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Publié par le 06.02.2018

« Bien informé, Les hommes sont des citoyens ; mal informés, il deviennent des sujets » Alfred Sauvy

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C’est avec la vigueur d’une fusée que Genève s’extirpe de sa léthargie des fêtes de fin d’année pour aborder 2018. La raison ? Une programmation culturelle aussi électrique que la polémique qui secoue les médias locaux. Mises à mal par les campagnes de licenciements au sein des gros titres, les libertés de la presse et la qualité de l’information voient venir un nouveau fléau : l’initiative No Billag. A l’ère où les fake news et autres alternative facts menacent le bien fondé des jugements de chacun, il n’est pas certain que voir les chaînes nationales soumises à une logique de rentabilité soit une réponse des plus judicieuses. Clémenceau voyait la guerre comme une affaire trop sérieuse pour être confiée aux militaires, il en est aujourd’hui de même pour l’information,  elle ne peut se voir confinée à une logique marchande.

Appréhender un sujet dans sa complexité, voir les avis se confronter et prendre du recul pour mieux saisir les tenants et aboutissants demeure par essence fastidieux, beaucoup moins excitant que le sensationnalisme véhiculé par les faits divers, brèves percutantes et autres junk news. Privée du fruit des redevances, la diversité du paysage médiatique se verrait menacée,  l’impartialité des médias et de la qualité de leur information aussi. Il en est de même du côté des acteurs culturels locaux qui, jusqu’ à aujourd’hui, bénéficient d’une visibilité conséquente à l’image du cinéma suisse.

Conclusion en forme de point d’interrogation : que donneraient des médias entièrement soumis à des impératifs économiques et d’audimats ? Autrement formulée: quelle humanité afficherait une société dans laquelle chacun serait consommateur avant d’être citoyen  ? 

Mina Sidi Ali & Mabrouk Hosni Ibn Aleya

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