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Publié par le 13.09.2018

20 ans contre 150 affiches exposées dans l’espace public, le ratio est avantageux pour cette exposition commémorant la disparition de Nicolas Bouvier. Follement visuel, un automne en images avec Nicolas Bouvier est pensé en quatre temps pour offrir un survol aussi complet que possible de la production de cet aventurier aux multiples casquettes pour qui l’écriture naît du voyage et de la contemplation que ce dernier lui procure. L’espace public, le voyage imagé, l’iconographie et l’affichage sont autant d’angles sous lesquels appréhender l’écrivain, dans les rues de Genève dès le 19 septembre ou dans l’atmosphère calfeutrée de la Bibliothèque de Genève aux Bastions, du 4 octobre 2018 au 2 février 2019.

Par QUENTIN ARNOUX

 

 

L’IMAGE ET SES LEÇONS

En guise d’hommage à Nicolas Bouvier, la Bibliothèque de Genève a sélectionné quinze images du fonds d’archives de l’écrivain pour les exposer dans les rues de la ville. Pour cet artiste dont le rôle de la photographie est avant tout d’être un art varié, sensible et accessible à tous, voir son travail être exposé sur la voie publique était un rêve. Il est à présent réalisé. En parallèle, l’exposition du journal photographique de son voyage en Asie de 1953-1955 dans le Couloir des coups d’oeil de la Bibliothèque fait entrevoir la passion dont est épris Bouvier pour cet art de l’instantané et de sa capacité à se suffire à lui-même, à l’inverse d’un texte qui nécessite une traduction, une interprétation. Cette facilité de compréhension est mise en avant pour permettre au public de découvrir les leçons de l’image comme il les appelait justement. Ces leçons représentent ces visages, ces paysages, ces routes qu’il s’est appliqué à immortaliser sur la route de l’Extrême-Orient et qui, malgré leur côté changeant, ne sont en rien fugaces. Grâce à la photo, il relève la ressemblance entre l’expression du visage et celle du corps. Cela détonne par rapport à la photographie de portrait trop artificielle alors en vogue dans le monde occidental où le visage reflète peu ce que le corps exprime ; où il sert davantage à faire voir un statut social à défaut d’un réel sentiment.

 

UN VOYAGEUR QUI ÉCRIT,
UN ÉCRIVAIN QUI VOYAGE ?

Des visages du monde entier, ceux des Asiatiques font partie de ceux qui s’offrent le moins facilement à l’objectif. Fierté, honneur mais aussi crainte, une fois cette barrière franchie, c’est tout un univers qui se déploie et qui constitue son oeuvre phare : L’Usage du monde, un savant mélange entre une image et un texte relatif à l’image – une expérience. Du voyage et de l’image, Nicolas Bouvier tire des mots, réfléchit et propose. La culture de l’image se fond avec justesse dans la culture du texte, à une époque où la technologie prend, penset- on, le dessus. A contrario, l’iconographie dans laquelle il se verse progressivement opère un trajet inverse par l’illustration de mots. C’est sur ce métier d’ordinaire peu connu que se propose de revenir la Bibliothèque de Genève avec une soirée exceptionnelle le jeudi 4 octobre à 18h30 à l’Espace Ami Lullin aux Bastions

Follement visuel, un automne en images avec Nicolas Bouvier
Expositions du 19 septembre 2018 à février 2019
Bibliothèque de Genève
Soirée exceptionnelle « Bouvier iconographe » le 4 octobre à 18h30
Promenade des Bastions 1
Entrée libre
institutions.ville-geneve.ch
022 418 28 00