Go Out Magazine Menu

Publié par le 12.04.2018

Coincé entre les Réalistes et les Impressionnistes, le peintre naturaliste Jules Adler est de ces artistes dont le souvenir est rayé du panorama de l’histoire de l’art et ne subsiste que sur sa terre franc-comtoise. Une réflexion pourtant sensible survole la production de cet artiste qui fend littéralement les XIXe et XXe siècles et qui se pose comme illustrateur de la condition de l’homme; des scènes de la vie quotidienne à la Belle-Époque jusqu’à la représentation accablante d’un sous-prolétariat majoritaire à Paris. C’est un parcours aux multiples facettes sous la Troisième République que se propose de retracer Le Palais Lumière D’ Evian du 3 Mars au 31 mai 2018 grâce à la collaboration du Musée de Dole et de l’Université de Dijon.

Tableau de Jules Adler Jeune gars en casquette

Tableau de Jules Adler Jeune gars en casquette

Méandres artistiques

La préoccupation quant à la manière la plus adéquate de représenter le réel est un débat ouvert qui ne trouve toujours pas sa réponse bien que le XIXe siècle se plaise à proposer plusieurs solutions auxquelles Jules Adler prête volontiers attention. Ses débuts illustrent une réalité teintée de progrès scientifique et de littérature Zolienne, lesquels s’effacent peu à peu avec la fin du siècle qui sonne définitivement le glas de cette préoccupation positiviste de la vie. Néanmoins, la teneur naturaliste est toujours présente ; dans un contexte de démocratie et surtout de socialisme, Jules Adler s’intéresse à la condition sociale -jusqu’à ses exemples les plus poignants- et découvre dans les chemineaux notamment et autres figures populaires, une humilité saisissante qui devient, dès lors, son sujet de représentation favoris.

Jules Adler "La grève au Creusot"

Jules Adler « La grève au Creusot »

 Peintre des humbles et célébration ouvrière

Sous la notion d’humbles sont représentés en réalité plusieurs types de personnes. Ce conglomérat personnifié par des indigents sans travail, des miséreux ou des travailleurs en marge des conditions salariales, caractérisent un sous-prolétariat qui, dans l’ombre, domine les rues de Paris. Ces humbles sont alors moins définis par leur travail, qui ne leur rapporte rien, que par la rue où ils tentent de vivoter. Cette question sociale est saillante dans la production d’Adler qui en propose une description complète, de la misère des humbles à la sueur nécessaire versée par les acteurs de l’industrie. Adler se place alors dans la lignée des artistes qui proposent à la fin du XIXè siècle, d’héroïser, par une mise en scène théâtrale, le monde ouvrier qui participe à la modernisation rapide de la France.

Tableau du peinture Jules Adler

Jules Adler, Peindre sous la Troisième République
Du 3 Mars au 21 Mai 2018
Palais Lumières D’Evian
Quai Besson, 74500 Évian-les-Bains, France
+33 4 50 83 15 90

Palais Lumière Evian