieusement l’autre. Que le voisinage devienne un commencement.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>Faire chambre commune<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Deux salles de spectacle, dix studios de danse, douze salles de musique et un studio d’enregistrement : derrière le rideau, toute une fabrique s’active. Les gestes se cherchent, les partitions se frottent, les œuvres prennent corps. Au restaurant La Noisette, la saison passe aussi dans l’assiette. À l’hôtel Les Loges, les quarante-six chambres permettent même de dormir sur place. De quoi prendre l’expression « habiter la culture » au pied de la lettre. </span></p>
<p class="p1">L’Orchestre de Chambre de Genève, la filière danse contemporaine du CFP Arts et la Bibliothèque de Châtelaine comptent parmi les résidents. Musiciens au travail, danseurs en devenir, lecteurs de passage : autant de rythmes qui partagent désormais une adresse. La présence du Collectif d’Associations pour l’Urgence Sociale et de la Fondation Officielle de la Jeunesse élargit encore la partition. La pluralité se joue aussi là, dans les personnes auxquelles un lieu fait de la place.</p>
<div id="attachment_34439" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34439" class="wp-image-34439 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-500x308.jpeg" alt="" width="500" height="308" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-500x308.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-768x474.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-1024x632.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-100x62.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede-1464x903.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_Chambre_classique_horizontale_synthèse_6c9507dede.jpeg 1537w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34439" class="wp-caption-text">Hôtel Les Loges: du lever de rideau au tomber de sommeil, la culture fait chambre commune avec les rêves ©Concorde</p>
</div>
<p class=""><span class="s1"><b>Accords indociles<br />
</b></span>Pour sa première saison, <a href="https://www.concorde.ch/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Concorde</a> annonce quarante-sept propositions et près de cent représentations. Théâtre, danse, musique, cirque contemporain, magie nouvelle : les disciplines ont la bougeotte, et le programme cultive le goût des traversées. Une partition plurielle, avec assez de changements de tempo pour donner des fourmis aux habitudes.</p>
<p class="p2">Dès le 3 octobre, ISHA et Limsa d’Aulnay font rouler les syllabes de <span class="s1"><i>Bitume Caviar vol. 2</i></span><span class="s2">. Du grain dans la voix, du bitume dans les vers : le rap ouvre le bal. Les 10 et 11 octobre, </span><span class="s1"><i>Les Indes galantes – De la voix des âmes</i></span><span class="s2"> réunissent notamment Leonardo García-Alarcón, Bintou Dembélé et Cappella Mediterranea. La musique baroque et la danse se donnent rendez-vous, les siècles se rapprochent, les répertoires prennent l’air. À Concorde, passer du flow aux voix lyriques tient déjà de la déclaration d’intention.</span></p>
<div id="attachment_34443" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34443" class="wp-image-34443 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680-500x283.jpeg" alt="" width="500" height="283" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680-500x283.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680-768x435.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680-1024x580.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680-100x57.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1200x680.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34443" class="wp-caption-text">Avec Bitume Caviar, ISHA et Limsa d’Aulnay taillent des perles dans le pavé © DR</p>
</div>
<p class="p2">Les 16 et 17 octobre, le théâtre entre dans la conversation avec <span class="s1"><i>La politique du pire</i></span><span class="s2"> d’Adrien Barazzone. Puis les corps reprennent la parole : le 27 octobre, </span><span class="s1"><i>AS WE ARE : Joséphine / Bantu</i></span><span class="s2"> inscrit à l’affiche Germaine Acogny et Gregory Maqoma. Le 31, </span><span class="s1"><i>Pillowgraphies</i></span><span class="s2">, de La BaZooka, ouvre une parenthèse chorégraphique destinée au jeune public. Une façon d’aiguiser la curiosité dès les premières sorties, lorsque le spectacle est encore ce grand mystère dont on rentre avec les yeux plus grands.</span></p>
<p class="p2">Novembre multiplie les accords et les écarts. Le 80e Concours de Genève s’invite les 7 et 8, avant la performance documentaire <span class="s1"><i>Une introduction (revisitée)</i></span><span class="s2"> d’Olga de Soto, les 10 et 11. Le 14, </span><span class="s1"><i>Azur et Asmar</i></span><span class="s2"> rencontre les instruments de l’Orchestre de Chambre de Genève en ciné-concert : les images trouvent un souffle au présent, l’écran une compagnie bien vivante. Le 20, place à </span><span class="s1"><i>CARCAÇA</i></span><span class="s2"> de Marco da Silva Ferreira ; le 25, au jazz de Flore Benguigui &amp; The Sensible Notes ; le 28, à </span><span class="s1"><i>Black Lights</i></span><span class="s2"> de Mathilde Monnier. De la fosse imaginaire à la pulsation des corps, l’automne change de peau sans perdre le rythme. </span></p>
<div id="attachment_34441" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34441" class="wp-image-34441 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-500x348.jpg" alt="" width="500" height="348" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-500x348.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-768x534.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-1024x712.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-100x70.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90-1464x1018.jpg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/08-carcas_c-jose-caldeira-2-1800x-q90.jpg 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34441" class="wp-caption-text">CARCAÇA — Marco da Silva Ferreira Les corps s’empoignent, les élans s’emmêlent : CARCAÇA fait du pluriel une force de frappe ©DR</p>
</div>
<p class="p3">Décembre garde quelques échappées dans sa manche. Le 3, la danse poursuit son mouvement avec <span class="s1"><i>Time of my life / Echos</i></span><span class="s2">, une soirée réunissant les noms de Kiyan Khoshoie, Frank Fannar Pedersen, Javier Rodríguez Cobos et la Tanzkompanie St.Gallen. Les 9 et 10, le Galactik Ensemble investit la piste du cirque contemporain avec </span><span class="s1"><i>Optraken</i></span><span class="s2">. Les 15 et 16, Étienne Saglio entraîne la programmation du côté de la magie nouvelle avec </span><span class="s1"><i>Les Limbes</i></span><span class="s2">. Puis Alliance Créative prête ses voix au </span><span class="s1"><i>Doublage improvisé</i></span><span class="s2">, le 17, avant le rendez-vous hip-hop et rap </span><span class="s1"><i>JUMP X Concorde</i></span><span class="s2">, le 19. Jusqu’au bout de l’année, les genres jouent à saute-frontières. Une saison à conjuguer à plusieurs temps, plusieurs voix, plusieurs élans et autant de raisons de laisser son agenda prendre des libertés. </span></p>
<p class=""><span class="s1"><b>Laisser le temps au trouble<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Une création demande aussi du temps hors lumière. Celui de tenter, de rater, de reprendre. <a href="http://concorde.ch⁠" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Concorde</a> engage ainsi une complicité sur trois saisons avec Alliance Créative, le Collectif du Feu de dieu, Kiyan Khoshoie et Pekodjinn. Improvisation, danse, clown, composition musicale : quatre présences pour nourrir le lieu dans la durée. Neuf artistes ou compagnies sont également accueillis en résidence de création ou de recherche durant cette première saison. L’enjeu : offrir aux idées l’espace nécessaire pour devenir des œuvres, et au public des occasions d’en approcher la naissance. </span></p>
<div id="attachment_34442" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34442" class="wp-image-34442 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-500x400.jpeg" alt="" width="500" height="400" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-500x400.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-768x614.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-1024x819.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-100x80.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81-1464x1171.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/csm_ChatGPT_Image_18_juin_2026__03_20_53_04ea4b3f81.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34442" class="wp-caption-text">Avant les rappels, les reprises : entre ces murs, la musique cherche sa voix ©DR</p>
</div>
<p class="p1">C’est peut-être là que Concorde trouve sa note la plus juste. Dans cette possibilité de fréquenter l’art avant qu’il soit prêt, après les applaudissements, entre deux rendez-vous. D’entrer pour quelque chose et de repartir avec quelqu’un, une question, une envie imprévue. À Genève, une nouvelle scène s’allume. Le plus beau serait qu’elle éclaire aussi ce qui se passe autour.</p>
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		<title>Béchir Boussandel : des racines et des ailes</title>
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				<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 09:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[<p>Deux rives, un même rivage Chez Béchir Boussandel, la géographie ne se découpe pas : elle se dépose. Une strate après l’autre, un souvenir sur une lumière, une rive sur l’autre. France, Tunisie, Europe, Afrique : moins des territoires à départager qu’une cartographie intime à recomposer. Longtemps, l’artiste peint dans le nord de la France puis à Paris. Jusqu’à ce ... <a href="https://gooutmag.ch/bechir-boussandel-des-racines-et-des-ailes/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s7"><strong><span class="s6">Deux rives, un même rivage<br />
</span></strong>Chez Béchir Boussandel, la géographie ne se découpe pas : elle se dépose. Une strate après l’autre, un souvenir sur une lumière, une rive sur l’autre. France, Tunisie, Europe, Afrique : moins des territoires à départager qu’une cartographie intime à recomposer. Longtemps, l’artiste peint dans le nord de la France puis à Paris. Jusqu’à ce que la Tunisie fasse irruption dans son travail et en bouleverse presque toute la grammaire. « Mon travail a complètement changé dès l’instant où j’ai commencé à travailler en Tunisie », confie-t-il. La lumière réchauffe sa palette, la couleur gagne du terrain, la chaleur transforme son geste. Même l’architecture s’en mêle.</p>
<div id="attachment_34407" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34407" class="wp-image-34407 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-768x1152.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-683x1024.jpeg 683w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-2-1464x2196.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-34407" class="wp-caption-text">Béchir Boussandel devant sa nuée : un oiseau par jour, comme un rituel pour prendre le large ©DR</p>
</div>
<p class="s9"><span class="s8">À Bizerte, les toits plats deviennent atelier à ciel ouvert. Boussandel y déploie ses toiles, travaille avec l’eau et laisse soleil, chaleur et air provoquer leur propre alchimie. Le climat n’est plus seulement autour de l’œuvre : il entre dedans. Le territoire cesse d’être décor pour devenir co-auteur. Pendant longtemps, les toiles commencent ainsi leur existence en Tunisie avant d’être roulées et emportées jusqu’à Paris, où l’artiste les reprend à l’huile. Elles voyagent donc avant même de parler du voyage. Bizerte dans leurs fibres, Paris dans leurs pigments, et entre les deux cette traversée qui imprègne déjà la matière. Aujourd’hui, Boussandel vit davantage à Tunis et y accomplit l’ensemble du processus. Mais ce mouvement initial demeure comme une mémoire enfouie sous la peinture.</span></p>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Se perdre pour mieux peindre<br />
</span></strong>Le toit n’est pourtant que le premier souffle de l’œuvre. « Cette partie me donne vraiment le dessin, la dynamique du tableau », précise-t-il. Une fois revenu à l’atelier, il reprend la toile, intensifie les couleurs, en change parfois totalement la tonalité. Puis apparaissent les personnages, les objets, les soleils. Et enfin l’ombre. Elle est ce fil sombre qui recoud ses deux langages, celui de l’abstraction et celui de la figuration. Une couture entre ce que l’on reconnaît et ce que l’on ressent.</p>
<div id="attachment_34413" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34413" class="wp-image-34413 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-500x383.jpg" alt="" width="500" height="383" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-500x383.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-768x588.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-1024x784.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-100x77.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Claire-de-lune-huile-et-acrilyque-sur-toile-100X130-CM-1464x1121.jpg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34413" class="wp-caption-text">Quand l’abstraction prend de la hauteur, le paysage perd ses frontières ©DR Claire de lune huile et acrilyque sur toile 100X130 CM</p>
</div>
<p class="s9"><span class="s8">Reste l’éternelle question du peintre : quand s’arrêter ? Boussandel n’a pas vraiment de réponse. Et c’est peut-être précisément là que commence sa recherche. Il aime que l’œuvre lui échappe suffisamment pour encore pouvoir le surprendre. Dans ses bas-reliefs aussi, la couleur dicte progressivement le pli, la courbe, le mouvement, sans qu’il sache exactement quelle forme apparaîtra. « Pour un artiste, c’est vraiment intéressant de ne pas savoir », glisse-t-il. Une profession de foi presque. Chez Boussandel, perdre le nord n’empêche jamais de trouver sa voie.</span></p>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Quand le soleil fait de l’ombre<br />
</span></strong><span class="s8">Même le titre de l’exposition chez Tribe joue à désorienter : L’ombre du soleil. Un paradoxe que l’artiste savoure puisque, rappelle-t-il, « le soleil n’a pas d’ombre. C’est nous qui avons une ombre grâce à lui ». Mais derrière la pirouette poétique se cache une vraie problématique picturale. Boussandel a fait disparaître la ligne d’horizon. Ses territoires sont vus d’en haut. Sans horizon, plus de ciel. Et sans ciel, où placer le soleil ? </span><span class="s8">Plutôt que résoudre l’équation, il dérègle les astres. Dans certaines œuvres, deux soleils cohabitent. Les ombres s’élancent dans des directions contradictoires comme si plusieurs heures, plusieurs lieux et plusieurs lumières s’étaient glissés dans le même instant. Une sorte de décalage horaire pictural, qui résonne forcément avec la trajectoire d’un artiste partagé entre plusieurs géographies.</span></p>
<div id="attachment_34406" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34406" class="wp-image-34406 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-768x1152.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-683x1024.jpeg 683w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.51.00-1-1464x2196.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-34406" class="wp-caption-text">Deux toiles, plusieurs soleils : chez Boussandel, même les ombres perdent le nord et l&rsquo;orient ©DR</p>
</div>
<p class="s9"><span class="s8">Mais « partagé » serait presque le mauvais mot. Car Boussandel ne vit pas cette pluralité comme une fracture. Lorsqu’il évoque ses appartenances, il parle plutôt de « sédiments », de quelque chose « qui s’accumule », une richesse qu’il considère comme « une chance et une force ». Pas de moitié française contre une moitié tunisienne, donc. Des couches qui s’ajoutent jusqu’à fabriquer un territoire nouveau.</span></p>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Prendre de la hauteur, perdre les frontières<br />
</span></strong>Cette géographie intime explique peut-être pourquoi ses territoires semblent ne jamais vouloir finir. Les silhouettes humaines y sont minuscules, presque avalées par la couleur. Non pour raconter l’insignifiance de l’homme, mais pour donner davantage d’espace au mouvement, à la matière et à cette étrange quiétude que recherche l’artiste. Boussandel bouleverse surtout notre position de spectateur. Formé à une tradition occidentale où le paysage se construit à hauteur d’homme, il retire la ligne d’horizon et nous fait symboliquement décoller. À vol d’oiseau, la perspective change. Et les frontières avec elle.</p>
<p class="s9"><span class="s8">Lors d’un vol entre Tunis et Alger, raconte-t-il, rien dans le paysage ne permet de savoir précisément où finit la Tunisie et où commence l’Algérie. Les reliefs demeurent, la terre continue, mais la ligne politique s’évapore. Vue du ciel, la géographie subsiste. La frontière, elle, perd pied. Ses tableaux obéissent au même principe. Ils pourraient se prolonger au-delà de leur cadre puisque, comme il le dit joliment, « la seule chose qui les arrête, c’est le bord du tableau ». Et lorsqu’on lui demande ce qui demeure après avoir supprimé horizon et frontières, Boussandel revient à l’essentiel : « La peinture. La couleur et la peinture. »</span></p>
<div id="attachment_34399" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34399" class="wp-image-34399 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1-768x1151.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1-683x1024.jpeg 683w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.58-1.jpeg 1366w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-34399" class="wp-caption-text">La couleur prend forme, se plie, se déploie : la peinture sort du cadre ©DR</p>
</div>
<p class="s7"><strong><span class="s6">La Méditerranée pour territoire<br />
</span></strong>Entre l’Afrique et l’Europe coule pourtant une mer que l’on s’obstine à regarder tantôt comme une séparation, tantôt comme un passage. Pour Boussandel, la question est presque plus simple : « La Méditerranée, c’est vraiment mon territoire. » Une mer pour maison. Plusieurs rives pour racines.</p>
<p class="s9"><span class="s8">Cette fascination cartographique déborde désormais du tableau. À partir de briques rouges semblables à celles que l’on retrouve en Tunisie, l’artiste recompose des cartes. Après avoir travaillé sur les pays africains, il imagine aujourd’hui la Méditerranée. Avec une petite subversion chromatique : lui retirer son bleu. Privée de la couleur par laquelle nous avons appris à l’identifier, la mer devient soudain une forme familière et pourtant étrangère. L’œil reconnaît une carte sans immédiatement savoir ce qu’il regarde. Changer la couleur pour brouiller la carte. Brouiller la carte pour déplacer nos certitudes.</span></p>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Adossés au vide<br />
</span></strong>Ce déplacement se retrouve jusque dans ses sculptures. Des silhouettes adoptent la posture familière de celui qui s’appuie contre un mur. Sauf qu’il n’y a plus de mur. Boussandel l’a retiré. Ne reste que le corps, suspendu dans son attente. Une temporalité qui l’obsède depuis longtemps. Étudiant, il travaillait déjà autour des cages d’escalier et des arrêts de bus, ces lieux conçus pour passer mais que l’on détourne parfois pour rester. Il observe ces jeunes qui s’installent dans un abribus sans attendre le moindre bus. À Marrakech, lors d’une résidence, c’est un vieil homme accroupi pendant des heures au même endroit qui capte son attention. Une manière, dit-il, de « faire partie du monde sans en faire partie ». En supprimant le mur de ses sculptures, il pousse l’idée plus loin encore. Plus d’architecture à laquelle appartenir, plus de maison pour assigner le corps à une adresse. Le lieu devient simplement celui où l’on se trouve. Un homme, du vide et toute la place du monde.</p>
<div id="attachment_34405" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34405" class="wp-image-34405 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-768x1152.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-683x1024.jpeg 683w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/WhatsApp-Image-2026-09-27-at-19.50.59-1464x2196.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-34405" class="wp-caption-text">Adossé au vide : quand le mur disparaît, l’attente devient territoire ©DR</p>
</div>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Mille oiseaux pour prendre le large<br />
</span></strong>Puis soudain, sur le mur de TRIBE Gallery, le territoire prend des ailes. Près d’une centaine d’oiseaux s’y déploient. Une fraction seulement d’une nuée commencée il y a environ deux ans et demi, lorsqu’une résidence ne permet pas à Boussandel de peindre comme il en a l’habitude. Il s’impose alors un rituel : un oiseau par jour, au minimum. Depuis, à la sortie de sa chambre à Tunis, une table et quelques aquarelles l’attendent chaque matin. Avant le café, avant les appels, parfois même avant d’avoir complètement atterri de la veille, il peint son oiseau. Certains jours en voient naître quatre ou cinq. Plus d’un millier auraient aujourd’hui pris leur envol.</p>
<p class="s9"><span class="s8">Tous sont datés. Certains légers et délicats, d’autres plus nerveux. Des sortes de météos intérieures dont l’artiste ne découvre parfois le climat qu’après coup. Mais derrière la poésie du rituel affleure encore cette obsession des territoires. La série naît précisément au moment où Boussandel travaille sur les frontières de la Méditerranée. L’oiseau devient alors un délicieux contrebandier géographique. Il traverse. Sans visa. Sans douane. Sans demander à quelle rive il appartient. Une diaspora de papier, une migration à l’aquarelle.</span></p>
<div id="attachment_34415" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34415" class="wp-image-34415 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL-359x500.jpeg" alt="" width="359" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL-359x500.jpeg 359w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL-768x1069.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL-736x1024.jpeg 736w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL-100x139.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/GLOBAL.jpeg 998w" sizes="(max-width: 359px) 100vw, 359px" />
<p id="caption-attachment-34415" class="wp-caption-text">Une diaspora de papier : des oiseaux sans visa, sans douane, sans frontière ©DR</p>
</div>
<p class="s7"><strong><span class="s6">Politique en sourdine, poésie en pleine lumière<br />
</span></strong>Il serait facile de lire tout cela comme un manifeste politique. Migration, identité, territoire, frontières : le vocabulaire est là. Mais Boussandel préfère déplacer plutôt que dénoncer, suggérer plutôt qu’asséner. « Je suis plutôt du côté de la poésie que du côté de la politique », insiste-t-il. Et c’est peut-être précisément ce qui rend son œuvre politique malgré elle. Rien n’y est martelé. Les idées circulent sous la surface, comme les courants sous la Méditerranée.</p>
<p class="s9"><span class="s8">À Genève, pour sa première exposition suisse, cette géographie mouvante trouve un écho presque malicieusement approprié. Ville internationale, diplomatique, bardée de frontières symboliques autant qu’administratives, elle accueille un artiste qui passe son temps à les dissoudre. Lui retient surtout autre chose du vernissage : la diversité des visiteurs et la manière dont des personnes venues d’horizons différents ont projeté leur propre histoire sur ses œuvres. Plus ses territoires deviennent anonymes, plus ils deviennent universels.</span></p>
<div id="attachment_34416" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34416" class="wp-image-34416 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-337x500.jpg" alt="" width="337" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-337x500.jpg 337w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-768x1138.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-691x1024.jpg 691w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-100x148.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/OISEAUX-1-1464x2169.jpg 1464w" sizes="(max-width: 337px) 100vw, 337px" />
<p id="caption-attachment-34416" class="wp-caption-text">Un jour, un oiseau, une émotion : Boussandel donne des ailes à ses humeurs ©DR</p>
</div>
<p class="s7"><strong><span class="s6">L’ombre lui va si bien<br />
</span></strong>Reste une dernière frontière à soumettre à Béchir Boussandel. S’il pouvait en effacer une ? Cette fois, pas d’abstraction : « Celle entre l’Afrique et l’Europe, c’est sûr. » Et entre l’ombre et le soleil, où se situe-t-il lui-même ? L’artiste se dit plutôt homme de l’ombre. Ironie lumineuse : il a choisi un métier qui l’oblige à s’exposer. Alors il cherche l’entre-deux. Cet endroit où semblent également vivre ses œuvres, quelque part entre abstraction et figuration, France et Tunisie, départ et attente, maîtrise et hasard, ombre et lumière.</p>
<p class="s9"><span class="s8">Béchir Boussandel ne peint finalement peut-être ni un pays ni un paysage. Il peint ce qui demeure lorsque les lignes s’effacent : des mémoires qui se sédimentent, des couleurs qui dérivent, des origines qui se mêlent sans jamais se renier. Un monde où appartenir ne signifie plus choisir, où l’ailleurs peut aussi être chez soi, où l’horizon disparaît pour mieux laisser l’infini entrer dans la toile. Car les frontières sont peut-être moins des lignes qui séparent les terres que celles que les hommes dessinent dans leurs têtes. Et tandis que nous persistons à découper le monde pour tenter de le posséder, ses oiseaux nous rappellent, d’un battement d’ailes que certaines frontières n’existent finalement que parce que nous avons décidé d’y croire.</span></p>
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		<title>Dafné Kritharas, sacrée Méditerranée</title>
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				<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 10:38:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
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		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[Jazzcontreband]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranée]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>La méditerranée dans les veines Chez Dafné Kritharas, la géographie n’a jamais vraiment appris à respecter les frontières. Tant mieux. Franco-grecque, bercée par la Crète et les étés dans l’archipel, elle grandit entre plusieurs rives, plusieurs langues, plusieurs mémoires. Les grandes voix grecques croisent les musiques arabes et africaines, les chants soufis répondent aux Balkans, le rébétiko flirte avec le ... <a href="https://gooutmag.ch/dafne-kritharas-sacree-mediterranee/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class=""><span class="s1"><b>La méditerranée dans les veines<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Chez Dafné Kritharas, la géographie n’a jamais vraiment appris à respecter les frontières. Tant mieux. </span>Franco-grecque, bercée par la Crète et les étés dans l’archipel, elle grandit entre plusieurs rives, plusieurs langues, plusieurs mémoires. Les grandes voix grecques croisent les musiques arabes et africaines, les chants soufis répondent aux Balkans, le rébétiko flirte avec le jazz et l’électronique vient joyeusement déranger les ancêtres. Un métissage qui pourrait ressembler à un inventaire. Dans sa bouche, il devient une langue.</p>
<p class="p2">Car Dafné Kritharas ne collectionne pas les influences : elle les digère. Sa voix passe du murmure à la morsure, de la plainte à l’envolée, avec cette façon presque insolente de donner l’impression qu’elle chante depuis plusieurs siècles et exactement maintenant.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>Prier, pécher, recommencer<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Avec </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Prayer &amp; Sin</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;">, son troisième album, le titre donne déjà le ton : prière et péché sont invités à la même table. </span>Le sacré se frotte au charnel, la ferveur au désir, les instruments acoustiques aux pulsations contemporaines. Piano, guitare, cordes et sonorités orientales construisent un territoire mouvant où les étiquettes deviennent vite encombrantes.</p>
<p class="p2">Ses chansons convoquent des femmes blessées, des amantes, des exilés, des marins, des morts et quelques fantômes mythologiques. Des histoires qui semblent parfois avoir traversé les siècles avant de venir nous souffler quelque chose de terriblement actuel à l’oreille. Chez elle, les mythes ne prennent pas la poussière. Ils transpirent.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>De la tragédie à la transe<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Sur scène, Dafné Kritharas ne se contente pas de chanter. Elle raconte, incarne, convoque. </span>Une histoire précède parfois une chanson, quelques mots ouvrent une brèche, puis la voix s’y engouffre. Grave, cristalline, fragile puis soudain féroce. On croit entrer dans une complainte et l’on finit presque dans une fête de village grecque.</p>
<p class="p2">Les <span class="s1"><i>panigyria</i></span><span class="s2">, ces célébrations populaires qui ont accompagné ses étés helléniques, rôdent d’ailleurs derrière sa musique. Car chez Dafné, même la mélancolie possède un sens du rythme. Le chagrin danse, la joie garde ses cicatrices et la tragédie finit toujours par trouver un tambour.</span></p>
<p class=""><span class="s1"><b>L’odyssée fait escale à Plan-les-Ouates<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Le 2 octobre, cette Méditerranée-là accoste à l’Espace Vélodrome de Plan-les-Ouates dans le cadre de la Saison culturelle, en collaboration avec JazzContreBand. </span>Entourée de Camille El Bacha au piano, Milan Tabak à la batterie, Pierre-Antoine Despatures à la contrebasse et Louis Desseigne à la guitare, Dafné Kritharas y déploiera <span class="s1"><i>Prayer &amp; Sin</i></span><span class="s2"> pendant une heure trente.</span></p>
<p class="p2">Pas besoin de billet pour Athènes. Ce soir-là, quelques accords devraient suffire pour faire dériver Genève vers le sud. Et quelque part entre la prière et le péché, il faudra surtout éviter de choisir.</p>
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		<title>Alexandra Nine prolonge notre été avec « Et même après »</title>
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				<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 14:45:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Lisa Lorenzelli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandra Nine]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Comment est née l’idée de cette histoire « Et même après »? L’idée est venue du personnage d’Andréas. C’est un personnage qui aime les autres plus que lui-même, au point d’être prêt à sacrifier son propre bonheur. C’est vraiment lui qui a été à l’origine de l’histoire et qui m’a donné envie de développer cette intrigue autour de lui. Vic, Andréas ... <a href="https://gooutmag.ch/alexandra-nine-prolonge-notre-ete-avec-et-meme-apres/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p><b>Comment est née l’idée de cette histoire<span class="Apple-converted-space"> </span>« Et même après »?<br />
</b>L’idée est venue du personnage d’Andréas. C’est un personnage qui aime les autres plus que lui-même, au point d’être prêt à sacrifier son propre bonheur. C’est vraiment lui qui a été à l’origine de l’histoire et qui m’a donné envie de développer cette intrigue autour de lui.</p>
<p><b>Vic, Andréas ou Tim : lequel vous ressemble le plus ?<br />
</b>Je dirais Vic, notamment dans sa façon de ressentir les choses et d’être loyale. Je me retrouve aussi dans la manière dont elle en veut à Andréas. J’ai mis une partie de mon caractère dans ce personnage, notamment dans sa façon de vivre et d’exprimer ses émotions.</p>
<p><b>« Et même après », c’est une histoire en trois mots ?<br />
</b>Émouvante, intense et estivale. L’histoire se déroule à Hossegor, ce qui lui donne forcément une atmosphère très estivale. Malgré les thèmes parfois difficiles abordés dans le roman, c’est une histoire qui sent l’été et qui permet, d’une certaine manière, de le prolonger.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21.png" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34277" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21-356x500.png" alt="" width="356" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21-356x500.png 356w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21-768x1077.png 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21-730x1024.png 730w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21-100x140.png 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2026-09-16-à-16.40.21.png 884w" sizes="(max-width: 356px) 100vw, 356px" /></a></p>
<p><b>Quel personnage avez-vous préféré écrire ?<br />
</b>J’hésite entre Tim et Andréas. Andréas pour sa façon d’aimer : c’est quelque chose que je trouve magnifique, mais qui fait aussi ressentir beaucoup de peine. Il y a beaucoup d’émotions à travers sa manière d’aimer. Et puis il y a Tim, parce qu’on l’aime aussi dans sa douleur. Je le trouve bouleversant à sa façon. Ce sont donc deux personnages très différents, mais auxquels je me suis attachée pour des raisons différentes.</p>
<p><b>Y a-t-il une scène qui vous a particulièrement marquée pendant l’écriture ?<br />
</b>La scène de la dispute sur la plage. J’aime écrire ce genre de scènes, parce qu’elles permettent de faire ressortir beaucoup de choses entre les personnages et de travailler leurs émotions.</p>
<p><b>Si vous deviez donner une seule raison de lire « Et même après », laquelle serait-elle ?<br />
</b>Pour ressentir les émotions. C’est une histoire d’amour, d’amitié, de deuil et de culpabilité. On passe vraiment par beaucoup d’émotions au fil de l’histoire, et c’est ce que j’ai envie de transmettre avec ce roman.</p>
<p><b>Votre premier roman, « La vie en couleur », abordait déjà la reconstruction après un burn-out. Pourquoi cette thématique revient-elle autant dans votre écriture ?<br />
</b>J’ai tendance à aborder des sujets difficiles. Mon premier roman évoque la dépression et le second le deuil. Je pense que cela apporte une dimension réelle à mes histoires, même si elles finissent toujours bien. J’ai d’ailleurs reçu pas mal de messages de lecteurs qui se reconnaissent à travers les personnages, ou qui se sont reconnus dans certaines histoires ou certaines émotions. C’est quelque chose qui me touche beaucoup dans l’écriture : pouvoir créer des personnages ou des situations dans lesquels les lecteurs peuvent retrouver une part d’eux-mêmes.</p>
<p><b>Qu’est-ce que l’écriture vous permet de dire ou d’explorer que vous n’exprimeriez pas autrement ?<br />
</b>L’écriture me permet de me mettre à la place des personnages. Je ne traverse pas forcément moi-même ce genre d’émotions, mais l’écriture me permet de les explorer à travers eux. C’est une manière d’aller chercher des émotions que je ne vis pas nécessairement dans ma propre vie, en essayant de comprendre comment mes personnages peuvent les ressentir et les vivre.</p>
<p><b>Le titre est « Et même après ». « Même après » quoi, finalement : la perte, la colère, le silence… ou l’amour ?<br />
</b>La mort, je dirais. Et puis aussi le fait de tenir ses promesses, notamment celle de garder ce lien qui les unissait. Le titre fait donc référence à ce qui demeure malgré la disparition et à cette volonté de continuer à faire vivre un lien, même après.</p>
<p><b>Votre prochain roman, « Tout ce que l’amour n’est pas », sortira cet automne. Que pouvez-vous déjà nous en dire ?<br />
</b>Ce nouveau roman abordera une nouvelle thématique : les violences conjugales et psychologiques. Il sera à decouvrir tres prochainement&#8230;Une chose est sûre : Alexandra Nine n’a pas fini de faire parler les émotions. Après « Et même après », son prochain roman, « Tout ce que l’amour n’est pas », attendu cet automne. On garde donc le titre bien au chaud.</p>
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		<title>Claire Guanella : anatomie d’un humain augmenté</title>
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				<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 08:31:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art & Expos]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[art et technologie]]></category>
		<category><![CDATA[biologie]]></category>
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		<category><![CDATA[Getting Robotic]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>Du microscope à la matière Avant l’art, Claire Guanella a fréquenté un autre atelier : le laboratoire. Formée comme laborantine médicale avec une spécialisation en biologie moléculaire à Zurich, elle étudie également l’histoire de l’art, puis le dessin et la céramique à Londres. Suivront la poterie, le textile, le papier et des formations entre Lausanne et Boston. Un parcours en ... <a href="https://gooutmag.ch/claire-guanella-anatomie-dun-humain-augmente/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p class=""><span class="s1"><b>Du microscope à la matière<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Avant l’art, Claire Guanella a fréquenté un autre atelier : le laboratoire. </span>Formée comme laborantine médicale avec une spécialisation en biologie moléculaire à Zurich, elle étudie également l’histoire de l’art, puis le dessin et la céramique à Londres. Suivront la poterie, le textile, le papier et des formations entre Lausanne et Boston. Un parcours en rhizome, précisément à l’image d’une œuvre qui refuse depuis longtemps les frontières trop sages.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888.jpg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34333" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888-375x500.jpg" alt="" width="375" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888-375x500.jpg 375w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888-768x1024.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888-100x133.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/eb7266e5-205c-4cc1-83e8-45e00179b888-1464x1952.jpg 1464w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></a></p>
<p class="p2">Car chez Guanella, tout semble affaire de matière et de mutation. Les corps, les paysages, les mots, les fibres se superposent, se contaminent et se transforment. La scientifique n’a finalement jamais complètement quitté l’artiste. Elle semble simplement avoir troqué la blouse blanche contre une autre manière de disséquer le vivant.</p>
<p class=""><span class="s1"><b>De la cellule au circuit<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Avec </span><span class="s1" style="font-size: 16px;"><i>Getting Robotic</i></span><span class="s2" style="font-size: 16px;">, cette généalogie prend une résonance particulièrement contemporaine. </span>Les silhouettes semblent humaines sans tout à fait le rester. Des tracés les parcourent comme des réseaux nerveux devenus circuits imprimés. Des mots apparaissent, des lignes relient, des fragments s’accumulent. La chair rencontre la donnée. L’ancêtre croise l’algorithme. Mais ici, pas de robot chromé ni de science-fiction sous stéroïdes. La technologie se glisse dans l’humain presque silencieusement. Et c’est beaucoup plus troublant.</p>
<p class="p2">La série s’ancre dans ce que la critique Clotilde Wuthrich décrit comme une pratique de « la filiation et du réseau ». Deux notions qui pourraient sembler opposées : l’une regarde derrière nous, vers les racines ; l’autre devant, vers un monde toujours plus connecté. Guanella les fait collisionner.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3.jpg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34334" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-500x375.jpg" alt="" width="500" height="375" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-500x375.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-768x576.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-1024x768.jpg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-100x75.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/6bbec1e5-5fee-4d58-af30-59d6fdcdbf2e_car_4x3-1464x1098.jpg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p class=""><span class="s1"><b>Nos racines ont-elles un wi-fi ?<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">La question devient vertigineuse : </span><span class="s1" style="font-size: 16px;">que reste-t-il de nos héritages lorsque nos existences passent désormais aussi par les machines ? </span>Nos souvenirs vivent dans des clouds, nos visages deviennent données, nos relations empruntent des réseaux et l’intelligence artificielle apprend à parler, écrire, dessiner et raisonner à partir des traces que nous lui abandonnons. Humanité 2.0, certes. Mais avec quelques milliards d’années de vivant encore imprimées sous le capot. Guanella ne tranche pas. Elle relie.</p>
<p class="p2">Ce geste traverse d’ailleurs son travail. Dans sa série consacrée aux migrations, exposée à Muttenz en 2024, l’artiste s’intéressait déjà aux mouvements, aux passages et aux transformations. Elle y rappelait que tout migre : l’être humain, bien sûr, mais également le corps, les plantes, les formes. <span class="s1">Tout est processus. Tout est devenir. </span><i>Getting Robotic</i><span class="s2"> semble prolonger cette pensée : après avoir migré à travers les territoires, l’humain migre désormais jusque dans la technologie.</span></p>
<p class=""><span class="s1"><b>Bugs très humains<br />
</b></span><span style="font-size: 16px;">Présente depuis plusieurs décennies sur la scène artistique suisse et internationale, Claire Guanella a exposé notamment à Genève, Berne, Zurich, Bâle, Fribourg et en France. Son travail figure dans différentes collections publiques et privées en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Turquie, au Liban et en Israël. Elle reçoit notamment le Grand Prix du Jury d’Art Forum à Montreux en 1998 et développe parallèlement une œuvre éditoriale autour de la matière, de l’eau, de la terre, des villes et des paysages.</span></p>
<p class="p2">Autant de territoires qui convergent aujourd’hui vers cette drôle de créature : nous. Car le robot le plus fascinant de <span class="s1"><i>Getting Robotic</i></span><span class="s2"> n’est peut-être pas celui que nous fabriquerons demain. C’est l’humain que nous sommes déjà en train de reprogrammer aujourd’hui. </span>Et sous les connexions, les codes et les circuits, Claire Guanella laisse heureusement subsister quelques bugs. Terriblement humains.</p>
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		<title>Modèle animal : bêtes de regard</title>
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				<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 13:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art & Expos]]></category>
		<category><![CDATA[art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[bestiaire]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Photo Elysée]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie animalière]]></category>
		<category><![CDATA[regard]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres d’Arles]]></category>
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		<category><![CDATA[vivant]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>L’œil sauvage Un rhinocéros nous accueille. Massif, magnifique, presque mythologique. Celui de Balthasar Burkhard ouvre les hostilités et donne immédiatement le ton : ici, l’animal n’est ni accessoire ni faire-valoir. Il prend la pose, la place et parfois le pouvoir. Coproduite par Photo Elysée et les Rencontres d’Arles, l’exposition traverse près de deux cents ans de photographie pour raconter une ... <a href="https://gooutmag.ch/modele-animal-betes-de-regard/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’œil sauvage<br />
</strong>Un rhinocéros nous accueille. Massif, magnifique, presque mythologique. Celui de Balthasar Burkhard ouvre les hostilités et donne immédiatement le ton : ici, l’animal n’est ni accessoire ni faire-valoir. Il prend la pose, la place et parfois le pouvoir. Coproduite par Photo Elysée et les Rencontres d’Arles, l’exposition traverse près de deux cents ans de photographie pour raconter une obsession aussi vieille que le médium : capturer le vivant. Capturer. Le mot n’est pas innocent.</p>
<div id="attachment_34271" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34271" class="wp-image-34271 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372-500x322.jpeg" alt="" width="500" height="322" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372-500x322.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372-768x495.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372-1024x660.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372-100x64.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4372.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34271" class="wp-caption-text">Eliott Erwitt, New York City, États-Unis, 2000 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Magnum Photos</p>
</div>
<p>Car photographier l’animal, ce fut longtemps vouloir le comprendre pour mieux le contenir. On observe, classe, mesure, dissèque, décompose le mouvement. Dès les balbutiements de la photographie, l’œil scientifique s’empare du vivant : ailes, poils, pattes, galops passent sous la loupe. William Henry Fox Talbot photographie les ailes d’une mouche lanterne, Auguste Bertsch agrandit un acarien jusqu’au vertige, Eadweard Muybridge décompose le mouvement et transforme chevaux et créatures en chorégraphies anatomiques. L’homme veut percer les secrets de la bête. La bête, elle, garde superbement les siens.</p>
<p><strong>Drôles de spécimens<br />
</strong>Puis l’objectif se fait piste de cirque. On dresse, on exhibe, on domestique. L’animal devient spectacle, statut, symbole. Panthères apprivoisées, caniches acrobates, bêtes de zoo : derrière chaque prouesse animale se dessine surtout l’étrange besoin humain de faire entrer le sauvage dans ses cases. Et c’est précisément là que <em>Modèle animal</em> mord.</p>
<p>L’exposition ne distribue ni bons points ni croquettes morales. Elle juxtapose, confronte, laisse grincer. Le spectaculaire devient parfois spécieux, le merveilleux légèrement monstrueux. Les braques de Weimar de William Wegman prennent des poses délicieusement humaines. Ailleurs, Walter Chandoha transforme le chat en star absolue après avoir consacré sa vie à en photographier des milliers. Bien avant Instagram, l’humanité avait donc déjà compris une vérité fondamentale : mettez un chat dans l’image et tout le monde regarde. Internet n’a rien inventé. Il a simplement ajouté des likes.</p>
<div id="attachment_34266" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34266" class="wp-image-34266 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-500x500.png" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-500x500.png 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-150x150.png 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-768x768.png 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-1024x1024.png 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-100x100.png 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4369-1464x1464.png 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34266" class="wp-caption-text">Pieter Hugo, Abdullahi Mohammed avec Mainasara, Ogere-Remo, Nigeria, 2007 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Stevenson, Cape Town/Amsterdam</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>À poil, à plume<br />
</strong>Puis le rapport s’adoucit. L’animal quitte la cage pour gagner le canapé. Compagnon, confident, colocataire parfois tyrannique, il entre dans nos maisons et nos mémoires. Les photographies d’Elliott Erwitt racontent cette proximité avec tendresse et malice ; celles de Rinko Kawauchi effleurent le vivant plutôt qu’elles ne l’empoignent.</p>
<p>Le regard change. On ne possède plus seulement l’animal, on se projette en lui. Et soudain, la frontière vacille. Un museau devient visage. Une posture ressemble étrangement à la nôtre. Les grands singes photographiés par James Mollison imposent leurs individualités, leurs expressions, presque leurs états d’âme. À vouloir obstinément distinguer l’homme de l’animal, la photographie finit par brouiller la ligne au lieu de la tracer. Qui observe qui ? Qui apprivoise qui ? Qui est vraiment la bête de l’autre ?</p>
<p><strong>Sauvage!<br />
</strong>Reste l’indomptable. Celui qui échappe au canapé, au cirque et au microscope. Sebastião Salgado magnifie le monde sauvage. Vincent Munier le cherche dans le blanc, le froid et le silence. Masahisa Fukase peuple le ciel de corbeaux noirs comme des pensées. George Shiras photographie dès la fin du XIXe siècle la faune nocturne et ouvre la voie à une photographie animalière où l’homme accepte enfin de se faire petit. Ici, le clic devient presque chuchotement.</p>
<div id="attachment_34270" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34270" class="wp-image-34270 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373-500x330.jpeg" alt="" width="500" height="330" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373-500x330.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373-768x507.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373-1024x676.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373-100x66.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_4373.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34270" class="wp-caption-text">Masahisa Fukase, Cap Erimo, 1976, série Ravens [Corbeaux] Avec l’aimable autorisation de Masahisa Fukase Archives et de Michael Hoppen Gallery</p>
</div>
<p>Il ne s’agit plus de capturer, mais d’attendre. De laisser surgir. De comprendre que le vivant ne pose pas toujours pour nous. Et c’est peut-être là que l’image devient la plus belle : lorsqu’elle cesse de vouloir dominer ce qu’elle regarde.</p>
<p><strong>Dans le viseur<br />
</strong>Mais derrière la beauté rôde la brutalité. Captivité, élevage intensif, expérimentation, disparition des espèces : à partir de la seconde moitié du XXe siècle, l’appareil photo change de rôle. Il n’est plus seulement témoin. Il devient preuve, parfois plaidoyer. L’exposition pose alors une question autrement plus inconfortable : jusqu’où montrer la souffrance animale pour la dénoncer sans, à nouveau, l’exploiter ?</p>
<p>Le paradoxe est féroce. Nous photographions ce que nous détruisons. Nous admirons ce que nous enfermons. Nous protégeons ce que nous avons commencé par posséder. L’image caresse d’une main et accuse de l’autre.</p>
<p><strong>clic instinctif<br />
</strong>Puis vint Internet. Et avec lui, le grand carnaval numérique du vivant. Chats stars, chiens déguisés, créatures improbables, mèmes et désormais chimères fabriquées par intelligence artificielle : notre vieux besoin de projeter nos fantasmes sur les animaux a simplement changé de terrain de jeu.</p>
<p>Le dernier volet de l’exposition explore ce regard viral, celui des algorithmes qui ont transformé le bestiaire en machine à clics. Internet n’a pas créé notre obsession pour les images animales. Il lui a simplement offert une planète entière comme galerie d’exposition. Et face aux chimères générées par IA, chats à plusieurs têtes et autres créatures synthétiques, le constat devient presque délicieux : après deux siècles à vouloir copier, classer, dresser et réinventer le vivant, l’homme découvre que la nature avait déjà une imagination autrement plus débridée.</p>
<p><strong>La bête, c’est nous<br />
</strong>C’est toute la force de Modèle animal. Sous prétexte de parler d’eux, l’exposition parle furieusement de nous. De notre besoin de posséder ce que nous aimons, de nommer ce qui nous échappe, de mettre en cage ce qui nous fascine, de mettre en scène ce qui nous ressemble. Et de photographier frénétiquement ce que nous avons peur de voir disparaître.</p>
<p>Sept regards structurent le parcours : anatomique, performatif, affectif, fasciné, éthique, plastique et viral. Sept façons de regarder la bête qui fonctionnent finalement comme autant de miroirs tendus à notre propre espèce. Car depuis deux cents ans, nous pensions avoir mis l’animal dans le viseur. À Arles, il nous revient en pleine figure.</p>
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		<title>Les étoiles sur le rivage</title>
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				<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 09:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Gurtner]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Classique & opéra]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Des Américains au Paradis C’est un peu le titre qu’on aurait pu donner à la soirée du 30 août, tant les Etats-Unis étaient à l’honneur. Le charismatique maestro Yannick Nézet-Séguin, en habit de lumière, a tenu les rênes de la soirée. Vêtu d’un veston à sequins, ouvertement gay, épicurien –il s’est baigné dans le lac avant concert– il fait du ... <a href="https://gooutmag.ch/les-etoiles-sur-le-rivage/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p class="s3"><span class="s2"><strong>Des Américains au Paradis</strong><br />
</span>C’est un peu le titre qu’on aurait pu donner à la soirée du 30 août, tant les Etats-Unis étaient à l’honneur. Le charismatique maestro Yannick Nézet-Séguin, en habit de lumière, a tenu les rênes de la soirée. Vêtu d’un veston à sequins, ouvertement gay, épicurien –il s’est baigné dans le lac avant concert– il fait du bien et montre un exemple bienvenu dans le monde musical. A ses côtés, une véritable icône, lauréate du concours Operalia, la mezzo-soprano Joyce Di Donato, qui a notamment lancé son projet artistique <span class="s4">In War and Peace</span>, faisant de la musique un instrument d’harmonie, au lendemain des attentats de 2015 à Paris. Tous deux se produisent très régulièrement au Metropolitan Opera de New York, elle sur scène, lui en fosse, à la fête de l’Orchestre attitré. Tous trois étaient présent ce soir-là. Un casting exceptionnel, et rare, puisque la formation était venue la dernière fois… il y a 25 ans. Une évidence aussi, puisque Gustav Mahler avait été accueilli en star à New York, après une fin viennoise difficile.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-34214 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/4_260831_munchner_shani_argerich_@_priska_ketterer_lucernefestival-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></p>
<p class="s3">Fidèle à la tradition germanique des poèmes repris en chant, le compositeur autrichien s’est inspiré de Friedrich Rückert pour les <span class="s4">Knaben</span> <span class="s4">Wunderhorn</span> et les Rückert Lieder. Un cycle vocal avec orchestre et pourtant intime, optimiste et joyeux, sans doute le reflet de la relation naissante entre Gustav et Alma. Dans cette série, Joyce Di Donato déploie un chant à l’excellente prononciation (si importante en poésie), au chant maîtrisé, par exemple dans son dialogue avec le cor en deuxième partie. Elle se révèle impériale dans le registre plus grave («Um Mitternacht »), accompagnée par l’élégante flûte traversière et le chaleureux hautbois. La dernière strophe «Ich bin der Welt abhanden gekommen» est un bijou de grâce suspendue, évoquant la solitude apaisée, où cor anglais et violon solo nous invitent à (re)penser le rapport au monde.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Heureuse symphonie<br />
</span></strong>Plus joyeuse, moins grave, peut-être moins philosophique que d’autres symphonies, la <span class="s4">4</span><span class="s5">ème</span> de Mahler reflète une vie pas encore frappée des sorts du destin (il devra quitter la direction du Hofoper après une campagne antisémite, sa fille meurt très jeune, on lui diagnostique une maladie grave). L’œuvre présentée ce soir là à Lucerne est une invitation au Paradis, dans une partition de chambre, sans cymbales ni Tuba (si si, c’est possible). Pour être très honnête, cette 4<span class="s6">ème</span> symphonie mérite d’être écoutée en salle, où Yannick Nézet-Séguin a fait des merveilles ! Dès le premier mouvement, où l’on passe « des Alpes au café viennois » selon les mots du conférencier du festival, premiers violons répondent aux seconds placés astucieusement de chaque côté, offrant un formidable crescendo de fin. Après une deuxième partie offrant belle place au trompettiste solo, place au mouvement le plus important, le troisième. Les grands mouvements des cordes emmenés par le maestro offre une phase méditative, harmonieuse, avec le cor anglais et le violoncelle solo notamment, réveillée par le timbalier. Et place à Joyce Di Donato qui se révèle dans la dernière partie, entre airs alpins et sonorités exotiques. Cela rappelle une vérité : comme pour un vin, le chant a besoin de temps pour s’ouvrir et déployer ses saveurs. Et la mezzo-soprano est si à l’aise dans ce « chant orchestral », entre naïveté enfantine, vision de Paradis, espièglerie et « Happy ending » selon les mots du critique Thomas May. La transcendance reprend sa place, avec une fin jouée aux contrebasses et à la harpe, c’est tout.</p>
<div id="attachment_34215" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34215" class="wp-image-34215 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-500x333.jpeg" alt="" width="500" height="333" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-500x333.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-768x512.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1024x683.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-100x67.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1464x976.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/2_260830_met_nezet-seguin_didonato_©_manuela_jans_lucernefestival_-1200x800.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34215" class="wp-caption-text">La charismatique diva Joyce Di Donato a conquis la salle du KLL ©_manuela_jans_lucernefestival</p>
</div>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Œuvres américaines<br />
</span></strong>« Une des compositrices les plus défricheuse et surprenante du XXI<span class="s6">e</span> siècle », c’est ainsi que le New York Times Missa Mazzoli, dont on jouait le même soir la <span class="s4">Sinfonia</span> <span class="s4">(</span><span class="s4">for </span><span class="s4">orbiting</span><span class="s4">spheres</span><span class="s4">). </span>Son œuvre à l’esprit minimal, jouant de répétition, aux airs de films qui rappellent Wagner… et Mahler, incarne bien cette musique américaine. Ce répertoire était aussi à l’honneur de lendemain, avec <span class="s4">Chairman </span><span class="s4">Dances</span><span class="s4">, </span>du tutélaire John Adams, une pièce entre Jazz, foxtrot et percussions, où le minimalisme côtoie les airs populaires, qui l’a aidé à préparer son opéra <span class="s4">Nixon in China</span> (1987). On pourrait regretter que le festival n’ait pas programmé une pièce nord américaine plus importante, par exemple <span class="s4">Appalachian</span><span class="s4"> Spring</span> d’Aaron Copland.</p>
<p class="s3"><strong><span class="s2">Martha est là<br />
</span></strong>Le 31 août donc, place au Müncher Philharmoniker, le maestro Lahav Shani et surtout Martha ! Martha Argerich de Buenos Aires, 85 ans, gagnante du Concours de Genève 1957, du concours Chopin en 1965, arrivée la première fois au festival de Lucerne en 1969, est la star supernova. Et elle sait se fait attendre ce soir-là, après les <span class="s4">Chairman </span><span class="s4">Dances</span>… pendant plusieurs longues minutes, faisant croire peut-être à une annulation de dernière minute, elle qui avait renoncé à un concert il y a quasiment un an jour pour jour, ici, à Lucerne. Frémissement. Murmures. Soulagement : elle arrive, applaudie par une salle du KKL toute acquise. Elle jouera ce soir-là le C<span class="s4">oncerto pour piano n°2</span> de Beethoven, aux accents encore mozartiens et classiques, avant qu’il ne bascule vers son langage romantique, une transition définitivement marquée avec la <span class="s4">Symphonie</span> n°3. Ici, une version de chambre, intime, où Martha Argerich déploie un jeu tout en précision, vivacité et une telle assurance. Dans le deuxième mouvement, elle joue avec le flûtiste (Herman van Kogelenberg) et tous se rassemblent avec délicatesse, offrant une fin éthérée, aérienne. Cabotine, fidèle à sa réputation d’accélérer le tempo, elle démarre le 3<span class="s6">ème</span> mouvement sans attendre, avec un jeu rapide, cristallin. L’œuvre terminée, le public se lève, conscient peut-être qu’il a vu sa chère Martha pour une dernière fois ?</p>
<p class="s3">Après l’entracte, on passe à une œuvre de maturité de J.Brahms, la <span class="s4">Symphonie n°4</span>. Très rythmique, harmonique, d’une lecture indéniablement verticale, l’œuvre contient peu de lignes mélodiques. On n’y fait pas les présentations, on entre dans le vif, à vif. On pourrait dire que le répit y est de courte durée, la douceur rare. Cela demande une attention soutenue des Müncher Philharmoniker et du maestro Lahav Shani, passé notamment chez Barenboim et lauréat du concours Mahler en direction d’orchestre (2013). Ça commence très bien, avec les cordes à l’unisson, vibrantes, charismatiques, qui énoncent le premier thème avant d’y revenir. Les cors attaquent l’ouverture du deuxième mouvement avec autorité, suivi de la flûte traversière et la clarinette, accompagnées par des pizzicatos sonores. La musique déroule une succession d’accords, puis les timbales infusent une tension chuchotée, appelé à croître, suivies des cordes et des bois. Après une troisième mouvement très rythmique, le 4<span class="s6">ème</span> se joue comme un clin d’œil à J.S. Bach et à la Passacaglia. Mais la battue du maestro interpelle. Devant la taille de l’orchestre (6 contrebasses, 12 seconds violons) et l’exigence de la partition, on est surpris de voir Lahav Shani diriger sans baguette, à la gestique parfois nonchalante, laissant beaucoup de pression au premier violon solo et au timbalier (Stefan Gagelmann). Un peu trop ?</p>
<p class="s3">
</p><p>L’article <a rel="nofollow" href="https://gooutmag.ch/les-etoiles-sur-le-rivage/" data-wpel-link="internal">Les étoiles sur le rivage</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://gooutmag.ch" data-wpel-link="internal">Go Out!</a>.</p>
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