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Publié par le 07.11.2018

Riffs embrasés, cuivres flamboyants, groove à couper le souffle et basses langoureuses, le festival Soulitude revient nous donner des sueurs chaudes en plein mois d’automne. La manifestation, véritable bénédiction pour les férus de la culture Afro-américaine investit du 15 au 18 novembre, la salle de l’Athénée qui se transforme en sorte de luxueuse résidence secondaire accueillant le public comme de vieux amis ou membres de la famille en villégiature. Un cocon où l’auditoire se sent choyé et peut interagir, échanger et ressentir d’intenses émotions en ayant le privilège de célébrer la musique soul et hip-hop en compagnie d’héros musicaux dont on peut citer entre autres les fameux djs Stretch et Bobbito, Maseo (De La Soul), Illa J & Ma’Dukes ou encore Bilal. Tête à tête avec le co-fondateur du festival, un mélomane solaire aussi humble que généreux : Omar Chanan.
Par The Line

Qui se trouve derrière Soulitude ?
Un duo composé de Djamila, mon épouse et moi-même. Soulitude est notre bébé ainsi j me permets de parler en nos deux noms. Il faut savoir que c’est ma femme qui est vraiment la fondatrice, c’est elle qui a amené le concept et le nom! D’origine afro-américaine, elle a baigné dans cette culture. Quant à moi, je suis d’origine libanaise et je suis arrivé en Suisse au début de la guerre au Liban. Il y a 5, 6 ans j’ai commencé à peindre sur des photos dédiées à toutes les icônes de la musique soul comme Marvin Gaye ou Billie Holiday, et c’est Djamila qui m’a encouragé à exposé durant la nuit des Bains. Experte en design visuel, elle a conceptualisé l’événement. Ainsi, j’ai exposé mes toiles sous le nom de Soulitude. mais c’était juste une exposition. La seconde étape ou rêve pour nous, c’était de concevoir un boutique festival, une manifestation à taille humaine, privilégier les interactions entre les gens, former une communion, une fusion autour de la soul. Au fond, cette musique reflète le vécu fort d’individus. Nous souhaitions voir se former entre les artistes et le public des instants propices aux échanges d’émotions. Ainsi, on a mis tout le monde au même niveau afin de communier autour de cette musique liant les âmes entre elles. Tout le monde à jouer le jeu jusque-là.

Quels sont vos backgrounds musicaux ?
Depuis tout petit je m’intéresse à la musique afro-américaine et j’ai vraiment baigné dans cette culture. Mon frère m’apportait énormément de disques de soul quand il partait en Angleterre dans les années 80, avec entre autres les Glenn Jones, Freddy Jackson, Babyface. J’écoutais beaucoup Mr.Mike sur Couleur 3 avant qu’il s’oriente sur la house. J’ai également vécu la naissance du mouvement hip-hop, le breakdance, le smurf, l’arrivée de MTV avec MTV Yo Rap!. Le tout a éclot l’amour que je portais à cette culture durant une période où je construisais ma personnalité et c’est à ce moment là que j’ai rencontré Djamila. On est ami et en couple depuis plus de vingt ans, et c’est avec elle que j’ai fondé une famille.

Quelle est la mission du festival ?
Deux points essentiels; célébrer cette culture et mettre en valeur cette état d’esprit d’interaction, d’échanges entre les artistes et le public. Il y a également la volonté d’avoir des artistes locaux qui puissent être mis au même niveau que des artistes reconnus. Donc c’est vraiment célébrer les légendes mais aussi les talents émergents qui de réunir toute cette soul family.

Comment avez vous élaborez la programmation 2018 ?
Cette année on a beaucoup été inspiré par la Californie, en voulant célébrer Roy Ayers qui vient de cette région. Les deux premiers soirs sont dédiés aux nouveaux talents et samedi et dimanche on célèbre les légendes de cette culture avec un brunch en compagnie de Rasta Root et Jarobi (membres de A Tribe Called Quest) qui est devenu cuisinier et qui concoctera le repas. Le samedi est consacré à Roy Ayers.

Quel artiste vous êtes particulièrement fiers d’avoir accueilli ?
En fait notre fierté quand on est avec Djamila c’est tout ce qu’on a réussit à faire en trois ans: avoir convié entre autre la bassiste de Prince, la venue prochaine de Roy Ayers, qui est vraiment un géant pas aussi connu que Stevie Wonders, mais si on regarde sa discographie elle est au même niveau. On a beaucoup de gratitude pour tout ce qu’on a vécu jusque là.

Et est ce que vous auriez une anecdote ultra soul et mémorable sous le coude à nous raconter ?
Je vous en livre deux dont celle avec Bilal qui est drôle. J’ai pour habitude d’amener les artistes et d’aller les chercher à l’aéroport avec ma vieille Mercedes, un vieux coupé qui a quarante-cinq ans et qui plaît habituellement à tout le monde. Quand je suis allé cherché Bilal, il était accompagné de son manager assez imposant qui a dû aller s’installer sur le siège arrière avec le reste des bagages, le coffre étant petit et rempli. Il m’a demandé si ma voiture était fonctionnel, et je les ai juste prévenu qu’elle sentait l’essence. Durant tout le trajet le manager a du sortir sa tête par la fenêtre tellement ça sentait le fioul! Il n’en pouvait plus et se plaignait qu’il allait mourir. Une semaine après la voiture a brûlé sur le pont du Mont-blanc. Je l’ai rencontré cet été à un festival et lui ai raconté pour la voiture, il était mort de rire! Pour ma seconde anecdote elle s’est passé avec Bobbito. Il n’a malheureusement pas pu venir la première fois, en me l’annonçant à la dernière minute, et la deuxième fois je l’ai attendu plus de 2 heures à l’aéroport et j’ai cru qu’il me refaisait le même coup! En fait il avait oublié ses 45 tours dans l’avion et attendait qu’on les lui amène. Du coup j’ai tellement flippé que j’ai enfreint toutes les lois de l’aéroport et je suis entrée par la porte des arrivées tout droit. Ne le voyant pas, j’ai à nouveau eu peur et en me retournant j’ai reconnu Bobbito qui parlait à un employé. Là il m’a demandé comment j’avais pu entrer, et qu’il n’avait jamais vu un promoteur réussir à accéder à cette zone !

Soulitude
Du 15 au 18 novembre
Athénée 4, Rue de l’athénée 4, 1205 Genève
www.soulitudeevents.com