50 nuances de Bâtie
Ève Aouizerate « vous avez les mêmes en 38» (c) DR
Du 25 août au 13 septembre, Genève vibrera au rythme du festival la Bâtie, qui célèbre cette année sa 50e édition. Théâtre, danse, musique, performances ou encore expériences hybrides. Avec une programmation aussi foisonnante, difficile de choisir ! Pour vous aider à faire le tri, on vous présente nos 5 coups de cœur à glisser dans vos agendas.
La Demande d’asile : quand l’administration devient un véritable théâtre
Notre premier coup de cœur va à ‘ La Demande d’asile’de Nicolas Barry, une pièce à la croisée de la danse et du théâtre, présentée au Musée Ariana. Pendant 50 minutes, deux interprètes incarnent le face-à-face entre une agente administrative et une femme qui demande l’asile en raison de son orientation sexuelle. Questions répétées, suspicion, traumatismes à raconter et gestes de plus en plus mécaniques : Nicolas Barry met en scène toute l’absurdité et la violence d’une procédure administrative qui, derrière son langage froid et bureaucratique, touche à l’intime. Une création aussi physique que politique, qui promet de ne pas laisser indifférent. Au Musée Ariana à Genève, du 26 au 28 août à 19h.
RED, une performance rouge vif et résolument politique
Avec ‘RED’, Eszter Salamon transforme un atelier de peinture en véritable espace de résistance. Inspirée par la figure avant-gardiste Valeska Gert, la chorégraphe mêle corps, peinture, voix, guitare électrique et poésie antifasciste dans une performance aussi physique que sensorielle. Peu à peu, le rouge envahit les surfaces, les matières et les corps, tandis que passé et présent se rencontrent pour faire revivre les voix dissidentes oubliées. Entre cabaret punk, performance plastique et rituel de résistance, RED promet une expérience brute et singulière, dans un lieu inédit : les ateliers de peinture des décors du Grand Théâtre de Genève. Le spectacle est à découvrir aux ateliers de peinture du Grand Théâtre / Coopérative Verntissa à Genève, du 28 au 30 août à 18h.
Eszter salamon – Red (c) DR
HOW ROMANTIC, la danse jusqu’à l’épuisement
Avec HOW ROMANTIC, Katerina Andreou transforme la scène en véritable arène. Inspirée des marathons de danse de la Grande Dépression américaine, la chorégraphe lance les quatorze interprètes de la compagnie norvégienne Carte Blanche dans une course effrénée, sans ligne d’arrivée. Les corps s’agrippent, se défient, s’épuisent et recommencent, portés par une énergie brute et une pulsation hypnotique. Entre transe collective, désir de performance et besoin de connexion, la pièce interroge notre fascination pour le spectacle de l’intime et les limites du corps. Une création physique et fiévreuse qui promet de nous tenir en haleine jusqu’au bout. À decouvrir à la Comédie de Genève, les 3 et 4 septembre à 20h30.
KATERINA ANDREOU & CARTE Blanche – How romantic
Repertório N.1, quand la danse devient un acte de résistance
Avec Repertório N.1, Davi Pontes et Wallace Ferreira font du corps un véritable territoire de résistance. Inspiré du voguing, de la culture ballroom, de la capoeira et des codes communautaires queers, le duo brésilien transforme la danse en stratégie d’autodéfense face aux violences sociales et aux discriminations. Créée dans le contexte de l’élection de Jair Bolsonaro en 2018, cette pièce particulièrement frontale détourne le geste de l’arme à feu pour le retourner symboliquement contre le pouvoir. Sans musique, seulement porté par les souffles, les pas et les frottements au sol, le spectacle oscille entre tension, immobilité et mouvements fulgurants. Une performance physique, magnétique et engagée. Une représentation à découvrir au Pavillon ADC à Genève, le 12 septembre à 21h30.
Roomful of Teeth, quand la voix devient un instrument
Avec Elevator Songs + Partita for 8 Voices, Roomful of Teeth et Gabriel Kahane repoussent les limites de la voix. Récompensé par plusieurs Grammy Awards, l’ensemble américain réunit huit chanteur·euses aux techniques vocales aussi virtuoses qu’inattendues. Au programme : Elevator Songs, une mosaïque de récits imaginée avec Gabriel Kahane, puis Partita for 8 Voices de Caroline Shaw, une pièce devenue incontournable de la musique contemporaine et récompensée par le prix Pulitzer. Entre jeux de timbres, récits, humour et émotions, ce concert promet une véritable expérience sonore. Pour clôturer Le festival, rendez-vous au Bâtiment des Forces Motrices à Genève, le 13 septembre à 20h, pour ce concert inédit.
Six coups de cœur, six façons de vivre La Bâtie : de la danse à la performance, en passant par le théâtre et la musique, cette nouvelle édition promet de belles découvertes. Il ne vous reste plus qu’à choisir votre rendez-vous… et à vous laisser surprendre.
Le Festival La Bâtie – 50e édition
du 25 août au 13 septembre
