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CORUM IS BACK !

C’est l’un des derniers fleurons de la belle horlogerie créative. Corum a été reprise en main il y a tout juste un an par un CEO tout terrain qui, depuis, redonne à la belle ses lettres de noblesse et sa place sur le marché. Homme de terrain, visionnaire, proche de ses détaillants, de ses clients, Jérôme Biard remet Corum au centre de l’échiquier avec patience et maîtrise. Corum is back !

L’horlogerie n’aime pas trop le mouvement, sauf celui qui anime ses montres ! C’est aujourd’hui un marché d’un ordre que l’on croirait devenu immuable. Il y a d’un côté les Big Three (Swatch Group, Richemont, LVMH), complétés de l’indépendant Rolex. A eux seuls, ils rassemblent plus de trente marques couvrant quasiment tout le spectre de l’horlogerie, de quelques dizaines de francs jusqu’à plusieurs millions. De l’autre, pléthore de marques indépendantes, tantôt pour collectionneurs avertis (Richard Mille, Greubel Forsey, Urwerk, MB&F, Bovet, Ferdinand Berthoud, etc.), tantôt pour l’amateur éclairé (Anonimo, Alpina, Bell & Ross, Breitling, Eberhard & Co., Oris, Vulcain, etc.). Entre les deux, il y a… Corum.

 

UN CAS À PART DANS L’HORLOGERIE
Pourquoi cette distinction propre à Corum ? Déjà, son statut : indépendante des grands groupes mais soutenue par un investisseur de taille, Citychamp. Ensuite, par son offre : Corum avance en binôme avec sa marque jumelle Eterna, soutenue par le même groupe mais elle aussi totalement indépendante. Enfin, par son âge : Corum a été fondée en 1955. Elle est donc la cadette des très grandes manufactures genevoises mais, dans le même temps, l’aînée des jeunes pousses « millenials » qui ont changé les règles du jeu par leur audace esthétique et technique.

UN RÔLE DE PRÉCURSEUR
Pour elles, Corum a défriché de nombreux terrains. Il y a, par exemple, le lien entre horlogerie et art contemporain, si cher à MB&F. Il a été conceptualisé par René Bannwart dès la fin des années 50 et perpétué par Séverin Wunderman dans les années 2000, deux CEO historiques de la marque. Il en va de même de la beauté intrinsèque du mouvement, ce calibre si fièrement affiché qu’il se dispense de cadran : c’est l’esprit de la Golden Bridge de Corum avec son mouvement baguette, une géniale invention proposée par le non moins génial Vincent Calabrese en 1977. A cette époque, l’horloger d’origine italienne avait proposé son calibre à bien des marques de renom mais seule Corum eut l’intuition que ce mouvement linéaire, nu, portait en lui les germes d’une nouvelle horlogerie. Calabrese et Corum ont ainsi oeuvré à la naissance de la première montre dont le cadran est mouvement et inversement. C’était il y a quarante ans. Aujourd’hui, c’est devenu monnaie courante dans la haute horlogerie.

 

BEETHOVEN À CUBA
Corum évolue aujourd’hui encore en marge des conventions. Alors que la plupart des maisons se cramponnent à la mode du vintage, elle développe des nouveaux modèles, signe des nouveaux partenariats. Il n’est ici nulle question de stars de cinémas, d’inflenceurs millenials mais
d’artistes au talent atypique, sans critère de notoriété ou, pire, d’abonnés sur Instagram. Il en va ainsi de Joachim Horsley. Cet épatant pianiste de formation classique a littéralement été subjugué par la musique cubaine lors d’un séjour à La Havane. A son retour, l’homme entreprit de revoir la totalité de son répertoire classique à la sauce salsa. Voilà comment Bach et Beethoven se sont retrouvés arrangés de sauce épicée, d’un rythme endiablé et de percussions envoûtantes. Corum a su saisir au vol cet improbable talent pour rendre justice à son audace. C’est chose faite, notamment avec un modèle de Golden Bridge qui lui est spécialement dédié. Joachim Horsley est aujourd’hui en train de connaître un succès croissant. En marge, Corum a dévoilé de nouvelles versions de son Admiral. Toujours pas de tentation vintage à l’horizon : cette création nautique étend son champ d’action du pont au ponton, de l’embarcadère au dîner en plein air, révélant sa polyvalence sport-chic à ceux qui veulent sortir des poncifs établis. Même chose pour les dames, l’horlogerie se réinvente, drôle, ludique, effrontée : les Mini Bubble que Corum vient de dévoiler ne ressemblent à rien qui n’existe déjà, avec leur verre saphir en forme de bulle qui dessine une montre bracelet (ou un bracelet montre ?) à l’allure polissonne.