Go Out! N°47

Genève aime-t-elle l’art ?
Lausanne, ville de la nuit et du théâtre, Bâle, capitale de l’art contemporain, Zurich, cité de musées. Une trilogie à faire rougir une Genève, toujours plus proche de Kalvingrad, entre musées fatigués, vie nocturne aseptisée et lieux branchés fermés aux fauchés. Un jugement injuste ?
Ecoutons les contradicteurs. D’après eux, Genève vit encore les conséquences de la philosophie iconoclaste issue de la Réforme : le sens, la profondeur priment sur le beau et l’accessible. Un seul exemple pour le comprendre, l’intérieur dépouillé de la cathédrale Saint-Pierre. Un rapport à l’image qui reste donc compliqué, une approche de la culture souvent cérébrale, difficile à communiquer au plus grand nombre. Par ailleurs, certains relèvent que seuls les musées privés se consacrent aux éléments forts de l’histoire genevoise, comme la Réforme ou l’horlogerie, et qu’aucun musée public ne daigne présenter une exposition permanente sur ces thèmes.
Du côté de l’art contemporain, diront d’autres, la ligne de haute qualité (mais très élitiste) longtemps en vigueur au Musée d’art moderne et contemporain laisse un bilan mitigé. Quand on sait qu’il réunit presqu’autant de visiteurs de l’Ariana (environ 50 000), consacré à la céramique, on peut franchement s’étonner. En effet, ce n’est un secret pour personne que l’art contemporain attire aujourd’hui les foules. A condition d’en avoir envie…
Sur la vie nocturne enfin, beaucoup regrettent la fin des squats, sous les coups de butoir de Daniel Zappelli, de la Loi sur les débits de boissons (LRDBHD) et de l’absence de planification cantonale sur la vie nocturne.
Oui, beaucoup de ces critiques ont leur sens et leur part de vérité. Oui, il faut savoir regarder la réalité en face. Mais regardons d’autres aspects de la réalité, positifs cette fois.
Plusieurs musées entament leur mue pour se rapprocher des publics, en témoigne la magnifique rénovation du Musée d’art et d’histoire (MEG) ou celle du Musée de la Croix-rouge et Croissantrouge (MICR). Les Nuits des Bains, Nuits des Musées ou Journées des métiers d’art sont autant d’occasion de sortir de sa tour d’ivoire. Rappelons aussi que la conférence des 15 musées publics et privés représente presqu’un million de visiteurs en 2015, le MEG, le MICR, le Musée d’art et d’histoire et celui d’histoire naturelle totalisant chacun plus de 100 000 entrées.
Depuis 20 ans, l’art contemporain a connu un formidable réveil, grâce à l’association du Quartier des Bains, l’ouverture du Mamco et le salon artgenève, qui figure parmi les bonnes foires. On aurait aussi envie de citer l’association Art en Vieille-Ville, active depuis 10 ans.
Vie nocturne parlons-en. Malgré les si nombreuses contraintes, beaucoup d’acteurs s’investissent à moyen et long terme, du Village du Soir récemment ouvert à la Praille aux associations qui promeuvent une vie nocturne dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets (PAV), comme l’ARV.
Voilà, comme quoi le tableau n’est pas si noir, il révèle de belles lumières. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur les aspects négatifs, ni s’auto-flageller… un travers bien protestant n’est-ce pas.

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