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Publié par le 05.12.2017

De visée internationale mais teinté dune essence vernaculaire si appréciée, le salon dart contemporain artgenève sinstalle pour la 7ème édition à Palexpo du 1er au 4 février 2018 pour y présenter art contemporain et art moderne abstrait. Nouveauté cette année : une «foire dans la foire» destinée au design et aux arts premiers. Elevé au fil des éditions au rang de salon émérite dans le paysage artistique qui attire les notables du domaine de même que les collections publiques et privées, l’événement draine un public averti régional comme cosmopolite ainsi que le néophyte. La manifestation sexporte derechef hors-les-murs pour ravir les rivages de la Rade en proposant diverses réalisations offertes gracieusement à la vue du public. Cette édition est assurément placée sous les auspices de lart monumental avec le lancement, cet été, dune biennale de sculpture en plein cœur du jardin des Eaux-vives sous limpulsion de Thomas Hug, directeur de artgenève.

Artgeneve, Stand de la galerie Maria Wettergren - MW Galerie

Artgenève – Palexpo 2017

Une identité propre

artgenève, c’est avant tout une rencontre intimiste de divers horizons dans un haut lieu d’exposition romand. L’univers plus calfeutré de la manifestation eu égard à sa consœur bâloise la transforme en un salon qui remédie à cette fatigue des foires comme le soulève justement Thomas Hug. En effet, galeries et institutions – limitées à 100 exposants dont une vingtaine romands –présentent leurs œuvres et entretiennent le lien d’une symbiose qui semblait se perdre au gré des trop nombreuses manifestations d’art contemporain, parfois sans identité. Les nombreux partenariats avec le monde culturel genevois et d’ailleurs illustrent la volonté de faire rencontrer le local et le cosmopolite au fil de leurs pérégrinations.

Installation d'art contemporain de Giuseppe Penone pour Artgeneve. Son nom est Luce e Ombra

Installation d’art contemporain de Giuseppe Penone pour Artgeneve 2018

Quid cette année?

artgenève se pare des couleurs de différents drapeaux en accueillant notamment la fondation moscovite V-A-C dédiée à la présentation, à la production et au développement de l’art russe mais également une réalisation monumentale d’un arbre de l’italien Giuseppe Penone. Cette année, le travail sera pensé de manière verticale afin de profiter de la hauteur des halles d’exposition et d’élever l’horizon artistique de ce salon d’exception. La suissitude sera évidemment représentée avec comme figures de proue le collectionneur zurichois Michael Ringier ou l’artiste bâlois Martin Disler, dont une prestigieuse collection genevoise dévoilera un large panel de dessins. Côté innovation, artgenève tente la mise en abyme et proposera un salon dédié au design au sein même du salon général avec la venue du PAD –  Pavilion of art and design. Cette volonté dénote l’envie de rendre accessible ou, plus simplement, de faire connaître au chaland cette branche de l’art contemporain.

Et si lon nest pas (encore) millionnaire ?

Une foire d’art est par essence un lieu commercial dédié à la vente des œuvres qui s’échangent parfois à des prix astronomiques, comme l’arbre de 12 m de Giuseppe Penone, récemment acquis par un collectionneur genevois et qui trônera au sein de l’événement. Mais artgenève se distingue de ses concurrentes en offrant tout un volet non lucratif de qualité. « C’est une particularité qui fait l’identité de artgenève » nous explique Thomas Hug. En effet, outre les stands de galeries commerciales l’événement accueille aussi de nombreuses institutions, musées et fondations. Dont le Fonds cantonal d’art contemporain qui, faute d’espace assez conséquent, y exposera des œuvres achetées récemment. L’occasion de découvrir la collection publique genevoise. D’ailleurs, les deux sont intimement liés, les institutions offrant une visibilité aux artistes exposés dont jouissent ensuite les galeries pour leurs ventes. Cette marchandisation de l’art permet de revenir sur ce monde au fonctionnement bien complexe. Marché primaire ou secondaire, la vente de l’art répond à des normes strictes. artgenève ressortirait au niveau de l’art contemporain du marché primaire qui consiste à mettre en lien des artistes vivants qui passent par des galeries afin de vendre leurs œuvres à contrario du marché secondaire qui n’entretient aucun lien direct avec la création, le créateur. Le marché de l’art est une mécanique complexe, dont les rouages se trouvent d’habitude aux quatre coins du monde, et artgenève est l’un des rares lieux où l’on peut observer les dynamiques entre marché privé et institutions de renom à quelques mètres les unes des autres.

Installation Chiharu Shiota, Uncertain Journey, Blain à Artgeneve à Geneve

Installation Chiharu Shiota à l’honneur d’Artgeneve 2018

Un jardin pour Max Bill

C’est désormais une tradition. Chaque année artgenève accueille son monumental « estate show ». Si l’édition de 2016 a consacré Anthony McCall avec son installation lumineuse crépusculaire qui s’étendait sur 2’000 m2, c’est désormais Max Bill qui se voit offrir cet honneur avec la construction d’un jardin à l’intérieur des halles de Palexpo, où l’on pourra flâner et découvrir des sculptures de l’artiste helvétique. Un projet, un seul, mais « Plus grand qu’à unlimited » (les œuvres monumentales de Art Basel ndlr), s’enorgueillit Thomas Hug, dont le choix champêtre n’est pas innocent, puisqu’il annonce en réalité un grand projet à venir.

Sculpture de Max Bill pour la foire artgeneve qui aura lieu en janvier 2018 à Genève

Max Bill sculpture

Cet été, une biennale de la sculpture à Genève

Sortez vos agendas. Cet été Genève devrait accueillir sa première biennale de sculpture. L’événement, organisé sur un rythme biannuel sous le commissariat de Lionel Bovier, directeur du Mamco et diverses institutions de la ville prendra place dans le cadre idyllique du parc des Eaux-Vives qui se verra fleuri de quelques-uns des plus grands noms de la sculpture contemporaine. Si l’objectif est de faire de Genève une ville étape pour les riches collectionneurs et professionnels sur la route de Art Basel, le flâneur genevois ne peut que s’en réjouir.

On l’a compris, plus qu’une simple foire d’art, artgeneve est devenue au fil de ses éditions et notamment grâce à ses projets publics l’un des moteurs de la vie artistique genevoise. Celle qui modestement se nomme salon réunit en réalité un grand nombre des acteurs de l’art, galeries locales et internationales, mais aussi musées et fondations prestigieuses, sans oublier les écoles d’art. Elle rassemble collectionneurs, amateurs et flâneurs avec un objectif clair, faire de Genève un pôle culturel et artistique à l’image de ses voisines européennes.

Texte: Quentin Arnoux et Alexandre Venezia