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Publié par le 13.09.2018

Quel enfant d’immigré n’a pas été forcé d’écouter d’une oreille peu attentive les vinyles de son paternel sur de vieilles platines traînant dans le salon, ou sur cassettes re-scotchées lors de voyages au bled? Ces mêmes vieilleries confinées dans les caves et greniers durant des décennies refont surface et sont maintenant appréciées à leur juste valeur. Des pépites devenues raretés et maintenant pourchassées dans le monde entier par djs et collectionneurs. Ces musiques du monde renaissent depuis le nouveau millénaire de leur métissage musical grâce à la nouvelle génération, aux technologies actuelles, au retour du vinyle, à Internet et aux labels à l’affût de fraîches primeurs sonores. Suite aux révolutions arabes, les productions locales sont catapultées comme des projectiles à faire fondre les projecteurs sur le dancefloor, programmées dans les plus grands festivals et salles de concert, révélant un arc-en-ciel d’expressions artistiques aux couleurs flamboyantes méconnues du grand public. Et ce à travers des artistes ayant un désir profond d’exprimer et de révéler réalités et interdits, jusque-là voilés sous cape. Cette électro-orientale mixant musique traditionnelle orientale et sons synthétiques modernes de l’électronique a ses augustes représentants en terre helvétique sous le blaze de Ramin & Reda. Le premier – Ramin Salem -, d’origine iranienne, est né à Bulle, quant à Reda Sayegh, d’origine marocaine et né en Belgique, a atterri tout jeune dans les vignes vaudoises avant de s’installer à Genève. Interview avec ces cracks de l’électro-exotique aux sets aussi obsédants qu’exaltants.

Par THE LINE

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Ramin & Reda : C’est lors d’un apéro, il y a environ un an, et par l’intermédiaire de la copine de Ramin que nous nous sommes liés d’amitié. Après avoir discuté pendant des heures de notre passion pour la même musique, nous avons décidé de nous lancer dans une aventure commune.

Comment vous est venue l’idée de créer votre collectif ?
Ramin & Reda : Un premier essai concluant le 17 juin 2017 a officialisé notre binôme, et ce, lors de la formation du collectif. Reda ayant fait le pont avec ses sept membres qui sont, outre nous deux, Elias du Bled aka Pekodjinn (Tunisie), Ernesto G (Chili), Yazda (Iran et Italie), Rolv.K (Sierra Leone et Norvège) et Larsaint (Éthiopie).

D’où vient l’idée de votre blaze Toucankhamon ?
Ramin & Reda : Le Toucan et Toutankhamon symbolisent la convergence de nos origines orientales, latines et africaines. L’idée de mélanger nos saveurs pour un cocktail éclectique.

Quelle est votre carte d’identité musicale ?
Ramin & Reda : Une transversale entre le Maghreb et le Moyen-Orient, et la musique électronique.

Quels sont vos backgrounds musicaux respectifs ?
Ramin : Je joue du violon dans l’Orchestre des Nations Unies et j’ai grandi avec les vinyles iraniens de mon père qu’il continue d’écouter en coeur.
Reda : J’ai grandi avec la musique marocaine et ai reçu la passion de l’électronique par le biais de mon père ; mêler ces deux genres était une manière de se représenter. Nous sommes fiers de rendre honneur à nos héritages et patrimoines culturels.

Quels sont vos inspirations artistiques ?
Ramin & Reda : Un gros coup de coeur pour Ko shin Moon (groupe électro-oriental parisien), entre oriental et acid house, le Simple Symmetry car ils sont totalement perchés, ainsi que les Djs Baris K et Mehmet Aslan pour leurs edits, ce sont de dignes représentants de l’électro-turque.

Pourriez-vous nous parler de votre projet Mozaik ?
Ramin : Passionné par la musique turque, j’ai réussi, après avoir insisté auprès de Yann (programmateur de la Gravière, ndlr) de nous associer avec la Gravière. A partir de mars de cette année, les collaborations ont débuté avec Baris K et ensuite Mehmet Aslan. Yann et Yacine nous ont fait tout de suite confiance. Sans eux ce projet n’aurait pas pu voir le jour. On les en remercie. C’est un pari entre ce lieu et nous qui nous a réunis derrière une volonté de poursuivre l’émergence de cette scène.

Quels sons passent en boucle en ce moment dans vos écouteurs ?
Ramin & Reda : Nous écoutons les productions des labels Optimo basé à Glasgow et Hard Fist de Lyon, ils sont bouillonnants de créativité.

Une date ou un lieu qui vous a le plus marqués ?
Ramin & Reda : Nous avons pleins de dates gravées à jamais dans nos mémoires, et avons apprécié notre passage lors du Festival Electron dans la Kiss Room du Motel Campo.

Agenda à venir :
05.09 : Mozaïk w/ Cornelius Doctor + Moscoman
08.09 : À la pointe w/ friends
13.09 : La Bâtie Club w/ Les diplomates + Alma Negra
15.09 : Closing du garden w/ Shed aka Head High @ Motel Campo
16.09 : Radio Amazigh by Paloma Colombe @ Le Mellotron
27.09 : La Galicienne, Lausanne (VD)

soundcloud.com/tapisvolant