Pralong: Altitude, allure et art de vivre

L’Alpes Hôtel du Pralong posé face aux pistes : ski aux pieds, cimes en toile de fond, le refuge s’inscrit dans la neige comme une signature en altitude (c) DR

Longtemps auréolée du surnom de Saint-Tropez des pistes, Courchevel a cultivé l’art d’une glisse aristocratique : départs au crépuscule pour la neige fraîche, retours feutrés skis sur l’épaule, soirées langoureuses au coin de la cheminée. Quelques initiés sillonnent encore les 600 km des Trois Vallées et dévalent les hors-pistes digne de Narnia. Mais à 1850 – l’altitude la plus courtisée – une nouvelle grammaire du luxe s’est imposée — celle d’un hôtel : l’Alpes Hôtel du Pralong. Un chalet qui n’observe pas la montagne : il l’habite.  Ici, exit le folklore figé et le bling givré. Place à une élégance alpine taillée à la carre, bois brut, lignes nettes et esprit clair, pensée pour ceux qui aiment la montagne quand elle mord et le confort quand il enlace. Ski aux pieds, souffle lent, élégance affûtée. La suite se joue à même la pente. Plongée blanche.

Transats alignés, poudreuse éclatante : le luxe prend le soleil face aux Trois Vallées (c) DR

Ski aux pieds, tête dans les nuages
Au cœur des Trois Vallées, l’Alpes Hôtel du Pralong s’offre le luxe rare du ski-in ski-out. On chausse pile en face du télésiège du même nom, on déchausse devant le feu crépitant d’une cheminée double face. L’hôtel a été revisité comme on retrace une ligne dans la poudreuse. Trois ans de transformation sous la direction de Claudia Ravnbo, non pour moderniser, mais pour révéler. Le lieu est resté chalet, mais un chalet qui aurait voyagé : un pied en Savoie, l’autre en Scandinavie, le cœur battant dans le bois.

Un bois brut qui respire. Des étoffes qui absorbent la lumière. Des verts sourds et des écrus minéraux qui prolongent le paysage, comme si la montagne avait discrètement franchi le seuil. Lettres peintes à la main, numéros imparfaits, coussins aux accents lointains, laiton patiné, tapis kilim, photographies d’archives : rien ne crie, tout chuchote. On sent le temps, la trace, le vécu.

Bois patiné, velours chaud et tapis narratifs : l’entrée donne le ton, entre Savoie et Scandinavie (c) DR

Autour de la cheminée, le feu devient point cardinal. Les fauteuils miel et rouille captent la chaleur comme une fin d’après-ski quand les corps se délient et que les voix baissent d’un ton. Les chambres, larges comme des respirations — 65 au total, dont 15 suites — s’ouvrent à 180° sur les cimes. Aucun décor superflu : la montagne suffit, immense et muette. Lits profonds, matières enveloppantes, lumière pâle qui glisse sur les boiseries comme une neige intérieure. Et lorsque le silence a fait son œuvre, il reste une autre façon d’habiter la montagne : la partager.

Refuge face aux cimes : bois blond, textiles enveloppants et horizon immaculé en guise de tableau vivant (c) DR

Le Musher : la montagne à pleine bouche
Ici, la table regarde les pistes droit dans les yeux. Déployé dans le grand salon ouvert sur la neige, ancré autour d’une cheminée centrale qui crépite comme un cœur chaud, Le Musher joue la partition du partage et du produit. Spécialités savoyardes, plats à poser au centre, références affûtées de la gastronomie française : la montagne s’y raconte sans folklore, mais avec fond et feu.

Les lumières tamisées, la table se fait théâtre feutré : velours vert mousse, chandelles vacillantes et promesse d’un dîner qui réchauffe autant que le feu (c) DR

Aux commandes? Le chef Foued Fahem, passé par Apicius et longtemps aux fourneaux du One&Only Royal Mirage à Dubai, insuffle une carte de saison précise, épicée juste ce qu’il faut, voyageuse sans perdre le nord! Chair de tourteau lovée dans une feuille de calamar, salade de homard aux agrumes à l’assaisonnement acidulé millimétré : des signatures qui claquent comme une belle descente maîtrisée. À midi, la terrasse plein soleil devient scène vivante — viandes et poissons grillés sous les yeux des convives, champagne qui scintille, braises qui crépitent. Un restaurant qui rassemble et réchauffe le cœur et le corps.

Le Spa : la vigne rencontre la cime
Au sommet de Courchevel, le Spa du Pralong ne promet pas la détente — il orchestre la métamorphose. Silence ouaté, lumière laiteuse, bois chaud sous les doigts : ici, la neige fond sous la peau et le temps perd de l’altitude. En collaboration avec Beau Domaine, maison de soins née du vignoble biodynamique de la Famille Perrin et développée avec l’acteur américain Brad Pitt (co-propriétaire), le lieu unit la cime à la vigne, l’air pur à la science, la Provence à l’altitude.

La vigne rencontre la cime : science, terroir et éclat en flacons minimalistes (c) DR

Huile d’olive biologique riche en antioxydants, eau et poudre de raisin concentrées en polyphénols, huile de pépins de raisin régénérante : des actifs nobles travaillés comme un grand cru, révélés par des gestes experts et des rituels Gua Sha précis. La vigne régénère, la montagne purifie, l’éclat affleure. Et lorsque l’on prolonge l’expérience dans la chaleur enveloppante des lieux, tout s’apaise — piscine intérieure, hammam, saunas : le corps se déleste, les muscles décrochent, le souffle s’allonge.

Bassin bleu profond, silence ouaté : ici, l’altitude se vit en apnée douce (c) DR

Pourquoi on y revient
Parce que dans ce théâtre d’altitude, souffle posé sur la neige, l’hôtel a fait du ski son langage maternel. Ici, le luxe se laisse porter par la pente, caresse la poudreuse, dessine une ligne invisible et atteint le sommet sans jamais rompre le rythme. Une parenthèse perchée hors chronomètre qui a saisi une chose essentielle : la montagne se vit à même la pente, pas derrière une vitre.

Alpes Hôtel du Pralong
Route de l’Altiport, 73120 Courchevel 1850, France

www.hotelpralong.com