Bibendum : 100 ans de rebond

Bibendum, l’icône moderniste aux courbes enveloppantes imaginée par Eileen Grey / Photo courtesy of Teo Jakob

Icône gonflée d’audace, sculpture à s’asseoir, manifeste moderniste cousu de cuir et d’acier : le fauteuil Bibendum d’Eileen Gray fête son centenaire et fait escale chez Teo Jakob. Une pièce mythique qui prouve qu’en design, certaines courbes traversent le temps comme des comètes. Une invitation à s’asseoir… dans l’histoire.

La bulle rebelle du design
On ne s’assoit pas dans le Bibendum. On y est enveloppé, presque adopté. Imaginé dans les années 1920 par la designer irlandaise Eileen Gray — figure majeure du modernisme — ce fauteuil aux formes généreuses s’est imposé comme l’une des silhouettes les plus reconnaissables du design du XXᵉ siècle.

Deux rouleaux de cuir superposés forment son dossier et ses accoudoirs, posés sur une structure d’acier tubulaire chromé. Un contraste presque philosophique : la douceur voluptueuse contre la rigueur industrielle. Le résultat ? Une pièce qui tient à la fois du fauteuil, de la sculpture et du manifeste moderniste.

Un clin d’œil ironique à Michelin
Le nom Bibendum n’est pas un hasard. Gray s’est amusée à baptiser son fauteuil d’après la mascotte Michelin — ce personnage fait de pneus empilés — dont la silhouette ronde rappelle celle du fauteuil. Humour discret, élégance assumée : chez Gray, même les icônes savent sourire. Dans un monde dominé par les hommes du modernisme, elle a imposé une vision singulière : sensuelle sans être décorative, radicale sans être austère. Avec Bibendum, elle signe un paradoxe parfait : un fauteuil presque humoristique… devenu monument du design.

100 ans : 100 exemplaires
Un siècle après sa création, le fauteuil revient sous les projecteurs avec une édition anniversaire limitée à seulement 100 exemplaires dans le monde. Habillé d’un cuir nubuck sable aux tonalités chaleureuses et posé sur une structure en acier nickelé, ce Bibendum nouvelle génération reste fidèle à l’esprit original tout en incarnant un luxe contemporain subtil.

Une pièce numérotée, presque collectionnable — comme une œuvre d’art qu’on pourrait, exceptionnellement, habiter.

Chez Teo Jakob : le design comme destination
C’est chez Teo Jakob que cette légende du design fait actuellement escale. Depuis des décennies, la maison suisse cultive une vision du mobilier comme langage architectural : chaque pièce raconte un espace, une époque, une idée. Et le Bibendum en est l’illustration parfaite. Une chaise qui ressemble à un nuage de cuir. Un fauteuil qui a le panache d’une sculpture. Un objet qui rappelle que le design peut être à la fois confortable, radical… et éternel.

Bibendum – édition centenaire
Designer : Eileen Gray
Éditeur : ClassiCon

Disponible chez : Teo Jakob

https://teojakob.ch