Panacée culturelle

© Antoine Tardy / FLAG21

On ne présente plus le festival Antigel, fameux pour sa folie artistique et qui enchaîne les éditions à succès. De plus, depuis l’année dernière, un projet d’un genre inédit accompagne le festival : Antidote, le volet social d’Antigel. Constatant les bienfaits que l’événement pouvait avoir sur certains bénévoles confrontés à des situations socio-professionnelles compliquées, les directeurs du festival ont décidé d’introduire, après plusieurs années de réflexion, une dimension sociale concrète à Antigel. C’est Stéphanie Cariage, responsable de projet, qui a été désignée pour accomplir cette tâche. Mission accomplie pour cette dernière qui a su créer un lien tangible entre la culture et l’insertion sociale, grâce notamment aux partenariats avec des institutions et associations de la place genevoise. L’aventure est donc renouvelée pour cette édition 2019 avec, à la clé, quelques nouveautés et plus d’autonomie.

Antidote a vu le jour en 2018 lors de la 8ème édition d’Antigel et s’adressait alors tout particulièrement aux jeunes «en rupture», aux requérants d’asile et aux migrants. Cette année, l’objectif général du projet, soit œuvrer pour plus de bénéfices sociaux, reste bien entendu inchangé, mais Antidote agrandit encore son horizon. Fort de l’expérience acquise l’année dernière, les stages encadrés d’insertion professionnelle sont reconduits et on peut retrouver les bénéficiaires à différents niveaux du festival, par exemple au restaurant Diorama à Grand Central. Si on se souvient sans difficulté et avec délectation du hummus et autres mezzés du chef syrien du Diorama 2018, on se réjouit de goûter au menu végétarien surprise 2019, un véritable voyage épicé au Sri Lanka.

Autre lieu, autre style : dans l’optique de rendre la culture accessible au plus grand nombre, Antidote sera présent en milieu carcéral, pour la deuxième fois, avec notamment quelques concerts de prévus. La nouveauté de cette année est aussi l’inclusion dans le programme d’une nouvelle catégorie de bénéficiaires, les seniors. Grâce à un atelier de couture mis en place spécialement pour l’occasion, seniors, jeunes et migrants se sont retrouvés afin de confectionner des sacs en wax plutôt tendances pour les festivaliers, mis en vente en marge de tous les spectacles d’Antigel. Dans une perspective de développement durable, le tissu utilisé lors de ces ateliers provient de l’une des deux seules usines africaines fabriquant du wax (les autres sont en Chine), sachant que ce matériau est largement utilisé sur le continent africain. Enfin, et parce qu’un peu de sport n’a jamais fait de mal à personne, Antidote compte également un volet sportif avec Antigel Run, qui permet à des coachs sportifs venus d’ailleurs non seulement de mettre leurs compétences au service des coureurs, mais également de côtoyer un peu plus la population genevoise.

On l’aura compris, le projet Antidote illustre le rôle et l’importance de la culture dans la société actuelle et permet à des gens de tous bords de se rencontrer, d’échanger et de s’enrichir mutuellement : une initiative plus que bienvenue !

Adjointe à la rédaction