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Publié par le 07.11.2018

Image: Vania Aillon – Directrice de FILMAR, entourée de son équipe ©Erika Irml

Novembre et ses frimas se prête volontiers à des virées en salles obscures, car au-delà du rôle de parapluie, les écrans peuvent se dévoiler comme des fenêtres sur le monde extérieur à l’instar de Filmar en America Latina, le festival dédié au cinéma latino. Pour sa 20ème édition, la manifestation devenue incontournable à Genève tient le haut du pavé. Le festival déploie sa palette de productions multifacettes et nous embarque pour un voyage dans des villes bouillonnantes de contrées contrastées. Panoramas splendides, jungles d’émotions, fleuves de surprises, personne ne rentrera indifférent de cette aventure. A travers sa variété de films présentés, la programmation promet de bousculer les imaginaires, de questionner le réel et de créer de nouvelles rencontres et interactions foisonnantes et passionnantes. Rushs choisis avec Vania Aillon, la directrice du festival Filmar.
Par Mina Sidi Ali

Vous étiez spectatrice il y a 20 ans…qu’est ce qui a changé depuis au sein de Filmar ?
Il y a 20 ans, je m’y rendais avec mes parents. La programmation y était beaucoup plus engagée et militante. Aujourd’hui, on ne voit plus le cinéma par cette lucarne uniquement.  On a conservé certains de ces films mais le festival s’est vraiment développé pour offrir une palette de réalisation beaucoup plus large. Personnellement, le festival  en soi m’a fait découvrir des réalisateurs qui ont boulversé mon parcours cinématographique à l’instar des cinéastes Patricio Guzman ou Fernando Solanas! Ce sont des réalisateurs qui ont porté le surréalisme et qui ont mis en exergue la littérature latino. J’ai également été projectionniste pour le festival!

Est-ce que l’auditoire a beaucoup changé? Comment s’adapter à ce dernier?
Effectivement, le public a évolué. Filmar était au départ lié à des communautés americano-latines. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui les spectateurs sont genevois, suisses, voyageurs, cinéphiles, de personnes intéressées par la Pachamama et aussi des latinos. C’est un mix multiculturel qui est très mouvant et qu’on arrive difficilement à classer dans un registre. Cela motive beaucoup! Le public est très présent et réalise qu’ils voient des films qu’ils ne verraient jamais ailleurs. Filmar se distingue par ses avant-premières très nombreuses. Il met en avant les jeunes réalisateurs et détient un peu ce label de découvreur. Ainsi, tous ce qui se trouvent dans nos sections compétitives ne seront pas visibles ailleurs que durant Filmar. C’est une forme de cadeau à notre public loyal et fidèle.

Que nous avez vous concocté pour cette édition anniversaire?
On a décidé d’organiser une rétrospective avec quelques-uns des titres (7 en tout) qui ont marqué le festival, avec entre autres «Les amants de Caracas» de Lorenzo Vigas (2016), «Gloria» de Sebastián Lelio (2012), «La Ciénaga» de Lucrecia Martel (2001) ou «Fresa y chocolate» de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío (1994). Sinon on offre une carte blanche à Édouard Waintrop, le directeur des salles du Grütli, et ex-responsable de la Quinzaine à Cannes, puis des focus sur différents pays sont au menu de cette édition. Le festival débutera le 16 novembre, avec la présentation en ouverture d’un film paraguayen primé à Berlin, «Les héritières» de Marcelo Martinessi. La clôture du festival se fera en le 2 décembre, avec des concerts, un cours d’initiation au tango queer, tout cela avant la traditionnelle remise des prix.

Quelles sont les nouveautés cette année?
Nous avons une collaboration avec la Haute d’Ecole d’art et de design (HEAD) avec Bertrand Bacqué qui fera la modération lors d’une table ronde. D’ailleurs, les tables rondes sont nouvelles également et sont très importantes car elles permettent de tisser un lien entre les divers protagonistes du festival. Ces dernières sont un tremplin essentiel, une réelle plateforme pour les jeunes réalisateurs latinos qui peuvent rencontrer des producteurs et penser à leurs futures projets cinématographiques! Il faut toujours penser en amont, et à la suite.

Filmar en America Latina
Du 16 novembre au 2 décembre
Divers lieux.
www.filmaramlat.ch