Go Out Magazine Menu

Publié par le 08.12.2017

Un coup d’œil à sa filmographie suffit à réaliser ce constat: Chabat ne bluffe pas. Respectivement mi-homme mi-chien pour Didier (1997), Jules César pour Astérix & Obélix Mission Cléopâtre (2002) ou encore guérissologue de l’âge de Pierre pour RRRrrrr!!! (2004), ses personnages sont résolument fantasques. Dans sa dernière production Santa & Cie, il incarne un Père Noël en détresse à l’épaisse barbe blanchâtre se pointant à Paris pour trouver de la vitamine C afin de guérir ses lutins, J-3 avant la distribution des cadeaux. Pour sa cinquième réalisation, ce pilier de l’esprit Canal (porté aujourd’hui disparu par la prétendue clairvoyance artistique de Bolloré) concilie conte de Noël moderne avec l’humour décalé qu’on lui connaît, pour une totale réussite. Après avoir dégusté gencives de porc et autres clapiottes, Alain Chabat aka Serge Karamazov (ou l’inverse, on ne sait plus vraiment) nous reçoit à l’Hôtel Métropole pour le cuisiner façon Burger-Quiz sur sa dernière nouveauté, en salles depuis le 6 décembre. Entre deux pas de carioca et un peu de whisky (juste un doigt) l’ex-Nul s’est confié à Go Out! le temps d’un interview, dont on vous livre l’intégrule. 

Par François Graz 

Quelle a été la genèse de Santa & Cie ? Pourquoi avoir décidé de réaliser un film qui se déroule à Noël, chose rare dans le cinéma français ? J’ai été aux Etats-Unis pendant la période de Noël 2015 et j’ai pu constater que les Américains s’investissaient littéralement à fond dans cette fête ! C’est à partir de là que l’idée du Père Noël qui débarque sans prévenir quelques jours avant la date fatidique m’est venue. De plus le mélange de rire et d’émotion que dégagent les films qui traitent de ce moment de l’année m’a toujours beaucoup plu.

Les effets spéciaux du film, en plus d’être particulièrement réussis, sont l’œuvre d’une société française. C’était important pour vous de miser sur du « Made in France » ?  Oui, pour plein de choses. Déjà on a les talents qu’il faut en France pour les réaliser, c’était donc l’option qui a retenu mon attention. Ensuite au niveau de l’organisation de travail c’est beaucoup plus simple de se coordonner avec des sociétés françaises qu’on peut aller voir directement, c’est un gain de temps énorme.

Suite à Asterix & Obélix mission Cléopâtre et Sur la piste du Marsupilami, vous mettez en scène le Père Noël. Expliquez-nous cette attraction pour les icônes de la jeunesse.  Je pense qu’il y a en effet une part d’enfance et d’émerveillement dans le contenu de mes réalisations. J’ai grandi mais cela ne veut pas dire que j’abandonne l’enfant qui sommeille en moi et qui sommeille en chacun de nous. J’ai la chance d’avoir un travail qui me permet de réveiller cet enfant le temps d’une réalisation, et ça me plaît !

Lors d’un passage du film, vous faites référence à La cité de la peur. Comment expliquez-vous l’aspect « culte » du film co-réalisé avec Alain Berbérian ?  On a beaucoup de chance que ce film, malgré les années, garde son statut d’œuvre culte. Je suis halluciné que quelle que soit la génération dont font partie les personnes qui le découvrent, l’effet est toujours le même : les gens se marrent, comme ils se marraient déjà lors de la première projection en salle, je m’en souviens comme si c’était hier. Donc pour répondre à la question honnêtement je ne sais pas, en tout cas il y a quelque chose de magique avec ce film.

Une anecdote encore inconnue sur La cité de la peur à nous livrer ?  Ah pas mal ! Laisse-moi réfléchir que je te trouve ça… (il marque un temps d’arrêt). Pour la production du film on avait besoin de créanciers, du coup on envoyait le scénario à différentes boîtes susceptibles de le financer. L’une d’elle nous avait renvoyé le script avec des notes sur ce qui n’allait pas. Concernant la scène de Vera Cruz qui n’a absolument aucun rapport avec la trame du film, il était mentionné en rouge : « c’est inutile ». Étant donné que c’est justement tout le concept de cette scène ça nous a bien fait rire.

D’où vous est venue l’idée de grimer Jean-Pierre Bacri en Père Noël ? À chaque fois que je réalise un film j’ai toujours envie de l’inviter et il a toujours envie d’y participer, donc pour Santa & Cie on était tous les deux d’accord de le déguiser en Père Noël. Ce qui est bien avec Jean-Pierre, c’est que même s’il est peu reconnaissable à l’écran avec son costume, dès le premier mot qu’il dit on sait que c’est lui !

Santa en compagnie de son mystérieux alter-ego

Santa & Cie de et avec Alain Chabat

Avec Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Bruno Sanches

Dans les salles de Suisse romande depuis le 6 décembre