MJF Spotlight Sessions: Avant la vague, l’éclair
Ino Casablanca
Entre caissons et convictions. Rap solaire, racines en mouvement, groove sans frontières. Le corps ancré, le regard droit, le son prêt à faire trembler les murs — et bien plus que ça (c) DR
Sous le ciel crissant des Alpes, le Montreux Jazz Festival braque son faisceau le plus fin sur celles et ceux qui brillent avant d’embraser. Les MJF Spotlight Sessions reviennent, affûtées, feutrées, et fulgurantes, du 6 mars au 4 avril 2026, dans l’écrin velours du Théâtre du Villars Palace. De quoi attraper le frisson avant l’ovation!
Spotlight : voir clair avant l’orage
Né pour révéler, pensé pour propulser, MJF Spotlight est un radar à talents. Du digital à la scène, de la session filmée au concert ciselé, le projet traque l’étincelle — celle qui devient incendie. Hier sous les radars, aujourd’hui sous les lustres : Hermanos Gutiérrez, Nathy Peluso, Pierre de Maere, Yamê… La suite s’écrit ici, dans l’instant juste avant l’explosion, là où les voix cherchent encore leur forme et où les gestes sont bruts, sincères, sans vernis. MJF Spotlight, c’est accorder du temps et de l’espace à des voix encore poreuses — et donc infiniment précises.
C’est aussi un projet tentaculaire, vivant et visionnaire, qui circule entre écrans et scènes, entre captations sensibles et concerts incarnés. Une fabrique d’émotions produite par Montreux Media Ventures, où la musique se filme autant qu’elle se vit, se partage autant qu’elle se ressent. Le futur s’y archive en temps réel.
À Villars, puis à Montreux en juillet, et de nouveau à l’automne, Spotlight trace une trajectoire annuelle, une constellation cohérente, soutenue par Julius Baer, qui parie sur l’intuition plutôt que sur la tendance. Ici, on ne suit pas la hype — on la précède.
Six signatures sonores, six séismes sensibles
Il y a quelque chose de presque initiatique à assister à un concert à Villars. La neige absorbe le bruit, l’altitude affine l’écoute, le décor impose la lenteur. Tout devient plus précis. Plus dense. Plus vrai. C’est dans cette atmosphère feutrée que les Spotlight Sessions déploient leur magie : pas de superflu, pas d’artifice. Une scène, une voix, une vibration. Et ce frisson très particulier d’assister à un commencement. Chaque date est une promesse. Chaque soir, une brèche ouverte dans le futur.
Etta Marcus
Voix brumeuse, pop viscérale, écriture charnelle. À 25 ans, la South Londoner façonne une musique qui fouille le corps autant que l’esprit. Passée par un conservatoire de jazz trop normé, qu’elle quitte en cours de route, Etta Marcus passe depuis son temps à désapprendre pour retrouver l’instinct.
De The Death of Summer & Other Promises à l’EP Devour, elle étire sa palette entre indie-rock, folk et pop, influencée par Portishead, Björk ou Fontaines DC. Soutenue très tôt par BBC Radio 1 et la presse indé, elle s’impose comme une voix en devenir, capable de plonger dans la condition humaine et d’en ressortir le cœur encore battant.
Ino Casablanca
Rap solaire, groove métissé, trajectoire plurielle. Né de racines marocaines, passé par l’Espagne avant de s’installer en France à l’adolescence, Ino Casablanca transforme l’exil et le déplacement en moteur créatif. Autodidacte, il compose dès 14 ans une musique instinctive, nourrie de ses cultures croisées.
Avec TAMARA puis EXTASIA, il dynamite les codes du rap français, mêlant rap, acoustique et textures électroniques, infusées de rythmes caribéens, maghrébins et latins. Lauréat du Prix Joséphine 2025, il avance vite, porté par une énergie libre, difficile à enfermer — et déjà impossible à ignorer.
Steve Ibrahim
Écriture à vif, folk fragile, émotion tenue. Repéré très jeune dans les studios du 94, Steve Ibrahim fait d’abord ses armes comme musicien avant d’oser la mise à nu. En 2024, guitare à la main, il partage ses premières démos personnelles et affirme une voix singulière.
Avec Le Bleu du Ciel, puis l’EP L’Oiseau Bleu (2026), il dessine une folk hybride en français, entre Bon Iver et Mustafa. Des chansons comme des confidences nocturnes, sobres et sincères, où la pudeur devient puissance.
Friqtao
Pianiste nomade, improvisateur libre. Révélé par ses performances spontanées dans les gares, Friqtao fait du clavier un terrain d’expérimentation permanent. Classique, hip-hop, pop : tout se croise, tout circule.
Chez lui, la virtuosité n’écrase jamais l’émotion. Chaque concert est une rencontre avec l’instant, une prise de risque joyeuse, un pas de côté assumé. Un talent hors cadre, qui refuse les cloisons.
Sekou
Voix profonde, soul habitée, présence magnétique. Né à Leicester, nourri de gospel et des grandes voix noires américaines, Sekou découvre très tôt que chanter est une nécessité. De l’église à Londres, de l’anonymat aux grandes scènes, il affine un baritone riche et enveloppant.
Repéré sur les réseaux, signé chez Good Soldier Records, nommé aux BRITs et BBC Sound of 2024, il traverse aussi le silence avant de renaître artistiquement. Avec le projet In A World We Don’t Belong, il affirme une musique plus noire, plus joyeuse, plus ancrée — un chant de liberté, entre héritage et futur.
Mathilde Fernandez
Artiste totale, voix caméléon, pop radicale. Issue des arts visuels et vivants, Mathilde Fernandez explore la voix comme un espace de performance et de transformation. Après plusieurs EP et le succès du duo ascendant vierge, elle choisit le dépouillement.
Avec Piano-Voix, son premier album solo officiel, elle ralentit, défait, reconstruit. Un piano, une voix captés presque en live, pour revisiter son répertoire et sonder la mémoire, le désir, la vulnérabilité. Une mise à nu frontale, où douceur et fureur se répondent.
À Villars, le silence fait caisse de résonance. Les voix annoncent, les notes devinent. Pas de certitudes ici — seulement des frémissements, des éclats naissants, des lendemains qui s’esquissent.
MJF Spotlight Sessions 2026 – par le Montreux Jazz Festival
Théâtre du Villars Palace
Villars-sur-Ollon (VD)
Les 6–7 mars · 13–14 mars · 3–4 avril 2026
montreuxjazzfestival.com





