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Publié par le 11.12.2017

Avec le projet du PAV, l’État de Genève affirme sa volonté de donner un nouveau souffle à un espace urbain stratégique reliant centre-ville et périphérie sur les territoires des villes de Genève, Carouge et Lancy. À terme cette ambitieuse transformation sera symbolisée par la valorisation de quatre quartiers idéalement desservis par les axes routiers et ferroviaires grâce aux gares Léman Express de Lancy-Pont-Rouge et de Carouge-Bachet. Alors que les quartiers des Acacias et de Grosselin seront prioritairement dédiés à la création de quelques 10’000 logements dans un environnement naturel revalorisé, le quartier de Praille Ouest concentrera les activités industrielles et logistiques historiquement implantées sur la totalité du secteur. Enfin, l’Etoile, le quatrième et dernier quartier du projet, deviendra le cœur de cette nouvelle zone conjuguant quartiers d’affaire, de résidence, d’industrie, de vie culturelle et nocturne. Avec des travaux censés débuter à l’horizon 2020, la grande entreprise de réaménagement du PAV s’étalera sur plusieurs années et devra composer avec un défi majeur: la réorganisation d’une zone industrielle toujours en forte activité. En attendant la mise en marche de ce projet qui redessinera tout un pan de Genève, lieux et événements dédiés à l’art et à la culture investissent les frontières du PAV. Arts visuels, architecture, musique,… il y en a pour tous les goûts, comme le démontre la sélection ci-dessous.

 Embassy of Foreign Artists

Cachée derrière la route des Acacias entre l’Office des statistiques, les banques Pictet et UBS : voici la Maison Baron entourée d’un bel écrin de verdure. Depuis 2012 ses murs hébergent  (EoFA), un programme de résidence pour artistes étrangers géré par l’association genevoise Laps. Soutenu pour l’essentiel par l’État de Genève, EoFA a pour mission de favoriser les échanges entre résidents, milieux créatifs locaux – artistes, ateliers, institutions, évènements – et publics. Présentation de ce lieu unique à Genève situé en plein quartier de l’Etoile, futur centre névralgique du PAV.

Lieu de Embassy of Foreign Artists à Genève

Maison Baron

Une évolution prometteuse

Depuis l’inauguration de la résidence en septembre 2012, une soixantaine d’artistes ont posé leurs valises à la Maison Baron. Pour 2018, plus de 400 candidatures ont été traitées. Désormais Embassy of Foreign Artists est une affaire qui marche, bien que les moyens restent modestes. Conséquence, on encourage les collaborations avec les structures artistiques existantes, quitte à privilégier parfois la recherche à la production. Dans les deux cas, une opportunité pour ces résidents étrangers de côtoyer les acteurs de la scène locale, et inversement. En dehors du canton, les partenariats artistiques vont bon train. Du côté de l’Office fédéral de la culture d’abord avec Pro Helvetia qui, dans le cadre de ses antennes – son réseau de centres culturels implantés dans le monde, en fait bénéficier des artistes étrangers depuis 2014. Dès janvier prochain ce sera le tour de la danseuse russe Dina Khuseyn, suivie à l’été du musicien chinois Ban Lei. Un récent accord avec le Mondriaan Fonds – fond gouvernemental pour l’encouragement des arts visuels et du patrimoine culturel aux Pays-Bas, a quant à lui permis à deux artistes hollandais de rejoindre la résidence genevoise au printemps dernier. Désormais c’est du côté de Manchester que les termes d’une future collaboration se précisent – affaire à suivre.

L’enjeu du PAV

Aujourd’hui EoFA continue de développer ses activités, principalement dans les cercles émergents genevois et auprès d’un public de niche. Les aménagements urbains engendrés par le projet du PAV y changeront-ils quelque chose? Le  nouveau flux d’habitants aura-t-il une incidence sur la demande en matière de biens et services culturels ? La perspective à moyen terme semble raisonnable pour ne pas dire attendue. Les liens avec la communauté, EoFA les tisse depuis ses débuts. À l’attention des plus jeunes déjà, grâce aux ateliers artistiques de l’association Godzillab. Puis par le biais d’évènements publics organisés régulièrement avec ses résidents. Le prochain rendez-vous est fixé au samedi 16 décembre : l’occasion de rencontrer les trois résidents actuels et de faire le point sur leurs projets respectifs. Au programme un concert du saxophoniste français Sébastien Branche, ainsi que la présentation de deux installations des artistes visuels Selket Chlupka (Allemagne) et Rizki Resa Utama (Indonésie).

Un début 2018 en trombe

La nouvelle année de résidences démarre sur les chapeaux de roues avec la musique expérimentale à l’honneur. Dès janvier EoFA accueille d’une part Gil Delindro, musicien portugais, et d’autre part le compositeur californien Jason Thorpe Buchanan qui bénéficie d’un semestre pour finaliser son opéra multimédia intitulé « Hunger ». Enfin, la performeuse australienne Beth Dillon explore les notions de contradiction et de résistance à travers deux organisations de l’économie genevoise – les Ports Francs et l’association Monnaie Léman. Bref, de quoi se réjouir!

Embassy of Foreign Artists
Maison Baron
Rue Subilia 45
1227 Carouge
www.eofa.ch

Air Project Galery

Logo Air Project Gallery

Logo Air Project Gallery

Air Project, c’est d’abord une galerie d’art indépendante qui expose toutes les formes de créations artistiques contemporaines. Offrir de la visibilité aux jeunes artistes semble être la devise du lieu. Jusqu’au 23 décembre, la galerie présente Navigation privée, par Erin Armstrong et Vincent du Bois. La première, artiste canadienne, offre aux visiteur des portraits figuratifs, presque abstraits. Des émotions fortes dessinent les expressions de ces personnages sans noms. L’artiste cherche à exprimer les méandres de l’imagination humaine de manière visuelle. Le second est un sculpteur suisse. Passionné par le marbre, il explore l’immatériel. L’artiste s’exprime à travers l’abstraction et le conceptuel et ne dissocie pas ces aspects de la technique classique. Ses oeuvres exposées à Air Project explorent la relation entre la matière et le numérique afin de faire ressurgir le paradoxe opposant ces deux concepts. Une galerie intrépide qui offre un espace aux jeunes talents dans le quartier des Acacias. Le lieu cherche à décloisonner les arts et à ne pas les hiérarchiser.  Un espace récent, puisqu’il a soufflé sa première bougie en novembre 2017. On attend avec hâte les prochaines.

Exposition Gravity pull © Erin Armstrong à Air Project Genève Go Out!

Gravity pull © Erin Armstrong

Air Project
11 Quai du Cheval-Blanc – 1227 Les Acacias
022 342 47 05
www.airproject.ch

 

Galerie d’art contemporain Body & Soul

Nichée au cinquième étage d’une bâtisse n’abritant autrement que des espaces de stockage, la galerie d’art contemporain Body & Soul se mérite: trouver le lieu demande quelques errements dans les dédales des Ports Francs, mais ceux-ci en valent la peine. Depuis trois ans, ce lieu confidentiel propose de découvrir au fil d’expositions présentées pendant environ un mois des artistes qui ont tapé dans l’œil de ses responsables. Peintures et dessins d’artistes suisses y tiennent le haut du pavé, certains s’exprimant également directement sur les façades de la pièce par du wall painting, comme Gilles Rotzetter lors de son exposition Amnesiac Consumption, qui vient de s’achever. La prochaine sera vernie ce 9 décembre à 18h et offrira carte blanche à Sonia Chanel, qui officiera comme curatrice. A découvrir, de même que l’imprenable vue sur le Salève par temps dégagé!

Body & Soul
4, routes des Jeunes – 1227 Les Acacias
Tous les jeudis de 18h à 20h et sur RDV
bodyandsoul.one

Image

Pavillon Sicli lors de l'exposition de Carmen Perrin: «Lignes de forces»

Pavillon Sicli: impulseur d’urbanisme

 Le Pavillon Sicli est le lieu incontournable de Genève dévoué aux questions liées à l’architecture, la construction, l’urbanisme et le design. Par sa structure originale, œuvre de l’ingénieur suisse Heinz Isler, il orne la fin de la route des Acacias. La voûte de béton fait partie des prouesses techniques de l’ingénieur: aucun mur porteur ne constitue le bâtiment, il repose uniquement sur sa structure en coque inversée.  Considéré comme ayant un grand intérêt patrimonial, le pavillon a été mis à l’inventaire genevois. Ancienne usine d’extincteurs, le bâtiment a été acquis par l’Etat de Genève en 2011 afin de le transformer en lieu culturel. C’est depuis sa vocation. En février 2017, l’Association pavillon Sicli, qui gère le lieu, a vu le jour. Composée de différentes organisations genevoises, dont, entre autre, la HEAD, l’HEPIA et la Maison de l’Architecture, l’association a pour but de «faire rayonner les activités du Centre dans les domaines de l’architecture, l’architecture du paysage, la construction, la gestion du territoire, l’urbanisme, l’ingénierie et le design par la programmation de conférences, de débats, d’expositions, d’atelier (…)» C’est d’ailleurs ce qui est prévu pour cette fin d’année! De 2017 à 2018, le pavillon Sicli accueillera le cycle de conférence proposé par la Maison de l’Architecture afin de célébrer ses dix ans. Durant le cycle «10 ans, 10 regards», des architectes du monde entier sont invités à donner une conférence. Du Japonais Kengo Kuma  dont le projet a été retenu pour la construction du stade olympique national de Tokyo, à Tatiana Bilbao reconnue pour sa réutilisation de techniques ancestrales, le cycle foisonne d’invités. Plateforme de rencontres entre les différents acteurs de la ville, le Pavillon Sicli a pour but d’accompagner les différentes mutations urbaines que connaîtra la ville et d’offrir un espace d’échange autour de ce domaine. Occupant une place centrale sur le territoire du PAV, le pavillon est devenu un pôle culturel genevois qui a su conquérir le cœur des riverains.

Pavillon Sicli
45, route des Acacias – 1227 Acacias
022 596 43 80

Ressources Urbaines

Coopérative Ressources Urbaines Genève

Salle d’exposition au 76 Acacias – Undergrounds – Art, Land Use and Democracy’ organisée par MATZA Genève © Espazium.ch

Au numéro 76 de la route des Acacias se dresse une bâtisse de deux étages à l’allure quelque peu dégingandée, qui détonne agréablement à quelques allées de la très léchée Banque Pictet. Ces murs taggés abritent depuis mai 2016 des espaces de travail collectif sous l’égide de la coopérative Ressources urbaines, pour laquelle le lieu fait également office de Q.G. A l’origine de celle-ci, une poignée d’acteurs du milieu culturel alternatif genevois conscients de la difficultés pour les artistes, créatifs locaux de tous bords de pouvoir bénéficier de lieux d’expression, de travail et d’échanges à prix décents (comme depuis cet été au sentier des Saules à la Jonction). Les objectifs de cette coopérative pas comme les autres se dévoilent sur plusieurs plans. Premièrement, se placer comme un acteur immobilier stable à même de porter la voix des milieux artistiques afin de dénicher des bâtiments pour leurs activités, en parallèle de quoi la coopérative désire développer des projets et réflexions autour des questions liées à l’espace public ou encore à l’intégration des pratiques artistiques et socio-culturelles au sein de celui-ci. A l’image éclectique et hyperactive des membres qui constituent la coopérative, les activités de Ressources urbaines se déclinent encore en performances, workshops, conférences, expositions, musique, avec au centre de la philosophie qui l’anime un esprit communautaire qui fait du bien.

Ressources urbaines
76, route des Acacias
1227 Les Acacias