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Publié par le 06.03.2018

Qu’il s’agisse de se prononcer contre les coupes budgétaires, pour l’agrandissement du Théâtre de Carouge, de militer pour une politique culturelle coordonnée à l’échelle cantonale ou de se mobiliser pour la sauvegarde de la qualité et de l’indépendance de nos chaînes nationales, la culture n’aura jamais autant été politique que ces derniers temps. Une tendance qui se confirme ce mois-ci avec le projet du Pavillon de la danse que des riverains tentent de faire avorter avec un référendum pro cha cha cha. Inversement, la politique constitue à son tour le sujet culturel et artistique du mois avec notamment la tenue de la 16ème édition du Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) qui présentera en avant-première Suisse le documentaire Human Flow de l’artiste protéiforme Ai Weiwei. Go Out ! a eu la chance de rencontrer en septembre dernier cet humaniste touchant de sensibilité.

L’anecdote vaut le détour narratif. Après une 1ère rencontre fortuite à l’aéroport de Venise lors de la Biennale en avril 2017, Ai Weiwei, promet une rencontre prochaine. Sans échange de cordonnées, le destin sera scellé : l’artiste se voit convier à Lausanne pour une exposition au Musée des Beaux-Arts en automne dernier. Le sort nous jouant de malins tours puisqu’un changement de train impromptu (du jamais vu au sein des CFF) nous fera rater la correspondance pour Lausanne ainsi que notre interview (d’une durée prévue de 10 minutes). Après maintes tractations avec le manager, on argue avoir eu une promesse de l’artiste (sans preuve donc un peu foireuse).  Ce dernier accepte de nous recevoir pendant son déjeuner à une condition: de nous reconnaître. Attelé avec son équipe à une table d’un boui boui chinois insoupçonnable, Ai Weiwei se montre enthousiaste et nous convie chaleureusement à le rejoindre pour partager un bol de nouilles. L’interview prendra des airs de repas de famille agrémenté de quelques confidences pêchées sur le vif entre deux dims sums goulûment avalés et 3 selfies capturés la bouche pleine.

L’épopée finira par un shooting photo improvisé et qu’on a décidé de vous partager en cover. On ne saura jamais le fin mot de cette aventure. Nous aura t’il reconnu ? Nous, oui. 🙂

Mina Sidi Ali & Mabrouk Hosni Ibn Aleya