HELIOSE: Soleil frontal, vulnérabilité verticale

Oubliez la lumière douce des cartes postales. Ici, le soleil ne flatte pas — il frappe! HELIOSE, c’est une exposition qui ne caresse pas la rétine : elle la met à l’épreuve! Un projet issu d’un duel maîtrisé entre instinct et structure, entre feu intérieur et regard analytique. D’un côté, Marie-Lou Dumauthioz, qui expose ses fragments au soleil. De l’autre ? Alexandre Kaspar, historien de l’art et curateur, qui orchestre la combustion. Ce duo se rencontre en résidence, dans les hauteurs valaisannes. Là où l’air décape les poumons et les idées. HELIOSE naît d’un besoin de recul, d’un vertige intime transformé en matière visuelle. Brûlure blanche.

Quand la lumière devient langage
Inspiré par l’imaginaire des anciens sanatoriums alpins — ces lieux où l’on croyait soigner à coups d’air pur et d’exposition solaire  — l’exposition HELIOSE détourne le mythe. Ici, la lumière ne guérit pas : elle révèle. Elle sonde les failles. Elle met à nu les tensions intérieures.

Marie-Lou Dumauthioz travaille la photographie comme un laboratoire sensoriel. Les repères se brouillent, les corps apparaissent puis se dissolvent, les mises en scène flirtent avec le symbolique. Chaque image semble naître de la précédente, comme si le projet avançait au rythme d’un pouls — fragile, intense, irrégulier.

HELIOSE, c’est l’équilibre instable entre ombre et éclat, mémoire et présent, vulnérabilité et exposition au monde. Une lumière qui tremble.Une intimité qui ose.

Le rôle du regard : structurer la brûlure
Un feu sans cadre se consume. Un regard sans feu s’éteint. Ainsi, Alexandre Kaspar est là pour apporter l’architecture à l’émotion. Formé en histoire de l’art, nourri de littérature et de pratiques curatoriales contemporaines, il ne surligne pas le travail, il le canalise.Dans l’espace de 14 m² à Lausanne, la scénographie devient dispositif mental : bois pour l’écho alpin, mur blanc pour la respiration, surface argentée réfléchissante — presque clinique — telle une couverture de survie.

Les images ne sont pas accrochées, elles gravitent. Trois grands formats captent le regard depuis la vitrine, le reste s’organise en constellation sensible. Marie-Lou fragmente. Alexandre relie. Elle expose l’intime. Il en dessine la trajectoire.

Une vitrine comme un révélateur
Du 12 février au 5 mars 2026, au 1 rue des Oliviers à Lausanne , HELIOSE transforme une vitrine en chambre solaire. On entre par curiosité. On ressort déplacé. Parce que cette exposition ne cherche pas à séduire. Elle cherche à confronter. Et dans ce face-à-face avec la lumière, une question flotte : sommes-nous prêts à être vus aussi intensément que nous regardons ?

HELIOSE
Rue des Oliviers 1, 1018 Lausanne

Du 12 février au 5 mars 2026

Vernissage : 12 février 2026

Finissage : 5 mars 2026