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	<title>144 | Go Out!</title>
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	<description>Le magazine culturel genevois</description>
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		<title>Oxmo Puccino : du flow à fleur de peau</title>
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				<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 09:31:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Votre premier album s’appelait Opéra Puccino. Près de trente ans plus tard, que ressentez-vous en retrouvant vos chansons avec l&#8217;orchestre du Geneva Camerata ? C’est inespéré! Chanter ces chansons presque trente ans après leur création, je le souhaite à tous les artistes. On ne peut pas imaginer, au départ, une telle longévité. Aujourd’hui, je les partage avec un orchestre, hors ... <a href="https://gooutmag.ch/oxmo-puccino-du-flow-a-fleur-de-peau/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p><b>Votre premier album s’appelait </b><b><i>Opéra Puccino</i></b><b>. Près de trente ans plus tard, que ressentez-vous en retrouvant vos chansons avec l&rsquo;orchestre du<a href="http://www.genevacamerata.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"> Geneva Camerata</a> ?<br />
</b>C’est inespéré! Chanter ces chansons presque trente ans après leur création, je le souhaite à tous les artistes. On ne peut pas imaginer, au départ, une telle longévité. Aujourd’hui, je les partage avec un orchestre, hors de France, devant un public genevois que j’adore. Cela représente beaucoup de choses à la fois.</p>
<p><b>Qu’est-ce que le <a href="http://www.genevacamerata.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link">Geneva Camerata</a> révèle dans vos morceaux ?<br />
</b>La puissance! <i>Demain peut-être</i>, par exemple, est un titre que je joue très peu sur scène. À l’époque, j’avais une idée qui dépassait mes compétences, mais je l’ai faite quand même. Aujourd’hui, avec un orchestre symphonique, j’ai le sentiment qu’elle atteint son plein potentiel. Comme si ce morceau avait été fait pour être entendu maintenant. Un orchestre, je ne le vois pas seulement comme un ensemble. J’y vois toutes les années de travail de chaque musicien qui le compose. Cette accumulation de talent et d’efforts, on la ressent physiquement. La musique, c’est de l’air qui vibre. Les instruments résonnent dans le ventre, puis cela monte jusqu’au cœur. C’est une expérience qu’aucun écran ne peut restituer.</p>
<div id="attachment_34506" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34506" class="wp-image-34506 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-500x250.jpeg" alt="" width="500" height="250" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-500x250.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-768x384.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-1024x512.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-100x50.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2-1464x732.jpeg 1464w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/la9b5214-c-yannick-perrin-copie.jpg-2.jpeg 1600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34506" class="wp-caption-text">Geneva Camerata : quand les cordes prennent le pouls et que l’orchestre fait battre les mots autrement © Geneva Camerata</p>
</div>
<p><b>Parmi les six titres choisis pour ce concert, lequel a le plus changé à vos oreilles ?<br />
</b>Je dirai <i>Peuvent pas</i>. L’orchestre le mêle à une pièce baroque. Cela le rend à la fois cohérent, riche et intemporel. C’est la grande surprise des arrangements pour moi, d’autant que ce n’est pas mon morceau le plus connu.</p>
<p><b>Votre flow a sa propre respiration. Quand un chef et tout un orchestre entrent en jeu, qui suit le souffle de qui ?<br />
</b>C’est à moi de m’adapter! Nous avons eu peu de temps pour répéter ensemble, alors il y a dans cette rencontre quelque chose de furtif, un défi à relever. Je dois aussi laisser davantage de place au silence, pour que la musique respire. Les arrangements d’un orchestre permettent d’oser cela.</p>
<p><b>Vous partagez également la scène avec la mezzo-soprano Caroline Meng. Que produit cette rencontre entre vos deux voix ?<br />
</b>De l’étonnement, et de la beauté! Pour moi, c’est dans le mélange que naît la richesse. J’ai été le premier surpris pendant les répétitions. Sa voix est incroyable ; je peux m’appuyer sur elle et, soudain, le morceau change.</p>
<div id="attachment_34502" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34502" class="wp-image-34502 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-500x500.jpeg" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-500x500.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-150x150.jpeg 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg-100x100.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/portrait-caroline-meng-credit-edouard-brane-7.jpg.jpeg 600w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34502" class="wp-caption-text">Caroline Meng : une voix qui prend de la hauteur pour mieux donner le frisson © DR</p>
</div>
<p><b>Cette soirée ouvre une saison intitulée « Amours ». Quel amour vous intéresse le plus aujourd’hui : celui qui brûle, celui qui dure ou celui qu’on apprend à se porter à soi-même ?<br />
</b>Je dirai d’abord celui qu’on apprend à se porter à soi-même! C’est de là que tout part. Si l’on ne s’aime pas, on ne peut pas aimer les autres. Atteindre cet amour-propre, c’est aussi apprendre à mieux partager.</p>
<p><b>Vous avez écrit sur la solitude, l’amour et la paix. Qu’est-ce qui vous met encore en colère au point de prendre la plume ?<br />
</b>La colère, je l’ai bien soignée. Aujourd’hui, je m’intéresse davantage à ce qui peut provoquer celle des autres. Et au fond, je ramène toujours les choses à l’amour. Cela peut sembler simple, mais je crois que la colère naît souvent d’un manque d’amour mal vécu : celui qu’on ne reçoit pas, comme celui qu’on ne parvient pas à donner. Parce que l’amour circule dans les deux sens. Regarder les choses sous cet angle me permet de dépasser le symptôme pour remonter à la racine.</p>
<p><b>À ce stade de votre parcours, écrivez-vous pour comprendre le monde ou pour vous comprendre vous-même ?<br />
</b>J’écris pour partager ma compréhension du monde. Chacun a sa vérité, mais j’essaie d’aller vers une vérité qui fait du bien. Je propose de prendre la vie avec davantage de poésie.</p>
<p><b>L’expression « poète du rap » vous ressemble-t-elle encore, ou vous enferme-t-elle dans une image trop sage ?<br />
</b>La poésie permet de tout dire, peut-être avec sagesse, mais surtout avec beauté. Dans un monde qui va vite, où règne une certaine confusion et où l’on cherche souvent à se mettre en avant sur le dos des autres, elle ne fait pas de mal. Tirer un sourire de cette confusion, ouvrir une conversation avec une phrase sans blesser personne : aujourd’hui, cela pourrait déjà être de la poésie.</p>
<div id="attachment_34505" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34505" class="wp-image-34505 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-500x300.jpg" alt="" width="500" height="300" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-500x300.jpg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-768x461.jpg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325-100x60.jpg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/1747065325.jpg 973w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34505" class="wp-caption-text">Oxmo Puccino : près de trente ans de rimes au compteur, et toujours le verbe en mouvement ©DR</p>
</div>
<p><b>Y a-t-il un texte écrit il y a vingt ans que vous pourriez encore signer aujourd’hui ?<br />
</b>Je pense à <i>Demain peut-être</i>. J’y exprimais une vision du monde qui arrivait, et dans lequel nous nous retrouvons aujourd’hui. D’un côté, on parle d’écologie, du climat, de l’avenir de la planète. De l’autre, on construit des centres de serveurs pour alimenter une intelligence artificielle sans toujours savoir pourquoi. C’est une course au prochain pouvoir, à laquelle personne ne veut manquer de participer. Je m’interroge sur sa raison d’être, sur le besoin réel auquel elle répond.</p>
<p><b>Sorti en octobre 2025, </b><b><i>La Hauteur de la Lune</i></b><b> est présenté comme votre ultime album. Que libère ce mot, « ultime » ?<br />
</b>Il y a un temps pour tout. On peut traverser plusieurs époques, puis arrive le moment de penser au temps qu’il nous reste et à ce qu’on veut en faire. J’aimerais explorer d’autres façons de m’exprimer : la littérature, le cinéma, le théâtre. Je peux aussi rester sur scène, collaborer avec des artistes que j’apprécie, revenir pour quelques morceaux. Des projets plus furtifs.</p>
<p><b>Avec </b><b><i>Lafiya Sessions</i></b><b>, vous avez travaillé avec une nouvelle génération de rappeurs. Qu’avez-vous appris à leurs côtés ?<br />
</b>Ils m’ont rassuré. Je voulais recréer un espace où l’on soit simplement heureux d’être ensemble, sans calcul : faire de la musique, écrire, discuter, rire, douter. Ils m’ont rappelé qu’au milieu de l’industrie, des artistes continuent de créer avec le cœur et par passion. Je les trouve dynamiques, puissants, travailleurs, renseignés. Je peux admirer quelqu’un qui débute : ce qu’il propose n’appartient qu’à lui, et cette singularité me touche. Elle me pousse aussi à me dépasser, à rester à l’heure.</p>
<p><b>Si votre vie actuelle était un orchestre, quel instrument donnerait le tempo ?<br />
</b>La batterie. Elle tient le rythme de l’ensemble. Sa pulsation ressemble à un battement de cœur : pour moi, c’est le ciment de la musique.</p>
<p><b>Et quel instrument faudrait-il tendre l’oreille pour entendre ?<br />
</b>Le trombone. Pour son côté suave : un son doux, jamais brusque, capable de puissance sans s’imposer aux autres.</p>
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		<title>Diptyque: Bains antiques et pauses poétiques</title>
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				<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 08:11:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mina Sidi Ali]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Beauté]]></category>
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				<description><![CDATA[<p>Les thermes de la résistance Pour trouver le chemin du bain, Diptyque remonte le courant. Direction les thermes grecs et romains, lorsque prendre soin de soi occupait davantage qu’un interstice entre deux impératifs. Le corps avait droit de cité ; le geste, le temps de se déployer. La maison reprend ce fil antique pour le dérouler jusque dans la salle ... <a href="https://gooutmag.ch/diptyque-a-corps-et-a-vapeur/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p><b>Les thermes de la résistance<br />
</b>Pour trouver le chemin du bain,<a href="http://www.diptyqueparis.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"> Diptyque</a> remonte le courant. Direction les thermes grecs et romains, lorsque prendre soin de soi occupait davantage qu’un interstice entre deux impératifs. Le corps avait droit de cité ; le geste, le temps de se déployer. La maison reprend ce fil antique pour le dérouler jusque dans la salle de bains. Une flamme frémit, une senteur s’étire, une main s’attarde. Le rituel commence là, dans cette minuscule insurrection contre la précipitation. Rien à chronométrer, personne à impressionner. À force de vouloir être partout, quel plaisir de se retrouver quelque part. Même entre le lavabo et la baignoire.</p>
<div id="attachment_34482" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34482" class="wp-image-34482 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/yaVFVMeQ-326x500.jpeg" alt="" width="326" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/yaVFVMeQ-326x500.jpeg 326w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/yaVFVMeQ-100x153.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/yaVFVMeQ.jpeg 640w" sizes="(max-width: 326px) 100vw, 326px" />
<p id="caption-attachment-34482" class="wp-caption-text">Diptyque cultive son jardin de soins pour que le quotidien fasse enfin une fleur à la peau ©Diptyque</p>
</div>
<p><b>L’aube à fleur de peau<br />
</b>Le matin a parfois les dents longues et les paupières lourdes. La bougie <i>Le Matin </i>lui répond par des notes vives et végétales. Une façon de lever le rideau sans brusquer les coulisses. La brosse sèche prépare le terrain ; la Gelée Lavante Bienfaisante fait entrer bergamote et lait d’amande douce dans la danse. La mousse se déploie. Le jour peut commencer à faire les yeux doux.</p>
<p>Une à deux fois par semaine, la <i>Pommade Gommante Vivifiante</i> polit le propos grâce à sa poudre de coques de noisette. Puis le <i>Lait Hydratant Réconfortant</i> mêle néroli et huile de lin, tandis que l’<i>Huile Légère Embellissante</i> habille corps et cheveux d’un fini soyeux. Sur les lèvres, une cire ferme la marche. Avant les premiers mots, un peu de velours. La journée aura bien assez d’occasions de sortir ses griffes.</p>
<p><b>Bonsoir les armes<br />
</b>Le soir venu, déposer les dossiers, les défenses, les épaules. Tout ce qui pèse sans figurer sur la balance. La bougie <i>Le Soir </i>ouvre cette petite cérémonie du désarmement sur des notes de camomille. Sous la douche, la gelée lavante retrouve l’éponge naturelle ; le geste ralentit, la journée se délave.</p>
<div id="attachment_34484" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34484" class="wp-image-34484 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Rguf5Xnw-333x500.jpeg" alt="" width="333" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Rguf5Xnw-333x500.jpeg 333w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Rguf5Xnw-100x150.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/Rguf5Xnw.jpeg 640w" sizes="(max-width: 333px) 100vw, 333px" />
<p id="caption-attachment-34484" class="wp-caption-text">Du lait, du calme et de la volupté : chez Diptyque, la douceur se dessine avant de s’étaler ©Diptyque</p>
</div>
<p>Place au <i>Baume Riche Apaisant</i>, dont le parfum fait se rencontrer orge torréfiée et rose. Du grain et de la grâce, un pétale qui s’encanaille. L<i>’Huile-en-Huile Relaxante</i> associe noisette et amande douce ; le gua sha en céramique accompagne le massage du corps. La main suit une courbe au lieu d’une consigne. Encore faut-il résister à l’envie de réussir sa détente : le repos n’a aucune raison de passer un entretien de performance.</p>
<p><b>Le parfum prend corps<br />
</b>Dans cette partition, le nez mène aussi la main. La parfumeure Nathalie Cetto a accompagné la création de la gamme, donnant à chaque soin sa signature olfactive, en accord avec sa texture, son geste, son heure. Le parfum se glisse dans l’épaisseur d’un baume, se déplie dans une mousse, s’attarde dans une huile. Une ponctuation invisible sur la page de la peau.</p>
<p>La maison annonce des concentrés parfumants composés à 100 % d’ingrédients d’origine naturelle, ainsi que des formules atteignant, pour certaines, cette même proportion. Les flacons en verre sont majoritairement rechargeables. Sur leurs ovales, des scènes de bains antiques côtoient des couronnes végétales. De petits paysages pour le regard, pendant que le reste prend le large.</p>
<p><b>Beaux objets, bains sujets<br />
</b>Autour des soins, le décor cultive lui aussi l’art de s’attarder. L’illustratrice Julie Serre fait pousser un herbier imaginaire sur des objets en bois laqué réalisés au Vietnam. À la Manufacture de Couleuvre, le biscuit de porcelaine prête son blanc mat aux pots d’apothicaire. Quant aux coquilles d’huîtres recyclées, elles se retrouvent dans le terrazzo de miroirs de poche en édition limitée. Après avoir abrité la mer, les voilà qui recueillent un visage.</p>
<div id="attachment_34485" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-34485" class="wp-image-34485 size-medium" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/L8TlcAgQ-500x500.jpeg" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/L8TlcAgQ-500x500.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/L8TlcAgQ-150x150.jpeg 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/L8TlcAgQ-100x100.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/L8TlcAgQ.jpeg 640w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" />
<p id="caption-attachment-34485" class="wp-caption-text">Brûler la mèche plutôt que la chandelle par les deux bouts : Le Soir allume la flamme et tamise le drame ©Diptyque</p>
</div>
<p>L’ensemble appartient au registre du luxe, tarifs compris. Son idée la plus précieuse se passe pourtant de coffret : accorder enfin un peu d’attention à ce corps qui entasse, enlace, avance. Lui rendre caresse pour service rendu. Et laisser, derrière la porte, le monde battre la cadence. Ici, pour quelques instants, c’est la peau qui donne le tempo. Que le monde se démène : la peau se promène&#8230;</p>
<p><i><br />
</i><i></i></p>
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		<title>Le potager des émotions</title>
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				<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 09:51:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Lisa Lorenzelli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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				<description><![CDATA[<p>Dans cet univers où les légumes parlent, doutent, essaient, échouent parfois et recommencent souvent, les grandes émotions de l’enfance se glissent derrière des histoires simples et colorées. Ici, pas besoin de longs discours pour parler de confiance en soi, de partage ou de courage : il suffit parfois d’un haricot qui cherche des amis, d’un citron qui hésite à quitter ... <a href="https://gooutmag.ch/le-potager-des-emotions/" class="more-link" data-wpel-link="internal">Read More</a></p>
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								<content:encoded><![CDATA[<p>Dans cet univers où les légumes parlent, doutent, essaient, échouent parfois et recommencent souvent, les grandes émotions de l’enfance se glissent derrière des histoires simples et colorées. Ici, pas besoin de longs discours pour parler de confiance en soi, de partage ou de courage : il suffit parfois d’un haricot qui cherche des amis, d’un citron qui hésite à quitter sa branche ou d’une tomate lancée dans une grande course. Un drôle de potager, donc, mais surtout un petit monde à hauteur d’enfant, dans lequel chacun peut reconnaître une émotion, une difficulté ou une petite victoire du quotidien.</p>
<p><b>Un petit monde qui pousse au fil des saisons<br />
</b>Le principe des <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Histoires du Potager</b></a> tient dans une idée à la fois simple et tendre : transformer les fruits et légumes en véritables petits personnages, chacun avec son caractère, ses préoccupations et son histoire. Chaque album suit ainsi un fruit ou un légume personnifié confronté à une situation inspirée du quotidien. Derrière cette apparente simplicité se construit pourtant un univers très cohérent, puisque les histoires suivent également le rythme de la nature : la croissance, la récolte, puis les périodes de consommation.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151.jpeg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34516" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-500x262.jpeg" alt="" width="500" height="262" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-500x262.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-768x403.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-1024x538.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151-100x52.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0151.jpeg 1181w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p>Les saisons deviennent presque des personnages à part entière. Le décor évolue, le potager change et même le ciel accompagne ce mouvement. Un code composé de quatre couleurs permet aux enfants de reconnaître la saison dans laquelle se déroule l’histoire. Une façon ludique de les aider à se repérer dans le temps tout en découvrant, au fil des pages, le rythme naturel des fruits et légumes.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cette dimension visuelle donne à la collection quelque chose de particulièrement rassurant. On retrouve le potager d’un livre à l’autre comme on retrouverait un lieu familier, avec ses habitudes, ses personnages et ses petites aventures. Au fil des saisons, il devient un espace où tout peut être abordé avec douceur. Car sous les feuilles, les branches et les légumes colorés se cachent évidemment des sujets beaucoup plus universels : apprendre à partager, persévérer, prendre confiance, respecter l’autre ou encore accepter que chacun avance différemment.</p>
<p><b>Grandir sans avoir l’impression de recevoir une leçon<br />
</b>C’est sans doute là que réside l’un des charmes de la collection. Les histoires parlent de sujets importants sans prendre la forme d’une leçon. La confiance en soi, le courage, la bienveillance, la solidarité ou le respect sont intégrés naturellement aux aventures des personnages. L’enfant suit d’abord une histoire, s’attache à son héros et découvre ensuite, presque sans s’en rendre compte, une situation qui peut faire écho à sa propre vie.</p>
<p>Les albums peuvent ainsi devenir un point de départ pour discuter avec un adulte. Un personnage permet parfois de mettre des mots sur quelque chose que l’enfant ne saurait pas forcément expliquer seul. Pourquoi ai-je peur ? Pourquoi est-ce que je veux ressembler aux autres ? Pourquoi est-ce si difficile de perdre ? Comment réussir à parler quand les mots ne viennent pas comme je voudrais ? Autant de petites questions qui semblent minuscules vues du monde des adultes, mais qui prennent une place immense lorsque l’on est enfant. Dans ce potager, aucune émotion n’est vraiment trop petite pour être racontée.</p>
<p><b>Ail, ou le plaisir de donner<br />
</b>Parmi les personnages de la collection, <b>Ail</b> incarne la générosité. Il aime donner aux autres, et son histoire permet d’aborder le partage et la transmission à travers des gestes très simples. Partager paraît évident lorsque l’on est adulte. Pour un enfant, c’est pourtant tout un apprentissage. Prêter, donner, laisser une place à l’autre ou comprendre que quelque chose peut avoir de la valeur même lorsqu’on ne le garde pas pour soi sont autant de notions qui s’acquièrent progressivement. Avec Ail, elles prennent la forme d’une aventure beaucoup plus concrète.</p>
<p>Le message n’est jamais présenté comme une règle abstraite : il passe par un personnage, une situation et une émotion. Et c’est précisément cette manière d’incarner les sujets qui permet aux albums de parler aux plus petits.</p>
<p><a href="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150.jpeg" data-wpel-link="internal"><img class="alignnone size-medium wp-image-34515" src="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-500x500.jpeg" alt="" width="500" height="500" srcset="https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-500x500.jpeg 500w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-150x150.jpeg 150w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-768x768.jpeg 768w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-1024x1024.jpeg 1024w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-100x100.jpeg 100w, https://gooutmag.ch/wp-content/uploads/IMG_0150-1464x1464.jpeg 1464w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p><b>Haricot apprend à trouver sa place<br />
</b><b>Haricot</b>, lui, aimerait simplement se faire des amis. Une préoccupation qui parlera probablement à beaucoup d’enfants. Trouver sa place dans un groupe, aller vers les autres, comprendre ce qui nous rend différent et ne pas considérer cette différence comme un problème : derrière son histoire se dessinent les thèmes de l’acceptation de soi et de la confiance. Haricot découvre surtout qu’il n’a pas besoin de ressembler aux autres pour être accepté.</p>
<p>Une idée toute simple, mais précieuse à un âge où l’on commence justement à observer les autres, à se comparer et à comprendre que tout le monde n’est pas identique. Dans le potager, la différence ne disparaît donc pas. Elle reste là, avec ses formes, ses couleurs et ses particularités. Simplement, elle n’empêche pas de créer des liens.</p>
<p><b>Citron et ce drôle de courage qui commence par la peur<br />
</b>Avec <b>Citron</b>, une autre émotion entre dans le potager : la peur. Perché sur sa branche, il hésite à rejoindre ses amis. Il voudrait peut-être y aller, mais quelque chose le retient encore. Son histoire raconte alors une forme de courage particulièrement juste : celle qui n’exige pas que la peur disparaisse avant d’agir. On peut avoir peur et quand même avancer.</p>
<p>Le courage devient ainsi moins spectaculaire et beaucoup plus accessible. Il ne s’agit pas de devenir soudainement intrépide, mais de faire un petit pas alors même que l’on hésite encore. Pour les plus jeunes, cette nuance peut être importante. Certaines peurs ne s’effacent pas immédiatement. Aller vers les autres, essayer quelque chose de nouveau ou quitter ce qui rassure peut demander du temps. Citron permet simplement de raconter que le premier pas compte déjà.</p>
<p><b>Quand les émotions se cachent dans le quotidien<br />
</b>Toutes les histoires ne partent pas d’une grande peur ou d’un manque de confiance. Certaines commencent par quelque chose d’encore plus banal. <b>Épinard</b>, par exemple, trouve tout agaçant. Le moindre détail semble devenir irritant, jusqu’à ce qu’il apprenne progressivement à regarder les choses autrement. Son histoire joue ainsi sur la souplesse, la curiosité et le changement de perspective.</p>
<p>Une émotion familière pour les enfants comme pour les adultes : ces journées où rien ne semble aller dans le bon sens, où tout agace un peu plus que prévu. À travers lui, la collection montre qu’une situation peut parfois changer simplement parce que notre manière de la regarder change elle aussi.</p>
<p><b>Tomate découvre que gagner n’est pas tout<br />
</b>Avec <b>Tomate</b>, place à la compétition. La petite héroïne participe à une grande course. Mais derrière l’envie de réussir, elle découvre progressivement une autre manière de mesurer sa victoire : avancer, faire des efforts et progresser. L’essentiel n’est donc pas toujours d’arriver premier. Un message particulièrement intéressant dans une collection destinée aux jeunes enfants, à un âge où la frustration de perdre peut parfois sembler énorme.</p>
<p>L’histoire de Tomate remet ainsi le chemin au centre. Ce qui compte n’est pas uniquement le résultat final, mais aussi tout ce qui a été tenté pour y arriver. Et soudain, terminer deuxième, troisième ou même dernier ne signifie plus nécessairement avoir échoué.</p>
<p><b>Fenouil, quand les mots ont besoin de temps<br />
</b>Le personnage de <b>Fenouil</b> aborde un sujet plus sensible : les difficultés à s’exprimer. Son histoire évoque les troubles du langage avec délicatesse, sans réduire le personnage à sa difficulté. Elle met plutôt en avant la patience, l’écoute et l’importance de reconnaître chaque petit progrès. Dans un univers où les personnages grandissent chacun à leur rythme, cette histoire trouve naturellement sa place.</p>
<p>Tous les enfants ne parlent pas de la même manière, n’apprennent pas au même moment et n’avancent pas selon le même tempo. Fenouil rappelle alors quelque chose d’essentiel : un petit progrès reste un progrès. Et parfois, grandir consiste simplement à laisser suffisamment d’espace et de temps pour qu’il puisse apparaître.</p>
<p><b>Un potager pour apprendre à grandir<br />
</b>Album après album, <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Les Histoires du Potager</b> </a>construisent ainsi un univers où les fruits et légumes deviennent les miroirs de sentiments très humains. Une branche trop haute peut parler de peur. Une course peut raconter la persévérance. Un haricot qui cherche des amis peut ouvrir une discussion sur la confiance en soi. Un personnage qui peine à trouver ses mots peut rappeler l’importance de l’écoute. Les saisons donnent le rythme, les illustrations installent le décor et les personnages permettent aux enfants de reconnaître leurs propres émotions sans qu’elles leur soient directement désignées.</p>
<p>C’est peut-être ce qui rend ce petit potager si attachant : il ne cherche pas à présenter des enfants parfaits sous la forme de légumes parfaits. Ses personnages hésitent, râlent, ont peur, veulent gagner, cherchent leur place ou avancent plus lentement que les autres. Bref, ils grandissent.</p>
<p>Et dans les <a href="http://LesHistoiresDuPotager.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="follow external noopener noreferrer" class="external-link"><b>Histoires du Potager</b></a>, grandir ne signifie pas forcément aller vite ni tout réussir du premier coup. On peut pousser doucement, un peu de travers, changer d’avis en chemin et avoir besoin des autres. Finalement, entre deux légumes et quelques saisons, c’est peut-être l’une des plus jolies idées que l’on puisse glisser dans une histoire destinée aux enfants : chacun a son propre rythme pour fleurir.</p>
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