Paola Locatelli: rapide et furieusement libre

Dans Rapide, les flammes de l’ambition se mêlent à l’huile brûlante de la course (c) DR
Elle a grandi à toute allure, des réseaux sociaux aux plateaux de cinéma. Paola Locatelli passe aujourd’hui la cinquième en prenant le virage du grand écran avec Rapide, film où elle endosse la combinaison d’une pilote de Formule 1. Une trajectoire fulgurante, moteur allumé, sans frein à main.
Moteur gonflé par l’ambition, pneus cramponnés à la réalité, regard fixé sur la prochaine ligne d’arrivée, on l’a rencontrée.
Vous avez passé votre permis de conduire en plein tournage. C’était pas quand même important pour incarner une pilote ?
Non, ce n’était pas obligatoire – les assurances couvraient – mais pour moi, c’était essentiel d’être crédible. Je l’ai obtenu du deuxième coup (rires). J’avais déjà un peu conduit à la campagne avec mon père et mon grand-père, mais je voulais que Max, mon personnage, ait des racines en moi.
Qu’est-ce qui vous plaît dans la conduite ?
La vitesse! J’aime quand tout va vite : mes paroles, mes journées, mes émotions. La voiture me donne une liberté incroyable. Et puis je vais au Grand Prix de Monaco depuis quatre ans : cet univers m’est devenu familier.

Avant le rugissement, le silence des regards (c) DR
Vous évoquez aussi un ami disparu qui vous a initiée à la Formule 1…
Oui. C’est lui qui m’a emmenée pour la première fois à Monaco. Quand il est décédé, j’ai gardé en moi ce goût des circuits. J’ai regardé Drive to Survive, j’ai compris l’intensité de ce sport, et ce rôle est devenu une façon de lui rendre hommage.
Il y a aussi eu une préparation physique exigeante…
Tout à fait. Max devait être une athlète. Moi, j’avais pris du poids et je n’étais pas sportive. J’ai perdu 7 kilos en un mois avec une nutritionniste et du Pilates. Pendant le tournage, mon corps fluctuait, mais ça faisait partie du challenge : garder une cohérence malgré la durée.

Rapide — le cinéma passe en cinquième vitesse (c) DR
Comment avez-vous abordé le fait d’incarner une femme dans un univers aussi masculin ?
C’est une réalité : il y a très peu de femmes pilotes ou même ingénieures en F1. Mais Max prouve qu’on peut être pilote et rester pleinement féminine. Elle aime le vernis, les jupes, le maquillage. On n’a pas voulu en faire un tomboy mais une femme qui assume sa force et sa douceur.
Quel a été votre plus grand défi sur ce tournage ?
Être crédible. Que les spectateurs oublient “Paola l’influenceuse” pour croire en Max la pilote. C’était mon premier grand rôle au cinéma, je savais que je devais travailler deux fois plus pour être légitime.
Qu’avez-vous appris sur vous-même ?
Que j’avais une force mentale que je ne soupçonnais pas. Je suis extravertie, très expressive, alors que Max garde tout en elle. Ce contraste m’a obligée à puiser dans des ressources nouvelles.
Vous portez aussi un engagement fort, avec l’UNICEF, Aïda, et même un livre…L’engagement, pour moi, c’est vital. Je ne peux pas vivre sans me sentir utile. J’ai commencé très jeune le bénévolat, et dans mon livre je montre que l’engagement peut être quotidien, à travers de petits gestes. C’est dommage qu’on n’apprenne pas ça à l’école.
Et la suite ?
Après Rapide, j’ai tourné N111, un huis clos dans un bus, puis une série qui doit sortir fin d’année. Mais j’ai surtout envie d’explorer tous les rôles : comédie, drame, théâtre… Je veux repousser mes limites, comme sur un circuit.
RAPIDE sort le mercredi 16 avril 2025 dans les cinémas de Suisse romande
