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Publié par le 07.11.2018

Conséquence directe de la création de l’Etat d’Israël en 1948 telle que celle-ci fut menée, 750’000 Palestiniens se sont vus contraints à l’exil et aux camps de réfugiés, littéralement dépossédés et chassés de ce qui constituait jusqu’alors leur lieu de vie. Cette douloureuse déchirure, désignée par le terme Nakba (catastrophe), s’avère être la genèse d’une histoire qui, depuis septante ans, s’écrit dans un tourment ponctué de désastres. En cette année de commémoration, « La Nakba et ses conséquences » est le thème naturellement choisi par le comité de Palestine : Filmer C’est Exister (PFC’E) pour la 7ème édition des Rencontres cinématographiques qui se déroulera du 29 novembre au 5 décembre prochains.
Par Nyata Natalie Riad

Dans un contexte où un simple séminaire destiné à des étudiants de la Haute Ecole pédagogique vaudoise s’est vu suspendre car consacré à la Nakba (voir Le Courrier du 19.10.2108), on ne peut que se féliciter de cette nouvelle édition des Rencontres cinématographiques PFC’E, plus que jamais nécessaire et offrant librement la parole et les écrans – du Spoutnik à Genève et du Cinéma Oblò à Lausanne – aux cinéastes, qu’ils soient palestiniens ou étrangers.

Cette année, vingt-sept films seront à découvrir avec pour fil rouge thématique la Nakba, que celle-ci soit traitée par l’évocation directe de l’expulsion forcée de 1948 ou par la ramification de ses séquelles, à grande échelle (avec notamment la question des réfugiés et du droit international) ou dans son expression au jour le jour (occupation, check-points, etc.). Ainsi, du côté des documentaires on pourra tenter d’appréhender ce qu’est un quotidien semé d’embûches, fait d’incessants contrôles et d’interminables attentes (The Living of the Pigeons, Visitation), s’étonner une fois encore de l’outrecuidance avec laquelle le droit international est violé par la construction du mur de séparation (Broken), se frotter à la réalité d’un territoire morcelé en prenant pour guide… un GPS, qui finit d’ailleurs bien déboussolé (Inner Mapping), ou encore rencontrer celles et ceux qui luttent par le biais de l’art (From Beneath the Earth ou As the Poet said, sur le célèbre poète Mahmoud Darwich). A découvrir également, un doc-animation tiré d’événements réels et traitant avec humour de désobéissance civile par l’entremise… de vaches (Les 18 Fugitives)! Les fictions ne sont pas en reste et témoignent de la vivacité sans faille du cinéma palestinien. Pour cette catégorie, la mouture 2018 de la manifestation donne la priorité aux courts-métrages, qui feront d’ailleurs l’objet de soirées spécialement dédiées sur les thèmes de la Nakba et de l’enfermement.

A noter encore, cinq réalisatrices et réalisateurs dont les films sont à l’affiche de ces Rencontres cinématographiques PFC’E seront présents lors de certaines projections et échangeront volontiers avec le public. Le café Les Volontaires, fidèle partenaire de la manifestation depuis ses débuts, sera comme à l’accoutumée le lieu idéal pour les rencontres et le partage autour de savoureux buffets orientaux et brunch, mais aussi lors des deux soirées musicales qui résonneront aux sons du hip hop engagé et de la crème de la crème des musiques arabes.

Palestine : Filmer C’est Exister
Rencontres cinématographiques
Du 29 novembre au 5 décembre
Cinéma Spoutnik
11, rue de la Coulouvrenière – 1204 Genève
Cinéma Oblò
9, avenue de France – 1004 Lausanne
palestine-fce.ch