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Publié par le 16.06.2018

Genève ce n’est pas seulement les banques et l’horloge fleurie. Genève c’est une ville qui a été une rebelle et a lutté contre la spéculation immobilière durant des années. Les squats des années 80 et 90 en étaient la meilleure expression. Marylou, ancienne squatteuse et militante dont le parcours se confond avec l’histoire de ces espaces de liberté, nous propose aujourd’hui de nous replonger au cœur de cette époque grâce à ses balades et causeries autour des squats de Genève. Go out! est allé à sa rencontre.

par Alexis VALTICOS

Marylou, guide sur la trace des squats genevois, Genève ce n’est pas seulement les banques et l’horloge fleurie. Genève c’est une ville qui a été une rebelle et a lutté contre la spéculation immobilière durant des années. Les squats des années 80 et 90 en étaient la meilleure expression. Marylou, ancienne squatteuse et militante dont le parcours se confond avec l’histoire de ces espaces de liberté, nous propose aujourd’hui de nous replonger au cœur de cette époque grâce à ses balades et causeries autour des squats de Genève. Go out! est allé à sa rencontre. par Alexis VALTICOS, go out magazine juin 2018

Marylou, guide sur la trace des squats genevois

« C’est fou de voir que les squats fascinent toujours autant… » Marylou, la cinquantaine, s’étonne toujours du succès de ses balades autour des squats à Genève. « Même des jeunes de 15 ans me demandent comment on fait pour squatter ! » Chez cette vétérane du militantisme genevois, rien ne laisse penser à son passé alternatif si ce n’est sa paire de Doc Martens bleue. « Même si je ne suis plus dans tout ça, je continue à suivre ce monde contestataire. » C’est vrai que Genève a bien changé depuis les années 80. De la ville la plus squattée du monde par habitant dans les années 90 avec près de 200 squats, il ne reste aujourd’hui plus grand chose de cette époque à l’exception de quelques manifs comme « Prenons la Ville » en mars dernier. Pourtant, la crise du logement, elle, est encore bien présente et semble avoir de beaux jours devant elle.

Mais qu’est-ce qui a pu pousser Marylou, fille de fonctionnaire international, à devenir une squatteuse ? Encore ado à la mort de son père, Marylou vit une jeunesse révoltée. Elle rêve de devenir journaliste, fait des quelques sujets pour la RSR. C’est à cette période, dans les années 1977-1978, qu’émerge le mouvement « Relocation Forcée » qui milite pour la défense de loyers bons marchés à une époque où la spéculation immobilière fait s’envoler les prix. Le mouvement initié par la Fédération des Associations de Quartiers et d’Habitants (FAQH) est très vite soutenu par diférents syndicats qui lui donnent un appui politique.

Balade sur les trace des squats, Genève ce n’est pas seulement les banques et l’horloge fleurie. Genève c’est une ville qui a été une rebelle et a lutté contre la spéculation immobilière durant des années. Les squats des années 80 et 90 en étaient la meilleure expression. Marylou, ancienne squatteuse et militante dont le parcours se confond avec l’histoire de ces espaces de liberté, nous propose aujourd’hui de nous replonger au cœur de cette époque grâce à ses balades et causeries autour des squats de Genève. Go out! est allé à sa rencontre. par Alexis VALTICOS, go out magazine juin 2018

Balade sur les traces des squats

Suite à quelques mois dans une école d’animation de radio à Paris, Marylou rentre chez sa mère à Genève. On est début 1981, elle a 19 ans et « fugue » du foyer maternel. Après avoir habité chez quelques amis, elle commence à squatter à la rue des Grottes avec deux toxicomanes dans un lieu rudimentaire avec seulement des matelas au sol. A cette époque, le quartier des Grottes abrite de nombreux squats. « La Ville y possédait beaucoup de logements qui, malgré une forte demande, n’étaient pas réattribués au départ de leurs locataires. Le mouvement « Relocation Forcée » y a installé des demandeurs de logement. » A une réunion du mouvement, elle rencontre celle qui devient son amie et lui propose de venir s’installer dans un squat plus confortable. Ainsi elle emménage au 10 avenue du Mail. C’est là que Marylou s’engage et participe à la défense de la dernière maison maraîchère de Plainpalais à la rue Gourgas, menacée de destruction et finalement rasée.

Du Mail, elle se déplace au 18 rue du Conseil-Général dans un immeuble vide où sont logés illégalement par leurs employeurs des saisonniers dans des conditions insalubres. Les syndicats dénoncent ici les conditions de vie des saisonniers mais aussi leur utilisation dans la spéculation immobilière par des propriétaires et des entrepreneurs peu scrupuleux. Marylou garde de très bons souvenirs du C.G. (Conseil-Général) où ils étaient en très bons termes avec leurs voisins et participaient activement à la vie de quartier. Finalement en fn 1984, après plus de trois ans d’occupation, elle retourne chez sa mère pour mener à bien sa formation de libraire. La fn d’une époque pour Marylou. « Dans les années 90, des copains m’ont proposé de venir vivre à Rhino mais il est diffcile de faire machine arrière. »

En 2016, elle obtient le diplôme de guide « Culture et Tourisme » de la Ville de Genève dans le but de transmettre sa riche expérience de ce milieu. C’est ainsi que naissent ses balades thématiques qui connaissent un succès grandissant auprès d’un public nostalgique d’une période où Genève ne se laissait pas faire…

Prochaines balades :
3 juin et 1er juillet: Plainpalais et
10 juin et 8 juillet: Les Eaux-Vives

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