Le jour se lève sur Vesper

Bois chaud, laiton doré, lumière feutrée : ici, le temps s’accoude, le regard s’attarde, et le déjeuner prend des airs de rituel urbain (C) Vesper

À l’heure où Paris mâche ses rendez-vous et avale ses minutes, Vesper les sublime. Le temple glamour du Fitz Group quitte les projecteurs nocturnes pour une silhouette diurne affûtée à la scénographie qui habille le goût. Aux fourneaux? Roudy Petersen qui coupe net dans le superflu et taille une carte japonaise au katana : précise et contemporaine. Ici, le Japon valse avec Paris, le velours frôle le wasabi, et le midi s’étire en instant suspendu. On a écouté le silence entre les plats

Vesper, ouvert à midi comme à la nuit (c) Vesper

Dès l’entrée chez Vesper, le lieu impose son souffle. L’architecture, signée par le studio barcelonais Lázaro Rosa‑Violán, joue un clair-obscur magnétique entre design japonais contemporain et hard déco assumé. Les néons écrivent des lignes de lumière, les motifs végétaux respirent, les palmiers dressent leurs silhouettes comme des gardiens tropicaux.

Au plafond? Les miroirs démultiplient les perspectives, étirent l’espace, brouillent le réel. L’éclairage tamisé glisse sur les matières, enveloppe la salle d’une pénombre élégante — celle des lieux qui savent attendre. Ici, le décor est déjà un premier plat.

Derrière la vitre, le chef Roudy Petersen taille le geste au millimètre (c) Vesper

En cuisine, Roudy Petersen taille la carte avec précision. Formé auprès de Guy Savoy et Pierre Gagnaire, passé par le Louvre Abu Dhabi et les cuisines de Zuma en Europe, le chef signe une gastronomie japonaise contemporaine, nette, lisible, sans folklore inutile.

L’épure japonaise à table. Riz, algues, poisson, soja : peu d’éléments, beaucoup de tension. Le minimalisme comme langage, le goût comme final (C) Vesper

 

On y dévore un riz croustillant qui crépite comme un vinyle qu’on pose, des tartares qui s’affrontent et s’accordent en duo haute couture. Ici, les rock shrimps au yuzu claquent comme un uppercut acidulé, réveillant le palais sans prévenir. Le black cod au miso, laqué comme une armure, s’impose en point d’orgue, profond et fondant. Puis le cheesecake au matcha arrive en rideau final : feutré, doux-amer, parfaitement maîtrisé.

Rien n’est lourd, rien n’est superflu. Le déjeuner se fait fluide, presque instinctif. On mange bien, on mange juste, on mange dans l’instant!

Motifs luxuriants, verts profonds, miroirs et palmiers : la salle se fait écrin glamour et cosmopolite. Même assis, on voyage (c) Vesper

 

Le service accompagne cette chorégraphie avec une précision silencieuse. Présent, fluide, jamais intrusif. Vesper réussit là où beaucoup échouent : transformer le déjeuner en expérience complète, où le décor, l’assiette et l’ambiance racontent la même histoire. Un midi qui n’est ni une pause technique, ni un simple repas, mais un vrai moment de style

 

Vesper

8 avenue de Lowendal, 75007 Paris

À deux pas de la Tour Eiffel

www.vesperparis.com

www.fitz-group.fr