Festival

LUFF !

octobre 18, 2016 10:03 Publié par

Ce 19 octobre le Lausanne Underground Film Festival (LUFF) déterre le pied de biche pour célébrer son 15ème anniversaire. 15 ans, c’est l’âge bête dit-on, et c’est tant mieux. L’ado terrible de la culture est plus que jamais déterminé à cracher sur les conventions si chères aux cultureux et à hisser bien haut son soyeux étendard nihiliste. Preuve en est : la programmation se profile en outrageux mash-up de films mettant face-à-face la fine fleur de l’avant-garde haute du menton et les auteurs malfrats des cinémas de quartier embaumant l’urine de vieux clochards.

A coups de clef à molette, le festival nous réserve une surprise en forme de pied de nez aux traditionnels ouvrages consacrés à l’Histoire du cinéma. Niveau sonore, on rentre dans le vif du sujet en se demandant de quoi on parle vraiment : Musique, anti-musique, art sonore ? Après l’édifiant dialogue de l’édito 2015 commençant par un « T’as déjà écouté la merde ? – Comment ? Tu veux dire… ce qu’on entend partout ? Ou… se pencher par terre pour écouter une crotte ? » celle de 2016 creuse le malentendu. Entre ce qu’on imagine produire et ce qu’on imagine comprendre et percevoir, a-t-on affaire à une dynamique hyper créative oú une bavure sonore érigé au rang d’instrument ?

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On s’en tape. Le LUFF hisse l’idée d’incompréhension de l’idée de musique au rang de jouissance.

 Niveau cinématographique, le festival enfile sa cape pour rétablir une part de vérité dans l’Histoire aux côtés de Wakefield Poole. La croyance populaire veut que le premier film pornographique distribué de manière légale et commerciale soit le fameux Gorge profonde de Gerard Damiano (1972). Une erreur largement relayée par certaines encyclopédies du 7ème art ignorant le prétendant légitime qui n’est autre que Boys in the Sand, porno gay tourné en Super 8 par Wakefield Poole.

Sans quitter l’érotisme, la star suédoise qui a fait fantasmé la planète lors des 70’s, Christina Lindberg, fera l’objet d’un hommage en sa présence.

La suite se décidera sur le plongeoir face au monde kaleidoscopique de l’autodidacte Danny Plotnick.

Côté Sonore, le vernissage sera consacré à Gregory Whitehead qui depuis plus de trente ans interroge l’histoire de l’art radio, les caractéristiques de sa transmission et les jeux métaphoriques qui lui sont propres.

Le suédois Mats Lindström interprétera sa pièce ONE dans un enchevêtrement de fils et de tubes néon

Et, première en Europe, le japonais Yasunao Tone s’attaquera à l’intelligence artificielle, en jouant sur les informations qui lui sont nécessaires pour produire du son via, par exemple, des bouts de Scotch placés sur un CD pour supprimer la lecture de bits dans des blocks de bytes.


LUFF - Programme
 Du 19 au 23 octobre
 Casino de Montbenon
 Allée Ernest-Ansermet 3
 1003 Lausanne
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