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Publié par le 15.06.2018

Plus connu pour ses grandes toiles de peinture aux vifs contrastes d’aplats, de formes et de couleurs, l’artiste américain Joe Bradley est avant tout un dessinateur. L’intérêt pour le dessin remonte à sa jeunesse passée sur la côte est des Etats-Unis dans les années 1980 et 1990, au contact d’une culture underground symbolisée notamment par ses « comix », des bandes dessinées aux contenus provocateurs et satiriques. De fortes infuences qui ponctuent la série de récents dessins (2016-2018) sélectionnés par l’artiste pour une exposition à voir chez Gagosian jusqu’au 28 juillet.

par Lucia VON GUNTEN

« Untitled » (2018) (c)Joe Bradley, Plus connu pour ses grandes toiles de peinture aux vifs contrastes d’aplats, de formes et de couleurs, l’artiste américain Joe Bradley est avant tout un dessinateur. L’intérêt pour le dessin remonte à sa jeunesse passée sur la côte est des Etats-Unis dans les années 1980 et 1990, au contact d’une culture underground symbolisée notamment par ses « comix », des bandes dessinées aux contenus provocateurs et satiriques. De fortes infuences qui ponctuent la série de récents dessins (2016-2018) sélectionnés par l’artiste pour une exposition à voir chez Gagosian jusqu’au 28 juillet. par Lucia VON GUNTEN, go out magazine juin 2018

« Untitled » (2018) (c)Joe Bradley

Disposés sur un unique axe horizontal le long des trois murs de la galerie, les dix-neuf dessins de Bradley donnent lieu à des illustrations qui se confondent dans un traitement sommaire parfois proche du gribouillage. Ces dessins n’ont cependant rien d’inabouti ou de préparatoire malgré ce que pourraient laisser croire des traits de crayon interrompus et hésitants, une feuille de papier mal découpée ou un dessin portant les stigmates de semelles de chaussures.

Chez Bradley le rendu déroutant est voulu et maîtrisé, à l’image d’un petit dessin de bonhomme qui détonne par sa précision, dont l’allure et le style semblent être un hommage à l’art de la bande dessinée et dont le support, un papier quelconque déchiré d’un bloc à anneaux, est exposé encadré précieusement d’un passe-partout. Voilà un bel exemple de la contradiction qui habite l’artiste américain lequel grandit en pleine Zine Revolution entouré des nombreuses publications amateur, indépendantes et à petit tirage qui la caractérisent. Autant de magazines et autres livrets où le dessin humoristique et caricatural se déploie librement pour témoigner des travers et tabous de la société de l’époque.

Parmi les initiateurs de ce mouvement de la bande dessinée underground, les américains S. Clay Wilson et Robert Crumb attirent les lecteurs dès les années 1960 avec des histoires et des personnages provocants souvent teintés de sexualité et de violence. Une thématique récurrente qui fait écho à la pratique de Bradley et notamment à l’attention portée au corps humain, un corps nu représenté dans son état le plus primitif, parfois malmené et disgracieux. Des visages aussi, qui à leur tour oscillent entre réel et fiction.

De manière générale, dans ses dessins tout comme dans ses peintures monumentales et ses sculptures, l’art de Bradley révèle une certaine audace mêlée à un sentiment de désinvolture. Un héritage qui fait écho à ses années d’études d’art à Providence (Rhode Island) où il côtoie les milieux underground de Fort Thunder ainsi que le collectif d’artistes et musiciens Forcefeld dont les influences perdurent encore aujourd’hui derrière un minimalisme d’apparence.

Joe Bradley: Drawings
Jusqu’au 28 juillet 2018
Du mardi au samedi, de 10h à 18h
Gagosian Gallery

Gagosian Gallery | Place de Longemalle 19