César 2026 : bal du septième art

La Petite Dernière ©️ 2025 June films Katuh studio Arte France mk2films

Chaque année, l’hiver cinéphile se colore d’une tradition lumineuse : la cérémonie des César, l’équivalent français des Oscars, met à l’honneur l’excellence du cinéma francophone. Pour sa 51ᵉ édition, la soirée se tiendra le 27 février 2026 à l’Olympia à Paris, un moment de célébration, d’émotion et de découvertes — un événement incontournable pour tous les passionnés de cinéma en Suisse comme ailleurs, tant l’influence du cinéma français résonne bien au‑delà de ses frontières.

Cette année encore, la relève est à l’honneur : l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma a dévoilé une liste de 32 « Révélations », jeunes acteurs et actrices qui ont marqué l’année 2025 par des performances singulières et prometteuses. Mais au‑delà des talents émergents, c’est une sélection de films qui ont touché, bouleversé ou laissé une empreinte profonde qui attire notre attention — des œuvres qui, chacune à leur manière, racontent des histoires fortes, singulières, souvent intimes mais universelles. Voici 5 films coups de cœur parmi ceux qui pourraient rythmer cette saison de récompenses et bien au‑delà.

Nino : la fragilité comme force
Dans “Nino” de Pauline Loquès, Théodore Pellerin compose un personnage d’une délicatesse bouleversante. Le film avance comme une respiration : lente, parfois suspendue, toujours vibrante. Il parle de la maladie sans pathos, de la vie sans héroïsme, et trouve dans cette retenue une poésie rare. Pour nous, c’est l’un des portraits les plus touchants de l’année. Un cinéma qui murmure mais qui reste longtemps en nous.

NINO (c) Blue Monday Productions – France 2 Cinéma

La Petite Dernière : l’adolescence à vif
Avec “La Petite Dernière”, Hafsia Herzi signe un film d’une grande justesse sur la construction de soi. Nadia Melliti, l’une des Révélations 2026, y impressionne par une présence à la fois douce et tranchante. Le film interroge la foi, le désir, la famille et l’émancipation, sans jamais tomber dans la leçon morale. On en sort remué, habité par le regard de cette jeune héroïne.

L’Épreuve du feu : une génération sous tension
Porté par Félix Lefebvre, “L’Épreuve du feu” capte l’énergie d’un groupe d’amis pris entre désir de liberté et poids des responsabilités. L’été devient ici une métaphore de la montée des émotions : tout brûle, tout se transforme. Le film touche par sa sincérité, son rythme et sa capacité à traduire le tumulte intérieur d’une génération.

L’Epreuve du feu © Move Movie

La Pampa : une France périphérique
Dans “La Pampa”, révélé par la performance de Sayyid El Alami, le cinéma s’éloigne des grandes villes pour capter une France rurale souvent invisibilisée. Le film trouve une beauté brute dans les paysages, les silences et les relations humaines. C’est un cinéma social sans lourdeur, profondément humain, qui résonne particulièrement avec notre sensibilité helvétique aux territoires et aux marges.

Qui brille au combat : la lumière dans l’effort
Premier long métrage de Joséphine Japy, “Qui brille au combat” impose d’emblée une écriture sensible et un regard profondément humain. À travers le parcours de ses personnages, le film observe la quête de reconnaissance, le dépassement de soi et la solidarité au sein d’un univers exigeant. Loin du spectaculaire, la réalisatrice privilégie l’intime : des gestes, des silences, des regards qui disent tout.

La 51ᵉ édition des César s’annonce marquée par la transmission et le renouvellement. Entre la présidence de Camille Cottin, l’animation de Benjamin Lavernhe et le César d’honneur remis à Jim Carrey, la soirée mêlera prestige international et vitalité française.

L’affiche de la 51ème cérémonie des Césars 2026

Mais au-delà du tapis rouge, ce sont ces films — et ces visages nouveaux — qui font battre le cœur du cinéma. Pour nous, en Suisse, regarder vers Paris le 27 février, c’est célébrer un art que nous partageons, aimons et défendons aussi dans nos propres salles et festivals.