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Publié par le 11.02.2018

Le Musée de L’Elysée propose depuis le 31 Janvier 2018 un subtil alignement photographique de la collection Gilman et Gonzalez-Falla dans une optique de correspondance artistique. En dépit des styles ou des contextes de production, les photographies présentées se regroupent autour de la notion fondamentale de la ligne. Droite, sinusoïdale ou courbée, c’est sous autant de formes que celle-ci est mise à l’honneur et rappelle au spectateur que cet élément trop souvent éclipsé par le rendu final constitue pourtant la base de l’architecture d’une oeuvre. 

Unicum européen

Sous l’impulsion de Morris Zand, directeur de l’agence de marketing et communication qui porte son nom, et après trois ans de discussion, les 1500 photographies issues de la prestigieuse collection américaine Gilman et Gonzalez-Falla et à l’origine de la section photo du musée Whitney sont pour la première fois réunies en Europe. Glanées à partir des seventies, les photographies illustrées au sein de l’exposition confrontent les XXe et XXIe siècles et mettent en perspective différentes influences, méthodes mais également diverses typologies de ligne. La ligne courbe qui, depuis l’Antiquité classique est largement dévolue à la représentation charnelle, est remployée dans la photographie contemporaine et côtoie les lignes de force, plus contrôlées et plus sèches, lesquelles servent avant tout à diriger le regard du spectateur et à structurer l’oeuvre. Enfin les lignes à l’état pur, rectilignes, ne mettant en valeur que leur propre réalité, perdent cet ancrage au réel et se croisent pour conduire vers une autre réalité endossée par l’abstraction. Ces lignes divergent mais tendent à converger en un point autour du fil rouge que représente le rapport sensible à la photographie ; et c’est à cela qu’est invité le visiteur.

Abelardo Morell (1948, Cuba, États-Unis) Book with Wavy Pages, 2001 © Abelardo Morell / Courtesy of the artist and Edwynn Houk Gallery, New York and Zurich

Abelardo Morell (1948, Cuba, États-Unis) Book with Wavy Pages, 2001 © Abelardo Morell / Courtesy of the artist and Edwynn Houk Gallery, New York and Zurich

Réalité multiple

Qu’il s’agisse de représentation picturale ou de photographie, la fonction d’une oeuvre n’est-elle pas pensée en relation avec le spectateur – le charmer, le choquer, l’intriguer ? Avec l’appel du modernisme, les photographes se voient offrir deux façons de se représenter ou de faire se représenter leur sujet au public. Bien que la volonté de témoigner de ce qui est vu perdure, le moyen pour y arriver quant à lui diverge. Tout consiste à savoir s’il est préférable d’opter pour l’illusion mimétique afin de rendre compte, traits pour traits, de la réalité ou s’il convient de mettre en valeur les qualités plastiques de l’image afin d’exalter une beauté plus abstraite que réelle.

Walker Evans (1903-1975, États-Unis) Ossining (People in Summer, NY State Town), 1931 © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art

Walker Evans (1903-1975, États-Unis) Ossining (People in Summer, NY State Town), 1931 © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art