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Publié par le 08.10.2018

À présent que la température reprend des moyennes gérables, il est temps de recommencer notre quête sisyphienne de sens, artistique entre autres. Go Out ! est allé à la rencontre de trois curateurs pleins d’avenir, Camille Kaiser, Julie Marmet et Vicente Lesser, qui lancent à la fois leur collectif HOY et un espace d’exposition, l’Espace 3353, à la rue du Tunnel à Carouge.

Par VINCENT MAGNENAT

Nommé d’après le numéro de la parcelle, l’Espace 3353 se trouve sur l’emplacement du regretté Hangar 9 dans lequel Julie a officié pendant les deux ans de son éphémère existence, ce qui l’avait amenée à rencontrer Vicente qui y sévissait également. Julie avait aussi co-officié à la programmation du KiosK, l’aubette art déco de la place des Augustins. Camille quant à elle, ancienne commissaire résidente à TOPIC, avait connu Vicente à l’ECAV de Sierre (à ne pas confondre avec le sinistre acronyme homonyme genevois) et avait été invitée à participer à la programmation dudit KiosK.

Le trio a choisi comme nom de collectif le mot espagnol HOY (demain) pour souligner sa volonté de promouvoir du travail frais et ambitieux. L’Espace 3353 vise en réalité à accueillir des artistes en deçà de la trentaine, de différentes nationalités (car l’échange reste l’essence de l’expérience humaine), et qui font appel à différents médiums (ou media pour les latinistes).

Il s’agit pour le collectif d’être en mesure de proposer des approches nouvelles en ce qu’elles croisent des démarches, des publics et des moyens qui encore en 2018 restent trop souvent cloisonnés. Il y a aussi la volonté de proposer des thèmes qui suivent une certaine ligne au long de l’exercice annuel, un thème idéel autour duquel l’inventivité ainsi rassemblée pourra se tisser. On reconnaît la démarche avec le sous-titre “espace d’arts dédiés aux pratiques critiques et de recherche”, qui indique qu’on n’est pas là pour parler d’une énième reproduction de “Black Bean” de Warhol gravé dans un lissoir de Duchamp.

Pour sortir du théorique, la première exposition, qui se confond avec l’inauguration de l’Espace lui-même le 18 octobre, verra se frotter le Collectif Galta (architectes, Genève), Nadia Elamly (chercheuse, Lausanne), Reto Müller (plasticien, Zürich) et l’Association Contrepoint (Marie Mayoly & Sebastian Vargas) (designers, Zürich). La thématique qui transpire déjà du titre, “Aujourd’hui pour oublier”, vise à aborder le vivre-ensemble dans l’espace urbain. C’est que la vitesse du progrès appelle à une réflexion décuplée d’autant.

En plus de prendre en charge la gestion du lieu, notre collectif de curateurs veut aborder la question salariale pour les artistes, en particulier en Suisse. Votre serviteur ne saurait comment mieux reformuler la chose, à part peut-être avec une comparaison avec la fameuse blague qui tourne chez les graphistes et tout auteur de contenu. Lorsqu’un quidam déboule en demandant un “petit logo” qui soit “vite fait” et qui “ne coûte pas cher” puisque c’est “facile à faire”.

affiche

Cela peut sembler non-essentiel à certains, mais pour d’autres c’est leur indice de masse corporelle qui est en jeu ! Et comme l’artiste est un travailleur (presque) comme les autres, il convient donc d’avoir des barèmes, des standards, des conventions collectives et tout autre vecteur permettant la survie de l’artiste. Dans cette perspective à l’actualité brûlante, HOY met en avant l’application à titre indicatif des règles de W.A.G.E. qui est une certification issue des États-Unis vidant à harmoniser les rémunérations d’artistes. C’est en fait de savoir à combien un artiste, un collectif a droit en fonction de son travail (première représentation ou non, etc.).

On pourrait appeler ça joindre l’utile à l’artistique.

 

Espace 3353
Inauguration le 18 octobre
9, rue du Tunnel – 1227 Carouge
espace3353.ch
@espace3353