Go Out Magazine Menu

Publié par le 19.02.2018

Sorti depuis trois mois, Trône permet à Booba de siéger au sommet des charts et de récolter au passage un double disque de platine comme tout duc qui se respecte. Force est de constater que l’empereur B2o réussi tout ce qu’il entreprend, aussi bien musicalement que commercialement. Go Out! s’est invité à l’épopée pour un ping pong verbal en compagnie, de ce que l’on surnomme modestement seigneur des punchlines et roi du bourbon lors de la sortie exclusive de son parfum KoEptYs . Booba parle peu mais juste, lui qui vient de reléguer au rang de simples valets ses principaux rivaux. Entretien avec une tête couronnée. (de succès)

Par François Graz

Expliquez-nous la genèse de votre parfum, pourquoi cette collaboration ? C’est à Miami, ou je réside, qu’a eu lieu ma rencontre avec les représentants de Nejma. C’est une marque dont j’apprécie les produits, donc l’idée d’une collaboration s’est directement imposée. Ceci dit, la conception du parfum a pris du temps, afin de présenter la meilleure fragrance possible. J’en suis très fier.

C’est votre deuxième réalisation olfactive suite au parfum Unkut sorti il y a trois ans, pourquoi cet attrait pour le milieu de la parfumerie ? C’est simple, à partir du moment où j’aime quelque chose, je sais que je vais m’investir à fond si une opportunité de création se présente. Par exemple ma marque de vêtement Unkut est née car à la base je suis passionné de sapes. Lorsque j’ai eu la possibilité d’avoir du textile à mon image, j’ai pas hésité une seule seconde. C’est valable pour tout ce qui me plait, si demain on me propose de façonner une marque de voiture, je te crée une 800 chevaux direct! (rires)

Autre collaboration gustative cette fois, votre bouteille de whisky, la D.U.C. Racontez-nous cette création. Grand consommateur de whisky que je suis, j’ai toujours voulu posséder ma propre fabrication. Le projet date de 10 ans au moins, mais il ne s’est concrétisé que récemment. Pour l’anecdote j’ai rencontré par hasard dans mon immeuble de Miami l’un des distillateurs de la Maison Daucourt, et on a commencé à en parler.

Fini le Jack Daniels sur scène, place au D.U.C ? Exactement, cette époque est révolue !

Récemment la condescendance de certains médias, et plus particulièrement les émissions de télévision à propos des rappeurs à fait débat. Selon vous, pourquoi le sujet de la culture rap est si mal maitrisé en France notamment ? En même temps ils ne connaissent totalement rien au sujet, et pourtant ils nous invitent quand même, donc à partir de là c’est difficile pour eux. C’est comme si je m’aventurais sur le terrain du vin naturel sans m’y connaitre. Au final quand tu te retrouves sur un plateau télé tu subis l’interview plus que tu n’y participes car le mec en face ne te pose pas de questions pertinentes. Du coup on n’y va plus.

Vous n’êtes plus obligé de passer par la « case télé » pour promouvoir vos projets ? Avant pour faire connaitre ton album tu devais espérer être invité chez Ardisson par exemple, histoire d’acquérir une certaine visibilité. Sauf que ces gens-là ne connaissent pas les codes du rap et encore moins ton parcours, ils te perçoivent juste comme une bête de foire. Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir communiquer mes projets directement sur les réseaux sociaux, ce qui m’offre une plus grande exposition qu’à la télévision.

Y-a-t-il encore des médias qui maitrisent l’univers du rap ? Oui bien sûr qu’il y en a, et heureusement d’ailleurs. Je pense aux gars de Konbini et de l’Abcdr du son, qui savent clairement de quoi ils parlent. Quand t’as le Parisien qui passe derrière tu vois tout de suite la différence. C’est aussi pour ça que j’ai créé OKLM radio, pour proposer du contenu destiné à des connaisseurs par des connaisseurs. À titre d’exemple Mehdi Maizi qui bosse chez nous, le mec est passionné de rap et on le ressent pendant ses interviews. C’est autre chose que toute la clique de Skyrock.

Que pensez-vous de l’actuelle scène rap Suisse ? Justement j’en parlais avec un pote avant l’interview. Niveau rap Suisse j’en suis resté à Sens Unik et Double Pact, ça date un peu quand même !

Quel est le lieu où vous passez obligatoirement lors de vos venues à Genève ? Ça il vaut mieux que je te le dise après l’interview (rires)

Je vous laisse le mot de la fin. Le combat continue !

Pour assister aux joutes verbales de B2O c’est par ici.

@Nicolas Rivals