L’auberge de Confignon: Campagne à la carte
À deux pas de Genève, une parenthèse bucolique où le temps semble avoir décidé de prendre des vacances (c) Studio Paw
Dans un été où le mercure bat des records et où l’actualité nous donne des sueurs froides, il existe encore des adresses capables de rafraîchir bien plus que le corps. L’Auberge de Confignon est de celles qui apaisent le tumulte, une bouchée après l’autre. Direction Confignon!
À peine quelques kilomètres séparent le centre de Genève de ce coin de campagne, et pourtant, le dépaysement est saisissant. Les klaxons laissent place au bruissement des feuilles, les notifications semblent perdre leur réseau et l’on redécouvre un luxe devenu presque insolent : celui de ne regarder l’heure que pour savoir si le dessert est déjà arrivé. Ici, on ne court plus après le temps. On le laisse infuser.
À l’ombre des grands arbres et sous le regard du Salève, chaque déjeuner prend des airs d’échappée belle (c) Studio Paw
Le Salève veille au loin comme un vieux voisin bienveillant, tandis que la terrasse invite à prolonger le repas jusqu’à ce que les glaçons aient rendu les armes. Les conversations prennent leur temps, les rires aussi. On se surprend même à commander un café… puis un second, juste pour retarder le moment de repartir.
Aux commandes? Une jeune équipe de trois jeunes hôteliers – Matteo Gassmann, Victor Charpentier et Thomas Mottu qui a choisi de ressusciter l’esprit de l’auberge plutôt que de le réinventer : une hospitalité sincère, une cuisine qui parle le langage des saisons et des producteurs de la région, sans jamais chercher à en faire trop.
Trois jeunes passionnés, une même ambition : redonner à l’auberge ses lettres de noblesse, sans jamais trahir son âme (c) Studio Paw
La carte va droit au but, et c’est précisément ce qui fait son charme. Ici, les produits du terroir tiennent le haut de l’affiche : poireaux mimosa, pâté en croûte GRTA, asperges de saison, truite ou encore chèvre de Cartigny composent une partition locale, sincère et généreuse. Puis arrive le risotto. Celui qui suspend la conversation le temps de quelques bouchées. Crémeux à souhait, relevé par le caractère du Sbrinz et la fraîcheur des asperges, il rappelle qu’un grand plat n’a pas besoin d’en faire trop pour marquer les esprits.
Une table dressée face à la campagne, un verre de blanc bien frais et leur fameux risotto (c) Studio Paw
Les inconditionnels de cuisine traditionnelle ne sont pas en reste avec un cordon bleu maison, un paleron braisé, des filets de perche du Léman ou une entrecôte suisse. Quant aux desserts, ils jouent la carte des valeurs sûres : crème brûlée, île flottante ou moelleux au chocolat… des classiques qui ne prennent jamais une ride.
L’Auberge de Confignon rappelle une évidence que l’on oublie parfois : une grande table n’est pas forcément celle qui multiplie les artifices. C’est celle qui donne envie de s’attarder, de partager, de refaire le monde… ou de l’oublier quelques heures.
Et si le repas venait à s’éterniser — ce qui est un risque tout à fait assumé — inutile de lutter contre l’envie de prolonger la parenthèse. Fidèle à sa devise « Gîte & Couvert », l’auberge dispose de quatorze chambres, comme une invitation à laisser la campagne écrire le dernier chapitre de cette échappée gourmande.
À l’Auberge de Confignon, on ne vient pas chercher l’effet “waouh”. On vient retrouver ce goût devenu rare : celui des choses sincères. Et, par les temps qui courent, c’est peut-être la plus belle des audaces.