Go Out Magazine Menu

Publié par le 06.03.2018

Saint-Valentin termine tout juste de saupoudrer ses ondes sucrées sur Genève que le Grand Théâtre jette l’éponge. Du 17 au 29 mars, les histoires d’amour finissent mal à l’opéra, avec deux intrigues dramatiques programmées en binôme. Cavalleria Rusticana de P.Mascagni et I Paggliacci de R. Leoncavallo racontent l’amour trahi, la passion dévorante et la soif de justice. La pagaille des sentiments transportera le public chez les Italiens au sang chaud. Puccini n’est pas loin.

Cavalleria Rusticana P.Mascagni et I Paggliacci de R. Leoncavallo, photo par Erik Berg, photo par Metropolitan Opera, actuellement à l'Opéra des Nations, Genève, du 17 au 29 mars 2018

Cavalleria Rusticana (c)Metropolitan Opera

Odeur de soufre sous le soleil du sud

En matière d’honneur, les Italiens sont chatouilleux, c’est un fait! En première partie de soirée, la Cavalleria Rusticana («chevalerie campagnarde») plante le décor dans un village de la Sicile chrétienne, pendant la messe de Pâques. Sanduzza gravera les mémoires, en héroïne meurtrie et déshonorée qui provoque dans un égarement de désespoir haineux la mort de Turriddu, son amant volage. Composé en 1890, l’opéra en un acte a connu un succès phénoménal dès sa création. La musique de Mascagni se rapproche souvent de la chanson populaire du sud de l’Italie, avec des thèmes qui resteront gravés en tête et de grands pans de musique symphonique qui portent la tragédie avec un romantisme bouleversant, la comme en témoigne la scène finale de la 3ème partie Parrain.

Abîme clownesque

Après l’entracte, l’opéra de Leoncavallo promet un deuxième drame. Écrit en 1892, I Pagliacci («Les clowns») reprend l’histoire vraie d’un fait divers sanglant: au cours d’une représentation de théâtre donnée par une troupe ambulante dans un village de Calabre, le comédien Canio – dit Pagliaccio –, tue sa femme et l’amant de celle-ci, alors que les spectateurs ne comprennent que trop tard le télescopage entre le jeu et la réalité. L’opéra s’est rendu célèbre par son manifeste qui appelle à rapprocher fiction et vie réelle, jusqu’à ne plus savoir distinguer l’une de l’autre. Entre les moments musicaux burlesques et fanfarons, et des airs tristes et amers à fendre l’âme, l’auditeur est mené à travers des tableaux de vie propres à la musique vériste.

Inséparables

Si l’écriture musicale des deux compositeurs diffèrent, leurs deux opéras ont pour tradition de se partager l’affiche depuis 1895, autant dire depuis toujours! L’orchestre de la Suisse romande sera dirigé par le chef d’orchestre britannique Alexander Joël, avec cependant deux metteures en scène italiennes, Emma Dante et Serena Sinigaglia, et deux distributions de chanteurs lyriques essentiellement russes et italiens. Ce sont autant de couleurs de voix pour vibrer et frémir, notamment sur celle du jeune baryton Roman Burdenko, présent dans les deux parties. Dans cette musique aux inspirations populaires, le chœur du Grand Théâtre s’en donnera à cœur joie, en incarnant la foule dans deux partitions très exposées.

Et pour qui voudrait plus de détails sur le spectacle, un musicologue donne quelques clés d’écoute, trente minutes avant le début des représentations, sur la mezzanine du foyer de l’Opéra des Nations (excepté le 29 mars).

RÉSERVER

 

Opéra des Nations
du 17 au 29 mars
40, Avenue de France
1202 Genève
022 322 50 50

Opéra des Nations | Avenue de France, 40