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Publié par le 08.10.2018

Chaleureux et enthousiaste, Steve Roger parle de son métier de co-directeur artistique avec passion. Il a rejoint la prestigieuse agence artistique Caecilia en 2012 après quinze ans passés à la tête de l’OSR. En homme qui aime le challenge, il souhaitait s’engager vers de nouvelles collaborations et sortir de sa zone de confort pour épicer encore davantage une vie qu’il mène intense. C’est avec succès que l’associé de Pedro Kranz a mis sa touche dans la notoriété de sa nouvelle maison, et réussi en équilibriste brillant à conjuguer les différentes activités qui lui incombent. Malgré un emploi du temps de folie, il a su trouver le temps pour partager généreusement son expérience et parler à cœur ouvert de son travail chez Caecilia autour d’un café macchiato. Si la maison est bien connue pour sa série « Grands interprètes » à Genève et Zurich, elle est aussi officiellement pourvoyeuse de talents, mais pas seulement…

Par Anne Fatout 

Comment s’annonce le programme de la saison?
Pour la série « Les Grands Interprètes » au Victoria Hall, le piano est toujours ligne directrice. Nous programmons au minimum quatre récitals de piano sur la série de huit concerts, et même cinq cette année! En plus de cela, nous avons en général un pianiste invité avec un orchestre, et pour compléter la série, nous invitons d’autres instrumentistes.
Cette année, nous aurons deux concerts qui sortent des sentiers battus avec l’Orchestre de Cadaqués et le concerto d’Aranjuez, pour guitare, puis le Requiem Allemand de Brahms, avec l’Orchestre Symphonique de Bâle et l’excellent Chœur MDR de la Radio de Leipzig, dirigés par Marek Janowski.
Pour les récitals de piano, l’agence est fidèle à des artistes que le public a toujours plaisir à réentendre, comme Grigory Sokolov ou Murray Perahia. Ces musiciens incontournables viennent environ tous les deux ans à Genève grâce à Caecilia. Cette année, Barenboim sera de la partie, ainsi que Pollini, qui revient ici après de nombreuses années d’absence. Béatrice Rana complète le casting, en jeune pianiste prometteuse au jeu raffiné.
Parallèlement, la série de musique de chambre qui avait lieu à la Place De Neuve déménage pour deux saisons à la salle centrale (Vieille Ville) pour des raisons de rénovation. Cette série s’articule essentiellement autour du quatuor à cordes, même s’il y a parfois quelques écarts comme cette édition avec un duo violon piano (Renaud Capuçon et David Frey).

Y a-t-il eu des changements depuis votre arrivée chez Caecilia ?
En effet, nous avons développé des concerts hors abonnement à Genève, ce qui ne se faisait pas il y a sept ans. Depuis, nous sommes fiers d’avoir pu faire venir deux fois l’Orchestre Philharmonique de Berlin, et deux fois le Philharmonique de Vienne, chaque fois avec succès.
Cette année, nous aurons quatre concerts hors abonnement, avec entre autres le duo de pianistes Argerich-Kovacevich et Gergiev avec Mariinsky. Le piano reste en tout cas l’instrument phare dans nos saisons, entre solistes confirmés et jeunes prometteurs. D’ailleurs, Caecilia est aussi une agence de représentation d’artistes qui compte beaucoup de pianistes.

Comment s’articulent vos journées ?
Dans la mesure où Caecilia est très active dans trois domaines, il n’y a pas de routine et j’adore ça ! La maison assume à la fois les rôles de représentation, de tourneur et d’organisateurs de concerts. Je commence toujours par superviser les chiffres pour m’assurer d’une vue globale sur la fréquentation des concerts à venir, et j’agis en conséquence. Et aujourd’hui par exemple, je me concentrerai sur les aspects administratifs. Il y a aussi beaucoup de relationnel et de contacts avec les artistes ou avec les autres agents ou directeurs de salle. D’ailleurs, le fait de faire partie de nombreux conseils de fondations et d’avoir des années de carrière me permet à la fois de cultiver un réseau et de me faire recommander en toute confiance de nouveaux musiciens qui n’ont pas seulement du talent, mais aussi le petit plus qui fera la différence. Par exemple, Martha Argerich a été la première à me parler de Babayan il y a quatre ou cinq ans et qui est désormais très demandé. Le conseil de ces experts et leurs mises en lumière avisées sont des sources précieuses. C’est formidable et je les écoute !

Le temps a passé vite et soudain il devait filer, mais restons sur ces impressions : celle d’un passionné qui a côtoyé pléthore d’artistes, dont certains sont aussi devenus des amis. Steve Roger est définitivement un codirecteur qui apprécie avec gratitude les collaborations qu’il a pu cultiver, et le magnifique luxe de pouvoir compter sur ces liens tissés comme une terreau fertile à des productions artistiques de haute qualité, pour notre plaisir à nous.

www.caecilia.ch