Go Out! N°53

A l’heure où ces quelques lignes prennent vie, le masque de Banksy semble une énième fois tomber tandis que Genève se résout enfin à enfiler le sien. Celui d’une capitale culturelle européenne et non d’une simple province ornée d’un jet d’eau et d’une horloge fleurie. Comme à l’accoutumée, la révolution se fait assurément et, surtout, discrètement. A commencer par la Cité de la Musique qui, prévue en 2022, ambitionne à la fois de soulager les ensembles locaux tout en hissant Genève au rang de port d’attache pour orchestres symphoniques de haut vol et d’aimant pour les mélomanes des contrées environnantes. L’ADC et la place Sturm (Vieille-Ville) se verront, quant à elles, flanquées d’un espace de 220 places destiné à la danse contemporaine et à renforcer la réputation de la ville en la matière. Dans le quartier des Eaux-Vives, le ballet des tractopelles s’active avec frénésie au sein du chantier de la Nouvelle Comédie sise dans le site stratégique du CEVA. L’inauguration est agencée en 2019, date à laquelle il sera amplement possible pour un Lyonnais d’assister à une pièce entre deux navettes ferroviaires.  En 2018, le Grand Théâtre recouvrera quant à lui son reluisant fief refait à neuf à Place de Neuve.  Du côté de la Haute Ecole d’Art et de Design, dix années d’hyperactivité créatrice se verront couronnées d’un nouvel espace digne de ses ambitions. Promettant au passage d’extirper le quartier des Charmille de sa léthargie. Il va de soi que Genève a bien plus à offrir au monde que son quartier des banques, la renommée de son lac ou celle de ses enseignes d’horlogeries. Sommes-nous donc en droit de voir fleurir un nouveau type de tourisme, cette fois-ci porté sur l’art et la culture comme le souhaite ardemment Sami Kanaan? Si c’est en bonne voie,  cette question en soulève une autre.  Miser sur les institutions reste une bonne chose, seulement qu’en est-il de l’essence de l’art et de son futur? Bien qu’ils soient nécessaires, ce dernier ne germe ni dans le degré de perfectionnement des infrastructures, ni sur sur le béton ciré des galeries ni dans les allées des musées mais bien dans le situationnisme de lieux improvisés, polymorphes et ouverts. Ils insufflent à la fois une âme à la cité, permettent de s’affranchir des règles et laissent libre cours à l’expérimentation sans se soucier du nombre d’entrées qu’ils génèreront. Des lieux à l’avant-garde, destinés à nourrir dans le futur les institutions célébrées ci-dessus. Souvent discrets, ces espaces ne nécessitent ni enveloppes budgétaires ni projets d’aménagements mais un assouplissement des dispositions légales. Parce qu’au final, nulle culture sans audace, sauvegardons sa spontanéité !

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