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Publié par le 13.12.2018

Désormais incontournable, le très couru défilé annuel de la HEAD (Haute École d’art et de design de Genève) nous a encore scotché le 9 novembre dernier par la qualité et la dextérité de ses diplômés. 240 créations, 67 modèles et 2027 convives, le tout chapeauté par un jury de haut vol présidé par le styliste belge romantico-rock, Olivier Theyskens. Jeune prodige, sa carrière fulgurante débute à ses 20 ans; tout juste diplômé de La Cambre il lance sa marque éponyme, avant de rejoindre Rochas, Nina Ricci, Theory puis de revenir à son premier label en 2016. De sa dernière collection cette année, on évoquera son esprit néo-gothique, ses énormes imprimés des visuels de Hans Bellmer en all over, ses satins noirs ornés de marguerites et des velours irisés genre tie & dye, ses silhouettes amazones ajourées, filiformes raffinées et âpres à la fois.
Par Mina Sidi Ali

 Tête-à-tête preste avec ce génie distillant dans ses créations une bouffée de romantisme où chaque allure déroule une histoire à l’esthétique baudelairienne.

Quelle image aviez-vous de la HEAD avant de devenir le président du jury de son défilé?
Lorsque je travaillais comme directeur artistique chez Nina Ricci, deux étudiants avaient été repérés pour faire un stage dans mon studio. Ils ont été engagés et j’ai ainsi collaboré de nombreuses années avec eux. L’un d’entre eux, Marius Borgeaud, aujourd’hui créateur indépendant, a continué de travailler à mes côtés que ce soit chez Theory aux Etats-Unis ou sur ma marque pour laquelle il crée tous les motifs.

Quels sont les conseils que vous donneriez à ceux qui souhaitent suivre votre voie?
Les étudiants ont souvent tendance à travailler seuls. Il y a beaucoup d’introspection, et ils développent un univers qui tourne énormément autour de soi. Pour ceux qui souhaitent s’engager rapidement dans une voie professionnelle et collaborer avec une maison ou une marque, c’est d’avoir l’esprit d’équipe. Je les enjoins à s’ouvrir et à ouvrir les yeux autour d’eux, à se faire aider, à travailler en équipe. L’objectif est de se faire aider et être soutenu même pour la logistique, envoyer des colis, pour la communication, etc. A plusieurs, on crée plus facilement une émulation, un potentiel plus important pour réaliser une collection. Il faut apprendre à sortir de sa coquille afin de collaborer avec une équipe. Souvent, les étudiants ont un mode de vie très hermétique et après les études, on peut rapidement végéter. Être une perle rare ne suffit pas, émerger tout seul est exceptionnel: il faut oser se constituer un microcosme. C’est essentiel. Autre point important, quand on est très jeune, parfois il est difficile d’avoir un objectif. Je conseille souvent de commencer avec un but et tendre vers ce dernier. Il faut le formaliser et pas seulement se dire qu’on est là pour terminer l’année.

 Et si l’objectif est de collaborer à vos côtés?
J’ai toujours un ou deux stagiaires dans mon équipe. Tous ceux qui ont fait leur stage chez moi, je les ai engagés. Cela apporte une nouvelle vibe, ainsi la personnalité est très importante ici. Le stagiaire doit avoir une bonne énergie et savoir interagir et collaborer dans une équipe!

 HEAD (Haute École d’art et de design de Genève)
www.hesge.ch/head/
Olivier Theyskens
www.oliviertheyskens.com