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Publié par le 17.07.2018

Elle est de ces artistes qui captivent. Autour d’un verre, on l’écoute sans voir l’heure tourner; devant ses œuvres on voyage loin, très loin, au cœur d’un art nourri de thématiques à la fois intimes et universelles. Son approche artistique touche tant par l’engagement que par la sincérité déployée dans des œuvres pluridisciplinaires, avec une mention particulière pour ses vidéos dans lesquelles elle se met parfois en scène avec pudeur et tendresse. En résulte une pratique impossible à catégoriser tant elle est instinctive et le reflet d’une personnalité que rien ne semble pouvoir arrêter. Née en Allemagne en 1982, l’artiste au regard passionné allie franc parler, douceur candide et tatouages en nombre; un mélange détonant pour celle qui met son art au service des autres et tient autant à évoluer dans le sillon traditionnel de l’art contemporain qu’en parallèle. Rencontre avec Annina Roescheisen, installée entre Paris, New York et, depuis peu, Genève.

Par Lucia VON GUNTEN

Annina Roescheisen (c)Atisha Paulson, Elle est de ces artistes qui captivent. Autour d’un verre, on l’écoute sans voir l’heure tourner; devant ses oeuvres on voyage loin, très loin, au coeur d’un art nourri de thématiques à la fois intimes et universelles. Son approche artistique touche tant par l’engagement que par la sincérité déployée dans des oeuvres pluridisciplinaires, avec une mention particulière pour ses vidéos dans lesquelles elle se met parfois en scène avec pudeur et tendresse. En résulte une pratique impossible à catégoriser tant elle est instinctive et le reflet d’une personnalité que rien ne semble pouvoir arrêter. Née en Allemagne en 1982, l’artiste au regard passionné allie franc parler, douceur candide et tatouages en nombre; un mélange détonant pour celle qui met son art au service des autres et tient autant à évoluer dans le sillon traditionnel de l’art contemporain qu’en parallèle. Rencontre avec Annina Roescheisen, installée entre Paris, New York et, depuis peu, Genève, par lucia von gunten, go out magazine

Annina Roescheisen (c)Atisha Paulson

Derrière les apparences

En mars dernier Annina Roescheisen célébrait son arrivée à Genève dans une exposition à Freestudios partagée avec son ami, le sculpteur français Antoine Vidal. Pour cette première en terre genevoise, l’artiste avoue s’être lancée un défi en voulant privilégier la présentation fragmentée plutôt qu’intégrale d’une partie de ses œuvres. Une manière pour elle de mettre en évidence le fil rouge de son art avec des extraits photos et vidéos qui se rejoignent dans un langage métaphorique où le questionnement identitaire et émotionnel s’épanouit dans un traitement poétique et esthétique.

On le devine rapidement, Annina Roescheisen aime la prise de risque, une volonté qui se matérialise par un recherche artistique aux accents méditatifs et dont « La Pietà » (2013), une de ses œuvres les plus remarquées, fournit un exemple probant. Derrière l’emprunt à la sculpture monumentale de Michel-Ange, l’artiste touche au passage de l’enfance à l’âge adulte de façon saisissante. Un éveil à la fois merveilleux et brutal traduit par cinq vidéos successives où la candeur de l’enfance s’efface peu à peu devant les marques d’une réalité ponctuée d’épreuves. Ici, la posture mariale adoptée par l’artiste face caméra, la tranquillité apparente de la scène et silence lourd sont autant d’éléments persistants qui viennent déranger l’apparence séduisante d’une image en mouvement presque figée. Une oeuvre qui à elle seule laisse deviner le caractère introspectif et hautement symbolique de l’artiste.

La Pietà (2013) (c)Annina Roescheisen, Elle est de ces artistes qui captivent. Autour d’un verre, on l’écoute sans voir l’heure tourner; devant ses oeuvres on voyage loin, très loin, au coeur d’un art nourri de thématiques à la fois intimes et universelles. Son approche artistique touche tant par l’engagement que par la sincérité déployée dans des oeuvres pluridisciplinaires, avec une mention particulière pour ses vidéos dans lesquelles elle se met parfois en scène avec pudeur et tendresse. En résulte une pratique impossible à catégoriser tant elle est instinctive et le reflet d’une personnalité que rien ne semble pouvoir arrêter. Née en Allemagne en 1982, l’artiste au regard passionné allie franc parler, douceur candide et tatouages en nombre; un mélange détonant pour celle qui met son art au service des autres et tient autant à évoluer dans le sillon traditionnel de l’art contemporain qu’en parallèle. Rencontre avec Annina Roescheisen, installée entre Paris, New York et, depuis peu, Genève, par lucia von gunten, go out magazine

La Pietà (2013) (c)Annina Roescheisen

Un art nourri d’histoire

Cette considération pour les grands maîtres du passé et les rappels iconographiques qui en découlent s’ancre logiquement dans le parcours de l’artiste allemande qui, après des études d’histoire de l’art et de philosophie, fait un bref passage dans les maisons de vente aux enchères avant d’investir l’atelier et de développer une activité de mannequinat en à-côté. Une personnalité plurielle qui échappe aux définitions strictes, à l’image de ses influences qui s’étendent de l’art médiéval à l’art contemporain, jusqu’à déborder sur les théories de la couleur développées par des hommes de lettres et penseurs tels que Goethe, Schopenhauer au début du XIXe siècle, et Wittgenstein au milieu du XXe siècle.

La couleur est une composante primordiale à laquelle Annina Roescheisen attribue une signification symbolique particulière dont celle du retour sur soi, en écho à sa fascination pour le romantisme allemand, le fauvisme, l’expressionnisme ou encore le préraphaélisme. Des courants artistiques que l’artiste regarde avec nostalgie face à certaines pratiques contemporaines qu’elle considère parfois trop attentives, bien que nécessaires, au monde qui nous entoure mais paradoxalement détachée de l’humain et des émotions primaires qui le caractérisent.

Fenêtre sur le Monde

Avec ses œuvres, Annina Roescheisen invite le spectateur à se rapprocher de son intériorité, de ce moi qui sous l’injonction des événements et sollicitations extérieurs, tend à sommeiller dans l’abîme de notre être. Pour cela, l’artiste n’hésite pas à s’attaquer au départ à des sujets durs et intimes pour ensuite les aborder dans des réalisations où poésie et sensualité règnent en maître. Et ce jusqu’à brouiller les frontières entre imaginaire et réalité, beauté et horreur, bien-être et souffrance. Loin des propositions qui laissent libre cours à l’interprétation du spectateur, l’artiste allemande revendique clairement une intention d’attiser l’émotion, sans pour autant la provoquer de manière contrôlée. En effet, s’il est important de créer une réaction ou un sentiment, peu importe sa nature, précise l’artiste.

Ainsi, au fil des vidéos Annina Roescheisen traite avec une dignité rare de l’universalité humaine à travers les thématiques de l’amour, l’appartenance et la dualité de l’être, le cheminement de la vie ou encore celle du suicide dans « The Exit fairytale of suicide » (2016). Ici, une intention particulièrement délicate qu’elle présente dans une mise en scène allégorique réalisée grâce au renvoi à la symbolique de la nature morte et plus particulièrement aux vanités – un sujet pictural très en vogue dans l’Europe du XVIIe siècle, métaphore de la prévalence de la mort face au caractère vain des connaissances et des plaisirs de la vie.

The Exit Fairytale of Suicide (2016) (c)Annina Roescheisen, Elle est de ces artistes qui captivent. Autour d’un verre, on l’écoute sans voir l’heure tourner; devant ses oeuvres on voyage loin, très loin, au coeur d’un art nourri de thématiques à la fois intimes et universelles. Son approche artistique touche tant par l’engagement que par la sincérité déployée dans des oeuvres pluridisciplinaires, avec une mention particulière pour ses vidéos dans lesquelles elle se met parfois en scène avec pudeur et tendresse. En résulte une pratique impossible à catégoriser tant elle est instinctive et le reflet d’une personnalité que rien ne semble pouvoir arrêter. Née en Allemagne en 1982, l’artiste au regard passionné allie franc parler, douceur candide et tatouages en nombre; un mélange détonant pour celle qui met son art au service des autres et tient autant à évoluer dans le sillon traditionnel de l’art contemporain qu’en parallèle. Rencontre avec Annina Roescheisen, installée entre Paris, New York et, depuis peu, Genève, par lucia von gunten, go out magazine

The Exit Fairytale of Suicide (2016) (c)Annina Roescheisen

Engagée envers et contre tout

Cette volonté de s’attaquer à des sujets sensibles, de voyager au plus proche de son être et de toucher autrui, révèle les convictions d’une artiste qui, fidèle à ses croyances et aux causes humaines universelles, s’engage avec et pour les autres. C’est le cas lorsqu’elle porte ou participe à des projets dédiés aux enfants atteints d’autisme, à la promotion de la paix, à la préservation de cultures autochtones en Colombie et pour le soutien des sans-abri en Suisse romande (« Nobody – Somebody », 2018). Des engagements qui s’imposent à elle et qu’elle tient à défendre en dépit de difficultés et de concessions qu’elle voit comme le prix de sa liberté d’artiste.

Aujourd’hui, à 36 ans, Annina Roescheisen s’amuse de cette persévérance extrême qu’elle explique comme faisant partie d’une destinée qui la guide depuis la vente de sa première oeuvre, intitulée « Make a Wish », qu’elle reverse alors à une association engagée pour l’autisme. Une détermination sans faille grâce à laquelle elle continue de se battre pour des projets ambitieux tels que #WhatBringsPeace, lancé en 2016. En marge de ses activités sans but lucratif, l’artiste se concentre actuellement sur « Black and Blue » (2017-) une série d’oeuvres papier mêlant dessin et peinture qui explorent les mécanismes de la perception face à l’invisible. Une nouvelle occasion pour Annina Roescheisen d’appréhender le monde et plus particulièrement les méandres des sentiments humains qui résonnent comme le leitmotiv de son langage artistique.

Black No. 11 (2017) de la série « Black & Blue » (c)Annina Roescheisen, Elle est de ces artistes qui captivent. Autour d’un verre, on l’écoute sans voir l’heure tourner; devant ses oeuvres on voyage loin, très loin, au coeur d’un art nourri de thématiques à la fois intimes et universelles. Son approche artistique touche tant par l’engagement que par la sincérité déployée dans des oeuvres pluridisciplinaires, avec une mention particulière pour ses vidéos dans lesquelles elle se met parfois en scène avec pudeur et tendresse. En résulte une pratique impossible à catégoriser tant elle est instinctive et le reflet d’une personnalité que rien ne semble pouvoir arrêter. Née en Allemagne en 1982, l’artiste au regard passionné allie franc parler, douceur candide et tatouages en nombre; un mélange détonant pour celle qui met son art au service des autres et tient autant à évoluer dans le sillon traditionnel de l’art contemporain qu’en parallèle. Rencontre avec Annina Roescheisen, installée entre Paris, New York et, depuis peu, Genève, par lucia von gunten, go out magazine

Black No. 11 (2017) de la série « Black & Blue » (c)Annina Roescheisen

Black and Blue par Annina Roescheisen
Exposition personnelle
Du 1er au 22 septembre 2018
Galerie Speerstra
24 Rue Saint-Claude
75003 Paris, France

Informations, images et vidéos d’œuvres
sur le site de l’artiste anninaroescheisen.com

Galerie Speerstra | Rue Saint-Claude (Paris)