Black Movie : vingt ans de bons et loyaux services

L’interprète de La Bohème, disparu cette année, l’a jadis chanté : « Je te parle d’un temps que les moins de vingt ans… ». Pour eux, au mieux, les prémices du Festival leur ont été comptées autour d’un feu. Au pire, hélas, ils n’en ont jamais entendu parler. En revanche, il est tout à fait possible d’avoir connu le Black Movie (BM) avant vingt ans et d’y avoir assisté ! Y retourner est hautement recommandé ! Plus encore l’année-anniversaire du Festival qui lui se tiendra du 18 au 27 janvier 2019. Mais en attendant, voici un portrait succin de la manifestation, dont la ligne directrice n’a pas bougé d’un iota avec les années (avec en prime l’extrait d’un parchemin d’époque qui daterait de l’apparition du Festival quelques siècles avant sa création. Légende ou vérité ?)

«  Il y a bien longtemps, par une nuit froide et brumeuse, trois cent vaillants soldats – poussés à la conquête territorial par un duc mégalomane – prirent d’assaut les murailles d’une cité encore endormie, dernier rempart entre la civilisation et la barbarie. Les assaillants munis d’armures noircies pour assurer la discrétion et favoriser l’effet de surprise escaladèrent les barricades… l’issue du combat, connue de tous, scellera le destin du Black Movie genevois… »

L’époque actuelle est aux rebaptisations plus ou moins heureuses et plus ou moins complètes. Après le ravalement de façade du Festival Tous Ecrans devenu GIFF il y a quelques temps, voici venu le sous-titre FIFI accolé au Black Movie. Gardez-vous toutefois, lecteurs/trices, de juger la manifestation à la bizarrerie de son acronyme. En revanche si vous vous demandez, en lisant ces lignes, quelle peut être la signification de ce dernier, le pari est gagné. Car non seulement vous continuerez la lecture pour le savoir, mais vous vous rendrez compte qu’un mot, un seul, résume tout l’état d’esprit du BM depuis ses débuts.

Alors FIFI, comme dans Riri, Fifi, Loulou? Fifi Brindacier ou Fifi le pékinois ? Et bien non, le Black Movie ne saurait être tout ça à la fois. Quoique… il partage un point commun avec le personnage créé par l’auteure suédoise Astrid Lindgren. Féministe avant l’âge (9 ans), la petite rouquine aux deux nattes ne fit pas l’unanimité lors de sa première apparition en 1945. Pas assez conventionnelle, trop libre, Fifi Brindacier correspondait au stéréotype sexiste du « garçon manqué ». Et pourquoi pas « fille réussie », hein? Bref, toujours est-il qu’elle se positionnait complètement en décalage avec les normes sociales en vigueur. Elle continua de l’être et devint même une icône de la scène punk en Allemagne dans les années 80.  Mais quel rapport avec le BM me direz-vous? Et bien il s’est toujours positionné en marge des autres Festivals, osé, impertinent, INDEPENDANT. Voilà pour l’acronyme : Festival International de Films Indépendants. Vingt ans d’indépendance, de projections pour adultes et enfants, de découvertes partagées avec un public de plus en plus nombreux.

XXe édition

Vingt ans d’indépendance, de projections pour adultes et enfants, de découvertes partagées avec un public de plus en plus nombreux. Cette année, une rétrospective composée de six films constituera la section « carte blanche » d’Edouard Waintrop. Ces longs-métrages projetés lors d’éditions antérieures côtoieront des œuvres plus récentes. Et comme à son habitude, le BM nous fera voyager: Argentine, Danemark, Japon, Kirghizistan, Mexique, Sénégal, Syrie… Et pour susciter l’envie, il n’y a pas à dire, ils savent s’y prendre: un teaser du feu de Dieu circule sur Facebook, à regarder au plus vite !

Festival Black Movie
du 18 au 27 janvier 2019

www.blackmovie.ch
www.facebook.com/BlackMovieFestival
Twitter:@BlackMovie_Fest
Instagram:@Black_Movie

Contributeur

Décidé à écrire sur le cinéma depuis que je n’y vais plus, j’ai dû redoubler d’efforts pour imaginer les films que je n’avais pas vu. Quand les étoiles sont bien alignées, l’intérêt de l’article se rapproche du 4ème de couverture d’un livre du club des cinq. Il faut alors attendre les planètes…la rédaction se transforme en mission : j’embrasse chat, femme, enfants et mon coffret blu-ray de « The Wire », pour pondre un billet au summum de l’inspiration. Mi-sériephile, mi-geek, je passe de la dernière saison du Bureau des Légendes à la Switch dans le plus grand des calme.