Veggie Week : Vertige végétal

Asperges grillées, burrata, aubergine fumée et shawarma de céleri-rave : une démonstration en plusieurs assiettes que les légumes savent parfaitement mener la danse (c) DR

Pendant longtemps, les légumes ont mangé leur pain noir pendant que les viandes faisaient les gros choux gras des menus. Mais à Genève, le vent tourne. Depuis six ans, la Veggie Week cultive une petite révolution où le végétal cesse de raconter des salades pour imposer sa propre histoire. Une histoire savoureuse, créative et suffisamment audacieuse pour faire pousser quelques doutes chez les carnivores les plus convaincus. Morceaux choisis. 

Qui a décidé qu’une carotte devait passer sa vie dans l’ombre d’une entrecôte ? Que l’aubergine était condamnée à jouer les seconds rôles et que le céleri-rave devait se contenter de faire de la figuration ? Certainement pas la Veggie Week. Depuis six ans, l’événement genevois organise la plus délicieuse des prises de pouvoir végétales.

L’aubergine fumée, sauce tomate, shatta et ail confit. Le plat qui a discrètement pris le pouvoir sur la table… et sur notre cœur (c) DR

Portée par Pamela Radealli et l’agence PR&Co, cette sixième édition voit les choses en grand. Pour la première fois, la Veggie Week s’étend sur l’ensemble du mois de juin et réunit cinq tables genevoises autour d’un même défi : démontrer que la cuisine végétale n’est ni une punition, ni un compromis, mais un formidable terrain de jeu pour les chefs.

Cette année, SACHI, L’Aparté, Ottolenghi, La Micheline et À Table chez Anou ont chacun imaginé un menu exclusif célébrant légumes de saison, créativité et gourmandise. Des influences japonaises aux inspirations ayurvédiques, en passant par la gastronomie française et la cuisine levantine, le végétal voyage, se réinvente et multiplie les personnalités.

Maxime Martin, chef d’Ottolenghi Genève et ambassadeur de la Veggie Week 2026. Une mission presque naturelle dans une maison où les légumes occupent depuis toujours le devant de la scène (C) DR

Pour prendre le pouls de cette révolution verte, c’est chez Ottolenghi, au Mandarin Oriental Genève, qu’on est allé planter notre fourchette ce midi. Fidèle à l’ADN de la maison, le chef Maxime Martin compose un menu coloré où les légumes n’ont jamais vraiment demandé la permission d’exister. Ici, les asperges grillées, relevées d’origan, de piment mariné et de dukkah, ouvrent le bal de ce menu avec panache. La burrata et ses courgettes apportent ensuite une touche de douceur avant l’arrivée du désormais incontournable shawarma de céleri-rave, véritable ambassadeur de cette cuisine qui brouille les frontières entre végétal et gourmandise.

Caramel custard, fraises, sumac, huile de basilic et amandes : une finale tout en douceur qui récolte les fruits d’un déjeuner particulièrement inspiré (c) Nicolas Bula

Mais le véritable hold-up du déjeuner porte un nom : l’aubergine fumée. Nappée d’une sauce tomate relevée de shatta et accompagnée d’ail confit, elle possède ce mélange rare de douceur, de caractère et de profondeur qui fait les plats dont on se souvient. Une aubergine qui prend tellement de place qu’elle finit par couper l’herbe sous le pied à tout le reste du menu. Notre crush du jour!

Quant au dessert, un délicat caramel custard aux fraises, sumac, huile de basilic et amandes, il vient récolter les fruits d’un déjeuner particulièrement inspiré. Une dernière note tout en équilibre qui rappelle qu’en cuisine, comme ailleurs, les meilleures surprises arrivent parfois là où on ne les attend pas.

Jusqu’au 30 juin, les légumes ont pris le pouvoir. Et contrairement à certains sommets internationaux, celui-ci débouche sur quelque chose de concret dans l’assiette.

 

Veggie Week 2026
Jusqu’au 30 juin 2026

Dans cinq restaurants genevois : Ottolenghi, SACHI, L’Aparté, La Micheline et À Table chez Anou

Veggie Week