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Publié par le 20.04.2016

Genève entre art et histoire

Anciennement baptisée Haute-Ville, la Vieille-Ville a toujours constitué un centre des arts, entre musées, galeries, antiquaires et marchands spécialisés. De l’Antiquité à l’art contemporain, le quartier révèle l’art depuis les origines à nos jours. Depuis 2007, marchands et musées sont regroupés au sein d’AVV. Cette association d’Art en Vieille-Ville compte parmi ses membres la Fondation Baur, les galeries Patrick Gutknecht, Rosa Turestky, de Jonckheere ou encore Gagosian Gallery. A leur tête, c’est Marie-Laure Rondeau de la Galerie Grand-Rue, spécialisée en œuvres sur papier des XVIIIème et XIXème siècles. Rencontre avec la présidente d’AVV.

Interview : Olivier Gurtner

Marie Laure Rondeau, propriétaire de la galerie Grand-Rue et fondatrice d'AVV

Marie Laure Rondeau, propriétaire de la galerie Grand-Rue et présidente d’AVV

 

Comment s’est créée l’association Art en Vieille-Ville ?

Avec Catherine Tabatabay-Schmitt et François Horngacher, nous avions décidé d’organiser des vernissages ensemble. J’avais également tenu des dîners communs avec la galeriste contemporaine Charlotte Moser. C’était une époque où les contemporains n’aimaient pas l’art ancien. Par la suite, Catherine avait insisté pour qu’on édite un plan commun et qu’on lance une association. Tout a vite démarré, avec Zannettacci, Krugier, etc. L’année dernière nous ont rejoint Sébastien Bertrand, Salomon Lilian et Charly Bailly.

Quelle est la mission d’AVV?

D’abord défendre le grand éclectisme dont on peut se prévaloir, de l’art antique à l’art contemporain en passant par le XVIII-XIXème siècles. Ensuite, le but est que les Genevois redécouvrent leurs galeries, alors que les gens viennent du monde entier nous voir. Et ça marche très bien, puisque nous en sommes à la 19ème édition de nos vernissages communs!

On ne peut s’empêcher une comparaison avec Quartier des Bains. Vous en êtes-vous inspirée ?

Plutôt du Carré Rive Gauche de Paris en réalité. Au début tout le monde disait «c’est une bonne idée» mais personne ne s’y mettait concrètement. D’ailleurs, nous devrions davantage collaborer avec Quartier des Bains, qui est aussi une démarche inédite. Vous savez, peu de villes ont ce système

artgenève a connu une belle évolution depuis quelques années. Sentez-vous son impact sur les galeristes de la Vielle-Ville ?

Pour nous, c’est important de jouer le jeu. Il y a une telle démarche de la part d’artgenève que nous devons répondre présent. Cela implique des portes ouvertes. Il est important que les gens viennent à Genève pour l’art, notamment grâce à ses musées privés: Baur, Barbier, Patek Philippe. Mais il est essentiel que cette ville ait un musée public phare.

Comment évolue le marché de l’art en Suisse ?

Cela fait 28 ans que j’ai repris la Galerie Grand-Rue. Côté contemporain, il a complètement émergé. Du côté de l’art ancien, les marchands se raréfient et les clients recherchent davantage du particulier, de l’exceptionnel. Or, ces pièces sont évidemment rares

Comment distinguer le marché de l’art ancien et contemporain?

Je n’aime pas beaucoup qu’on distingue les deux. Un amateur d’art contemporain collectionne souvent de l’art ancien. Il n’y a pour moi pas de rupture : l’un reste une source pour l’autre, et les démarches sont les mêmes, bien que si les medium changent.

Vous dirigez la galerie Grand-Rue spécialisée dans les œuvres sur papier du XVIIIème et XIXème siècles. Quel sera votre prochain accrochage ?

Notre prochaine exposition concerne le Grand-Tour, ce fameux itinéraire des jeunes élites de l’Italie à l’Egypte, en l’occurrence présenté par l’artiste suisse Abraham Louis Rodolphe Ducros. Il arrive totalement inconnu en Italie avant de s’associer avec un graveur et y rencontrer un grand succès, puisque même Catherine II de Russie achète une série de ses gravures aquarellées. Dans le fond, j’aime le voyage et les souvenirs qu’il crée, c’est pour ça que j’ai crée cette galerie.

Galerie Grand Rue crédits G.Maillot de point-of-views.ch

Galerie Grand Rue – Crédits G.Maillot de point-of-views.ch

Pour terminer, vos coups de cœur pour le prochain vernissage commun?

Dans le désordre, je recommande de voir Fernand Léger chez Bailly Gallery, les Mountain Prints d’Ed Ruscha à Gagosian, la magnifique tête d’Aphrodite à Phoenix Ancient Art. Chez Anton Meier, c’est «Prisons imaginaires», une exposition de gravures en noir et blanc réunissant trois artistes sur 200 ans: Piranesi, Gachnang et Melcher.

Art en Vieille-Ville 

Galerie Grand-Rue –  Grand Rue 25, 1204 Genève  – 022 311 76 85